La télévision, les réseaux sociaux et la liberté d’expression

par Rodolphe BacquetAlternatif Bien-Être
Il n’aura échappé à personne que nous sommes entrés dans une époque de sérieuse remise en question de ce qui semblait acquis il y a encore à peine quelques mois. Ce phénomène touche tous les pays dits « développés ». Après la seconde guerre mondiale, après l’horreur des guerres d’ex-Yougoslavie, il semblait invraisemblable qu’au XXIème siècle une nation européenne puisse lancer ses chars à l’assaut du pays voisin. … C’est pourtant ce qui se passe depuis le mois de février entre la Russie et l’Ukraine. Après des décennies de lutte féministe, il semblait inimaginable que « le pays de la liberté », à savoir les États-Unis d’Amérique, envisage sérieusement de renoncer au droit à l’avortement. … C’est pourtant ce qui est en train de se jouer actuellement à la Cour suprême des États-Unis. De même, après des siècles de lutte affichée contre les discriminations – qu’elles soient liées à l’origine ethnique, au genre ou aux préférences sexuelles – il semblait impossible que les sociétés occidentales engendrent une nouvelle et inédite discrimination, avec un aplomb extraordinaire. … C’est pourtant ce qui s’est produit, en 2021, avec la création de deux classes de citoyens n’ayant pas les mêmes droits en fonction de leur statut vaccinal. Il y a un phénomène commun à toutes ces remises en cause des acquis : c’est celui du pouvoir grandissant de la censure, pour « garantir » ces reculs. Et c’est, donc, celui d’une liberté d’expression se réduisant comme peau de chagrin.

Cela touche tous les sujets – y compris la santé
Cette censure, et d’une manière générale ce contrôle par le pouvoir médiatique et/ou politique de ce qu’il est possible de dire et d’écrire ou non, sont à l’œuvre dans nos pays soi-disant démocratiques. En Russie, vous le savez peut-être, il est depuis la mi-mars interdit d’employer dans les médias, au sujet de l’Ukraine, le mot « guerre » – il faut parler d’« opération militaire spéciale » – et les manifestations contre le conflit sont officiellement interdites et durement réprimées. Les autorités de l’Union Européenne ont beau jeu de se scandaliser de ces pratiques « totalitaires » … alors que dans le même temps elles ont purement et simplement interdit les médias Russia Today et Sputnik, accusés de diffuser la propagande russe. Autrement dit : on répond à la censure… par la censure.
Vous qui avez, avec moi, vu et vécu :
. l’omerta sur les effets secondaires des injections anti-Covid ;
. l’absence de débat démocratique sur l’instauration du pass sanitaire puis vaccinal ;
. le silence assourdissant des grands médias autour de ma pétition contre ce pass vaccinal, qui a atteint plus d’un million de signatures en 10 jours ;
. les attaques informatiques et journalistiques à l’encontre de cette même pétition…
… vous n’avez probablement pas été surpris de voir se multiplier ces méthodes à la fois autoritaires et terriblement hypocrites, puisqu’elles sont l’œuvre d’instances et de personnalités se posant par ailleurs en garants de la liberté d’expression ! Cette censure, on le voit, s’illustre désormais dans tous les domaines : la géopolitique, les débats de société et, spectaculairement depuis deux ans, la santé. Mais le pire est sans doute ailleurs.

La contagion de la censure
La censure et la chasse aux récalcitrants trop éloignés de la doxa en vigueur, comme au temps de l’Inquisition espagnole, dispose d’un « second effet kiss cool », bien plus insidieux et dangereux : c’est celui de l’auto-censure. Lorsqu’une chape de plomb autoritaire s’abat sur la libre parole, son meilleur relai, c’est la peur individuelle et collective – au-delà donc des instances du pouvoir – de mal dire. L’auto-censure est nécessaire quand elle nous protège de la haine – c’est ce qui nous épargne des injures racistes à tout bout de champ, par exemple – mais elle est mortelle lorsqu’elle revient à étouffer dans l’œuf tout débat, toute discussion. Et cela, par crainte de représailles, aussi bien de la société que des pouvoirs publics. Or cette auto-censure qui touche donc, elle aussi, la santé, dépasse la seule question du Covid et des injections.
Un exemple.
Le Huffington Post nous apprenait, mardi dernier, que France 2 a déprogrammé une émission consacrée à l’endométriose, « face à la colère d’associations et de scientifiques. » L’endométriose est un problème de santé dont on ne reconnaît l’ampleur que depuis quelques années, puisqu’elle toucherait 10 à 15% des femmes en âge de procréer, ce qui est considérable.
Qu’est-ce qui a bien pu provoquer l’ire de ces scientifiques et de ces associations, au point d’annuler une émission sur ce sujet de santé publique ?
La réponse, c’est Natacha Calestrémé. Vous avez dû voir ces temps-ci son visage et ses ouvrages, La Clé de votre énergie et Trouver ma place, en tête de gondole dans toutes les librairies et points presse de France.
Sur le plateau de l’émission, N. Calestrémé aurait répondu à une femme atteinte d’endométriose et ayant vécu plusieurs fausses couches : « Vous avez hérité de cette grand-mère ou arrière-grand-mère qui ont fait des enfants, qui ont perdu des enfants. L’endométriose, pour tous ceux qui nous écoutent, c’est un message de notre corps qui nous dit qu’avant, il y a eu une souffrance énorme d’une personne qui a associé le mot enfance et mort, et enfance et mort, ça ne va pas ensemble. Il y a une culpabilité, il y a une tristesse et on doit s’en libérer » A la suite de la diffusion de cet extrait, des commentateurs ont qualifié les propos de N. Calestrémé de « bouillie » et de « charlatanerie ». L’AAERS, un collectif pour la recherche scientifique autour de l’adénomyose et l’endométriose, a surenchéri : « Il n’y a aucune preuve scientifique que l’endométriose aurait une origine pareille. Aucune, alors qu’on manque cruellement de recherche fondamentale. Ce type de discours induit en erreur pour une maladie physique qui peut être grave » Ce même collectif a demandé l’annulation de l’émission. Il a obtenu gain de cause. La Miviludes a, par-dessus le marché, été saisie au titre de « dérive sectaire ».

La perspective glaçante du point de vue unique
Que l’on trouve pertinents ou non les propos de Natacha Calestrémé, l’auto-censure de France 2, qui a déprogrammé l’émission, est symptomatique ; elle pose de sérieuses questions sur le traitement médiatique actuel des problèmes de santé dans notre société. Car N. Calestrémé n’a été ni invitée, ni interrogée, en tant que médecin, dans cette émission : elle l’a été en tant que journaliste et autrice s’intéressant à l’origine émotionnelle des maladies, et notamment aux blessures transgénérationnelles. Lui reprocher de tenir des propos s’écartant de la science, mais reposant sur son expérience de femme et ses propres travaux d’investigation, est donc aussi absurde que d’inviter un musicien et lui reprocher de ne pas parler de littérature. En d’autres termes, la position et l’analyse de N. Calestrémé ne se posent ni comme une explication ni comme une solution génériques à l’endométriose, mais en tant que lecture assumée comme étant différente du cas de la personne à laquelle elle répondait ; interprétation nourrie par la propre expérience personnelle de l’auteure.
Cette auto-censure est donc, à mon sens, doublement grave :
. elle démontre que toute interprétation et tout point de vue sur un problème de santé s’éloignant des canons « scientifiques » en vigueur n’a pas droit de cité à la télévision, pis encore sur une chaine du service public ;
. cette censure a été influencée par des tweets de personnes privées exprimant des avis personnels, illustrant de façon tragique la régression de la liberté d’expression, sous l’influence d’une poignée de happy few ayant voix au chapitre.

Twitter, les réseaux sociaux et l’inquiétante régression de la libre parole
Le fait que cette censure ait été provoquée par des tweets, c’est-à-dire des messages publiés sur le réseau social twitter, est un signe caractéristique de notre époque. Jamais, dans toute l’histoire de l’humanité, la communication entre êtres humains d’un bout à l’autre de la planète n’a été aussi puissante et facile. Cette puissance n’est ni morale ni immorale en soi. Elle donne simplement une caisse de résonance disproportionnée à des évènements anodins, voire intimes… et à nos propres travers. Ces jours-ci, les détails sordides du procès opposant Johnny Depp à son ex-femme Amber Heard sont suivis instantanément en vidéo par des dizaines de millions de spectateurs dans le monde entier. Ce phénomène ne nous raconte rien de nouveau sur les tendances voyeuristes de l’être humain, ni sur sa fascination pour l’intimité d’un couple célèbre qui se déchire : les séparations du couple Elizabeth Taylor/Richard Burton ou, plus près de nous, Angelina Jolie/Brad Pitt, ont été avidement suivis par des millions de curieux. La vertigineuse nouveauté, ici, c’est le spectacle d’une intimité livrée « en direct » en pâture publique chaque jour et commentée par des millions de fans respectifs des deux comédiens ; une sorte de télé-réalité mondialisée par smartphone.

J’en reviens à la censure. C’est dans ce contexte de puissante caisse de résonance socio-technologique que la moindre prise de parole sur les réseaux sociaux, à partir du moment où elle devient virale, engendre des réactions irrationnelles… y compris en termes de censure. Des plateformes comme facebook, instagram et twitter, à mesure qu’elles se sont développées, ont donc mis en place de puissants outils de censure, au départ déterminés par leur puritanisme natif américain (cachez ce sein que je ne saurais voir !), puis par un contrôle de plus en plus idéologique de ce qu’il est « correct » de dire ou non. Ces réseaux ont commencé par supprimer des photos de mère allaitant leur enfant, et ont fini par bannir des utilisateurs pour des motifs souvent opaques.  C’est ainsi que tout message mettant en doute l’efficacité des injections anti-Covid, ou dénonçant le caractère coercitif des politiques nationales les imposant à leur population, a rapidement été taxé « d’antivax », de « complotiste » et a conduit à la désactivation du compte de l’auteur desdits messages. Nous en sommes donc là : les algorithmes de ces réseaux sociaux, utilisés quotidiennement par des centaines de millions de gens, se sont de facto transformés en police de la pensée, censurant toute information (ou tout informateur) dérogeant à la « ligne du parti ». Je parle bien de « parti » car, de façon insidieuse et ironique, la liberté affichée de ces outils et les riches possibilités de communication qu’ils offrent, est en train de produire le même résultat que les pires régimes totalitaires du siècle dernier, où toute parole jugée transgressive était impitoyablement censurée, et son auteur, mis au ban de la société.

Elon Musk et la liberté d’expression
Un homme a bien compris ce « totalitarisme » rampant à l’œuvre dans les réseaux sociaux : c’est le milliardaire Elon Musk, qui vient de racheter le réseau twitter pour des tombereaux de dollars – 44 milliards très exactement. Je n’ai aucune sympathie particulière pour le fondateur de SpaceX et directeur de Tesla, dont la vision de l’avenir humain passe par la colonisation de Mars. Néanmoins, la raison pour laquelle il déclare avoir racheté twitter est intéressante à deux titres. D’abord, parce que cette raison affichée consiste précisément à rendre aux utilisateurs de twitter leur liberté d’expression, y compris dans le domaine du Covid et de la santé : « La liberté d’expression est le fondement d’une démocratie qui fonctionne et Twitter est la place publique numérique où sont débattues des questions vitales pour l’avenir de l’humanité. » Ensuite – et surtout – parce que cette déclaration d’intention a immédiatement engendré une réaction épidermique de la part de l’Union européenne, par l’intermédiaire de son commissaire au marché intérieur, Thierry Breton, qui s’est dit résolu à forcer la modération de twitter.   Et ce, alors même qu’Elon Musk dit vouloir garantir la liberté d’expression tout en respectant la loi (comprenez : en continuant à ne tolérer ni incitations à la haine, ni propos négationnistes). Je trouve éloquent, et tragique, le fait que l’Union européenne se sente menacée dès que l’on parle de liberté d’expression. En toute franchise, je ne sais pas si le rachat par Elon Musk de twitter permettra de résoudre le problème de transparence que nous subissons depuis plus d’une année, notamment sur la question du Covid et des injections. Ce dont je suis sûr, en revanche, c’est que cet évènement exprime en termes clairs la question que doit se poser chaque citoyen s’il souhaite faire en conscience les choix qui concernent sa santé : dispose-t-il de toutes les informations auxquelles il a, en tant qu’être humain, le droit d’accéder ? Et si tel n’est pas le cas, qui l’en empêche, et pourquoi ? Portez-vous bien,

Rodolphe Bacquet

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