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1 - Spiritualité et humanisme

 

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      Dernière mise à jour le :  mercredi 18 octobre 2017 

                                                                                                                         

Pour nous, la seule religion qui soit est l'amour, la seule classe est celle de l'humanité et le seul langage, celui du coeur.

 

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 ses convictions :

La spiritualité n’est pas un domaine réservé à quelques "spécialistes". Elle concerne tout homme et tous les domaines de la vie. Tous en effet nous sommes confrontés aux "questions dernières" : l’origine de la vie et du monde, la liberté et la responsabilité, l’engagement, la souffrance, la mort, l’amour.

La spiritualité ne se confond avec aucune religion. Nous sommes divers dans nos convictions. Cette diversité impose le respect de chacun. Elle peut faire difficulté, mais elle est d’abord une richesse à faire fructifier dans l’écoute, le dialogue, le partage.

Nous croyons en une spiritualité ouverte, accueillante, fraternelle, enracinée dans la vie de chaque jour, avec ses joies, ses peines, ses choix, ses conflits. Par là même, elle est exigeante : tout le contraire d’une évasion.

 

TABLEAU DES ARTICLES : 

 

- Inch'Allah, Dieu est une bonne excuse,  par V. Barat 2017.10

- Une représentation déiste de Dieu par JC Barbier 2017 09

- Où donc est Dieu ? par Elie Wiesel  2017 09

- Nous rompons le pain par Charles Hedley 2017 09

- Minuscule traité de spiritualité par M Bellet 2017 08

- La parole est vivante par JC Guillebaud 2017 06

- Les Tisserands par A Bidar 2017 05

- Méditer 2017 05

- Adieu l'Eglise  par J Meurice 2017 04

- Lettre du peintre Fra Angelico à un ami 2016 12

- Mal être et spiritualité par Monique 2016 11

- Tâchez d'être heureux par M Ehrmann 2016 10

- Faut-il invoquer ce Dieu qui nous est inconnu par S Soulié 2016 09

- Les leçons de la maladie par H Rouveure 2016 08

. Pays chrétien 2016 06

. Trois traditions spirituelles par R Moghaddassi 2016 05

. Jésus pour le XXIe siècle par J S Spong 2016 04

. Revue des Réseaux du Parvis 2016 03

. Faire naitre la fraternité M Elain 2015 12

. Eviter le choc ou l'amortir ? A Verheyen 2015 11

. Vie de partage Paul Abela  2015 07

. Le pardon et l’oubli Jacques Buchhold 2015 05

. Un pas de côté qui coûte, libère et rapproche P Rousse 2015 04

. Les gros cailloux de la vie 2014 12

. Ecoute et Partage formule ses convictions 2014 11

. Parole et présence J Musset 2014 09

. Que fais-tu Grand-mère ? Luce Bachoux 2014 07

. La loi pour la terre J Dahan 2014 06

Peut-on être agnostique et croyant ? J Mellado 2014 04

Flash d'information de Pâques 2014 03

Dieu super GPS  H Van den Meersshaut 2013 11

Le jour où je me suis aimé pour de vrai C Chaplin 2013 10

Rebelle J Sullivan 2013 05

Un événement majeur J Gaillot 2013 05

Va avec la force que tu as A Houziaux 2013 03

Respect de l'autre ou règle d'or Frédéric Lenoir 2013 02

L’adoption est la “bonne nouvelle” M Serres 2012 12

Question de croyances par « N Escobar » 2012 11

Un être particulièrement aimé est décédé R Parmentier 2012 10

Une autre manière d'entendre les Béatitudes M Bellet 2012 08

L’irréformabilité de l'Eglise Catholique J Meurice 2012 06

Terre-Mère 2012 02

Heureux ceux J Folliet 2012 01

La parabole des nombrils 2011 12

Union de prières L Njeim 2011 11

Notre aventure humaine G Riobé 2011 10

Se libérer de la religion J-M Kohler 2011 07

Message d'Espérance - Parvis 2011 05

Chapeau l’Artiste 2011 04

Dans la simplicité, la joie et le secret Frère Roger 2011 02

Khalis, chanteur algérien 2011 02

Souffle de vie G Castenau 2011 01

Le mépris des pauvres G Marc 2010 12

Pour vous, qui est Jésus ? F Lenoir 2010 11

Jeunes étudiants pleins d'espoir 2010 10

A quoi servent les évangiles ? R Picon 2010 09

Partager ses biens selon Jacques 2010 08

Le pape et l'Eglise ouvrent (enfin) leurs yeux ? M Benoit 2010 07

Le Pacte des Catacombes 2010 05

Conversations mécréantes C Fourest 2010 04

Petites réflexions au détour d'un chemin P Goyheneix 2010 03

Jésus au pieds nus  J-P Siméon 2009 12

En cette période de Noël … l’Espérance J Riedinger 2009 12

Jésus n’est pas le Jésus-Christ des Églises R Parmentier 2009 12

 

 Suite des articles, cliquer : Page 2 -Spiritualité et humanisme

 

 

 

« Nous confondons souvent le psychique et le spirituel. La sérénité, la détente, le bien - être sont des résultats appréciables, mais l’âme reste hors d’atteinte. Le psychique ne dépassera jamais la thérapie, qui n’a qu’un but : le mieux - être.

Le spirituel, lui, nous travaille dans une perspective radicalement différente : le plus - être. Par une croissance purement qualitative : il faut qu’il grandisse et que je diminue.»

Philippe Mac Léod

Lecture biblique du jour :

 

D'autres points de vue ? Cliquer :

Athéisme ? L'homme debout  

 

 

 

« La spiritualité, c'est simplement la partie la plus élevée de notre vie psychique, celle où nous sommes confrontés à l'absolu et à ce qui nous dépasse. C'est ce qui va au-delà de notre égo, ce qui reste ouvert sur tout, et donc aussi sur l'inconnu; trop facile, sinon, de n'être ouvert qu'au connu, à l'acceptable, au prévisible.

La spiritualité, c'est ne pas fuir devant ce qui nous dépasse mais au contraire, s'y exposer en pleine conscience. Ce qui nous dépasse ? Ces trois vertiges que sont l'infini, l'éternité et l'absolu ...

La spiritualité suppose absolument ce double mouvement : engagement et détachement ...»

Christophe André

 

"La spiritualité, c'est le feu intérieur d'un être en recherche de conscience et de liberté au cœur d'un univers dont il est solidaire"

Pierre de Locht

 

"Chaque fois que nous faisons parler Dieu pour nous légitimer, c’est nous qui parlons à sa place et c’est lui que nous faisons taire".

Conseil national de l’Église réformée de France

 

Des entrevues enrichissantes avec Frédéric Lenoir :

50' lors de l'émission canadienne "Plus grand que soi", Radio Mieux-être. Cliquer :  https://www.youtube.com/watch?v=ZxZdNFsYMg4

 

9’42 avec "L'essor de la spiritualité laïque"  Cliquer :  https://www.youtube.com/watch?v=IU-rDhotpJA

 

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« Inch’Allah »; Dieu est une bonne excuse,    par Vanessa Barat

 

Il y a une multitude de conflits religieux plus ou moins explicites. D’une revendication politique vers une dérive religieuse. D’un conflit religieux vers une crise politique. Personne n’en réchappe. Que l’on soit croyant ou non, peu importe le courant, la religion, la croyance, nous sommes tous touchés, de près ou de loin.

Une foi, une croyance, un ou des Dieux, les religions, la spiritualité, ce sont seulement différents chemins pour accéder à une paix intérieure, des règles pour vivre ensemble. Je ne crois pas qu’il y ait une meilleure version de l’une par rapport à l’autre. La spiritualité est polyglotte et il y a tellement de voix et de voies pour y accéder. Pour une différence d’approche, on se permet de juger, d’enfermer ou de tuer nos semblables. Ce qui me semble dangereux, c’est ce désir intense de vouloir propager sa propre version de la spiritualité. Pourquoi vouloir convaincre que sa version est la seule bonne, la seule vraie ?

 

Il y avait cette journée de mousson au Myanmar (Birmanie). Je suis allée visiter un camp de Rohingya, cette minorité ethnique musulmane. La pluie diluvienne et persistante créait des cours d’eau entre les baraquements temporaires. « Temporaires » ? Ils n’en ont que le nom, cela fait cinq ans que les musulmans sont parqués dans ces camps, suite à un conflit avec la majorité bouddhiste de l’était de Rakhine, sans possibilité de mouvements. Ce jour-là, certaines maisons se sont effondrées sous l’effet de l’érosion, des flots et du vent. Ces gens n’ont plus rien depuis si longtemps. La fatigue a dû jouer, mais je suis rentrée ce soir-là, les larmes aux yeux, le cœur serré par le désespoir et l’incompréhension. Comment peut-on, au nom d’une religion, d’un Dieu, quel qu’il soit, aller si loin ?

La valeur d’une vie varie selon la culture, la récurrence de la mort. J’ai toujours ressenti un stress lorsqu’en disant « à demain », je m’entendais répondre : « Inch’Allah ». Ce mot résonnait comme une sentence, comme si soudainement je devais faire face à une disparition si proche. De même, entendre le pilote d’un petit avion devant me déposer en brousse, nous demander de prier tous ensemble avant de décoller est un facteur de stress. « Euh, vraiment ? On a besoin de Dieu pour arriver sain et sauf ? Ça ne me rassure pas … ».

 

 

 

 

 

J’ai fini par comprendre que ce que j’interprétais comme une marque de doute est aussi une philosophie liée à « tout peut arriver ». Tout peut arriver et l’on s’en remet à Dieu. Inch’Allah, « si Dieu le veut », « par la grâce de Dieu », car oui, ici, tout peut arriver, vraiment tout.

 

Je ne compte plus mes périodes d’indifférence à la religion, Dieu, la foi. L’humanité est violente. C’est un fait. Tous les prétextes sont bons, Dieu est l’un des plus fréquents. Dieu est une bonne excuse. Ainsi, par la grâce de Dieu, le point d’eau sera réparé, il suffit d’attendre. Inch’Allah, demain nous aurons la livraison. Le divin devient le mot de justification pour toute action mais aussi inaction. Au final, je ne tiens plus Dieu pour responsable des malheurs des Hommes Je crois en la responsabilité de chacun. Je crois profondément au bien en chacun. Je garde la foi en l’être. De même, j’estime que les religions sont faites (et défaites) par les Hommes.

 

L’humanité ne cessera donc jamais de me toucher. Car parmi toute cette douleur et cette violence, il y a ces personnes avec une spiritualité si profonde qu’une « aura » apaisante émane d’eux. Leur simple présence suffit pour apaiser une âme tourmentée, un calme intérieur nous envahit. Seraient-elles l’expression de Dieu ?

L’expérience de ces douleurs humaines ne fait donc que grandir mon Amour pour cette humanité, Dieu se réduisant ainsi à une idée apportant un espoir notamment aux plus affaiblis. Je finis par me contenter d’accepter ce rôle qui semble minime. Mais finalement, peut-être est-ce plus important… J’ai l’impression que les peuples les plus fervents sont les plus démunis. Le divin rythme le quotidien. Il est ce qu’il reste lorsque l’on a tout perdu, il est cet espoir d’un jour meilleur.

 

Vanessa Barat (Revue "Evangile et Liberté" n°312 Octobre 2017)

 

Une représentation déiste de Dieu pour le XXIème siècle ?

par Jean-Claude Barbier

En rejetant la fusion / confusion du dogme trinitaire, les antitrinitaires des Réformes protestantes du XVI° siècle ont ouvert la porte à une nouvelle théologie, centrée cette fois-ci sur Dieu seul, non associé : ni Jésus (considéré comme un rabbi des années 30), ni la Bible (qui ne fait plus autorité à elle seule car elle doit se conjuguer avec la raison et les connaissances scientifiques). Dès lors, Dieu n’est plus le dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob (selon la vision monolâtre des Israélites), ni même celui (plus universel) de Jésus, un dieu Amour qui aime ses enfants avec une fibre toute paternelle, certes fort sympathique mais relevant d’un anthropomorphisme évident : Dieu à l’image de l’Homme !

Cette dissociation de Jésus et de son Père / notre Père, nous permet de nos jours de suivre les progrès scientifiques et l’exploration de notre univers. Il était temps car le Dieu bienveillant de la Bible ne résiste pas à la violence cosmique que nous découvrons. A commencer sur notre planète bleue saisie de multiples convulsions avec les explosions volcaniques, les tremblements de terre, les tsunamis, les perturbations atmosphériques et climatiques, les épidémies, etc. Avec l’héritage biblique, l’argutie était que Dieu punissait nos péchés, redressait nos cœurs endurcis en nous envoyant ces catastrophes, ou bien encore (thème très développé entre autres chez les catholiques) que les souffrances ainsi causées étaient rédemptrices en les joignant à celle du Christ durant sa Passion, etc. C’était « le problème du Mal » qui aboutissait à un « mystère » et que seule « la foi » pouvait surmonter par on ne sait quelle obscure gymnastique (faite surtout d’obéissance aveugle à Dame Eglise !).

Il s’avère que le récit biblique du Déluge était prémonitoire : notre planète est bel et bien fragile, menacée par la chute d’astéroïdes, sujette à de fortes variations climatiques, sans compter bien sûr l’éventualité d’une guerre atomique. On cherche, en vain pour l’instant, d’autres planètes où la vie a été (cas de Mars) ou serait possible. 

Un autre grand mythe biblique redevient lui aussi d’actualité, celui de la Genèse où il est dit que Dieu est créateur de l’univers et donneur de vie. Dans l’état actuel de nos connaissances, nombre de croyants situent volontiers Dieu à l’origine du Big-bang ; mais alors c’est plutôt un dieu source d’énergie et non plus forcément un dieu personne, à notre écoute, sensible à nos prières, soucieux de justice, défenseur des pauvres et des humbles. 

Faut-il en conséquence lâcher la main de Jésus ? Les chrétiens disent volontiers que Jésus nous montre la « vraie » nature de Dieu, mais Jésus est de son temps, qui plus est d’une mouvance eschatologique qui s’était développée dans les milieux esséniens et qui s’exprimait par des écrits prophétiques et apocalyptiques sur la fin des Temps. Mais faut-il que les disciples non contemporains d’un maître spirituel épousent ses croyances ? Qu’est-ce qui fonde la relation entre le maître et ses disciples ? Pour les fondamentalistes, les propos qu’un fondateur a tenus sont assurés par la tradition à 100% et sont des vérités éternelles car inspirées par Dieu ou révélées, quitte à faire avaler aux dévots les contradictions internes des textes. Or, la relation est plus complexe et plus intime ; au-delà des idées, qui sont nécessairement liées à une époque et à un milieu socioculturel, c’est la personne du maître, elle-même, qui est appréciée et aimée, sa façon d’être et de faire ; c’est particulièrement vrai pour Jésus dont la personnalité reste étonnamment moderne. Dès lors, il convient de déculpabiliser les chrétiens en les invitant à ne plus être des perroquets et à retrouver leur pleine liberté de penser. Par contre l’imitation de Jésus reste bien sûr d’actualité.

En principe, le déisme, qui accepte l’existence de Dieu mais ne se prononce pas sur sa nature et son mode de présence, dispense les fidèles de prières puisqu’il n’y a rien à demander à un tel Dieu et que les causes de nos maux sont de l’ordre du naturel ! Mais le culte de louanges (donc sans demande d’intervention) reste tout à fait possible … et souhaitable. C’est bien ce que les unitariens-universalistes américains ont compris en se référant à la Vie et en y voyant une dimension spirituelle. Face à la Nature, la contemplation de celle-ci peut conduire également au sentiment d’une transcendance à l’exemple du philosophe transcendantaliste Ralph Waldo Emerson. Et puis, les chrétiens peuvent se réunir, même en dehors d’un culte, pour partager leur plaisir d’être d’une façon ou d’une autre avec Jésus et étudier les textes qui en parlent. 

Pour l’instant, ce sont les francs-maçons chrétiens, en référence au Grand Architecte de l’Univers (GAdLU), qui représentent ce courant déiste au sein du christianisme, mais rien n’interdit que d’autres chrétiens adoptent eux-aussi cette façon de penser Dieu.  

Les déistes restent des croyants en Dieu, mais ils s’abstiennent d’en bavarder pieusement et doctement sur ce dont ils ne connaissent rien. Ils sont critiques vis-à-vis des représentations toutes humaines de Dieu, rejoignant d’ailleurs sur ce point la forte tradition biblique qui interdit de représenter le Dieu d’Israël par des idoles « faites de main d’homme » ; un Dieu en quelque sorte dématérialisé même s’il est à l’origine de la matière cosmique et surtout sans plus d’attribut anthropomorphe.

http ://labesacedesunitariens.over-blog.com

 

Où donc est Dieu ? par Elie Wiesel

(Elie Wiesel raconte sa déportation à l’âge de quatorze ans au camp de Monowitz-Buna en Pologne. Humiliations, brimades , arbitraires sont le lot des souffrances quotidiennes qui lui sont infligées avec ses codétenus. C’est dans un tel contexte d’infamie que la foi de Wiesel finit par chanceler.)

Jamais je n’oublierai cette nuit, la première nuit de camp qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois vérouillée. Jamais je n’oublierai cette fumée. Jamais je n’oublierai les petits visages des enfants dont j’avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet. Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma foi. Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui m’a privé pour l’éternité du désir de vivre. Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent  mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert. Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui-même. Jamais …

(Elie Wiesel, entre autres cauchemars qui le taraudent intérieurement, évoque un des jours les plus terribles qu’il ait vécus. A chaque exécution par pendaison de condamnés, on oblige les détenus à défiler devant ceux qui agonisent au bout d’une corde. Un jour, l’un des trois condamnés est un jeune garçon de douze ans qui, décharné, tarde à rendre son dernier souffle à la différence des adultes déjà morts.)

Et nous devions le regarder bien en face. Il était encore vivant lorsque je passai devant lui. Sa langue était encore rouge, ses yeux pas encore éteints. Derrière moi, j’entendis (quelqu’un) demander : « Où donc est Dieu ? ». Et je sentais une voix en moi qui lui répondait : « Où il est ? – Le voici : il est pendu ici, à cette potence … ».

Elie Wiesel

Extrait du livre « La nuit » ; Les éditions de Minuit.

Nous rompons le pain

Nous rompons le pain pour tous les hommes, quelle que soit leur foi ou leur croyance. Pour ceux qui suivent la voie du Bouddha, pour ceux qui vénèrent les Dieux de l’hindouisme, pour nos frères et nos sœurs de l’islam, le peuple  juif qui est notre origine, les peuples des religions traditionnelles, les différentes Eglises chrétiennes et ceux qui ne reconnaissent pas Dieu, afin qu’un jour nous soyons unis.

Nous rompons ce pain pour notre planète bleue, pour la richesse de sa production d’où nous tirons nourriture et vêtement. Nous voulons sauvegarder la création de tout notre cœur et de toute notre sagesse. Nous voulons préserver la bénédiction originelle de Dieu sur la création.

Nous rompons ce pain pour ceux qui sont sans pain. Sans maison et sans pays. Nous voulons combattre avec passion pour la justice afin que ce monde soit accueillant pour tous les peuples.

Nous rompons ce pain pour la vie brisée en nous, pour l’enfant blessé au fond de nous, nos amitiés perdues, notre méfiance à l’égard de nos prochains qui sont différents, et ce alors que nous avons tout pleinement en Christ.

Amen !

Charles Hedley, prêtre, recteur de l’Eglise anglicane St James de Londres

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Minuscule traité acide de spiritualité

Si votre passé est lourd, très lourd, inavouable, criminel (mais oui, cela arrive), alors la tentation des tentations est de lui rester fidèle, ficelé dans le sentiment d’être indigne de vivre, d’aimer et d’être aimé, d’agir et d’enfanter.

Mais si vous en êtes sorti, si vous êtes sur le chemin d’en sortir, n’êtes-vous pas au cœur de ce qui fait l’humain de l’homme ? Et davantage ?

Car il y a deux interprétations d’un passé infâme : ou bien  tout ce que vous êtes vous y ramène, ou bien parvenir à en sortir vous justifie par delà toute justice.

Car ce qui juge un être humain, hors de tout jugement de ce monde, c’est le chemin qu’il fait. Ceux qui viennent de l’abîme, s’ils arrivent jusqu’au seuil de la vérité, n’est-ce pas chose prodigieuse ?

Même le mal où vous avez plongé se transmue en grâce. Il vous donne de comprendre et d’accueillir ceux d’en bas ; il vous garde à jamais de la prétention du pharisien. Il va même nourrir, d’une expérience irrécusable, ce que vous ferez et direz.

Et il y a plus de joie dans le Ciel pour un qui revient des terres de la mort que pour quatre-vingt-dix-neuf qui sont restés à la maison.

Maurice Bellet

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 La parole est vivante

Une fois par mois, je déjeune avec le grand théologien qu’est mon ami Maurice Bellet. C’est un moment de ressourcement spirituel et nos conversations me sont devenues précieuses. La dernière fois (le 16 mai), nous avons réfléchi ensemble au rapport compliqué que nous entretenons avec l’Évangile. Mais pourquoi compliqué ? À force d’en revenir au texte évangélique et aux épîtres de Paul, à mettre ses lectures et relectures au cœur de nos liturgies, nous risquons de fétichiser ce qui est écrit. Dans ce cas, nous serions tentés d’en faire une lecture littérale, figée, immuable, comme s’il s’agissait d’un texte gravé dans le marbre. Ou dicté par Dieu. Pour parler comme les musulmans, nous en viendrions ainsi à « fermer les portes de l’interprétation ».

Les chrétiens n’en sont pas là, mais nous sommes parfois plus attachés à la lettre qu’à l’esprit. D’où cet effet de récitation, de répétition, de psalmodie qui appauvrit notre lecture. Procédant ainsi, même poussés par une intention irréprochable, nous finissons par oublier que l’origine des Évangiles est orale. Il s’agit des « paroles du Christ » recueillies par Marc, Luc, Matthieu et Jean. Leur statut ontologique est celui d’un verbe, d’un propos oral. Le message évangélique n’est pas « écrit » ni dicté par Dieu, mais annoncé par Jésus et transcrit tant bien que mal par les évangélistes.

Confrontés à une parole, nous sommes plus proches de l’esprit que de la lettre. Au demeurant, nombreux sont les théologiens à souligner les mille et une petites contradictions entre les évangélistes. Luc situe à Jérusalem les premières apparitions de Jésus aux 11 disciples, après sa résurrection, et Matthieu les situe en Galilée. Dans Matthieu (8, 1-4), les modalités de guérison d’un lépreux ne sont pas du tout les mêmes que dans Marc (1, 40-45). Et l’on pourrait prolonger la liste.

Cela signifie qu’on ne peut pas se conformer de manière rigide au texte, ni lui obéir. Il s’agit de s’en inspirer, ce qui est bien plus riche, plus vivant. À la différence d’un texte, une parole n’est jamais séparée de la vie, « dans le mouvement infini de la parole et de l’écoute » (Maurice Bellet). Elle s’adresse à l’autre, suscite l’échange, la discussion, la relation. Gardons ici en tête le premier verset de l’Évangile de Jean : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. »

Pour cette raison, l’Évangile n’est pas un livre qui aurait été interprété une fois pour toutes. Ce n’est pas un savoir intellectuel, ni une érudition intimidante. Il est vivant, comme toute expérience humaine. Il revit d’une manière différente à chaque lecture. Comme la parole qu’on écoute, il n’a jamais le même grain, le même accent. Depuis 2 000 ans, cette parole rebelle défie la mise en cage. Nul ne peut la prendre en otage ou la couler dans le bronze. Elle n’est pas faite pour être enrégimentée. Elle reste donc subversive.

Au cours d’une messe routinière, il suffit qu’une voix se fasse entendre pour que nous soyons soudainement libérés de la récitation et que notre âme ne soit plus « habituée », comme le craignait Charles Péguy. Sur ce sujet, Maurice Bellet, qui aura 94 ans en décembre, est habité par une fraîcheur et une joie communicative. Merci Maurice !’

Jean-Claude GUILLEBAUD, journaliste, écrivain et essayiste

        JC.GUILLEBAUD@LAVIE.FR

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Les Tisserands

J’appelle Tisserands ceux qui réparent le tissu déchiré du monde.

Un nombre sans cesse croissant de Tisserands ont entrepris avec une énergie considérable de nous faire changer d’ère …

Grâce à tous ceux-là, les réseaux de la vie reliée se multiplient maintenant comme la montée de la sève au printemps irrigue l’arbre d’une vitalité nouvelle …

Cette vie tisserande est une vraie alternative au religieux qui le concurrence directement sur son terrain et qui va s’y révéler encore plus forte que lui. Ce terrain c’est celui du sens de la vie, de l’être plus (plus humain, plus conscient, plus vivant) et non de l’avoir plus. On attendait en vain depuis le siècle des Lumières une telle force de proposition qui rivalise pleinement avec la religion. Si jusqu’ici celle-ci s’est maintenue et revient actuellement occuper tant d’espaces, c’est justement faute d’un tel substitut. Mais à présent qu’il a émergé, même s’il y a encore des croyants dans l’avenir, les systèmes religieux vont probablement subir une désagrégation de plus en plus rapide et irréversible. En effet, face à la liberté offerte par la « vie reliée », les limites spirituelles de ces systèmes vont apparaitre au grand jour et se révéler dépassés : leurs lois, leurs interdits, leurs dogmes … tout ce qu’ils imposent aux individus va prendre un sacré coup de vieux.

Chacun des Tisserands contribue à nous faire faire l’expérience dont les religions ont voulu se réserver jusqu’ici l’exclusivité : nous faire grandir en humanité et nous appeler vers le mystère de l’existence. Ainsi le triple lien (-avec soi, avec autrui, avec la nature-) non seulement nous libère-t-il de l’enfermement dans le petit moi, mais libère-t-il en nous une vie infiniment plus vaste.

Abdennour Bidar (extrait du livre « Les Tisserands »)

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Méditer

 

 

 

Méditer, c’est prendre une posture qui vous rend présent à vous, ouvert au monde, disponible.

Méditer, c’est respirer sans consigne, ni sanction.

Méditer, c’est se déconnecter, se foutre la paix et retrouver ses aspirations profondes.

Méditer, c’est un acte naturel par lequel je laisse la vie revenir en moi, grâce auquel je redeviens vivant.

Méditer, c’est entrer en relation avec ce qui est : moi, les autres, le monde, ce qui nous dépasse…

Inspiré de Fabrice Midal « Foutez-vous la paix et commencez à vivre »

Faire calme et silence, apprendre à lire les sensations de notre corps, se libérer de nos pensées, s’ouvrir sur l’infini.

Se pacifier par le souffle, pas en le contrôlant, mais en se connectant humblement à lui et en l’accompagnant doucement.

Lâcher prise, vivre pleinement l’instant présent, apprendre à faire attention et confiance.

Méditer en pleine conscience, c’est se connecter au monde si fortement que les distinctions entre soi et non soi deviennent absurdes, inutiles et encombrantes.

 Inspiré de Christophe André « Méditer jour après jour » 

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Adieu, l’Eglise

 

Jésus a adopté une méthode de persuasion progressive, libre et spontanée. Tous les évangiles le montrent assez clairement. Il n’impose pas, il n’oblige pas, il ne dicte pas de nouveaux commandements, une nouvelle loi. Il propose un esprit nouveau, où Dieu descend sur la terre, où on va l’appeler père, ce qu’il y a de mieux comme type d’homme, pour comprendre ensuite qu’il faut le découvrir dans celui qui souffre, celui qui a faim, qui est en prison. Dieu s’est fait homme. Dieu, c’est l’homme qui a besoin des autres. Dieu c’est l’amour des hommes. Il n’y a pas d’autre dieu ou Dieu que l’amour partagé entre les hommes. …

 

La vérité dont Jésus voulait témoigner, c’est qu’il ne faut chercher Dieu, ni dans les nuages et le ciel, ni dans une religion, quelle qu’elle soit, avec ses temples et sa liturgie, mais qu’il faut le découvrir au cœur de l’homme, dans ses meilleures aspirations, dans ses meilleures intentions. Dieu c’est ce que l’homme a espéré, ce qu’il a voulu de mieux, ce qu’il a fait de plus grand, pour du sens à sa vie, et rien d’autre. …

 

La fin du monde n’est pas pour demain, mais la fin d’un monde peut-être. Ce monde occidental, rongé par son complexe de supériorité, bardé de certitudes, persuadé d’avoir toujours raison, propriétaire du bon droit, le meilleur, celui du plus fort, est en péril. …

Un monde sans Dieu et sans dieu ? Sans doute pas, car l’homme est devenu expert pour en créer, et n’importe quel groupe humain, en quête d’absolu, est tout à fait capable d’en inventer de nouveaux à tout moment. C’est même un droit de chaque individu de s’essayer à cet art, et cela ne pose pas de graves problèmes si, dans chaque maison, près de la porte d’entrée, comme dans les anciennes villas romaines, on prévoit un petit placard pour y placer les dieux lares : dieu gardien des meubles, dieu protecteur des moissons, dieu de la bonne humeur, ou dieux des jeux d’enfants …

 

Ce dont il faudrait, à tout prix, libérer l’humanité, c’est de la religion, de toutes les religions. Elles sont toutes, actuellement, à tel point travaillées par leurs intégrismes et leurs fondamentalismes, qu’elles sont véritablement devenues des dangers pour l’humanité. D’une façon ou l’autre, elles distribuent des armes, elles désignent les adversaires, elles suscitent des guerres. Il n’y en a pas une bonne, et d’autres, mauvaises. A des degrés divers, à des époques différentes, et selon les endroits, elles ont toutes ce genre de défaut. …

 

L’Eglise catholique vit son dernier siècle. Elle fait de plus en plus penser à l’ancienne armée mexicaine. Il y a un empereur à la tête, tout blanc : le pape ; un nombre important et renforcé de généraux, tous habillés de rouge : le sacré collège des cardinaux ; une foule d’officiers et de fonctionnaires de toutes sortes, avec ceintures et boutons de couleur : la curie, les nonces, les monsignori ; et puis, derrière, il n’y a plus que quelques soldats, la plupart âgés, malades, blessés, malheureux : ce sont les prêtres, trop peu nombreux pour assurer la tâche pastorale des paroisses, et les laïcs, tout aussi rares, dans une population dont la pratique religieuses se situe péniblement entre cinq et dix pour cent, parfois moins.

Ce qui va tuer l’Eglise catholique, ce sont ses divisions internes. Le pouvoir y est disputé avec acharnement entre les intégristes et les charismatiques. C’est entre eux deux que le pape hésite, chancelle, trébuche, sans bien savoir à qui il va se raccrocher. …   

 

Peu importe, d’ailleurs, la façon dont l’Eglise va finir. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est jeter le bébé avec l’eau du bain ! Il faut sauver, si pas le christianisme, car méfions-nous des noms en isme, qui facilement engendrent systèmes et excès, du moins le message chrétien.

Cela veut dire qu’on n’a pas fini de lire les évangiles, seul ou ensemble, de les commenter, de les étudier. Tous les évangiles, même les apocryphes, et les textes de la même époque, qui les éclairent. Cela veut dire aussi qu’on n’a pas fini de se battre pour que tous les hommes aient les mêmes droits, pour que la terre soit à tous et nourrisse chacun, pour que l’idée qui mène le monde, soit celle de l’amour, que la paix soit sans cesse l’objectif des politiques.

Comme on est encore loin de tout cela, le message chrétien gardera tout son sens et toute son actualité, sans qu’il faille liturgie, prêtres et sacrements pour l’emballer et le présenter. Ce qu’on abandonnera, sera sans aucune mesure, avec ce qu’on continuera de rechercher, d’élaborer et mettre en œuvre.

 

Evidemment, là où nous allons, il n’y aura ni ciel, ni paradis, ni enfer non plus, ni purgatoire. Il n’y aura ni ange, ni démon, ni péché, ni vision béatifique. Il n’y aura pas d’éternité, pas d’immortalité, pas de jugement dernier. Courage ! Il y aura seulement l’homme avec toute sa richesse et toutes ses pauvretés, l’homme à respecter, l’homme à parfaire, l’homme à aimer. L’homme limité par la condition humaine. L’homme mortel, l’homme spatio-temporel. Mais l’homme entier, autonome, libre, créateur. …

 

Jacques Meurice

Chemin d’un prêtre-ouvrier (Editions L’Harmattan)

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Lettre du peintre Fra Angelico à un ami :

Ami,

Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.

Le ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même son repos.
Prenez donc le ciel.

Il n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée dans le court moment présent.
Prenez donc la paix.

L’obscurité du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y a derrière cette obscurité une splendeur et une joie ineffables, si nous pouvions seulement les voir.
Et pour voir, vous n’avez qu’à regarder.
Je vous prie donc de regarder.

La vie est généreuse donatrice, mais nous, qui jugeons ses dons d’après l’apparence extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs. Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle, une vivante splendeur, tissée d’amour par la sagesse, avec d’abondants pouvoirs.
Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l’ange qui vous l’apporte.

Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve, croyez-moi, la main de l’ange ; le don est là – ainsi que la merveille d’une présence adombrante.

De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant que joies, elles aussi cachent des dons divins.

La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez que la terre ne fait que recouvrir votre ciel. Courage donc pour le réclamer. Mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.

Ainsi, en ce jour de Noël, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations, mais avec la prière : que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient.

Fra Angelico

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Mal-être et spiritualité

« A mes yeux, être spirituel c'est s'intéresser à son âme, c'est aussi vouloir comprendre les sources de son mal-être, c'est se relier à l'esprit, c'est donc se remettre en question quand cela s'impose, ça ne va pas de soi...Il faut apprendre à ressentir ces choses au fond de soi. Il convient sans doute de les intégrer dans son vécu sans les nier...
L'intellect seul, le refoulement, ne me semblent guère efficaces en ce domaine si sensible...Montrer le chemin, c'est bien, encore faut-il l'avoir arpenté. 

Il n'y a pas de "méthode" efficace, juste un pansement, si l'on ne s'attaque pas au problème : d'abord l'acceptation, la considération de ses ressentis ( l'intellect -c'est mon avis- ne guérit de rien, il fait tourbillonner le mental), à ce moment-là le "pouvoir de l'intention" peut amorcer un chemin plus lumineux, un travail personnel de tous les jours  = enfin poser des actes ...ainsi se crée le mouvement, un nouveau cheminement, car rien ne nous est dû, la vie terrestre nous offre les moyens de faire ces expériences, il faut prendre des risques, y compris celui de souffrir, et d'avoir à "rebâtir" sans cesse ...sans se plaindre mais au contraire avancer avec gratitude ... »

Monique

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Tâchez d'être heureux

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.

Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité, et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit.

Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.

Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit-elle ; c'est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires ; car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d'héroïsme.

Soyez vous-même. Surtout n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l'herbe.

Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au-delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d'être ici. Et qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devrait.

Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception d'elle ou de lui, et quelles que soient vos peines et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme. Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Soyez positif et attentif aux autres.

Tâchez d'être heureux.

Max Ehrmann (1872-1945)

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Faut-il invoquer ce Dieu qui nous est inconnu

 

Les situations dramatiques de la vie peuvent nous inciter à rechercher un réconfort fallacieux et à nous perdre dans des consolations illusoires.

 

Faut-il prier pour les malades ? La question peut paraître incongrue pour les chrétiens, tant cette démarche est pour eux la conséquence de leur foi. À y regarder de plus près, on constate que peu participent à ces réunions de prières. S’ils ne les critiquent pas, ils évitent de donner les raisons de leur absence comme s’il y avait en eux une contradiction entre leur désir de voir le malade guérir et la demande d’une intervention divine. Ils sont mal à l’aise avec une telle demande.

La confiance en la médecine l’emporte sur celle en un Dieu pouvant intervenir sans que pour autant ils osent le formuler aussi clairement. Pour autant, ils ne remettent en cause ni leur foi ni leur engagement dans l’Église.

Madame L. soigne depuis plus de trois mois son mari placé en soins palliatifs au domicile familial. Très entourée, des membres de différentes communautés viennent une fois par semaine prier auprès de son mari qui ne peut plus quitter son lit tant il est affaibli. Elle ne participe plus à ces réunions.

 

La veuve et l’orphelin

Elle dit ne plus supporter qu’il soit demandé à Dieu de faire un miracle comme il le fit pour la traversée de la mer Rouge ou pour assurer la victoire de Josué en arrêtant le soleil. Pour elle, Dieu n’est pas un dieu païen. Il sait ce qui est bon pour nous mieux que nous-mêmes.

Les dieux païens – elle fait référence à quelques dieux grecs ou romains dont elle a entendu parler – demandent à être invoqués parce qu’ils font croire aux hommes qu’ils détiennent tous les pouvoirs à l’instar du dieu Baal de la Bible.

Bien qu’ayant trois enfants en bas âge, elle a confiance en Dieu qui pourvoira à sa nouvelle situation parce que, dit-elle,

Il prend soin de la veuve et de l’orphelin.

Elle ajoute ne pas se reconnaître dans cette messe organisée dans son village, suppliant Dieu d’envoyer la pluie après plusieurs mois de sécheresse. Elle dit batailler souvent avec ses voisins qui cherchent la guérison à tout prix en consultant des guérisseurs et s’adonnant à des pratiques condamnées par la Bible.

Toujours selon elle, nous n’avons pas à dicter à Dieu ce qu’il doit faire mais chercher auprès de lui l’intelligence et les forces qui permettront de s’organiser et de s’adapter à la situation du moment qu’elle n’attribue pas à Dieu mais au déroulement de la vie dans le temps.

Mme L. nous ramène à la philosophie d’Épicure selon lequel les dieux n’interviennent pas dans les affaires des hommes.

La différence vient de ce qu’elle ne se réfère pas à la philosophie mais à la Bible. C’est dans ce livre qu’elle trouve ses convictions et sa position face aux malheurs qui arrivent dans une vie.

Ceci est d’autant plus remarquable qu’elle ne théorise pas une attitude à prendre face au mal et à la mort qu’elle sait proche pour son mari, elle vit dans sa chair la dure réalité sans capituler devant la souffrance et la douleur causées par la perte de celui qu’elle aime sans oublier sa situation de femme sans emploi, seule avec trois enfants à élever.

Comme Job, elle rejette les consolations illusoires qu’elle croit déceler dans la prière de ses amis. Elle ne remet pas en cause Dieu. Elle ne croit pas davantage aux puissances maléfiques qui, dit-elle, sont déjà vaincues. Elle s’inscrit dans le temps qui passe et cherche à assumer les responsabilités qui lui incombent. Dieu est une source auprès de laquelle elle se désaltère sans revendiquer.

Au moment où le christianisme en Occident est remis en question, l’attitude de Mme L. nous interpelle. Les humains voudraient croire en un Dieu intervenant dans la vie privée des hommes et répondant à leur requête selon leurs sentiments et leur façon de voir. Ils voudraient que Dieu exerce les pouvoirs qui leur échappent.

Lorsque celui-ci ne se plie pas à leur volonté, beaucoup le quittent. Certains parmi les chrétiens ou membres d’autres religions, se raidissent dans les dogmes, les rites, les pratiques ou encore la morale pensant ainsi le convaincre, et l’amener à intervenir. Une autre voie reste possible. Celle qui nous amène à repenser Dieu, à revisiter les représentations qui en sont faites et à renoncer aux interventions surnaturelles qui lui sont demandées pour mieux le percevoir, le rencontrer et le comprendre dans la réalité de tous les jours.

 

Serge Soulié

pasteur retraité Église unie, psychologue

www.sergesoulie.over-blog.com

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Un lecteur d'Ecoute et Partage, atteint d'un cancer, nous transmet sa réflexion que nous avons le plaisir de partager ci-dessous :

 

Les leçons de la maladie        Hervé Rouveure  08 2016

 

            Emile Nicole (un ami, ndlr) et moi avons un point en commun : celui d’avoir le même cancer. Il avait intitulé son message « Les leçons de la maladie ».

            Une première réflexion personnelle : chaque épreuve, dont la maladie fait partie, nous apprend quelque chose. Sur nous, sur Le Seigneur. Il ne s’agit pas de se torturer l’esprit pour en connaître les causes, ni de se dire « Quel péché ai-je commis pour être frappé ainsi ? », mais simplement de nous mettre à l’écoute de ce que Dieu veut nous dire ou nous rappeler.

            La question qu’on entend souvent, c’est « pourquoi moi ? » comme si notre propre justice, nos bonnes œuvres, la perfection de notre caractère, la grandeur de nos sentiments, nos nombreux mérites, notre fidélité à toute épreuve, notre amour fraternel inépuisable… devaient nous épargner ce qui est commun à l’humanité entière. Pourquoi ne pas se poser plutôt la question : « pourquoi pas moi ? » même si c’est dur à avaler. Notre corps vieillit et s’use inexorablement. Le cancer de la prostate est un cancer de l’homme âgé, je fais désormais partie de cette catégorie, je dois l’admettre et vivre avec. Un de mes rapports d’examen contenait un mot désagréable à lire à propos de ma hanche et de mon épaule : il s’agit du mot « dégénérescence ». Voilà donc que je dégénère et vous avec moi, mais pas nécessairement au même stade ou au même organe.

 

            Revenons au message d’Emile Nicole. Il débutait ainsi : « Je ne voudrais pas qu’on accorde une importance excessive à ma personne ou à un problème de santé qui malheureusement n’a rien de très exceptionnel. Mais j’ai pensé qu’il ne serait pas juste que je garde  à mon seul profit quelques-unes des leçons bénéfiques que Dieu m’a accordées ces dernières semaines en raison de ce problème. Mon vœu et ma prière, c’est que, les problèmes de santé en moins, vous puissiez en retirer un réel bénéfice spirituel. » (Fin de citation).

            Je vais donc vous lire le message de Emile Nicole, mais je vais y ajouter d’autres réflexions personnelles, car, chacun de nous étant unique, le même type d’épreuve peut susciter des réflexions différentes, complémentaires, mais non contradictoires. Ainsi, lorsque je dirai « je », ce pourra être lui qui parle aussi bien que moi. Le but du message n’est pas de découvrir ce qui revient à Emile Nicole et ce qui me revient, mais d’en tirer une leçon personnelle.

 

Premier texte : 2 Rois 20.1 : « 1 En ces jours-là, Ezéchias fut atteint d'une maladie mortelle. Esaïe, fils d'Amots, le prophète, vint le trouver et lui dit : Ainsi parle le SEIGNEUR : Donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir ; tu ne vivras plus. 2 Ezéchias tourna son visage vers le mur et pria le SEIGNEUR en disant : 3 S'il te plaît, SEIGNEUR, souviens-toi, je t'en prie, que j'ai marché devant toi avec loyauté et d'un cœur entier, et que j'ai fait ce qui te plaît ! Et Ezéchias se mit à pleurer abondamment.

4 Esaïe n'était pas encore sorti de la cour centrale lorsque la parole du SEIGNEUR lui parvint : 5 Retourne dire à Ezéchias, chef de mon peuple : Ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu de David, ton père : J'ai entendu ta prière, j'ai vu tes larmes. Je te guéris ; le troisième jour, tu monteras à la maison du SEIGNEUR. 6 J'ajouterai quinze années à ta vie. Je te délivrerai, ainsi que cette ville, de la main du roi d'Assyrie ; je protégerai cette ville, à cause de moi et à cause de David, mon serviteur. « 

7 Esaïe dit : Prenez un gâteau de figues sèches. On le prit et on le plaça sur l'ulcère, et Ezéchias resta en vie.»

 

            Remarquez au passage la belle répétition finale au cas où le roi n’aurait pas bien compris l’annonce qui lui est faite. Il n’y a pas beaucoup de cas dans la Bible où la mort d’une personne est ainsi annoncée avec autant de précision et j’ai envie de dire avec autant de brutalité.

            Mes médecins ne m’ont pas dit : « vous allez mourir », le Seigneur ne me l’a pas dit expressément non plus, ni par la bouche d’un prophète, ni par celle de Pascal notre pasteur. En tout cas, je vais mourir ou pour le dire moins durement, j’ai en moi un mal qui peut me faire mourir dans un avenir imprévisible. Voilà la dure réalité qui s’impose et que je dois prendre en compte. En fait, c’est une chose qui nous concerne tous depuis le jour de notre naissance, nous allons tous mourir tôt ou tard, sauf si le Seigneur revient avant. Nous voilà donc partagés entre deux attentes : le retour du Seigneur ou notre mort. Nous devons nous préparer à ces deux éventualités et en terme de probabilités, c’est à notre propre mort que nous devons (je ne dis pas surtout) nous préparer. Car s’il y a une chose certaine, inéluctable c’est bien celle-là ; mais c’est une chose de le savoir en général et pour un futur plus ou moins éloigné, c’en est une autre d’en prendre conscience pour soi et de voir l’échéance se rapprocher soudainement.

            Ezéchias a prié et il a beaucoup pleuré. Le texte biblique ne nous parle pas de son âge, mais par recoupement on peut calculer qu’il devait avoir 39 ans. C’est bien tôt pour mourir (mais peut-être pas tant que ça à son époque) et avec les 15 années supplémentaires que Dieu lui a accordées en réponse à sa prière, il est quand même mort à 54 ans ce qui est bien peu face à l’espérance de vie actuelle qui dépasse les 80 ans.

 

            Mais face à l’inéluctable, nous avons un recours et une espérance.

Le recours, c’est la prière et la guérison possible. Je ne voudrais pas trop m’y attarder, non pas que ce soit sans intérêt ou banal, un miracle c’est toujours une grande et belle chose. Mais , c’est une chose de croire aux miracles chez les autres, aux miracles d’autrefois, et de croire aux miracles pour soi, aux miracles maintenant. Croire que ce qui a été possible pour Ezéchias, l’aveugle-né, le boiteux, le paralytique, les 10 lépreux, la femme atteinte d’une perte de sang, la fille de Jaïrus, Lazare et tant d’autres… l’est aussi pour moi aujourd’hui. Alors, je dois l’avouer, je n’ai pas cette foi qui transporte les montagnes, y compris celle de la maladie.

Comment maintenant puis-je comprendre le verset « C’est Lui qui guérit toutes tes maladies » ? D’une manière « spirituelle » ou bien concrète ?

Je sais que la chirurgie, en ôtant l’organe malade, ôtera aussi le mal, mais laissera d’éventuelles séquelles (Je pourrais sûrement enlever le mot « éventuelles »). Ce ne sera pas une guérison miraculeuse, on parlera de miracle de la technique, de la médecine ou du génie humain, alors que la technique, la médecine et le génie humain ne font pas de miracles, ils ne font que ce qu’ils sont capables de faire à un moment donné de nos connaissances.

            Par contre, si le Seigneur me disait expressément « tu es guéri, l’opération est inutile », j’aurai, je l’avoue encore, ce doute qui tenaillait Thomas ou Gédéon et je dirai : « Seigneur, si je ne vois les résultats des analyses, je ne croirai pas ».

 

            Mais au fond, ma foi se nourrit-elle de signes et de miracles ? Ne doit-elle pas plutôt et d’abord se nourrir de la Parole de Dieu ? L’épreuve que j’affronte, que notre famille affronte et que vous affrontez, j’en suis sûr, avec nous, n’est-elle pas aussi un moyen de grandir dans la foi, de s’abandonner à la grâce de Dieu, d’accepter l’épreuve, mais sans fatalisme, simplement avec la force et la grâce que Dieu accorde jour après jour, un pas après l’autre.

 

            Mais au-delà d’une guérison éventuelle, reste l’échéance inéluctable pour Ezéchias : « Tu vas mourir ». Et pour moi aussi. Me voilà donc bousculé, ébranlé dans mes certitudes. Je me croyais en bonne santé, quasi inébranlable. A vues humaines, « sous le soleil » comme dirait l’Ecclésiaste, le pire est devant moi et le pire c’est de mourir, mais n’est-ce pas aussi le meilleur : être auprès du Christ ; « Christ est ma vie et la mort m’est un gain » écrivait Paul. Affirmation un peu lointaine et abstraite quand on a 20, 30 ans ou 40 ans, mais plus proche et plus réaliste quand on en a 70 ou 80.

            L’annonce de la maladie, dont je me doutais depuis quelques mois, aurait pu m’accabler, me plonger dans le désespoir ou la dépression. Sauf que le chrétien a une espérance, une espérance que le monde dans lequel nous vivons tend à nous déposséder, de deux manières notamment.

 

            D’abord en refusant de parler de la mort, (je nuancerai dans un instant cette affirmation),. en nous proposant de vivre comme si la mort n’existait pas. On dit parfois que la mort est occultée, cachée. Ce n’est pas vrai, car on la voit partout : dans les journaux , au cinéma, dans les feuilletons télévisés, dans les jeux vidéos où elle est virtuelle. En réalité, elle est occultée en tant qu’expérience de vie. On pourrait parler longtemps sur le sujet, je me contenterai d’un simple exemple. Voici deux recueils de cantique : « Sur les ailes de la foi » et « JEM 3 ». Dans le premier, le plus ancien, j’y ai recensé très vite et sans grandes difficultés, au moins 30 cantiques qui mentionnent l’épreuve suprême qui nous attend tous. J’ai été grandement aidé par la table des matières par thèmes : Vie chrétienne considérée comme un voyage, épreuves et consolations, le Ciel, enterrements, fuite du temps. Et les auteurs de ces cantiques n’ont pas peur des mots ; jugez vous-mêmes :

 

-Si nous devons bientôt quitter ces lieux bénis

-Je vois ainsi venir le terme de mon voyage en ces bas lieux

-Lorsque la mort sous ses flots m’engloutira

-Bientôt pour moi le terme du voyage

-Le sombre passage

-J’avance vers la mort

-Quand quitterai-je ma tente

-Quand de la mort je franchirai le flot

 

Par contre, dans le second cantique, je n’ai encore rien trouvé et le classement par thèmes ignore complètement ceux que j’évoquais ci-dessus. A croire que le chrétien du XXIème siècle ne meurt plus.

Je pense aussi à nos vieilles campagnes d’évangélisation, pas pour les regretter, mais pour dire qu’on ne prenait pas de gants pour vous annoncer que si vous ne prenez pas de décision aujourd’hui pour Christ, vous risquez de ne pas pouvoir en prendre demain. « Aujourd’hui », le seul moment qui nous appartient pour prendre une décision, ou agir.

            Sans nous en rendre compte, nous nous sommes conformés au siècle présent qui occulte la mort en tant qu’expérience universelle pour tout être humain, mort qui est le symbole de l’échec total, or nous vivons dans un monde qui ne supporte pas l’échec, un monde qui nie certaines réalités incontournables.

 

Alors, ne plus parler de la mort conduit insensiblement à ne plus parler de l’espérance que nous avons face à la mort. Et les cantiques dont je parlais il y a un instant n’étaient pas des cantiques de désespérance. S’ils évoquaient sans fard la dure et triste réalité, ils parlaient aussi de cette espérance qui devrait nous habiter tous : celle de la résurrection.

« Je vois ainsi venir le terme de mon voyage en ces bas lieux, et j’ai l’attente vive et ferme du saint héritage des cieux. Sur moi si la tombe se ferme, j’en sortirai victorieux. »

Et un autre cantique que je ne connais pas s’intitule : « Nous mourrons tous, MAIS »

Dans la deuxième aux Corinthiens, chapitres 4 et 5, Paul décrit notre condition humaine par une série d’images : « vases de terre, tente, vêtement provisoire, réalité visible, passagère, éphémère ». Pourtant une autre réalité existe, pas encore visible, mais éternelle. A la tente fragile, l’apôtre oppose le domicile céleste, l’habitation éternelle, la vraie patrie. Au vêtement à déposer, qui symbolise la mort, il oppose un autre vêtement, une vie nouvelle capable d’engloutir la mort. « Celui qui a réveillé le Seigneur Jésus nous réveillera aussi avec Jésus »

 

            Une seconde stratégie de ce monde pour diminuer et discréditer notre espérance : essayer de nous persuader que l’espoir d’une vie bienheureuse au-delà de la mort serait, au mieux, une bizarrerie inoffensive et au pire une tromperie destinée à maintenir les pauvres et les opprimés dans la misère en leur faisant croire que tout ira mieux après : « la religion, c’est l’opium du peuple », la formule est bien connue.

            Face à cette critique, n’avons-nous pas tendance à dire : la vie chrétienne, ce n’est pas seulement pour plus tard, c’est déjà pour maintenant, ce n’est pas simplement l’espérance de l’éternité bienheureuse, c’est maintenant l’action concrète pour aider nos semblables, pour secourir les malheureux, pour lutter contre les injustices, pour œuvrer en faveur de la paix.

            Tout cela est vrai, mais comment pouvons-nous dire ce n’est pas simplement l’éternité bienheureuse comme si c’était une chose simple qui va de soi, de peu d’intérêt, alors que Paul nous présente la perspective inverse en 1 Corinthiens 15 : « Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux des hommes ».

            Le monde, lui, nous dit : « Si c’est dans une vie ultérieure que vous espérez en Christ, vous êtes les plus malheureux des hommes. »

            Qui allons-nous écouter ?

 

En conclusion : 

            Je terminerai par cette exhortation du psalmiste : « Enseigne-nous à bien compter nos jours que nous conduisions notre cœur avec sagesse ».

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Pays chrétien

 

Nous entendons beaucoup en ce moment des responsables politiques, et en particulier un ancien président de la République en précampagne pour 2017, qualifier la France de « pays chrétien ».

À chaque fois, en tant que chrétiens, nous ne pouvons nous empêcher d’y voir une insulte à la foi : comment un pays, dans son essence, pourrait-il être chrétien ?

Il ne s’agit pas ici de nier le nombre d’Églises présentes en France, le nombre de personnes se disant chrétiennes – en diminution constante ces dernières années – mais bien d’affirmer qu’un pays, une nation, ne peut pas se revendiquer de ce qui est un choix personnel.

Pour nous, être chrétien, c’est s’engager personnellement à suivre le Christ et son enseignement, à faire un choix radical pour vivre pleinement l’Évangile. Dire que la France est chrétienne rabaisse le message révolutionnaire de l’Évangile à un simple style architectural, à un corpus culturel ou artistique plus ou moins connu et partagé, à une vision d’un passé fantasmé.

Mais pire encore est de se servir de cette excuse pour rejeter l’étranger. Car un christianisme qui rejette l’étranger, c’est un christianisme qui rejette l’Exode et le Deutéronome : « Souviens-toi que tu es toi-même étranger et esclave. » C’est un christianisme qui rejette l’évangile de Matthieu : « Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli. » C’est un christianisme qui oublie que Pierre nous dit : « Vous êtes étrangers et voyageurs sur la Terre. » C’est un christianisme qui rejette finalement le fondement même du message évangélique : « Aime ton prochain comme toi-même »...

 

Antoine ROLLAND, Stéphane LAVIGNOTTE, Laurent GAGNEBIN, Philippe KABONGO, Mathieu GERVAIS, Marina TOUILLIEZ, Philippe GUTTINGER, membres du Christianisme social

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Trois traditions spirituelles

 

Né d'un musulman et d'une catholique, Reza Moghaddassi, philosophe franco-iranien a aussi embrassé le bouddhisme pendant dix ans.

 

La vie m'a amené à rencontrer trois traditions spirituelles. J'ai pu vivre de l'intérieur l'islam, le bouddhisme et le christianisme et cela m'a convaincu qu'aucune de ces voies n'avait rien à envier à l'autre. Dans chacune, j'ai contemplé une grande beauté, une vaste richesse, une immense profondeur. J'y ai aussi constaté des choses moins admirables, telles que la crispation religieuse, le manque d'ouverture, la confiscation de l'universel. J'ai entendu que la vérité était là et pas ailleurs. Que les autres se trompaient. Ce type de propos a toujours blessé mon âme et m'a donné envie de fuir. Car telle n'était pas mon expérience.

 

Mon critère n'est pas la fidélité à la coutume, à la tradition, ou à la raison, bien que je sois philosophe, mais il réside dans le témoignage des sages et des saints. Dans la réalisation spirituelle de la personne. Je suis plus attentif aux fruits de l'arbre qu'à l'arbre lui-même. Il est frappant de constater que les discours des maitres spirituels présentent des points communs malgré les différence d'époques, de cultures et de traditions. Bergson disait qu'il est plus facile de susciter l'entente entre les mystique de diverses traditions qu'entre les gardiens de l'orthodoxie. Par leur manière d'être au monde et à autrui, les maitres spirituels prouvent qu'ils sont dans la vérité.

Un mystique persan a dit : "Mohamed est la vérité, mais la vérité n'est pas que Mohamed". On pourrait dire aussi bien ; "Ma tradition, c'est la vérité. Mais ma tradition ce n'est pas la totalité". Le soleil qui se reflète dans un tel miroir est une réalité. Mais il se reflète aussi ailleurs. L'expérience de la claire lumière n'est pas la propriété des bouddhistes. Et celle d'un amour inconditionnel n'est pas celle des chrétiens. L'Esprit souffle où il veut.

 

Je suis persuadé qu'il existe une vérité absolue au delà des contradictions entre les traditions. Je vois les religions comme autant de langues à travers lesquelles les hommes tentent de se rapprocher de Dieu. Les rituels, les représentations, les croyances sont comme des icônes, des fenêtres ouvertes sur l'absolu. Le danger serait d'idolâtrer nos propres représentations. Blaise Pascal le disait très bien : "De la vérité on se fait une idole". Nous ne pouvons nous passer de formes, de représentations, d'une théologie affirmative, comme nous ne pouvons embrasser toutes les langues et les religions. L'humilité est donc de ne pas dénier aux autres la possibilité de faire un chemin vers Dieu. Il ne s'agit pas de relativiser sa foi, mais d'"absolutiser" l'Absolu : parce qu'il est absolu, je ne peux pas l'enfermer dans une boîte.

 

Reza Moghaddassi,

Tiré de La Vie N° 3689, Les essentiels

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Jésus pour le XXIe siècle

John Shelby Spong, évêque de l’Eglise épiscopalienne des Etats-Unis

[...] Il y a des gens tellement attachés aux formules religieuses traditionnelles que, lorsqu'ils découvrent que ces formules ne fonctionnent plus et qu'elles ne sont même plus crédibles, ils ne veulent plus avoir affaire avec ce qui, pour eux, est devenu un christianisme de désillusions. Je ne suis pas l'un de ceux-là. Je regarde le déclin et la mort des conceptions religieuses d'hier comme une opportunité de croître, de pénétrer dans un nouveau sentiment de conscience, d'explorer des voies nouvelles pour parler de l'expérience de Dieu. Je découvre une liberté vivifiante à reconnaître que la naissance virginale n'a rien à voir avec la biologie, que les miracles du Nouveau Testament ne sont pas à confondre avec une intervention surnaturelle, que la Résurrection n'a rien en commun avec une résurrection physique, et que la croyance en la divinité de Jésus ne peut pas être identifiée à l'invasion d'une déité externe dans le monde humain. Je suis ravi de découvrir que le théisme ne concerne pas plus la nature de Dieu qu'il n'est une négation de ce qu'est Dieu.

Je ne peux pas me taire plus longtemps.
[...] Je suis à la recherche d'un Jésus au-delà des Saintes Écritures, au-delà des Credo, au-delà des doctrines, au-delà des dogmes et au-delà de la religion elle-même. Ce n'est qu'en arrivant à ce stade que notre regard pourra se tourner vers le mystère de Dieu, le mystère de la vie, le mystère de l'amour et le mystère d'être. Au cours de cette recherche, nous nous tournerons inévitablement vers le mystère de notre propre humanité, le mystère de la conscience de soi et celui de la transcendance.

[...] Au cours de chaque génération, les adeptes de Jésus n'ont jamais fini de lutter

D'autres barrières, d'autres préjugés motivés par la peur ont été érigés tout au long de l'histoire par certains adeptes de Jésus et sont de même destinés à être démolis, Au cours de chaque génération, les adeptes de Jésus ont dû lutter contre leur propre mentalité de survie. on peut en effet considérer l'histoire du christianisme comme ayant été et étant toujours l'arène d'une bataille entre les règles religieuses d'hier et la liberté qui semble sourdre sans cesse de Jésus de Nazareth. À travers l'histoire, même si les victimes ont changé de nature, les barrières qui les empêchaient de célébrer leur pleine humanité ont été surmontées. Nous pourrions parler de l'évolution des mentalités vis-à-vis des malades mentaux, des Afro-Américains, des Juifs, des gauchers, des homosexuels et des lesbiennes, tous ceux auxquels on a fait ressentir de plein fouet les coups cinglants de leur rejet par la religion chrétienne. Avec le temps toutefois, chacune de ces barrières d'exclusion est finalement tombée sous les coups du même pouvoir que les contemporains avaient ressenti en Jésus. Dieu n'est pas un juge céleste ! Dieu est une force vitale qui s'épanouit dans la nature humaine, jusqu'à ce que l'humanité soit libérée de ses barrières, de ses préjugés. C'est ce Dieu-là qui a été révélé dans la plénitude de l'humanité de Jésus. Cette nouvelle définition a déplacé notre ancienne vision d'une force externe à la vie en quelque chose qui se trouve en son centre. La réalité de ce Dieu nous appelle à être ; la vie de ce Dieu nous appelle à vivre ; l'amour de ce Dieu nous appelle à aimer. Jésus a vécu la vie de Dieu. C'est pourquoi nous proclamons que c'est dans la vie de Jésus qu'on peut voir la source de la vie. Que dans son amour on peut voir la source d'amour. Que dans son courage, qui l'a rendu capable d'être pleinement humain, on peut voir le fondement de chaque existence. C'est pour exprimer cette expérience-là que le mot « réincarnation » a été créé, pour nous la communiquer. La réincarnation n'est pas une doctrine à laquelle il faut croire, c'est en réalité la conception d'une présence à ressentir, dont il faut faire l’expérience.

Dietrich Bonhoeffer, le premier, a inventé l'expression « un christianisme athée ». Bonhoeffer disait que, quand l'humanité sera mûre, un jour nouveau émergera dans la conscience humaine. Autrement dit : « Quand les êtres humains auront appris à écarter de leur chemin le dieu surnaturel, externe, parental, de leur vieille religion théiste ». Pendant beaucoup trop longtemps, ce dieu théiste nous a caché le Dieu de la vie et de l'amour, un Dieu qui émerge au cœur des êtres humains, un Dieu qui est la véritable profondeur, le sens véritable de « l'expérience de Jésus ».

C'est ainsi que l'appel du Christ que j'avais ressenti est devenu un appel à voyager au-delà de toutes les barrières qui entravent et qui limitent notre humanité ; un voyage qui permet à chacun d'exprimer son plein potentiel. Jésus ne fut pas un être divin, un être humain dans lequel un dieu externe aurait pénétré, ce que la christologie a toujours prétendu. Jésus était et est divin parce que son humanité et son degré de conscience étaient tellement développés que la signification de Dieu pouvait librement s'écouler de lui vers son entourage. Il était donc à même d'ouvrir l'esprit des gens à cette dimension transcendante de la vie, de l'amour et de l'existence que nous appelons « Dieu ».

C'est là la base de la christologie de l'avenir. Être chrétien, selon les paroles de Bonhoeffer, ce n'est pas être une personne croyante, mais une personne épanouie. Jésus est le portrait de cette plénitude ; c'est pour cela qu'il est pour moi, grâce à son humanité totale, l'expression ultime de Dieu.

Extrait du livre « Jésus pour le XXIe siècle »

Spong récuse globalement la conception « théiste » d’un Dieu tout-puissant demeurant dans un au-delà surnaturel, l’idée d’un Christ né du Saint-Esprit, faiseur de miracles, mort pour apaiser la colère de Dieu et ressuscité corporellement, la vision d’une théologie ignorant Copernic, Darwin, Freud et la science moderne.

Il est un grand connaisseur du monde juif, de la pensée rabbinique et de la spiritualité hébraïque. Il montre comment les traditions de la Pâque juive, du Yom Kippour, de la notion du Fils de l’Homme du prophète Daniel, de l’image du Serviteur souffrant d’Ésaïe ont fourni un langage et des images permettant aux premiers chrétiens de rendre compte de la personne de Jésus.

Spong dénonce aussi avec véhémence et… réalisme les mille et une vilénies dont l’Église s’est rendue coupable, comme par exemple l’esclavage ancien et le racisme récent des Noirs aux États Unis.

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Ligne éditoriale de la Revue des Réseaux du Parvis

 

- Sa référence doit être le message de Jésus le Nazaréen qui révèle à chaque personne sa dignité et nous invite tous à l'amour réciproque pour accomplir notre humanité.

- La revue aura à respecter, refléter et faciliter la diversité des groupes et des personnes qui cheminent au cœur ou à distance des Eglises : quand ils partagent la même recherche de spiritualité, les mêmes valeurs essentielles, ces différences sont un atout pour une confrontation salutaire.

- Elle devra témoigner d'une solidarité sans faille à l'égard de tous ceux et celles, quelles que soient leurs convictions et leurs origines, qui sont victimes de l'injustice, de la pauvreté, et de l'exclusion.

- Elle devra œuvrer à la prise de conscience que la justice et la fraternité proposées par l’Evangile ne seront promues que grâce à un combat pour l’égalité entre tous les êtres humains, genres, orientations sexuelles, ethnies, cultures et classes sociales confondus, dans et à l’extérieur des Eglises.

- Elle sera amenée à dénoncer la manière dont les religions sont tentées d’imposer aux sociétés leurs règles propres. Cette imposition réduirait en effet à rien la liberté de l’humanité de penser par elle-même, dans sa totale diversité.

- Elle devra constamment rappeler qu’aucun acte de foi ne peut être imposé, mais qu’il ne peut être que le fruit d’une totale autonomie de la personne. Que la grandeur du Dieu de Jésus réside dans sa fragilité, dans la possibilité qu’il nous donne de l’ignorer. Que « la » vérité n’est la propriété de personne, qu’elle demeure une quête, qu’elle nous échappera toujours dans ce monde, et que celles et ceux qui sont le plus loin du christianisme y ont aussi accès. Elle insistera sur la conviction que nulle « caste », en particulier cléricale, n’est, par nature, détentrice du vrai.

- La fidélité réaffirmée au message de Jésus et la liberté revendiquée par rapport aux dogmes et aux institutions, permettront à la revue l'exploration fructueuse de nouvelles théologies ancrées dans l'expérience de nos contemporains.

Les co-éditeurs de cette revue partagent la conviction que les progrès harmonieux de la justice et de la démocratie dans le fonctionnement des sociétés et des Eglises – entendues comme des organisations humaines faillibles –, ainsi que l’épanouissement des personnes, sont conditionnés par l’accès de tous au savoir, et à la culture en général pour favoriser une pensée critique et féconde. La revue doit aussi considérer qu’elle contribue à la dynamique du partage d’expériences grâce auquel les Associations du Parvis vivent ensemble une aventure humaine constructive et que promouvoir la « connaissance » est l’une de ses tâches essentielles.

La revue proposera des informations et des analyses sur les réalités sociales, culturelles, scientifiques, économiques, politiques susceptibles d'éclairer les orientations ci-dessus définies et la réalisation concrète de nos idéaux.

 

contact@reseaux-parvis.fr             http://www.reseaux-parvis.fr/

 

Faire naître la Fraternité ….

 

 

     La question qui est posée est : Comment la fraternité peut-elle devenir une direction, un projet de vie, un projet de société en faisant  converger nos vies, nos engagements, nos institutions, nos métiers et toutes nos forces vers un but commun ?

     Qui peut insuffler dans nos vies une dimension spirituelle, un but partagé pour tous qui pourrait réunir "ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas" comme le disait Aragon.

     Pouvons-nous "spiritualiser nos vies par l'entrée

dans la fraternité universelle" comme nous le dit Abdennour Bidar dans "Plaidoyer pour la fraternité".

 

    Si nous cherchons la fraternité et que nous ne la trouvons pas, ce n'est pas qu'elle n'existe pas mais c'est parce que nous ne l'avons pas cultivée, comme une plante qu'on n'arrose pas et qui se dessèche.

 

  Pour sortir des idéalismes, des grands principes

théoriques, des développements qui dessèchent,

nous avons besoin de la fraternité, sinon la laïcité, la liberté, l'égalité, la citoyenneté resteront des valeurs froides.

 

  Le 11 janvier 2015 il y a eu ce formidable élan,

des marches historiques. Chacun était de tout coeur

avec l'autre. C'était un réveil de la vie, du coeur.

Cela pose la question suivante : comment passer du choc des indifférences à la fraternité du coeur ?

La victoire est toujours du côté de la vie, de la chaleur humaine, de ceux qui la respectent.

 

    Mais attention ne restons pas d'un optimisme excessif car nous risquons de retomber dans nos divisions habituelles.

     Il reste la question : comment transformer cet enthousiasme du vivre ensemble en actions quotidiennes ? Car nous ne pourrons jamais empêcher durablement les hommes de se battre, de se haïr, de s'ignorer.

    Il est donc nécessaire d'apprendre d'abord à

se rapprocher, à se soucier les uns des autres,

à s'estimer mutuellement, à prendre soin de soi et de l'autre.

     Il est nécessaire d'associer la laïcité et la fraternité.

    La laïcité comme moyen de vivre ensemble

et la fraternité comme lien entre nous

de vivre ensemble.

 

     La fraternité est une valeur universelle que l'on trouve dans tous les héritages, dans les sagesses religieuses et les morales profanes.

   

 

La fraternité nous ramène à l'essence même de notre humanité, l'évidence que nous ne sommes rien les uns sans les autres.La fraternité s'apprend. On ne naît pas fraternel, on le devient : comment s'investir dans la relation à l'autre en faisant attention, en étant patient, confiant, bienveillant et disponible...

 

Le 19 ième siècle a été celui de la conquête politique de la liberté, le 20ième fut celui des conquêtes sociales, de l'égalité, Souhaitons que le 21 ième soit celui de la fraternité universelle.

Nous pourrions alors actualiser la phrase de St Augustin : "sois fraternel et fais ce que tu veux."

    

     La fraternité peut devenir le point de convergence de toutes les sagesses de l'humanité quelles soient religieuses ou profanes.

Cette aspiration est présente sous des formes diverses aussi bien dans le Bouddhisme, l'Indouisme, le Confucianisme, dans les religions monothéistes, les philosophies et les morales athées.

    Avec la devise :" Fais à autrui tout le bien que tu voudrais qu'il te fasse." toutes les grandes

civilisations peuvent se rencontrer sur ce principe.

 

     Chacun a sa contribution propre à apporter.

Le meilleur du religieux et du profane se rencontre dans la fraternité. "On ne voit bien qu'avec le coeur" nous dit le Petit Prince.

 

     On ne reconnaît l'humanité de l'autre que si l'oeil du coeur est ouvert.

 

La fraternité n'est pas une croyance, elle se vit.

La fraternité ne s'enseigne pas, elle se pratique

au quotidien, en développant les capacités de        coopérer.

  

 Nous comprenons alors que

chacun n'est rien sans les autres.

 

Mettons-nous à fabriquer de la fraternité.

Nous ne sommes pas seulement citoyens mais frères.

« La fraternité est le divin de l'homme"

                         nous disait Pierre de GIVENCHY

 

       Tous les chemins de fraternité mènent au divin de l'homme qui est en tout être humain.

 

Maurice ELAIN

 

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Eviter le choc ou l'amortir ?

 

La plupart des gens vous diront qu’il faut éviter de choquer les personnes.

Et c’est ainsi qu’il y a des choses dont on préfère ne pas parler.

 

Pendant toute ma vie, j’ai répété avec toute la communauté chrétienne que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, que Marie est la mère de Dieu, que Jésus est un homme dans lequel la deuxième personne de la Ste Trinité s’est incarnée et qui sait donc tout et peut tout.

 

Depuis quelques années, je me sens solidaire des chrétiens pratiquants et engagés qui refusent de continuer cette proclamation d’un ensemble dogmatique périmé. C’est une question de conscience, une question de sincérité et de fidélité à ce qu’a réellement été Jésus de Nazareth.

 

Je me trouve donc confronté à la question : "Faut-il éviter les sujets qui risquent de choquer ?" Ma réponse est sans équivoque : le mal est fait ; des millions de gens sont choqués et ont quitté  "une Eglise qui parle depuis le Moyen-Age".

 

C’est certainement parce que je suis prêtre que je n’ai pas quitté mon Eglise et je considère qu’il faut amortir le choc pour toutes les personnes dont on pense qu’elles ne pourront pas l’amortir elles-mêmes. Mais il ne sert à rien d’éviter des questions qui se reposeront de toute manière un peu plus tard.

 

Rappelons-nous la réflexion, qui se voulait critique à l’époque du Concile : "On nous change la religion !". Il fallait montrer alors qu’on changeait par rapport à ce qui avait déjà changé avant, ce qui avait déjà trahi le projet de Jésus et qu’il s’agissait donc d’un retour à une certaine authenticité évangélique. La liturgie était le domaine dans lequel le problème était le plus palpable.

 

Aujourd’hui, la mutation est d’un tout autre ordre : il ne s’agit pas tellement de manières de faire mais de manières de penser et de s’exprimer. Finalement le problème se trouve dans notre conception de Dieu.

Nous en convenons tous : le monde évolue à une vitesse effrayante. Mais nous sommes beaucoup moins nombreux à admettre qu’il en va de même pour la réflexion théologique. Elle aussi évolue à une vitesse déstabilisante ! Et ici, il y a un problème, c’est que la plupart des gens pensent que les vérités religieuses ne peuvent pas changer. Il suffit de constater la proportion de conservateurs dans l’Eglise, ainsi que les mouvements de refus vis-à-vis des réformes.

 

La tolérance et la bienveillance permettent cependant d’approfondir la réflexion sur des sujets qui divisent. La méthode écrite favorise encore le climat de dialogue serein car les débats oraux - on le voit bien sur nos plateaux de télévision - prêtent souvent aux émotions et à l’emballement.

 

Le sujet que nous allons traiter est certainement un de ces sujets qui peuvent "fâcher" au début, mais qui sont incontournables dans notre société occidentale contemporaine. En effet, certains vouent tellement de respect et de vénération à des réalités considérées comme sacrées ou surnaturelles, que le seul fait de proposer une réflexion à leur sujet est déjà ressenti comme une désacralisation ou une provocation.

 

Or, ceux qui proposent la réflexion à leur sujet, le font au nom de la vérité et de la rigueur intellectuelle qu’ils considèrent, eux, comme sacrées, même s’ils n’utilisent pas nécessairement cet adjectif pour le dire.

 

Ce n’est pas manquer de modestie, de constater que nous, "Libre pensée chrétienne", nous sommes bien placés pour communiquer notre expérience et notre réflexion au sujet de cette évolution, de cette maturation qui part d’une conception un peu enfantine, un peu magique de la religion et qui découvre, dans l’Evangile même les clefs d’une purification vers la spiritualité.

 

La foi dont nous devons témoigner est l’enthousiasme profond des minorités agissantes et conscientes. Les "signes du Royaume" la soutiennent : chaque fois que quelqu’un, qui se demandait s’il n’allait pas quitter ce christianisme dogmatique dépassé, nous manifeste sa joie de vivre comme une libération la découverte de ce chemin d’enthousiasme discret qu’est "La libre pensée chrétienne".

 

Sachez-le et dites-le.

 

André Verheyen  (Ecrit en Décembre 2006)

http//librepenseechretienne.over-blog.com/

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Vie de partage (à la manière de Kipling) par Paul ABELA

 

Si tu peux loyalement partager avec le pauvre et l’affamé,

Pleurer avec ceux pleurent,

Et avoir faim et soif avec ceux qui ont faim et soif,

 

Si tu peux te battre pour établir la justice et la paix,

Accueillir tes ennemis comme des amis possibles,

Et te contenter de la dernière place pour en laisser aux autres,

 

Si tu peux entrer dans le jeu du « qui perd gagne »

Renoncer à la fortune, aux honneurs et à la paix

Pour faire la fortune, les honneurs et la paix des autres,

 

Si tu peux te donner à fonds perdu

Sans t’accrocher à ton potentiel éphémère

De domination de richesse et de gloire,

 

Alors tu seras consolé au centuple

De tes pleurs, de ta faim et de ta soif

 

Et tu trouveras une fraternité et un épanouissement

Qui dépassent infiniment la fortune, les honneurs et la joie

Que le monde fait miroiter en vain

 

Car la fraternité, le bonheur et la joie sans fin

des fils de Dieu sera ta récompense

Car, plus que tout, tu seras toi-aussi appelé « fils de Dieu »

 

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Le pardon et l’oubli

Quand l’offenseur s’obstine à ne pas reconnaître sa faute, c’est lui-même qui se charge d’un poids insurmontable.

 

Y a-t-il possibilité de pardon quand l’agresseur ne reconnaît pas ses torts ?

 

Même si mon offenseur essaye d’oublier ce qui s’est passé, l’offense demeure devant Dieu. Et le pardon consiste en cette démarche exceptionnelle d’un offensé qui va dire à son offenseur : parce que tu reconnais la faute que tu as commise envers moi, la dette qui demeurait entre toi et moi n’existe plus à mes yeux. Le pardon, ce n’est pas simplement passer l’éponge.

 

En réalité, celui qui a été le plus blessé par l’offense, ce n’est pas l’offensé... mais l’offenseur ! C’est l’auteur du mal qui, ultimement, est le plus atteint, car le mal qu’il a accompli demeure sur sa tête. C’est comme un poids qui reste, c’est un « découvert sur son compte en banque » qu’il va devoir recouvrir un jour ou l’autre. Et lorsqu’un offensé se dirige vers son offenseur pour le gagner, c’est admirable, parce qu’il a compris que le plus malade dans cette affaire, c’est l’auteur du préjudice.

 

 Est-il possible que le pardon intervienne en dehors de toute repentance de l’offenseur ?

 

Contrairement à ce qu’on trouve dans certains ouvrages chrétiens, je crois devoir dire que le pardon ne saurait être accordé que si l’offenseur se repent.

En ce qui concerne la prière du Christ sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34), peut-on dire que Jésus a donné son absolution à cet instant-là ? C’est une requête, où il demande au Père de pardonner à ceux qui sont en train de le crucifier parce qu’ils ne sont pas conscients de leurs actes. Dieu le Père a-t-il exaucé la prière de Jésus-Christ ?

Il me semble que oui.

 

Peut-on dire que pardonner, ce n’est pas effacer, mais passer par-dessus ?

 

C’est parce que je me souviens de l’offense que, en pleine conscience, je peux lever le conditionnement qu’elle ferait peser sur mes actes. Il y a eu offense, elle a été traitée, je m’en souviens, et c’est précisément parce que je m’en souviens qu’elle ne va pas marquer de son empreinte toute ma relation avec l’agresseur.

Seule la non-repentance peut faire que l’amitié reste entravée par l’offense. Oui, pardonner, c’est se souvenir pour oublier.

 

Réforme N°3608 

Le pardon et l’oubli par  Jacques Buchhold ; Réédition Excelsis, 2002 ; 192 p., 13,50 €.

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Pardonner

 

 

 

. Un pas de côté qui coûte, libère et rapproche

 

Dès l'origine, je me suis senti profondément légaliste, partisan de l'ordre et du respect des choses admises. Sortir des rangs ne me serait jamais venu à l'idée même si, jeune, j'y manifestais pourtant une indiscipline notoire. Rebelle, je l'ai certes été mais jamais au point de me séparer de ma famille, ni de mon milieu, ni de mes coreligionnaires. Vivre dans un cadre établi était naturellement rassurant, ne serait-ce que du point de vue matériel. Plus tard, j'ai entrevu en outre l'énorme besoin affectif que l'appartenance au groupe me permettait de satisfaire : rester parmi les miens, fût-ce en grognant sur leurs détestables habitudes, n'était-ce pas me donner davantage de chances d'être aimé, voire de recevoir et conserver mon identité propre…?

Quand je regarde autour de moi, je me dis que nous devons sans doute être nombreux à être mus par de tels sentiments. Ce n'est pas anormal. C'est le contraire qui le serait plutôt, tant il est vrai que tout nous relie les uns aux autres. Mon nombril, trace physique indélébile, me rappelle chaque jour que je ne me suis pas fait tout seul !

Mais, dans le même temps, je ne peux me satisfaire de cette dépendance originelle. Quelque chose me dit que je suis unique, pas irremplaçable, mais unique au sens où je suis le seul à pouvoir utiliser ma conscience en vue de décider du sens à donner à ma vie et à affronter ce qui en découle. Ainsi, en dépit même de ce qui me permet d'exister, suis-je appelé à me construire décisivement seul.

Or, c'est de cette dualité que naissent précisément des conflits qu'il s'agit, tôt ou tard, d'arbitrer.

Je me suis laissé surprendre sur l'autre versant de ma vie, dans le domaine où je me croyais le moins vulnérable, celui de ma foi. Ayant non seulement grandi au sein d'une famille mixte, où cohabitaient athéisme et catholicisme, mais encore étant moi-même tombé amoureux d'une jeune athée, je m'étais forgé une foi que je croyais suffisamment forte pour faire contrepoids. Et cela a en effet assez bien marché des années durant, individuellement et ensuite en couple. Au fil du temps, nous nous sommes inscrits dans des mouvements d'Église pour finir par y exercer certaines responsabilités. La période fut exaltante, épanouissante même, vécue dans la sincérité et l'exigence d'une adéquation aussi étroite que possible entre notre appartenance à l'Église, notre discours et nos actes. Aujourd'hui nous en goûtons d'ailleurs encore d'indéniables fruits.

Inévitablement cependant, lorsque l'engagement survient, se pose la question du sens que l'on désire y mettre. Or, la réponse ne jaillit pas toujours claire du premier coup. Elle est le plus souvent le fruit d'une lente maturation qui suit son cours bien au-delà du premier "oui". Les données initiales suffisent sans aucun doute à en cautionner l'honnêteté, mais d'autres s'y ajoutent dans le cours du vécu qui peuvent changer fondamentalement la donne. Et là… là, en effet, je me suis petit à petit confronté au sens des mots, comme au contenu des symboles. Quelle réalité recouvraient-ils ? Quelle était leur histoire ? Quel était leur réel degré d'insertion dans le monde ? Comment se comportaient-ils face aux connaissances acquises ? Ce ne fut pas un choc brutal mais une lente, très lente, désagrégation de mes certitudes s'en est suivie, faite de nombreux allers et retours, ces derniers se faisant finalement de moins en moins fréquents et convaincants.

Ce fut ma période marécageuse, celle où les chemins s'évanouissent, comme ils le font en Fagnes, celle où les compagnons de route s'éloignent, comme happés par un brouillard montant. Physiquement, je me rendais présent mais en esprit se manifestait une distance grandissante. Ainsi, les prières récitées en commun rendaient-elles un son de plus en plus faux, à la limite du supportable. J'avais de moins en moins l'impression de m'y inscrire. Mon voisin disait avec conviction "Je crois en Dieu le Père tout-puissant…" alors que j'étais devenu incapable de prononcer ces mêmes mots. Or, j'étais tendu de tout mon être vers cette seule chose : surtout échapper à l'hypocrisie, au nom de tout ce qui nous a si intimement liés jusque-là… Peine perdue ! Comment ne pas choquer celui pour qui ces mots touchaient au sacré ? C'était l'impasse ! Ma famille elle-même m'était devenue étrangère, au grand dam de mon aspiration de toujours.

L'impression de solitude qui en résulta fut réellement oppressante, lancinante et difficile à combattre, perdu que j'étais et non animé d'une audace suffisante pour communiquer mon tourment à ceux pour qui j'étais encore - malgré moi, malgré tout - un des leurs !

Il n'y avait pas trente- six solutions. Il fallait que j'aille à la rencontre de ceux qui, d'une manière ou d'une autre, faisaient ou avaient fait face au même questionnement ! Je me suis alors mis à dévorer des Louis ÉVELY, Jean KAMP (1), Hans KÜNG, Eugen DREWERMANN et bien d'autres… Ils furent parmi les premiers révélateurs d'une communauté soucieuse d'affronter la réalité sans perdre les racines de son espérance. Simultanément, je m'insérai dans un groupe de parole où l'écoute des autres me permit de m'affronter moi-même, jusqu'à parvenir à me libérer enfin du poids engendré par le conflit intérieur. J'en suis là fort heureusement, aujourd'hui, au point que, loin de m'être éloigné de ceux de qui je partageais jadis aveuglément la foi, je m'en suis résolument rapproché. Il m'importe maintenant bien plus d'aimer les hommes dans leurs tentatives de réponses au mystère qui les habite - si maladroites fusent-elles et elles le sont nécessairement - que dans les réponses elles-mêmes.

Mon histoire n'a bien sûr rien d'exceptionnel. De nombreux témoignages en attestent. LPC nous en livre à foison. Au surplus, elle n'est pas particulière à la chrétienté ! L'Islam compte évidemment aussi ses adeptes agités par le doute. Des fidèles instruits – c'est important – y prononcent aussi les même mots que leurs voisins, la peur au ventre d'être rejetés, voire bien davantage, s'ils osaient se dire différents et sensibles aux faits que leur révèlent l'histoire, la psychologie, la science…

Combien sommes-nous sur terre à souffrir bêtement de la solitude autoproduite par notre incapacité à faire tout seul et librement un pas de côté lorsque notre conscience nous y invite ? Et si la question ne concernait pas seulement notre conscience individuelle mais peut-être même l'avenir de la fraternité humaine, en contribuant ainsi à briser les cloisons de nos dogmes respectifs ?

Deux aspects d'égale importance qui ne devraient laisser personne indifférent…

Philippe Ronsse LPC n° 29 / 2015

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. Les gros cailloux de la vie !

 

Un jour, un vieux professeur de l'École nationale d'administration publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur La planification efficace de son temps à un groupe d'une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Ce cours constituait l'un des cinq ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n'avait donc qu'une heure pour "passer sa matière ".

Debout, devant ce groupe d'élite (qui était prêt à noter tout ce que l'expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : "Nous allons réaliser une expérience".

 

De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot Mason d'un gallon (pot de verre de plus de 4 litres) qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot.

Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :

"Est-ce que ce pot est plein?".

Tous répondirent : "Oui".

Il attendit quelques secondes et ajouta : "Vraiment?".

 

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux... jusqu'au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda : "Est-ce que ce pot est plein?". Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.

L'un d'eux répondît: "Probablement pas!".

"Bien!" répondit le vieux prof.

 

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table une chaudière de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : "Est-ce que ce pot est plein?".

Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent :

"Non!".

"Bien!" répondît le vieux prof.

 

Et comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'a ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : "Quelle grande vérité nous démontre cette expérience? "

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondît : "Cela démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ".

"Non" répondit le vieux prof. "Ce n'est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante: si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous ensuite". Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos.

 

Le vieux prof leur dit alors : "Quels sont les gros cailloux dans votre vie?"

"Votre santé?"

"Votre famille?"

"Vos ami(e)s?"

"Réaliser vos rêves?"

"Faire ce que vous aimez?"

"Apprendre?"

"Défendre une cause?"

"Relaxer?"

"Prendre le temps...?"

"Ou... toute autre chose?"

 

"Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir...sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n'aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.

Alors, n'oubliez pas de vous poser à vous-même la question : "Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie?" Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)"

D'un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la salle.

 

Auteur inconnu

 

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Parole et présence

 

On dit que tu nous parles,

mais je n’ai jamais entendu ta voix de mes propres oreilles.

Les seules voix que j’entende, ce sont des voix fraternelles qui me disent les paroles essentielles.

On dit que tu te manifestes mais je n’ai jamais vu ton visage de mes propres yeux. Les seuls visages que je vois ce sont des visages fraternels qui rient, qui pleurent et qui chantent.

 

On dit que tu t’assoies à notre table,

mais je n’ai jamais rompu avec toi le pain de mes propres mains.

Les seules tables que je fréquente ce sont des tables fraternelles

où il fait bon se restaurer de joie et d’amitié.

 

On dit que tu fais route avec nous,

mais je ne t’ai jamais surpris à mêler tes pas à ma propre marche.

Les seuls compagnons que je connaisse ce sont des êtres fraternels

qui partagent le vent, la pluie et le soleil.

 

On dit que tu nous aimes,

mais je n’ai jamais senti ta main se poser sur mes propres épaules.

Les seules mains que j’éprouve, ce sont les mains fraternelles qui étreignent, consolent et accompagnent.

 

On dit que tu nous sauves,

mais je ne t’ai jamais vu intervenir dans mes propres malheurs.

Les seuls sauveurs que je rencontre, ce sont des cœurs fraternels qui écoutent, encouragent et stimulent.

 

Mais si c’est toi, ô mon Dieu, qui m’offre ces voix, ces visages, ces tables, ces compagnons, ces mains et ces cœurs fraternels, alors, au cœur du silence et de l’absence, tu deviens, par tous ces frères, parole et présence.

 

Jacques Musset

 

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Que fais-tu grand’mère ?

 

« Que fais-tu grand’mère, assise là dehors, toute seule ?

 

Eh bien, vois-tu, j’apprends.

J’apprends le petit, le minuscule, l’infini. J’apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne. J’apprends à être transparente, à regarder au lieu d’être regardée.

J’apprends le goût de l’instant quand mes mains tremblent, la précipitation du cœur qui bat trop vite.

J’apprends à marcher doucement, à bouger dans des limites plus étroites qu’avant et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.

 

Comment est-ce que tu apprends tout cela grand’mère ?

 

J’apprends avec les arbres, et avec les oiseaux, j’apprends avec les nuages. J’apprends à rester en place, et à vivre dans le silence. J’apprends la patience et aussi l’ennui.

J’apprends à me réjouir au début du printemps et à la fin de l’automne, à voir un arc-en-ciel dans une goutte de pluie.

J’apprends mes erreurs, mes chagrins et mes oublis, et toutes les joies qui se faufilent, poisson d’argent dans la masse de nos vies.

 

Grand’mère, je ne comprends pas pourquoi apprendre tout ça ?

 

J’apprends qu’il n’est pas de temps perdu ni de temps gagné, mais que l’infini est là, dans chaque instant, cadeau trop souvent refusé dans le torrent des jours.

J’apprends qu’il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur, que leurs yeux se reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs.

 

Et avec tout ça pour finir, qu’apprends-tu donc grand’mère ?

 

J’apprends, dit la grand’mère à l’enfant, j’apprends à être vieille.

 

Joshin Luce Bachoux, nonne bouddhiste

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. Bible et actualité.

 

La loi pour la terre ; La création soupire, la planète agonise.

 

Des lois, des contraintes, des écotaxes, des interdictions, pour plus de liberté et de bien-être ! Voilà ce dont nous avons besoin collectivement pour changer nos comportements. La responsabilité individuelle ne peut se vivre que dans un cadre juridique qui s’impose à tous et dans une humanité solidaire.

Le dernier rapport du Giec*, qui est une compilation de près de 20 000 études effectuée par plus de 800 chercheurs, confirme le fait que le dérèglement climatique est dû à l’activité humaine et pointe à nouveau les interdépendances entre les différentes formes de vie, les activités économiques, les phénomènes climatiques… Les chercheurs parlent maintenant davantage d’adaptation et d’atténuation et appellent à limiter les dégâts en affirmant que c’est encore possible.

La terre souffre, la création soupire, la planète agonise. La personnification de la nature a peut-être eu un effet contraire à ce qu’on cherchait. L’homme se croyait au centre, puis on lui a dit qu’il était un parmi d’autres, et il découvre aujourd’hui, et un peu tard, qu’il est dépendant des autres.

Ainsi, nous sommes toutes et tous concernés dès aujourd’hui par les effets de nos pollutions : les migrations et l’accueil que nous devons déjà faire aux populations déplacées, chassées par la désertification, la quantité de nourriture disponible -espèces disparues, pêches intensives-, le manque d’eau potable, la rareté des ressources naturelles et la hausse des prix de l’énergie, les risques de guerres…

Tout cela, des femmes et des hommes le vivent déjà ici ou là sur le globe. Les populations riches et polluantes ne sont plus à l’abri.

 

Renoncements

 

Or l’histoire a montré que l’homme change de comportement le plus souvent lorsqu’il se sent menacé ou lorsqu’il y est contraint. N’est-ce pas exactement le problème des Hébreux dans le désert ? Libres, mais menacés de faim et de soif, ils demandent à manger et à boire. Et Dieu leur donnera le pain, l’eau… et les lois. « Tu ne vivras pas de pain seulement, mais de toutes paroles qui sortira de la bouche de Dieu », dira

Jésus au tentateur.

Rassasiés de pain et d’eau, les pays riches ont besoin de plus de lois. Une des fonctions de la loi chez les Réformateurs est de faire prendre conscience à l’homme du mal qu’il fait. Une autre est de donner à la société les moyens de le contraindre s’il le faut. Aujourd’hui, le mal est fait et continue de se faire. Il est donc urgent maintenant de taxer, d’interdire, de sanctionner pour permettre de vivre une vraie liberté collective.

Personnellement, et même si ce sont les industries qui sont davantage concernées, je veux être contraint à trier, à conso-partager, à lâcher ma voiture, à payer plus cher les produits polluants. Même s’il y aura des renoncements à faire en terme de consommation et si des aides ciblées pour les plus fragiles seront nécessaires pour vivre une transition juste. Les dix commandements sont dix paroles, enseignements, indications. Elles indiquent un chemin de vie en disant clairement non à certains comportements et en fixant des limites. Ces commandements sont dits de manière négative. La loi est un « non » qui libère. La foi en Jésus-Christ invite à vivre l’accomplissement de la loi, faire siens ses commandements, pour ne plus les subir mais obéir librement en reconnaissant le bien-être que je trouve dans cette nouvelle vie limitée, sobre, humble, pour moi-même, les autres et la création.

Comme les Hébreux, je veux être libéré d’un esclavage, celui de la consommation et de la production de toujours plus de richesse, pour faire croître ma liberté, ma relation aux autres et à Dieu. Egocentré, la loi ainsi vécue dans la foi me contraindra à devenir écocentré, centré sur la défense du vivant dans tous mes choix de vie au quotidien. Mais c’est bien la grâce qui me révélera le sens et le bonheur de mon obéissance joyeuse.

 

* Groupe Intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC)

 

Joël Dahan;  Fondation John-Bost;  Réforme, Hebdomadaire protestant No 3562 • 22 mai 2014

 

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. Rebelle

 

Un chrétien qui a quelque conscience de ce qu'il est, ne peut être qu'un rebelle.

Rebelle à quoi ?

Aux moeurs du monde, à son réalisme qui est la forme de ses illusions, à sa boulimie d'images, à ses mensonges et lâchetés devenus si consubstantiels au mondain qu'il les nomme culture, compréhension, charité...

Un homme ne peut pas ne pas être défait par le monde.

Il peut une chose : prendre ses distances, tenir son regard, refuser.

Dans les sociétés de proclamations, de publicité, d'assurances, loteries, les rebelles sont le levain du monde.

Ils ne s'absentent que pour être autrement présents, constituer des sociétés réelles d'amis.

 

Jean Sulivan . " Le plus petit abîme "

 

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 . «Mesdames, Messieurs,

                    Voici un flash d'information :

                                     

                                          "JESUS  EST  VIVANT"»

 

. Peut-on être agnostique et croyant ?

Lorsqu’on me pose, parfois, la question : « Dieu c’est quoi » ? Je fais une réponse agnostique : « Je ne sais pas » !
Mais en parlant ainsi je n´ai pas tout dit. Car je suis conscient d’un Dynamisme créateur de vie en moi et autour de moi. Je fais l´expérience au fond de moi d´une Source de compassion, d´un Souffle qui me fortifie, et parfois aussi d’une Voix apaisante. Est-ce la présence de Dieu ? Est-ce ma nature humaine ? je ne saurais le dire.

Pascal disait : « l´homme passe l´homme » et, en effet, il nous arrive de faire en nous l´expérience d´une transcendence qui nous rend humain, qui suscite les grandes valeurs de notre vie, qui fait que nous soyons présents au monde. Nous pouvons l´appeler « Dieu » ou ne pas savoir la nommer, mais l’important est de nous mettre à son écoute, d’être sensible à cette profondeur de Vie.
Ce dynamisme créateur est présent dans les hommes et les femmes de toutes les religions, comme aussi dans les athées qui manifestent de la compassion pour autrui.
Je prends conscience que je crois en bien des choses : la bonté, la compassion, la justice, la liberté, la vérité, en un Mystère qui nous habite.
Et je crois (je mets ma confiance) en l´homme de Nazareth, car je reconnais en lui la présence de ce Mystère. Quand les hommes s´aiment comme il l´a fait, alors c’est « Dieu » ou le « Divin » qui survient parmi nous.

Plutôt que de « Dieu », je préfère parler du « Divin qui survient » Certains diront que c’est une attitude agnostique.
Pour moi, Dieu est une expérience, un acte de compassion, un dynamisme d´amour agissant partout, dans tout les êtres. C’est là une attitude de croyant.
Est-il alors possible d´être à la fois agnostique et croyant ? Il me semble que oui et que c’est mon cas.

Julian Mellado, pasteur à Madrid

Evangile et Liberté, 14 Mars 2014   http://www.evangile-et-liberte.fr/blog/s699_Peut-on-etre-agnostique-et-croyant

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. Dieu super GPS

Nous sommes sans doute  nombreux à utiliser cet étonnant petit appareil de navigation qu’est le GPS. Je ne nierai évidemment pas son utilité, mais, en ce qui me concerne, cette voix impérative m’ordonnant de suivre aveuglément ses ordres a le don de m’énerver quelque peu.

"Préparez-vous à serrer à droite... maintenant serrer à droite...  maintenant  tourner à droite sur la E40… suivre cette route sur… etc."   C’est facile, j’en conviens. Il suffit de faire confiance, de se laisser guider avec la certitude d’être sur la bonne voie et de constater que la réalité correspond  bien à l’image virtuelle qu’en donne l’appareil. Tout va bien jusqu’au moment où vous constatez avec inquiétude que la réalité ne correspond plus à ce que votre guide vous présente. Le doute s’insinue. Vous abordez un carrefour et voilà que le GPS reste étonnamment  muet, semble perdre le nord et, après vous avoir donné des indications qui n’ont plus de sens, vous dit : "faite demi-tour dès que possible !"  Eh oui, le simple croisement  a fait place à un gigantesque nœud routier ! Il ne vous reste plus alors qu’à vous confronter à la nouvelle réalité du terrain afin de choisir vous-même votre voie.

Mais, me direz-vous, ce n’est pas bien grave; il suffit de faire une mise à jour de votre "système de localisation mondial "  Oui, bien sûr ! Quelques clics sur internet  et vous voilà bien vite rassuré.

Les religions n’ont-elles pas souvent présenté Dieu comme un super GPS programmé par leurs soins afin d’imposer à leurs usagers la seule bonne voie vers la vérité… le salut…le paradis ?  Malheureusement pour elles, depuis des siècles, elles ont omis de mettre leur système à jour, oubliant que, pendant tout ce temps, le monde avait changé et évoluait à pas de géant vers l’autonomie dans tous les domaines de l’activité humaine. Aujourd’hui, ce dieu-GPS conduit nos contemporains par des routes et vers des cieux qui n’existent plus. Le monde a choisi de se passer de lui.

Une mise à jour infiniment plus radicale que Vatican II ou la Réforme protestante s’impose donc, car ce n’est pas seulement l’Institution qui est contestée, mais aussi l’image de Dieu qu’elle véhicule. Depuis, la révolution informatique et la mondialisation sont passés par là et le paysage a encore changé. …

Et si, comme Jésus, nous nous mettions simplement à leur écoute et tentions de rendre présent, dans des gestes d’amour, de respect et de justice, le Feu qui nous anime et habite tout être humain. Il n’y a que l’amour qui peut donner sens à nos vies et les rendre plus humaines. N’est-ce pas là tout le message de Noël ?

En cette fin d’année, nous souhaitons que l’année 2014 enrichisse et approfondisse  chaque jour le questionnement qui vous anime. Notre vœu le plus cher, c’est que notre revue, qui se veut un simple outil de réflexion, puisse  modestement y contribuer  en vous  apportant, au fil de la lecture, un peu de lumière et de joie dans votre cheminement spirituel.                                                                      

Herman  Van den Meersschaut

Libre Pensée Chrétienne http://librepenseechretienne.over-blog.com/

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. Le jour où je me suis aimé pour de vrai

charlie chaplin.jpgLe jour où je me suis aimé pour de vrai,

J’ai compris qu’en toutes circonstances,

J’étais à la bonne place, au bon moment.

Et, alors, j’ai pu me relaxer.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle….

Estime de Soi.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J’ai pu percevoir que mon anxiété et

Ma souffrance émotionnelle,

N’étaient rien d’autre qu’un signal

Quand je vais contre mes convictions.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle…..

Authenticité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J’ai cessé de vouloir une vie différente

Et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive,

Contribue à ma croissance personnelle.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle….

Maturité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J’ai commencé à percevoir l’abus dans

Le fait de forcer une situation, ou une personne,

Dans le seul but d’obtenir ce que je veux,

Sachant très bien que ni la personne ni moi-même

Ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment…..

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle….

Respect.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J’ai commencé à me libérer de tout ce

Qui ne m’était pas salutaire….

Personnes, situations, tout ce qui

Baissait mon énergie.

Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle….

Amour Propre.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J’ai cessé d’avoir peur du temps libre

Et j’ai arrêté de faire de grands plans,

J’ai abandonné les mégaprojets du futur.

Aujourd’hui je fais ce qui est correct, ce que j’aime,

Quand ça me plait et à mon rythme.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle….

Simplicité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé

De chercher à toujours avoir raison, et me suis

Rendu compte de toutes les fois ou je me suis trompé.

Aujourd’hui j’ai découvert…

L’Humilité.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé

De revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.

Aujourd’hui je vis au présent,

Là où toute la vie se passe.

Aujourd’hui je vis une seule journée à la fois

Et ça s’appelle…..

Plénitude.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,

J’ai compris que ma tête pouvait

Me tromper et me décevoir.

Mais si je la mets au service de mon cœur

Elle devient une alliée très précieuse

Tout ceci est…. Savoir Vivre.

Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter….

Du chaos naissent les étoiles.

Aujourd’hui je sais que ca s’appelle… La Vie !

 

Charlie Chaplin

Charlie Chaplin aurait écrit ce poème lors de son 70 ème anniversaire, le 16 avril, 1959

Ces mots sont une vraie leçon de vie, une voie vers le bonheur

 

 

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. Un événement majeur 

   

La société française s'apprête à franchir un seuil avec l'adoption de la loi du mariage homosexuel. Si c'est le cas, ce sera un événement qui fera date dans l'histoire de notre pays et une avancée démocratique considérable, comme le fut l'abolition de la  peine de mort au siècle dernier.

La reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe et de leur droit,  en adoptant,  de fonder une famille, s'imposera peu à peu en France, comme ailleurs.

On s'apercevra alors que ce mariage tant décrié ne fait perdre aucun droit aux autres, qu'il n'est en aucune manière une menace pour les familles dites « normales », ni une régression pour la société et encore moins la fin de la civilisation.

Il est  vrai que les affrontements ont été vifs, et que les opposants n'ont pas baissé la garde. Le harcèlement des élus se poursuivra jusqu'au bout.

Mais on n'arrête pas la marée qui monte.  La reconnaissance du couple homosexuel s'inscrit dans le puissant mouvement de modernité qui, au fil des ans, fait valoir les droits imprescriptibles de l'individu et de son autonomie. L'individu est au centre. D'où l'importance accordée aux relations entre les individus.

Voilà qui relativise le modèle familial dominant et les références à un ordre naturel ou divin.

Le droit a fini par rejoindre l'évolution des mœurs : l'amour entre deux personnes de même sexe est un droit humain fondamental. Le principe d'égalité a joué.

Quant à  l'adoption,  le nouveau droit ouvre certainement un chemin qui a de l'avenir. Car l'adoption est un choix libre, fait par amour.

On sort du tout biologique.

Faut-il  rappeler que depuis l'homme de Nazareth, la religion chrétienne est fondée sur l'adoption et que les chrétiens sont tous des enfants d'adoption ?

On ne devient père ou mère que le jour où on dit à son enfant : je te choisis par amour. Nous sommes en pleine modernité.

Les évolutions en cours sont une invitation à favoriser la famille relationnelle, avec la  loi d'amour qui est essentielle. C'est l'amour qui favorise l'épanouissement de chacun, en particulier de l'enfant.

Nous sommes tous concernés. Notre responsabilité n'est-elle  pas d'éveiller des libertés ? Des libertés pour aimer ?

 

Jacques Gaillot Evêque de Partenia

 

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        . Va avec la force que tu as

    Mon frère, écoute-moi. C’est vrai, tu te sens bien impuissant. Tu es fatigué de tout et surtout de toi-même.

   

    Mais, souviens-toi, quelque part dans le vieux Livre, il est écrit : "Va avec la force que tu as : n'est-ce pas Dieu qui t'envoie ?" (Juges 6,14). Mais va quand même. Cette force t'est donnée par Celui qui met en mouvement le soleil et les autres étoiles. Elle doit te suffire. Elle te suffira.

 

    Il te faut apprendre à être pauvre et à marcher avec peu. Il te faut croire avec peu de foi, espérer avec peu d'espérance et aimer avec peu d'amour.

 

    La plante doit apprendre à pousser là où elle a été semée. Et avec ce qu'elle a. Elle ne choisit pas le terrain mais elle l'utilise. Certes, c'est vrai, elle ne peut pas changer le monde, mais la plus humble pâquerette peut fleurir son arpent de terre.

 

    Prépare ta journée de demain comme si c'était la dernière que tu aies à vivre sous ce soleil. Alors, elle sera peut-être la première d'une vie nouvelle.

 

    Tu as peu de possibilités, certes, mais elles te suffisent. Pose ta pierre, Dieu construira ta maison. Sème ta graine, Dieu la fera pousser. Panse le blessé, Dieu le guérira.

 

    Alors un jour, un jour bientôt peut-être, la porte entr'ouverte de ta maison laissera passer tant de silence qu'il recouvrira les amertumes du jour, tant de lumière qu'elle envahira les ombres et les tristesses, et tant d'amour qu'il n'y aura plus ni cri, ni clameur, ni souffrance.

 

Alain Houziaux

Evangile et Liberté http://www.evangile-et-liberte.fr

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. Respect de l'autre, la règle d'or ou "éthique de la réciprocité"

Ou la valeur exprimée à travers une maxime morale universelle qui irrigue toutes les cultures de l'humanité;

Formulation négative : "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse"

Formulation positive :"Traite les autres comme tu voudrais être traité toi-même".

 

Hindouisme : "On ne peut pas se comporter vis à vis d'autrui d'une manière qui soit désagréable à soi-m^me; telle st l'exigence de la morale" Mahabharata XIII, 114

 

Boudhisme : "Une situation qui ne m'est ni agréable ni réjouissante ne saurait davantage l'être pour lui; comment pourrais-je dès lors la lui souhaiter ?" Samyutta Nikaya V, 353.35-354.2

 

Jaïnisme : "Indifférent aux choses humaines, l'homme doit traiter toutes les créatures du monde comme lui-même entend être traité". Sutrakritanga I, 11.33

 

Zoroastrisme : "Tout ce qui te répugne, ne le fais pas non plus aux autres" Shayast-na Shayast 13,29

 

Confucius : "Ce que tu ne souhaites pas pour toi-même, ne le fais pas aux autres"  Entretiens, 15,23

 

Judaisme : "Ne fais pas à autrui ce que tu ne souhaites pas qu'on te fasse à toi-même" Traité Shabbatde Rabbi Hillel, 31a; "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" Lévitique 19,18

 

Christianisme : "Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux : voilà la loi et les prophètes" Matthieu 7,12

 

Islam : "Personne d'entre vous n'est un croyant tant qu'il ne souhaite pas pour son frère ce qu'il souhaite à soi-même" Muhammad, Hadith

 

Frédéric LENOIR in "La guérison du monde"

 

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. L’adoption est la “bonne nouvelle” de l’Évangile  

Ce que l’Église peut apporter au monde aujourd’hui, c’est le modèle de la Sainte Famille.

Ce modèle se trouve dans l’Évangile de saint Luc.

On y lit que le père n’est pas le père – puisqu’il est le père adoptif, il n’est pas le père naturel –, le fils n’est pas le fils – il n’est pas le fils naturel.

Quant à la mère, forcément, on ne peut pas faire qu’elle ne soit pas la mère naturelle, mais on y ajoute quelque chose qui est décisif, c’est qu’elle est vierge.

Par conséquent, la Sainte Famille est une famille qui rompt complètement avec toutes les généalogies antiques, en ce qu’elle est fondée sur l’adoption, c’est-à-dire sur le choix par amour.

Ce modèle est extraordinairement moderne.

Il invente de nouvelles structures élémentaires de la parenté, basées sur la parole du Christ : « Aimez-vous les uns les autres ».

Depuis lors, il est normal que dans la société civile et religieuse, je puisse appeler « ma mère » une religieuse qui a l’âge d’être ma fille.

Ce modèle de l’adoption traverse l’Évangile.

Sur la croix, Jésus n’a pas hésité à dire à Marie, en parlant de Jean : « Mère, voici ton fils. » Il a de nouveau fabriqué une famille qui n’était pas naturelle.

Je n’ai pas la prétention de dicter quoi que ce soit de sa conduite à l’Église, mais puisque vous me demandez ce qu’elle peut apporter aujourd’hui, je crois que là se trouve une parole pour notre temps, où se posent tant de questions autour des modèles de la parenté, du mariage homosexuel, etc.

Le modèle de la Sainte Famille permet de comprendre les évolutions modernes autour de la famille et de les bénir.

Aujourd’hui, on dit souvent qu’un fossé se creuse entre l’Église et la société autour des questions familiales.

Pour ma part, je constate que ce fossé est déjà comblé depuis deux millénaires. Je ne l’ai pas découvert, c’est déjà écrit dans l’Évangile de Luc.

Aujourd’hui, il s’agit de faire valoir cet « Aimez-vous les uns les autres » comme régulateur de ces nouvelles relations familiales.

« Adoption », vient du latin optare, qui veut dire choix.

La religion chrétienne est une religion de l’adoption.

L’Évangile nous dit que l’on ne devient père ou mère que si on adopte nos enfants. On ne devient

père ou mère, même si l’on est un père ou une mère naturel (le), que le jour où on dit à son fils : « Je te choisis par amour ».

Tel est le modèle de la Sainte Famille.

La loi naturelle n’existe plus, c’est la loi d’amour qui compte en premier.

Je crois que l’adoption est la “bonne nouvelle” de l’Évangile.

Avant l’Évangile, il y avait la généalogie, les lois tribales, c’est-à-dire les lois par héritage. Aujourd’hui

encore, ce qui rend impossible l’arrivée de la démocratie, ce sont des luttes entre familles, entre tribus, les clans, comme autrefois dans le Moyen-Orient antique.

La nouveauté extraordinaire du point de vue politique, anthropologique et moral du christianisme, c’est d’avoir supprimé cet héritage naturel et d’y avoir substitué l’adoption, le choix délibéré et libre par amour.

 

Michel SERRES, philosophe

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. Question de croyances par « Nicky Escobar »
au groupe « Protestantisme libéral »

Voilà plusieurs années que j'étudie avec intérêt le parcours de Jésus, sa vie, son message, qui m'apparaissent ô combien plus décisifs que le fait qu'il soit mort sur la croix ou qu'il soit apparu ressuscité devant ses apôtres. J'ai continuellement remis en question cette affirmation commune à toutes les Eglises chrétiennes et j'en suis arrivé à une conclusion extrême, que ne renierai aucun déiste ou agnostique convaincu : résurrection de Jésus ou non, vie après la mort ou non... le message de paix et d'amour véhiculé par notre seigneur mérite d'être véhiculé et transmis car c'est un message de foi en l'Humanité.
Je ne suis donc ni convaincu de la résurrection du Christ, ni d'un royaume des cieux (et donc d'une vie après la mort physique), mais je continue à penser qu'une "force" cosmique, un grand horloger de l'univers (je rejoins ici la pensée déiste et agnostique ; j'aime la pensée de Spinoza par exemple, j'ai aussi lu Nietzsche) est à l'origine du premier éclair de création. Même si à mon sens, au regard des injustices et des souffrances que la nature elle même inflige parfois au monde, je ne puis me représenter un Dieu bon par nature qui interfère dans les affaires du monde pas plus qu'un diable qui serait seul à l'origine du mal ; l'enfer et le diable étant pour moi des concepts largement développés par l'Eglise catholique après l'écriture des évangiles afin d'asservir le fidèle, et non pas par le Christ de son vivant.
Je doute qu'un jour la science puisse prouver par des lois physiques l'inexistence de Dieu au sein d'un univers infini et en expansion, mais je garde des réserves et j'observe l'évolution scientifique avec intérêt.
Dans ce contexte, puis-je encore me dire "protestant libéral " alors que la notion même de résurrection m’apparaît plus comme une parabole servant de catalyseur du message christique et de l'espoir de l'humanité en un monde meilleur ?
Est-il possible alors même que je ne suis pas convaincu qu'il y ait une "vie après la mort" (même si la nature même de l'homme, dans sa complexité, l'expérience transcendantale que je crois possible, l'existence des flux d'énergie et les prouesses quasi miraculeuses que sont capables de réaliser certaines personnes me donnent de l'espoir) de me reconnaître protestant libéral ? Où s'éteignent les limites du "libéralisme" spirituel dans le protestantisme ?

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. Un être particulièrement aimé est décédé

Quelle parole de vérité entendre ?

Très chers sœurs et frères, dans le grand deuil qui est le vôtre, vous m'avez demandé de vous adresser la parole et à tous. Vous avez fait cette demande qui me touche parce que vous savez que je partage votre douleur autant qu'il est possible ; et il est vrai que j'aimerais qu'elle vous soit un vrai accompagnement, un vrai réconfort. Vous l'avez faite aussi, je le pense, parce que vous me saviez chargé d'annoncer la proposition de Jésus pour le sauvetage du monde, proposition revisitée pour notre temps non-religieux, sécularisé, comme on dit maintenant. Vous n'entendrez donc pas le message habituel chez les chrétiens, non que je le dédaigne. Je souhaite ne rien faire, d'ailleurs, pour en dissuader ceux qui y demeurent attachés. S'ils estiment en avoir besoin, leur conviction doit être respectée ? Simplement ce n'est pas la mienne, ni celle de beaucoup aujourd'hui, qui ne peuvent s'attacher au miraculeux et au surnaturel. Pardonnez-moi si je ne sais pas trouver les mots simples, et aimants pour le dire.

La vie est un cadeau merveilleux, imprévisible, incroyable, infiniment précieux, dont il ne faut pas se lasser d'être infiniment reconnaissant. Nous sommes tous là parce qu'une femme et un homme, venus le plus souvent d'horizons différents, se sont rencontrés, connus, généralement aimés. Et ils ont "donné la vie", dit-on habituellement. On devrait plutôt dire qu'ils l'ont constituée, confiée, prêtée, avec mission de la transmettre à d'autres. Quelle merveille ! Et qui aurait très bien pu ne pas se produire. Un minuscule embryon d'être humain qui aura besoin d'être nourri et protégé, mis au monde, élevé, éduqué avec beaucoup d'amour et de tendres soins. Appelé à devenir une conscience et un être responsable. Quelle mission grandiose ! Appelé à son tour avec discernement, générosité, en bonne intelligence avec tous les vivants, même les plus hostiles et les plus dangereux.

Mais cette vie humaine n'a qu'un temps comme toutes les vies sur cette terre. A l'automne les feuilles mortes se ramassent à la pelle ; à la fin de leur course, même les chênes et les baobabs disparaissent, les espèces animales aussi, et pareillement les êtres humains. C'est souvent ressenti comme dramatique, mais la douleur doit être absolument surmontée pour que la vie puisse continuer et ne pas être écrasée par la souffrance. Même si ces blessures laisseront des cicatrices jusqu'à la fin.

Des textes fondateurs le disent crûment, certains trouvent que c'est avec brutalité, mais non, c''est avec le souci de parler vrai, de dire ce qui est authentique : "Tu es poussière et poussière du redeviendras" ; et encore "Nu je suis sorti du ventre de ma mère et nu je retournerai à la poussière" (on pourrait parler de "pur produit terrestre rendu vivant provisoirement"). Ainsi de rares croyants ont su depuis longtemps que la mort était vraiment la mort, et qu'il vaut mieux voir la vérité en face, si du moins on est en état de la supporter. Et il ne faut pas juger, et encore moins condamner, ceux qui ne peuvent pas le faire.

D'autant que depuis 2000 ans est propagé un tout autre message devenu traditionnel selon lequel le tombeau de Jésus aurait été trouvé "vide" et des anges messagers auraient proclamé sa résurrection. Bien que peu crédibles, en tout cas aujourd'hui dans notre monde sans surnaturel, ces récits ont connu un succès considérable : presque tout le nouveau testament est construit sur eux et presque toutes les églises les proclament comme une vérité assurée. Un grand nombre d'entre nous ont été enseignés de la sorte. Mais les temps sont certainement venus d'une toute autre conviction.

L'évangile de Jésus ne s'intéresse pas à une après-mort, mais à la vie présente. Jésus veut nous apprendre à vivre, à l'inverse de tous les mauvais fonctionnements du monde. Jésus, simple homme, vrai prophète, nous invite à participer par amour des humains, même des pires, à son entreprise de sauvetage. Jésus s'est battu (pacifiquement) contre tout ce qui fait souffrir et mourir les humains, contre tous les mauvais pouvoirs politiques, religieux et de l'argent, et il nous propose d'en faire autant ; des raisons de vivre incomparables, exaltantes et si nécessaires !

Et il nous offre d'apprendre à aimer nos contemporains, intelligemment et généreusement, en sachant que nous n'aurons jamais que ces compagnons d'existence. Que cela vous rende entreprenants et heureux, malgré votre douleur.

Roger Parmentier, pasteur non-conformiste, non-religieux s'efforçant d'être disciple de Jésus-prophète

http://www.guetteurs-rebelles.fr/

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. Une autre manière d'entendre les Béatitudes

Je n'ai jamais dit que les pauvres devaient rester pauvres. J'ai dit qu'en les pauvres était l'avenir du monde.

Je n'ai jamais dit qu'il y avait plus de bonheur à souffrir qu'à être heureux. Mais j'ai dit qu'on ne  pouvait naître qu'en passant le seuil infiniment douloureux de la mort.

Je n'ai jamais fait l'éloge des imbéciles. Mais j'ai distingué la connaissance  de la vérité d'avec le savoir des choses vraies.

Je n'ai jamais fait l'éloge de la faiblesse. Mais j'ai fait connaître que la force véritable est étrangère à l'âpre désir du pouvoir.

Je n'ai jamais dit qu'il fallait s'avilir et s'humilier devant la cruauté et l'injustice. Mais j'ai dit qu'il fallait vaincre en soi la cruauté et l'injustice, jusqu'à ne pas se prévaloir de  son droit : ainsi peut être brisé le cercle de la violence.

Je n'ai pas dit qu'il fallait, à la loi des gestes, ajouter celle des pensées aggravant ainsi le fardeau jusqu'à le rendre insupportable. Mais j'ai dit qu'avoir les gestes conformes sans avoir le cœur vrai, c'était hypocrisie et vanité.

Je n'ai jamais pensé que la peur, ou l'humiliation, ou la tristesse, ou le manque, pouvaient élever l'homme. Mais j'ai dit que ni la tristesse, ni le manque, ni l'humiliation, ni l'angoisse n'étaient pour l'homme condamnation. Je suis même allé jusqu'à dire que c'est chez les humiliés, les accablés, les frustrés, que c'est en ceux-là, quand se lève pour eux l'aurore, quand ils rentrent d'exil, quand ils passent la mer, en ceux-là qu'est l'avenir du monde.

Maurice Bellet

 

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. L’irréformabilité de l'Eglise Catholique

 

Le terme d’irréformabilité n’existe sans doute pas au dictionnaire, tant nos contemporains sont persuadés que tout, en philosophie comme en politique, est susceptible de progrès, de changement, d’évolution, en un mot, de réforme. Et pourtant…l’Eglise catholique (kata tên olên gên) qui a normalement l’ambition de s’étendre à toute la planète Terre, reste terriblement figée, hostile à toute adaptation, parfois même à toute réflexion, ce qui finalement la confine à un nombre restreint d’adeptes, de fidèles qui, passivement, vont jusqu’à s’interdire toute divergence d’idées,  toute forme de recherche même.

 

Ils sont nombreux ceux qui, cependant, s’y sont tout de même essayé. Tout au long de l’histoire du christianisme, il n’a pas manqué d’hommes courageux, déterminés, pour dire tout haut, sur un mode prophétique, ce qu’un certain nombre pensait tout bas, une critique pertinente de la façon dont une doctrine s’installait, s’affirmait, souvent s’imposait, ou dont une pratique s’instaurait, parfois radicalement opposée aux principes évangéliques énoncés par Jésus. Depuis Ebion au Ier siècle, Montan au IIe, et Arius au IVe, c’est une foule de théologiens, de philosophes, de pasteurs ou simplement de chercheurs, qui se sont fait condamner, parfois conduire au bûcher par charrettes entières, habituellement parce qu’ils avaient agi selon leur conscience. L’hérésie c’est bien souvent un sursaut d’honnêteté, un réflexe de vérité, une lueur d’intelligence. On a brûlé Jeanne d’Arc, mais aussi Savonarole et Giordano Bruno. On a condamné Galilée, Luther, Calvin, mais on a soigneusement mis à l’écart aussi, et plus récemment, Hans Kung, Eugen Drewerman et Jacques Gaillot, pour n’en citer que quelques-uns. On a inventé l’Inquisition, machine à exterminer les Juifs, les Maures, les Cathares, les Albigeois, les Vaudois, les Hussites, les Protestants, les Gueux, les supposées sorcières…Derrière ce « on », c’est toute une hiérarchie qui se cache : une imposante échelle de gens en place, à tous les niveaux, constamment préoccupés de mettre des barrières pour sauvegarder leurs privilèges. La réforme pour eux, il est vrai, ce serait la remise en question, l’insécurité, la porte ouverte à l’incongru, au hasardeux, au péché sous toutes ses formes. On ne peut bien sûr pas l’envisager.

 

L’Eglise catholique s’est rendue irréformable d’abord par sa constitution dogmatique. Le dogme catholique est une définition radicale, absolue, permanente et indiscutable. C’est là sa pauvreté, proche bien souvent de la stupidité. La vérité des hommes ne se livre jamais de cette façon, mais par touches progressives, relatives, soumises à la critique, à la recherche et au perfectionnement.  Le dogme entraîne l’anathème. C’est la condamnation morale, mais aussi physique à l’occasion, de quiconque s’attribue le droit de contester. C’est une démarche qui va à l’encontre du processus évangélique. Jésus ne jugeait pas, ne condamnait surtout pas. Il critiquait les lois et contestait les pratiques du Temple. Il prenait en considération ce que chacun avait dans le cœur et l’esprit. La démarche de Jésus était essentiellement personnelle et relative. Son message, accordant la préférence au pauvre et au petit, renversait beaucoup de préjugés. Ce n’est plus, dira-t-il, (Jn IV,21-23) au temple de Jérusalem, ni sur le mont Garizim qu’il faut adorer Yahwé, mais en esprit et en vérité, c’est-à-dire au cœur de chacun.

 

L’Eglise catholique s’est rendue irréformable par son droit canon qui s’est enrichi de concile en concile. Le premier d’entre eux, à Nicée en Turquie, en 325, fut bien plus l’œuvre de l’empereur Constantin que celle des évêques. L’empereur avait assisté consterné depuis un certain temps à la déglingue totale des religions grecque et romaine. Il voulait donc les remplacer par un nouveau courant philosophique, poussé par un succès populaire évident et une volonté de s’étendre à toute la terre. Il voulait donc que son fondateur soit reconnu comme dieu et remplace tous ceux-là qui étaient devenus obsolètes. Eusèbe de Césarée raconte comment, au banquet  qu’il avait offert aux membres du concile, il allait de table en table pour persuader les évêques de voter la divinité de Jésus et la condamnation d’Arius, avec privilèges et nominations à la clé, car les évêques allaient ainsi pratiquement devenir l’équivalent des préfets. Le pape, Sylvestre Ier, homme de grande clairvoyance, n’y était d’ailleurs pas ; il n’avait pas voulu quitter Rome, refusant cette mainmise évidente de l’empereur sur l’Eglise. C’est pourtant là que fut défini le fameux symbole de Nicée, complété plus tard à Constantinople, toujours en Turquie, pour devenir le Credo des chrétiens !

 

L’Eglise catholique ne peut pas être réformée. Pour réussir l’aggiornamento dont Jean XXIII avait rêvé, il aurait fallu d’abord détricoter pratiquement tous les conciles précédents. Les dogmes sont en fait des diktats ou des oukases, ils ne laissent aucune place aux adaptations ni à la critique. La cerise sur le gâteau, ou si l’on préfère le pompon sur la barrette, fut bien, à Vatican I, en 1870, la proclamation de l’infaillibilité pontificale. En principe, il n’y aurait plus jamais dû y avoir de concile, puisque désormais la parole du Pape suffisait, et le Vatican d’aujourd’hui reste largement  persuadé que le dernier concile fut en ce sens une erreur. Il n’est en tout cas plus question de renouveler l’expérience, même si quelques progressistes y pensent ou en rêvent encore. D’ailleurs, le progressisme, s’il n’est pas tout à fait mort est en tout cas mis hors d’état de nuire. Les prises de position rétrogrades en matière de morale ont bloqué toute évolution dans ce domaine. La hiérarchie de l’Eglise catholique n’hésite pas actuellement à s’attaquer aux divorcés et aux homosexuels, aux universités qui poussent la recherche en biologie embryonnaire, aux médecins qui pratiquent l’avortement, aux jeunes qui se protègent du sida, à l’euthanasie. Et ces attaques sont de plus en plus largement ressenties comme des abus de pouvoir par l’ensemble de la population. D’où les départs, les abandons, le recul, la méfiance, le désespoir parfois, de beaucoup…

 

En Belgique, la Cour des comptes, dans son dernier rapport, a fait apparaître ce qu’on peut considérer comme le déclin de l’Eglise catholique : en 10 ans, les prêtres actifs (rémunérés par l’Etat) sont passés de 3.562 à 2.709. Mais la désaffection a commencé bien plus tôt. Il y a 40 ans, il y avait encore environ 10.000 prêtres catholiques en Belgique, et pratiquement tous les diocèses ont perdu les ¾ de leur effectif sacerdotal durant ce laps de temps. De quoi se poser des questions, non… ? Actuellement, vivent en Belgique plus de « prêtres out » que de « prêtres in », c’est-à-dire plus de prêtres qui ont quitté les structures parce qu’ils se sont mariés, qu’ils ont été exclus ou ont pris leur liberté, que de prêtres toujours en fonction pastorale. Cela ne durera qu’un certain temps car la moyenne d’âge est importante. Ce sont souvent les progressistes qui sont partis, ceux qu’on aurait pu considérer comme les forces vives, ceux qui avaient une parole prophétique à apporter, des gestes décisifs à poser, en quelque sorte l’espoir et l’avenir de l’Eglise. Apparemment, les pédophiles sont restés.

 

Aucun changement important ne peut être envisagé, car Benoît XVI exclut toute forme de « relativisme », ignorant volontairement que le christianisme s’inscrit entièrement dans le relatif et non dans l’absolu, car la vie des hommes et des femmes se déroule dans le relatif, et c’est au relatif des gens qu’il rencontrait, que Jésus s’adressait. « Si au moment de présenter ton offrande à l’autel, tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande et va d’abord te réconcilier avec ton frère… » L’appréciation des prêtres, des lévites et des scribes faite par Jésus est tout à fait significative : « ils chargent sur les épaules des gens des fardeaux qu’ils se refusent à porter eux-mêmes », et on peut légitimement se demander ce qu’il dirait aujourd’hui du grand prêtre qui officie comme archevêque à Malines.

 

L’Eglise catholique ne peut pas être réformée, car depuis longtemps, dans cette hiérarchie qui ressemble de plus en plus, chez nous, à l’armée mexicaine de jadis (beaucoup de généraux et très peu de soldats), la plupart des nominations (et d’ailleurs des canonisations !) ont été faites dans le même sens : celui du conservatisme, de la tradition, ou même de l’intégrisme. Il est trop tard pour songer à réformer l’Eglise catholique, elle se transforme maintenant, lentement mais sûrement, en secte religieuse, et l’action des charismatiques de toute espèce et de tout poil semble accentuer d’avantage ce mouvement et cette orientation.

 

L’Eglise catholique ne va pas nécessairement mourir, mais on sera obligé de faire de plus en plus la distinction entre elle et le christianisme. Car, au fond, le christianisme n’est pas une religion, c’est un message, une sagesse de vie, une vraie philosophie qui illumine la vie des hommes. Jésus n’a pas vraiment voulu une Eglise, rappelez-vous, il avait horreur du sacré, des sacrifices, du commerce du temple, des rites…Alors tout est à revoir, mais c’est une autre histoire, et même une aventure…

Jacques MEURICE

Blog « Libre Pensée Chrétienne »

 

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. Terre - Mère

 

Déclaration d'un écologiste qui présente sa religion comme "Terre-Mère" dans ses échanges sur Facebook

 

Je n'adhère a aucune religion en particulier, et si j'ai écrit Mère-Terre, c'est en toute simplicité mais non sans sincérité : Je prône et agis avec le plus grand respect pour les éléments de la nature. Ayant grandi en pleine ville et y ayant vécu pratiquement toute ma vie (comme tout le monde), j'ai décidé d'écouter plutôt ma conscience et de changer de cap !

 

Je ne connais pas grand chose concrètement à l'écologie mais j'y vais de tout ce que je peux faire dans mon quotidien. J'étudie de façon autonome sur le sujet et je m'intéresse aussi beaucoup au développement personnel et à la spiritualité. Seulement pour moi, contrairement, à ce que j'ai pu rencontrer dans mon entourage, la spiritualité se doit de se ramener vers du concret. Ce que je veux dire est que j'inclus dans ma démarche tous les éléments de notre existence, comme les instincts, l'Ego, etc. Je pense que chaque partie de nous peut nous servir à grandir SI en harmonie avec un tout et SI vécu avec conscience. Nous ne pouvons pas, à mon avis, faire une démarche personnelle remplie de bonnes réflexions et de bonnes intentions sans considérer notre environnement..

 

Et puis, que dire autre de plus vrai que simplement ce sujet et sa réalité m'interpellent. La faune et la flore m'ont toujours très attiré même lorsque j'étais tout petit et que je vivais dans le béton.

 

Alors, je ne suis pas un Amérindien avec toutes leurs belles connaissances sur les thèmes d'animaux, etc., (peut-être dans une autre vie) mais je vis en fonction du respect de Terre-Mère et je m'engage de plus en plus de façon réelle et concrète dans ma vie de tous les jours... tout simplement.

 

P.S. : Je ne sais pas quelle est ma mascotte mais j'ai rencontré plusieurs fois, en méditation profonde, le loup et la libellule.

 

Tiré du n°12 de Correspondance Unitarienne : http://labesacedesunitariens.over-blog.com

 

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. Heureux ceux

 

"Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes :
Ils n'ont pas fini de s'amuser.

Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière :
Il leur sera épargné bien des tracas.

Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer et de dormir sans chercher d'excuses:
Ils deviendront sages.

Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter :
Ils apprendront des choses nouvelles !

Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux :
 Ils seront appréciés de leur entourage.

Heureux êtes-vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses et paisiblement les choses sérieuses :
Vous irez loin dans la vie...

Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace :
Votre route sera ensoleillée....."


Réflexions (anciennes) de Joseph Folliet où humour et sagesse se mêlent !

 

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. La parabole des nombrils

Ca me tracasse beaucoup, dit Dieu, cette manie qu’ils ont de se regarder le nombril au lieu de regarder les autres.

J’ai fait les nombrils sans trop y penser, dit Dieu, comme un tisserand qui arrive à la dernière maille et qui fait un nœud, comme ça, pour que ça tienne, à un endroit qui ne paraît pas trop... J’étais trop content d’avoir fini !

L’important, pour moi, c’était que ça tienne.

Et, d’habitude, ils tiennent bon, mes nombrils, dit Dieu, mais ce que je n’avais pas prévu, ce qui n’est pas loin d’être un mystère, même pour moi, dit Dieu, c’est l’importance qu’ils accordent à ce dernier petit nœud, intime et bien caché.

Oui, de toute ma création, dit Dieu, ce qui m’étonne et que je n’avais pas prévu, c’est tout le temps qu’ils mettent, dès que ça va un peu mal, à la moindre contrariété, tout le temps qu’ils mettent à se regarder le nombril, au lieu de regarde les autres, au lieu de voir les problèmes des autres.

Vous comprenez, dit Dieu, j’hésite, je me suis peut-être trompé ?

Mais, si c’était à recommencer, si je pouvais faire un rappel général, comme les grandes compagnies de voitures, si ce n’était pas trop de tout recommencer, dit Dieu, je le leur placerais en plein milieu du front.

Comme cela, dit Dieu, au moins ils seraient bien obligés de regarder le nombril des autres.

 

(à la manière de Péguy)

Tiré de La Vie Nouvelle  http://www.lvn.asso.fr/spip.php?article99

 

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. Union de prières

J’étais seule et j’admirais les nuages si blancs, unis ou éparpillés tels des agneaux d’un troupeau céleste. Je priais, je méditais, ces deux activités étant si proches dans un tel endroit de paix. Le fil de mes pensées fut interrompu par des sons venant du ciel, j’en étais persuadée.
Plusieurs personnes parlaient, une à une, utilisant des mots poignants qui faisaient revenir à ma mémoire de si tristes souvenirs.
« Je suis un Libanais torturé et mis à mort pour avoir voulu être libre, libre d’aimer et de vivre. »
« Je suis une jeune fille du Rwanda. J’ai été tuée avec ma famille par des membres d’une autre tribu, nous étions pourtant du même pays, du même sang. »
« Je suis une Palestinienne tuée dans le camp de Sabra, à Beyrouth, j’étais enceinte de six mois. »
« Je suis un Américain tué sur le lieu de mon travail, un jour de septembre. Un avion a percuté l’immeuble où je me trouvais. »
« Je suis un Algérien qu’on a égorgé tout simplement parce que j’aimais parler la belle langue d’un moine français, tué lui aussi avec ses compagnons peu de temps après moi. »
« Je suis un Arabe tué par l’armée de mon pays obéissant à des ordres donnés par mon président. Peut-on mourir deux fois ? Mourir d’incrédulité face aux commanditaires du crime et d’un arrêt du cœur ? »
« Je suis une mère libanaise morte avant de revoir son fils, ne sachant pas s’il était encore en vie, emprisonné ou exécuté. Il était tellement beau dans son uniforme. »
D’autres voix se faisaient entendre et je n’en pouvais plus de pleurer. Je compris combien il était urgent de changer les mentalités, combien il était primordial de penser à toutes les victimes des attentats, des crimes ou des massacres perpétrés à travers le monde, de penser à leur douleur, à leurs souffrances sans parler de religion à moins que cela ne soit pour prier de tout cœur.
J’ai regardé le ciel à travers mes larmes et j’ai dit à toutes ces personnes que le destin a unies dans le malheur : « Je suis citoyenne du monde, votre peine doit être mienne et je mêle mes larmes aux vôtres. » Que les douces paroles d’un Ave Maria s’envolent vers le ciel, unies aux mots d’une prière récitée devant un mur de Jérusalem, à des versets du Coran lus avec piété dans une mosquée, à la fumée des encensoirs d’un temple bouddhiste. Unissons nos prières pour vaincre le mal qui ronge ce monde de plus en plus fou.

Léna NJEIM  (l'Orient le jour, journal francophone de Beyrouth)

 

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.  Notre aventure humaine

 

C’est en dehors de nos Églises, je le sais, que bien des hommes recherchent ce Dieu d’amour que seul l’Esprit peut nous donner de connaître et d’aimer. Je le regrette, mais je les comprends. Toutes les institutions, tous les signes, même les plus sacrés, se dégradent s’ils n’acceptent pas à chaque printemps de faire peau neuve, quels que soient le prix et l’ampleur des déchirements et des souffrances à consentir. Nos communautés, comme toutes les institutions, n’échappent pas au temps et à son usure.

L’Église, à divers moments de son histoire, a pris peur de l’Esprit, a cessé d’être mystique et créatrice pour devenir juridique et moralisante. Alors les bourrasques de l’Esprit ont soufflé à sa périphérie et parfois contre elle dans une grande exigence de vie créatrice, de justice et de beauté. « Il y a des athées ruisselants de la parole de Dieu », disait Péguy, et c’est toujours vrai.

Je crois que Dieu nous accompagne tous dans notre aventure humaine et que seule sa présence est éternelle, et non pas les structures, les paroles, les images que, peu à peu, au fil des siècles, nous avons adoptées pour nous signifier à nous-mêmes son compagnonnage. Notre Église n’a rien à redouter des critiques qui lui viennent d’ailleurs si elle sait les écouter comme un appel de Dieu.

Elle ne saurait verrouiller les portes pour disposer plus sûrement d’elle-même. Elle se reçoit à chaque instant de Dieu pour être sans cesse envoyée, immergée dans le monde, pauvre, modeste, fraternelle, messagère de joie, donnant sa voix aux pauvres, aux hommes que l’on torture ou que l’on tue, à tous ceux-là qui nous crient silencieusement l’Évangile.

 

Mgr Guy-Riobé, évêque d’Orléans

Le Monde, 9-10 juillet 1978 (huit jours avant sa mort).

 

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. Se libérer de la religion

 

C'est l'évangile qui est notre première passion. Et non pas l'Eglise en tant qu'institution sociopolitique qui, trop à souvent, se soucie plus de sa survie que de sa vocation à incarner l'évangile. Mais que cela ne fasse pas oublier que c'est malgré tout par l'Eglise que le message évangélique s'est transmis, et qu'il n'existe peut-être pas d'autres canaux pour continuer à le transmettre.

Dans les faits, l'évangile a été accaparé par les institutions ecclésiastiques. Elles ont voulu s'approprier cette source d'eau vive pour en contrôler le cours, se mesurant au souffle et au feu de l'Esprit pour les diriger. Pourquoi et comment une telle chose a-t-elle été osée, et avec quelles conséquences ? Institution sociale, l'Eglise s'est très tôt alliée aux puissants pour servir sa propre gloire sous couvert de la gloire de Dieu, et ce péché originel la poursuit.

Pour rendre l'évangile au monde, il faut le libérer de la religion qui l'a travesti. L'avenir de Dieu parmi les hommes ne se joue pas dans les sanctuaires et moyennant des rites, ni dans les facultés de théologie. Il se joue dans la splendeur et la boue du monde, dans la jubilation et la détresse des cœurs qui aiment et haïssent, dans l'enfantement, la mort et le désir d'infini. Et ce parmi toutes les nations, toutes les cultures et toutes les religions.

Loin de se réduire aux structures et aux représentations qu'elle a héritées de l'histoire, l'Eglise n'existe pour les hommes et pour Dieu que là où se vit l'évangile. Sans doute lui faudra-t-il, pour renaitre, emprunter des formes et des appellations inédites. Ce n'est pas la continuité apostolique et le droit canon, ni même telle orthodoxie qui la constitue. C'est l'amour et le service des hommes auxquels le Christ s'et identifié.

 

Jean-Marie Kohler (tiré Les Parvis N°50)

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. Message d'Espérance - Parvis - Lyon 12 novembre 2010

 

Il ne suffit plus de se préoccuper du devenir des Eglises, il faut donc prioritairement :

Examiner l'évolution du monde auquel est destiné le message de l'Evangile.

• Se lever pour lutter contre l'iniquité et la violence inhérentes à cette évolution technique et marchande qui ruine les valeurs constitutives de l'humanité et met à mal la Planète.

S'engager dans des lieux de solidarité, de désobeissance et de positions alternatives.

• Remettre le monde à l'endroit en donnant la parole aux exclus.

• Laisser les prophètes prophétiser et porter à la lumière ce qui est en train de naître.

Oui, pour nous le message libérateur de l'Evangile est nécessaire au monde : il ne peut plus être porté par voie d'autorité.

C'est le temps pour tous, hommes et femmes, d'en être pleinement responsables dans nos sociétés sécularisées.

C'est donc le temps de donner plein essor à nos communautés héritières de Vatican ll pour y vivre

- le partage authentique de la Parole,

- des célébrations tissées de nos expériences,

- et le travail d'actualisation du Message :

                                  Une Eglise Autre est possible !

C'est le temps aussi de renforcer publiquement nos réseaux d'humanisme :

                               Un autre monde est possible ! 

                                 Le temps vient d'envisager l'avenir

                                  avec la Force et la Jeunesse de l'Esprit

                                           Souffle d'Amour et de Vie

                                                qui recrée le monde.

 

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. Chapeau l’Artiste !

 

En cette période pascale où une prétendue création artistique (Piss Christ) d’un prétendu artiste déchaîne la violence verbale et physique d’un certain nombre de chrétiens souhaitant défendre la chrétienté attaquée, je me suis surprise à répondre avant l’heure à l’invitation de l’Église qui, chaque Vendredi saint convie ses fidèles à contempler le Christ en croix.

Dans le silence d’une chapelle j’ai osé poser mon regard sur cette croix en plastique immergée dans un verre d’urine et par une étrange remontée dans le temps, je me suis retrouvée aux côtés du disciple bien aimé et de Marie sa mère.

Fixant mes yeux sur le bas de la photographie, je contemplais tout d’abord ces pieds plongés dans ce verre pollué. Aux crachats anonymes d’un certain vendredi en Palestine se rajoutait l’urine d’un auteur contemporain en terre de Provence. Quel réalisme ! Quelle parabole !

Je me sentis en lien de communion immédiate avec ce Christ solidaire de tous les rejetés, bafoués, outragés du monde, depuis la création jusqu’à cette heure du Calvaire.

Jésus,
Toi l’Innocent, Tu t’es laissé condamner sans te défendre,
Je te prie pour tous ceux qui sont victimes de l’injustice et de la haine
Toi, qui t’es chargé de ta Croix sans un mot de révolte,
Je te prie pour tous ceux qui sont écrasés sous le poids de leurs souffrances.
Toi, qui as rencontré Marie Ta Mère
Sur le chemin de ton supplice,
Je te prie pour tous ceux qui ont besoin de la consolation d’une mère.
Toi, qui par trois fois es tombé sur le chemin du Calvaire,
Je te prie pour tous ceux qui sont découragés et sans espoir.
Toi, que l’on a vêtu de dérision et dépouillé de ses vêtements,
Je te prie pour tous ceux qui vivent sans dignité et sans amour.
Toi, que notre péché a cloué sur le bois de la Croix,
Je te prie pour tous ceux qui meurent par la faute des hommes.
Toi, qui dans ton dernier souffle veux pardonner à tous les hommes,
Je te prie pour tout homme qui s’agenouille devant la puissance de ton amour.
Toi, dont le corps est déposé au tombeau,
Je te prie dans l’espérance de recevoir ton Corps ressuscité.
1

Résonnaient en moi les paroles du curé de campagne de Bernanos : « vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter de verges et finalement le clouer sur une croix, qu’importe ? Cela est déjà fait. » Une image pourrait-elle faire plus scandale que la mort ignominieuse de l’Innocent au gibet de la croix ?!

Lui qui, étant de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Au contraire, il s'est dépouillé, devenant l'image même du serviteur et se faisant semblable aux hommes. On reconnaissait en lui un homme comme les autres. Il s'est abaissé, et dans son obéissance il est allé jusqu'à la mort, et la mort sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé plus haut que tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au nom de Jésus, dans les cieux, sur la terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux et que toute langue proclame : Jésus Christ est le Seigneur, pour la gloire de Dieu le Père 2

Je luttais contre le désir qui surgissait en moi de les laver, les essuyer, les sécher ces pieds outragés par les immondices, mais au plus profond de moi j’entendais Ta prière : « Mon Père s’il est possible que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, pas comme je veux, mais comme tu veux ». Tu me demandais de contempler tes pieds souillés pour tenter de comprendre. « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? »

Me sera-t-il donné un jour de comprendre ce que Tu as fait ?

Alors mon regard remonta doucement ; de Tes pieds vers Ton corps. Quel ne fut pas mon étonnement de Le découvrir peint d’un jaune éclatant et radieux. La Lumière immergée dans les eaux obscures et croupissantes de nos excréments humains resplendissait et illuminait l’ensemble.

En ce Mercredi saint, dans la contemplation de la croix je vivais Pâques avant l’Heure. Je vivais le passage du « Christ aux outrages » au « Christ de Gloire ».

Merci Monsieur Serrano, en l’espace d’une heure, en ce Mercredi saint, vous m’avez fait comprendre le lavement des pieds du Jeudi saint. Si Christ s’est agenouillé devant ses disciples ce n’est pas pour nettoyer leurs pieds, fussent-ils eux aussi dans l’urine de leurs péchés, mais pour me redire aujourd’hui que le chemin vers Dieu passe par le bas, par l’humilité et donc par les pieds, surtout s’ils sont sales.

Merci Monsieur Serrano, en l’espace d’une heure, en ce Mercredi saint, vous m’avez permis de contempler la croix du Vendredi saint plantée dans la boue de mon péché pour pouvoir en émerger, tirée par le bras puissant d’Amour. C’est devant elle que je m’inclinerai dans quelques heures.

Merci Monsieur Serrano, en l’espace d’une heure, en ce Mercredi saint, vous m’avez fait contempler la Gloire du Ressuscité. Il nimbe de sa Lumière le tombeau jonché de toutes les sécrétions peccamineuses. Dans quelques jours la pierre en sera roulée et le Feu allumé de la nuit pascale l’illuminera.

Merci Monsieur Serrano, vous ne fûtes pas un serviteur inutile. Le Seigneur, par vous, malgré vous, au-delà de vous, a su se frayer passage vers mon cœur.

Alors avec tous les chrétiens j’ai envie de vous souhaiter : belle montée vers Pâque, Monsieur Serrano.

Quant à Toi Seigneur : Chapeau l’Artiste !

Nathalie Gadéa

 

1 – Extrait de « Le livre de toutes les prières » - Éditions Mame/Edifa 2006

2 – Lettre de Paul aux Philippiens 2,6-11

 

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. Dans la simplicité, la joie et le secret

 

« Garde-toi d'étaler ta justice devant les hommes pour en être admiré.

Que ta discipline intérieure ne te donne pas un air triste, comme un hypocrite qui affiche un visage tout défait pour se faire voir des hommes.

Oins ta tête, lave ton visage afin que seulement ton Père qui est dans le secret connaisse l'intention de ton cœur.

Maintiens-toi dans la simplicité et dans la joie, la joie des miséricordieux, la joie de l'amour fraternel.

Sois vigilant. Si tu dois reprendre un frère, que ce soit entre toi et lui seul. Aie le souci de communion humaine avec ton prochain. »

 

Frère Roger - (La règle de Taizé)

 

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. Khalis, chanteur algérien

 

Jacob était mon frère,

Joséphine, ma sœur;

L'abbé, un saint Pierre,

Mon imam, un guide dont je suis fier;

Et on a plombé l'atmosphère

Quand j'ai vu tous ces innocents mourir avant l'heure ...

J'ai vu la terreur dans les yeux de celui qui prie de Seigneur;

J'ai vu la mort monter dans un bus, dans un train, foutre en l'air des destins ...

L'islam est une religion de paix, pas d'assassins ...

 

Pour découvrir tout le texte de "kamikaze", cliquer : http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&cd=3&ved=0CCYQtwIwAg&url=http%3A%2F%2Fwww.dailymotion.com%2Fvideo%2Fx2w3dp_khalis-kamikaze-music_music&ei=35RETcDqCd-ShAfZ2_iLAg&usg=AFQjCNHbcJHrEnUkanoP-DYwm3e075m5wg

 

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. Souffle de vie

 

Mon Jésus est unique à mes yeux, parmi tous les hommes qui nous font prendre conscience de la réalité humaine dans laquelle tout être puise son élan vital.

J'aime lire ce que les évangiles disent de lui : à son contact, sous son influence, les aveugles voyaient, les lépreux étaient purifiés, les morts ressuscitaient. Je comprends que ces mots désignent un dynamisme créateur, un souffle d'apaisement, une fraternité renouvelée.

Je ne dis pas qu'il était un Dieu ou un Fils de Dieu aux pouvoirs surnaturels, marchant sur l'eau, guérissant les malades, multipliant les pains et puis quittant le monde des hommes sans communiquer à personne ces pouvoirs pourtant si bienfaisants ?

Mais je sens bien que le Souffle de vie qui l'animait est le Souffle de Dieu qui monte en nous comme en lui, réoriente nos pensées et nous fait affronter le mal dans un esprit de victoire à travers nos défaites et la mort elle-même. Il nous rend humains, avec nos compagnons les autres hommes de bonne volonté.

Mon Jésus ne sacrifiait pas volontairement sa vie en une mort atroce afin d'apaiser un Dieu en rage de voir les humains se détourner de lui.

Le Dieu dont il nous manifeste la présence n'est pas un juge menaçant, obsédé par les fautes et réclamant des expiations. Je crois que Dieu a été horrifié par la mort de Jésus et par l'esprit mauvais de ses accusateurs, les intégristes juifs de son époque contre lesquels il a lutté jusqu'à la mort.

Je ne vois pas non plus en Jésus un fondateur de religion imposant des rites difficilement compréhensibles avec du vin, du pain et de l'eau et exigeant que l'on admette certains dogmes théologiques et abstraits.

Je n'aime donc pas qu'on le vitrifie dans des doctrines figées car il est toujours au-delà et ailleurs de ce que l'on peut dire de lui.

 

Gilles Castelnau  Revue Evangile et Liberté 14 rue de Trévise 75009 Paris

 

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. Le mépris des pauvres

Tout compte fait, il n'y a rien de tellement nouveau au fond depuis les temps bibliques où des prophètes, parfois mal embouchés, fulminaient contre l'insolence des riches et leur mépris des pauvres qu'ilos exploitaient. La mondialisation contemporaine s'est contentée d'élargir l'espace de l'injustice. Elle pouvait "mieux faire".

Jusqu'à quand les peuples vont-ils courber l'échine sans rien dire face à l'arrogance des élites ? Faut-il en arriver à "un nouveau 1789 avec, comme à la Bastille, la prise par le peuple d'une banque centrale" ? Sans aller jusqu'à cette extrémité, on peut, en cette période de vœux, formuler celui, ardent, d'un réveil des peuples pour refuser le primat exclusif de la finance sur l'homme, le saccage de la planète nourricière, la fatalité de la faim, et pour inventer de nouveaux styles de vie et de nouvelles manières de penser. L'énoncé des principes de la destination universelle des biens de la terre et de la promotion du bien commun rappelés inlassablement par les autorités morales, à commencer par l'Eglise, est merveilleux, mais ce serait mieux si l'énoncé devenait réalité.

Gabriel MARC - Extrait d'un texte de l'ancien président du CCFD-Terre solidaire.

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. Pour vous, qui est Jésus ?

 

Tous les chrétiens, de quelque confession qu’ils soient, sont censés partager la foi en la divinité du Christ. Pourtant malgré cette apparente unanimité de la foi chrétienne, jamais sans doute le dogme trinitaire n’a été aussi peu compris et suivi par les fidèles. Combien de chrétiens connaissent et comprennent la théologie trinitaire ? Combien, même parmi les plus fidèles, croient en la divinité de Jésus ?

A la question " Pour vous, qui est Jésus ? ", les réponses des Européens* varient considérablement, même chez les fidèles pratiquants. Il est d’ailleurs intéressant de constater qu’on retrouve dans les formulations nombre d’ "hérésies" des premiers siècles : « un homme choisi ou adopté par Dieu » (adoptianisme), le « Fils de Dieu, mais inférieur au Père » (subordinatianisme, arianisme), « vrai Dieu et vrai homme, mais dont la nature humaine a pâti des affres de l’incarnation » (nestorianisme), etc. Mais surtout pour de plus en plus de chrétiens croyants et pratiquants européens, Jésus n’est pas l’incarnation de Dieu. Il est conçu soit comme « Fils de Dieu », entendu en un sens symbolique, soit comme un homme exemplaire : un saint, un prophète, un sage. Et, en toute logique, la question de sa résurrection suscite presque autant de doutes que d’adhésions. Et je ne parle même pas des non-croyants et des non-pratiquants encore attachés à la culture chrétienne, pour qui Jésus n’est assurément qu’un homme.

Se pose dès lors une question d’importance : que reste-t-il de la foi chrétienne ? Ou, pour le dire autrement, qu’est-ce qu’on peut considérer comme le fondement essentiel de la foi ? Comme son substrat ?

Les dogmes de la Trinité et de l’incarnation sont partagés par la plupart des Eglises chrétiennes. Mais l’Eglise arménienne et les Eglises coptes orientales ne reconnaissent que la définition de la foi issue des trois premiers conciles. Et l’Eglise Nestorienne, que des deux premiers. Les réformés reconnaissent pleinement l’autorité des quatre premiers conciles. Les Eglises Orthodoxes en reconnaissent sept (le dernier, au VIIe siècle, statuant sur la reconnaissance du culte des icônes). L’Eglise catholique romaine compte, quant à elle vingt et un conciles et la « foi authentique » inclut l’intégralité du dogme, du concile de Nicée aux dernières déclarations papales ex cathedra, ce qui implique les trois derniers dogmes : l’Immaculée Conception (définie en 1870 par le concile Vatican I) et l’Assomption de la Vierge Marie (définie en 1950 par Pie XII).

Pour les Eglises Chrétiennes, la foi est donc exprimée dans le credo de Nicée-Constantinople tel que nous l’avons évoqué, qui définit le dogme trinitaire et celui de l’incarnation. Mais nous avons vu que la théologie trinitaire était récusée par de nombreux courants chrétiens des trois premiers siècles et sont de moins en moins compris et admis aujourd’hui par les fidèles. Cela signifie-t-il que ceux-ci n’ont pas une foi authentiquement chrétienne, que leur foi est fausse ou incomplète ? Si on répond par l’affirmative, cela reviendrait à dire que le substrat de la foi chrétienne a été progressivement défini à travers les conciles après trois ou quatre siècles de tâtonnements. Qu’en est-il alors de la foi des apôtres et des premiers témoins de la vie de Jésus qui ont « cru » en lui bien avant que ne soit conçue la théologie trinitaire, et même celle de l’incarnation ? Il parait absurde d’affirmer que Pierre, Marie de Magdala, Marc ou Paul n’avaient pas une foi authentique, ou même qu’ils auraient en une foi incomplète dans la mesure où ils n’avaient encore aucune idée d’un Dieu en trois personnes et d’un Christ en deux natures.

Au delà des credo élaborés à partir du IIe siècle, la définition de la foi chrétienne, de son substrat, de sa quintessence, c’est tout simplement celle des apôtres. Celle de ceux qui ont connu Jésus et témoigné de leur « foi » en lui, témoignages que l’on retrouve dans les plus anciens écrits chrétiens. Or quel est le fondement de foi commun à tous ces premiers témoins ? On peut le résumer en deux points élémentaires, qui concernent directement la personne et la mission de Jésus :

1. Jésus est un homme qui entretient un rapport particulier à Dieu et il a un rôle salvifique en tant qu’unique médiateur entre Dieu et les hommes ;

2. Jésus est mort et ressuscité d’entre les morts, et il continue d’être présent aux hommes de manière invisible.

Ces deux affirmations me semblent constituer la clé de voûte de l’édifice chrétien. Pour les disciples de Jésus, celui-ci est pleinement homme : il n’a jamais été conçu comme un dieu ayant pris une apparence humaine, ni comme l’incarnation du Dieu d’Abraham et de Moïse. Il entretient avec Dieu une relation singulière qui en fait non seulement le Messie attendu par les Juifs, mais, plus encore, le Fils du Père, celui que Dieu a choisi pour se révéler au monde et pour sauver le monde. Ce statut le met au-dessus de toutes les créatures, y compris les anges.

 

* La proportion des chrétiens européens qui disent croire que le « Dieu de la Bible est un en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit » oscille entre 20 et 40 % selon les pays (chez les baptisés).

 

 

 Tiré du livre « Comment Jésus est devenu Dieu » par Frédéric Lenoir aux éditions Fayard.

 

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. Au Rwanda de jeunes étudiants unitariens pleins d'espoir

Dans un pays meurtri par un récent génocide ethnique et où l'Eglise catholique s'est révélée particulièrement défaillante lors de ce drame, un groupe de jeunes unitariens est porteur d'espoir. Ils sont une quinzaine, après une année de fonctionnement ; ils sont étudiants ; et ils font le culte chaque dimanche. Ils sont en relation avec les unitariens du Burundi .

"Notre itinéraire commence juste au début de 2009. … Aujourd'hui, nous sommes une équipe solide, très unie depuis nos études universitaires. Nous comprenons très bien nos engagements et nous sommes fiers d'être unitariens aux Rwanda. Notre pays est malheureusement  déchiré par son Histoire ; nous avons beaucoup de choses à faire pour reconstruire notre société rwandaise" (Clément, 23 septembre 2010)

"Notre groupe s'est mis d'accord sur les points suivants :

- Nous ne croyons pas que les préceptes, doctrines religieux puissent être vrais simplement parce que certains autorités religieux l'affirment.
- Nous respectons la liberté de croyance de chacun de nos membres.
- Nous sommes libres de développer nos propre concepts en ce qui concerne Dieu : un concept qui a un sens pour nous.
- Nous n'avons pas une doctrine déterminée à l'égard de Dieu.
- Nous ne croyons pas en un Dieu surnaturel qui intervient directement et change notre vie ou notre environnement.
- Nous croyons en l'Esprit de Vie : force du bien plutôt qu’un être surnaturel.
- Lors de l'office de chaque dimanche, il est question de notre croissance (croissance humaine), de nos questions personnelles auxquelles nous sommes confrontées chaque jour, des questions sociales, ainsi que des questions morales.
- Nous croyons que le cadeau de vie constitue en soi un miracle suffisant et que nous devrions la vivre pleinement, dans la joie et de façon aussi responsable que possible. Nous ne croyons donc pas aux miracles.
- Nous considérons Jésus comme l'un des plus importants professeurs de morale et d'éthique, qui a montré aux humains comment vivre d'amour et de compassion. Nous admirons et respectons sa façon de vivre, sa capacité d'aimer, la force de son exemple et son système de valeur.
- Nous considérons la Bible comme l'un des plus importants textes religieux mais nous n'estimons pas qu'elle soit unique ou exclusive de quelque façon que ce soit. (Clément et Aline, 23 septembre 2010)

Tiré de http://afcu.over-blog.org/

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. A quoi servent les évangiles ? 

À maintenir vive notre indignation. La prédication du Christ – c’est là sa force et sa vérité – lutte pour un homme debout. Quand tout nous condamne à l’échec, à l’indigence et au médiocre, l’Évangile ose son « Heureux les pauvres ! », « en avant les pauvres ! », qui sonne le glas de nos résignations et nous tire de nos longs sommeils. Quand plus rien ne nous motive pour l’action, pris que nous sommes dans la torpeur asséchante de nos idéaux morts, quand il est devenu si tentant de s’en remettre à la force des choses et de plier devant l’ampleur de la tâche, l’Évangile convoque ses lépreux, ses fous, ses pauvres et ses malades. Ceux que nous ne voulions plus voir, Jésus les place devant nous. Cette insolence-là, Jésus la tient de l’Évangile dont il se veut l’incarnation : dire au monde, dire à qui veut l’entendre, l’infinie valeur de chacun. C’est là que réside sa Bonne nouvelle : personne ne saurait être condamné à l’invisible. Puisque chacun compte aux yeux de Dieu, chacun se doit d’être reconnu par son frère en humanité. « Toute théologie chrétienne est une théologie de libération », écrit le théologien noir américain James Cone, proche en son temps de Martin Luther King, et à qui la Faculté de théologie protestante de Paris vient de remettre un doctorat honoris causa. Lire les évangiles, c’est oser voir la laideur et le tragique en face pour mieux les affronter. C’est se laisser mobiliser par une prédication de l’indignation contre l’indigne. Dire Jésus-Christ devient alors une tâche exigeante et combative. Confesser le Christ, proclamer ainsi l’union de Dieu et de l’humain, revient à soutenir l’action émancipatrice de Dieu en l’homme. L’homme de l’Évangile n’avance plus l’échine courbée et la tête baissée, il est sauvé et ressuscité, il est libéré des forces qui l’assaillent et le paralysent. L’homme de l’Évangile est un homme debout !

Raphaël Picon (article tiré du n°240 d’Evangile et Liberté)

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. Partager ses biens selon Jacques, le frère du Seigneur

par Régis Pluchet ? secrétaire général de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)

Lorsque Jésus demande au jeune homme riche de vendre tous ses biens et de donner l’argent aux pauvres, cela nous concerne-t-il aujourd’hui ? Cette exigence n’est-elle que symbolique ? Ou doit-elle être prise au pied de la lettre ?  

La réponse est à la fois oui et non. Sans doute, Jésus ne demande-t-il pas à tout le monde d’abandonner tous ses biens. Il appelle avant tout à une transformation intérieure. Il ne diabolise pas l’argent, il le remet à sa place. Mais il ne faudrait pas qu’une lecture symbolique, aujourd’hui, nous délivre de l’exigence du partage des richesses. L’épître de Jacques (2,14-17) est très claire là-dessus. La foi ne vaut rien si les riches laissent les plus démunis de côté. On voit pourtant dans les Evangiles Jésus fréquenter des hommes ou des femmes riches et accepter, quelques jours avant  sa mort, d’être oint par un parfum luxueux, dont les apôtres auraient préféré que son coût (300 deniers, soit un an de salaire) soit distribué aux pauvres. Il ne moralise pas, lorsque le geste vient du cœur et correspond aux circonstances. Il fréquente les riches autant que les pauvres, reçoit tout le monde sur un pied d’égalité, avec toutefois une attention plus particulière pour ceux qui sont en difficulté et nous rappelle que les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers.  

Il ne s’en prend pas tant aux riches, qu’à ceux qui sont esclaves de leurs de richesses. Et nous sommes tous concernés, car nous avons tous des richesses qu’elles soient économiques, sociales, culturelles, psychologiques ou autres : nous pouvons aussi être trop riches de notre famille, de notre milieu, de notre Eglise, de notre paroisse.  

Jésus rappelle dans ce texte (Marc 10 : 17-30) qu’il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. Certains expliquent aujourd’hui qu’il ne s’agissait pas d’une aiguille à coudre, mais de la Porte de l’Aiguille à Jérusalem, qui était une porte très étroite, trop étroite pour être franchie par un chameau muni de son bardas, chargé de biens dont il fallait d’abord qu’il soit délesté. Quoiqu’il en soit de la traduction, la mise en garde est claire. Sachez partager vos richesses, sinon vous risquez d’y perdre votre âme : “ Là où est ton trésor, là est ton cœur ” dit Jésus.  

Jacques le dit aussi d’une autre manière un peu plus loin, dans le passage que nous avons lu : “ Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont mités, votre or et votre argent sont rouillés (…). Il crie le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs et les clameurs du moissonneurs sont venues jusqu’aux oreilles du Seigneur ”. Il demande aussi qu’il n’y ait pas discrimination entre riches et pauvres dans les assemblées et que ces derniers ne soient pas mis debout par derrière et les riches assis par devant. On accuse un peu vite Jacques de trop moraliser et il est vrai que son ton est parfois excessif, mais cela ne doit pas nous empêcher de voir le caractère prophétique de sa parole. Il ne fait que redire la parole de Jésus : “ Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel que sur la terre, là où ni rouille, ni vers ne les détruisent ” et c’est là qu’il concluait : “ Là où est ton trésor, là est ton cœur ” (Matthieu 6, 19-21).  

Une parole toujours d’actualité dans un monde où le règne de l’argent sans frein a abouti à une telle crise, où le clinquant et le luxe s’affichent outrageusement, où certains qui ont déjà des salaires mirifiques reçoivent en outre des primes et des bonus considérables, tandis que d’autres sont jetés à la porte de leurs entreprises avec de maigres indemnités et sans considération. Une parole prophétique dans un monde où les peuples les plus riches tolèrent la pauvreté et l’injustice en leur sein et rejettent sans scrupules ceux qui viennent des pays les plus démunis et s’installent clandestinement, et on leur reproche sans doute de n’avoir pas frappé à la porte. C’est tout le sens de l’action de l’Entraide protestante de prendre au sérieux ces paroles de Jésus et de les mettre en oeuvre, comme essayaient de le faire les premiers chrétiens, lorsqu’ils mettaient en commun leurs biens.  

Ce n’est pas seulement l’aumône qui est nécessaire, mais aussi inventer des modes de partage des biens matériels et spirituels, entre nous dans les Eglises, et agir pour qu’il en soit de même dans la société. Les communautés Emmaüs de l’abbé Pierre, les Fraternités de la Mission populaire évangélique, l’Entraide protestante et bien d’autres mouvements nous montrent les chemins de ces nouveaux modes de partage, suivons-les.

Tiré de Correspondance unitarienne n° 106, août 2010

http://labesacedesunitariens.over-blog.com

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. Le pape et l'Eglise ouvrent (enfin) leurs yeux ?

 

          L’Église catholique refuse de regarder les choses en face : elle n’est plus Mater et Magistra, mère nourricière de l’Occident et guide de ses pensées.

          Ce ne sont pas les méthodes qui ne sont plus adaptées : c’est le contenu même de la foi, le message chrétien. Ce sont des dogmes surréalistes, comme celui de la naissance virginale d’un homme-dieu, de la transformation physico-chimique d’une galette de farine en chair du Christ, du pardon des péchés dispensé par une institution incapable de se tromper, qui détiendrait seule les clés de la porte du Paradis, etc.

 

          On peut s’essouffler à mettre au point de nouvelles méthodes : le produit qu’elles prétendent promouvoir a perdu sa valeur. Le meilleur marketing du monde ne pourra jamais vendre un produit déprécié, qui ne correspond plus aux attentes du marché.

         

          Car le pape se montre désespérément aveugle, quand il écrit que la nouvelle structure voulue par lui s’adressera à « ceux pour qui Dieu est inconnu, mais qui ne veulent pas rester simplement sans Dieu ».

          Le problème, c’est précisément qu’en catholicisme, « Dieu » est connu, trop connu. On a mis 17 siècles à le décrire, à le définir jusque dans les moindres recoins de sa personne (multipliée par trois), voire de sa personnalité.

          Alors que nos contemporains n’adhèrent plus au dieu méticuleusement décrit et planifié par la pyramide des dogmes. Un dieu devenu statique tellement on a bétonné son image, un dieu sans surprise – et, de plus, propriété exclusive du Vatican.

 

          Les hommes du XXI° siècle n'ont pas changé, ils sont comme leurs prédécesseurs : « Ils ne veulent pas rester sans Dieu », dit le pape ? Mais ils ne sont pas sans Dieu ! Ce qu’ils refusent, c’est de mourir étouffés par la chape bétonnée des dogmes catholiques.

 

Pour lire tout l'article de Michel BENOIT, cliquer

 

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. Le Pacte des Catacombes

 

            Le 16 novembre 1965, quelques jours avant la clôture du concile, 40 Pères du Concile ont célébré l'Eucharistie dans les catacombes romaines de Domitille et ont signé le « Pacte des Catacombes ». Dom Helder Camara était l'un des animateurs principaux de ce groupe prophétique. Ce Pacte, dans ses 13 points principaux, insiste sur la pauvreté évangélique de l'Eglise qui devrait être sans titres honorifiques, sans privilèges et sans ostentations mondaines. Il insiste aussi sur la collégialité et sur la coresponsabilité de l'Eglise comme Peuple de Dieu, sur l'ouverture au monde et sur l'accueil fraternel.

 

Extraits du pacte (traduction du texte anglais par F. Becker):

           

Nous, évêques réunis à Vatican II, étant conscients de la déficience de nos vie de pauvreté selon l’Evangile, encouragés les uns par les autres dans cette initiative, dans laquelle chacun de nous veut éviter singularité et présomption (manière de dire que chacun de nous veut rester anonyme),…nous engageons dans ce qui suit:

 
1. En ce qui concerne le logement, la nourriture, les moyens de transport et tout ce qui concerne ces choses, nous chercherons à vivre en accord avec le niveau moyen de vie commun à nos peuples. (cf. Mat 5,3; 6, 33-34; 8, 20)


2. Nous renonçons pour toujours à la richesse et ses apparences, particulièrement pour les vêtements (matériaux chers et couleurs brillantes), et les insignes en métaux précieux ( de telles choses doivent de fait, être évangéliques) (cf. Mc 6,9; Mat 10,9-10; At 3,6)

3. Nous ne posséderons pas de propriétés mobilières et immobilières, ou de comptes bancaires à notre nom. S’il est nécessaire de disposer de quelque biens, nous les mettrons sous le nom de notre diocèse ou d’autres groupes sociaux ou charitable. (cf. Mat 6,19-21; Lc 12,33-34)

4. A chaque fois que cela sera possible, nous confierons l’administration financière et matérielle de notre diocèse à une commission de laïcs compétents et conscients de leur rôle apostolique, étant donné que nous devons être pasteurs et apôtres plutôt qu’administrateurs.(cf Mat 10,8; At 6, 1-7)

5. Nous refusons d’être appelés dans les discours ou les textes avec des noms ou des titres qui signifient grandeur et pouvoir (votre Eminence, votre Excellence, Monseigneur…). Nous préférons être appelés par le nom évangélique de Père. (cf. Mt 20, 25-28; 23, 6-11; Jo 13,12-15)

6. Dans notre comportement et nos relations sociales, nous éviterons toute chose qui pourrait apparaître comme conférant des privilèges, des priorités, ou même une préférence quelle qu’elle soit due au riche et au puissant ( par exemple: banquets donnés ou reçus, place spéciale dans les services religieux) (cf Lc 13,12-14; 1 Cor 9,14-19)...

 ...
9. Conscients des besoins de justice et de charité et de leur relations mutuelles, nous chercherons à transformer le travail de “bienfaisance” en travaux sociaux fondés sur la charité et la justice pour assister tous ceux et celles qui en ont besoin (c'est-à-dire pas uniquement les catholiques) dans toutes leurs exigences, comme des humbles serviteurs des instances publiques appropriées (cf. Mt 25, 31-46; Lc 13, 12-14 et 33-34) ....

 

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. Conversations mécréantes

Extraits du livre d’entretiens entre Caroline Fourest, journaliste et Talisma Nasreen, femme de lettre bangladaise.

 

C.F.: Si les extrémistes oppriment si facilement au nom du religieux, c’est que le religieux contient en soi la tentation de se sentir supérieur aux autres, de penser détenir la vérité suprême et donc de mépriser ceux qui sont d’un autre avis ou d’une autre croyance...

L’humanisme est une langue qui rassemble les humains au lieu de les diviser. Souvent les croyants « encartés » dans une religion réduisent l’humanisme à une philosophie terre à terre pour souligner le côté transcendant de la foi. Mais avoir foi en l’homme vous transcende !

 

T.N.: Certains deviennent bons parce qu’ils portent ça en eux - même s’ils affirment que c’est la religion qui les a aidés. En réalité, ces personnes croient à la moralité, sont bonnes, honnêtes. Elles remercient la religion, mais c’est faux : jamais la religion n’a rendu quelqu’un bon. Si jamais, elle a un effet, c’est de rendre mauvais les gens. La religion est pleine de haine, en particulier l’islam. Il affirme : « Tuez ces gens qui ne croient pas, haïssez les chrétiens, les juifs, battez les femmes qui ne vous obéissent pas, etc. » La religion est destinée aux hommes, aux machos. C’est de la haine et la haine entraîne la haine.

 

C.F.: Je vous suis sur le fait que la meilleure part de certains croyants est en fait leur part d’humanisme. Et sur le fait qu’en tant que système politique la religion a tendance à inciter à la haine. Contre les femmes, les non-croyants, les autres croyants, ou des croyants qui ne suivent pas exactement le même rite. Toute la différence entre un texte religieux et un texte humaniste comme la Déclaration universelle des droits de l’homme, c’est que la déclaration de 1948 ne comporte que des versets positifs, visant la liberté et la justice pour tous. Que ce soit la liberté de conscience, d’expression, le droit à l’autodétermination des peuples, le refus de la torture et de l’esclavage, le droit à l’égalité. La plupart de ces valeurs sont combattues par les textes religieux. Pour les rendre compatibles, il faut aller tordre un bout de verset ou le déterrer sous des tonnes d’autres prônant la guerre, la domination et la haine.

 

T.N.: La nature totalitaire de l’islam ressort avec le concept de guerre sainte, le jihad. Le but ultime : conquérir le monde.

 

Livre «Libres de dire, conversations mécréantes » Flammarion

 

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. Petites réflexions au détour d'un chemin

 

Comme tout un chacun, il m'arrive fréquemment de me poser des questions sur le sens de la vie, sur Dieu, sur l'Amour, la mort, etc. Evidemment, les plus grands philosophes tentent depuis la nuit des temps de répondre à toutes ces questions métaphysiques. Chacun peut se retrouver plus ou moins dans les écrits ou les paroles de l'un ou de l'autre. Pour ma part, si je devais résumer de la manière la plus concise qui soit, l'idée que je me fais du sens réel de nos vies, je reprendrais une définition de Théodore Monod. Selon lui, la quête de Dieu et de la vérité est comparable à une montagne unique, la même pour tous, que nous gravissons les uns et les autres par des sentiers différents. Les uns montent par ici, les autres par là, mais nous avons tous les uns et les autres l'ambition de nous retrouver au sommet, dans la lumière au dessus des nuages.

 

J'aime croire que Dieu, cette lumière qui nous attend tous au sommet de la montagne, a imaginé pour chacun d'entre nous un chemin idéal qui nous mènerait à Lui, mais que dans le même temps il nous laisse totalement libre de l'emprunter ou pas.

 

Je crois aussi que nous errons le plus souvent sur des chemins de traverses, plus ou moins éloignés de ce chemin idéal. D'ailleurs, dans la Bible, l'hébreu 'Het, que l'on a traduit par le verbe "pécher", mot qui apparaît plus de 500 fois dans l'Ancien Testament, signifie littéralement : “ manquer la cible ”. Quand on s'est trompé de chemin et que l'on s'éloigne dans une mauvaise direction, c'est exactement ce que l'on fait, on manque sa cible.

 

Toutefois, je pense aussi qu'il peut être bon de s'arrêter en route, de se retourner pour observer le chemin parcouru ou simplement pour se reposer, faire halte un moment, se rafraîchir près d'un torrent, cueillir un fruit. Si Dieu a placé autant de délices le long du parcours, sachons donc en profiter !

Certains préféreront voyager seuls, d'autres à plusieurs.

 

Beaucoup chemineront avec une carte et un guide de voyage et il en existe en quantité. D'autres préféreront voyager au jugé en ne se fiant qu'à leur sens de l'orientation. Peu importe, l'essentiel c'est d'évoluer au plus près de son chemin. Il paraît que d'instinct, nous pouvons savoir si nous sommes sur la bonne voie car Dieu a placé une sorte de boussole en nous. On reconnaît le bon chemin, car c'est un chemin de joie et d'Amour.

 

Je me dis que Jésus, est un homme qui a voyagé au plus près de son chemin, en toute conscience. Je crois aussi que c'est pour cela que les hommes l'ont reconnu comme Christ ; je crois surtout que finalement c'est ce que voulait son Père. Je crois tout cela, mais je ne suis sûr de rien. …

 

Je regarde vers le sommet mais je ne vois rien là haut. Ce n'est pas grave, le bonheur, il est sur le chemin ; je commence à prendre plaisir à marcher ; quant à l'ivresse des hauts sommets, on verra cela un peu plus tard, je ne suis pas pressé.

 

Philippe Goyheneix (Béarn, France) Correspondance Unitarienne  http://labesacedesunitariens.over-blog.com

 

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. Jésus aux pieds nus

 

Si je puis me permettre, j’ai plusieurs Jésus en réserve. Il y a d’abord le Jésus de la crèche, l’enfant qu’on a tous rêvé d’être, blotti au cœur de la grande nuit d’hiver dans l’amour de ses parents bien plus chaud que la paille et le lange, couvé du regard par ces deux gros benêts bien braves, le bœuf et l’âne, avec autour ces rudes bergers soudain plus doux que des agneaux, un petit pauvre à la Dickens bientôt couvert de cadeaux royaux. Il y a, juste à côté, un Jésus maigre, nu, seul, debout dans sa douleur, ce crucifié que nous sommes tous un jour ou l’autre dans les heures désespérées de nos vies. Il y a encore, pour ne rien vous cacher, un faux Jésus dont le ridicule me fait rire (amèrement) et que je garde comme un sûr témoin de la bêtise humaine : c’est ce Jésus au cœur phosphorescent, à l’œil extatique, couronné d’or et de pierreries – un Jésus de plâtre. Mécréant comme je suis, on dira que ça ne me regarde pas, mais tout de même : l’effet “Jésus de plâtre” nuit gravement à la santé de l’Église.

Bref. Il y a heureusement un autre Jésus, un Jésus insolent et incommode, dont il m’importe peu de savoir s’il est ou non fils de Dieu : il est frère des hommes et il n’oublie jamais qu’il est né sur la paille. Dans les années 1970, du temps où il n’était pas encore atteint de sa sinistre pathologie morale, Roger Garaudy en avait dessiné la figure exigeante : un Jésus révolutionnaire, celui qui chasse les marchands du Temple, qui tend la main à la prostituée et aux parias en tout genre, qui promeut le renversement des fausses valeurs et l’utopie de l’amour, qui croit, l’insensé, que la générosité prévaut sur la force et croit, poète intrépide, que la parole peut éveiller les consciences. C’est à ce Jésus aux pieds nus que va, on le devine, ma préférence. Et j’ai beau faire régulièrement, comme il se doit, le ménage dans ma réserve, aucun risque que je ne me défasse jamais de mon Jésus des saintes colères !

                                                                     

Jean-Pierre Siméon, Poète et dramaturge.   (Journal La Vie du 19 12 2009)  

                                                                  

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. En cette période de Noël … plus que jamais l’Espérance

 

(…) Nous nous souvenons de la naissance de Jésus que nous célébrons. Cette mémoire que nous faisons est pour nous l’occasion de témoigner concrètement de notre Espérance, y compris sur les places publiques dans nos combats pour la justice, la liberté, la priorité de l’humain. Ce petit enfant Jésus - dont nous ne savons ni quand exactement il est né, ni dans quelles circonstances, ni en quels lieux - va grandir, apprendre, expérimenter librement sa vie à la lumière de la culture de son peuple, méditer et devenir un grand maître spirituel et humain.

 

C’est un homme (Ecce Homo) que l’on a trahi de siècle en siècle, en le divinisant sous des aspects idolâtriques en contradiction avec le Dieu qu’il annonce, en faisant de lui un fondateur de religion dogmatique et hiérarchique, en lui donnant le rôle de garant de la violence des puissants contre les faibles et les pauvres, de la violence qui exclut. Mais nous partageons avec beaucoup de croyants de toutes les époques de l’histoire, une autre idée de l’homme Jésus, de son enseignement, de ses actes et de leur caractère profondément “ révolutionnaire ” ou “ bouleversant ” au sens fort pour chacun de nous et pour l’Humanité en général.

 

Ce message évangélique, nous en sommes aujourd’hui bien humblement et souvent bien insuffisamment les héritiers et nous avons à le redire avec les mots et les actes qui conviennent au monde dans lequel nous vivons. Noël est ce moment d’émotion où nous célébrons la venue au monde d’un bébé comme tous les bébés, conçu bien entendu comme les autres, et qui nous a historiquement interpellé dans ce qu’il y a de plus essentiel : la dignité de “ fils de Dieu ” de tout être humain, y compris (voir à commencer par) les plus méprisés, les exclus, les prétendus pêcheurs, ceux qui sont en prison, les malades, les femmes méprisées et infériorisées, les étrangers, etc., ce qui devrait faire de nous des responsables pour notre temps de l’incarnation réelle de ce que, dans les évangiles, en termes sans doute vieillis, on appelle le “ Royaume ”.

 

Jean Riedinger, président d’Espérance 54 (Meurthe-et-Moselle)

 

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. Jésus n’est pas le Jésus-Christ des Églises !

 

Jésus n’est pas le Jésus-Christ qui nous a été présenté, le Jésus-Christ des Églises, des traditions, des doctrines, des liturgies, des prédications. Jésus n’est pas ce personnage céleste et divin qui serait à adorer, cette deuxième personne d’une Trinité impensable ; il n’est pas le fondateur de la théocratie chrétienne, la chrétienté dominatrice qui lui aurait fait horreur ; il n’a institué ni religion, ni Église, ni sacerdoce, ni hiérarchie ; tout cela a été inventé par des générations “ chrétiennes ” successives, et – d’une façon ou d’une autre, nous a été imposé. On nous a obligé à croire que Dieu l’avait fait mourir “ pour expier nos fautes ” selon un prétendu péché originel, on nous a martelé que son cadavre avait repris vie, qu’il était un christ ressuscité et qu’en plus il était allé aux Enfers et qu’il était monté au Ciel, on ne sait pas trop où, et même (étant Dieu lui-même) qu’il siégeait sur un trône à la droite de Dieu … et beaucoup d’autres choses semblables.

 

Jésus de Nazareth, au contraire, a été un simple homme de foi et de courage, s’inscrivant dans la lignée des sages de tous les peuples, s’efforçant de trouver pour tous des façons de survivre et de vivre ensemble ; s’inscrivant ainsi dans le sillage des prophètes contestataires des injustices et des crimes, de la tyrannie des puissants de toute sorte, mais aussi des prophètes utopiques, proposant un sauvetage de l’Humanité et des jours heureux en recherchant la vérité dans tous les domaines, l’authenticité et non les illusions et les superstitions, bref le sauvetage de l’Humanité si folle et si fragile.

 

Jésus n’a pas été un prêtre ni un saint. Vêtu comme tout le monde et vivant comme tout le monde, il a inventé et proposé une nouvelle façon de penser et de vivre, de croire aussi, qui renverse l’ordre abominable actuel du monde et propose à des poignées d’individus sans compétences particulières pour cela, de vivre le contraire de tout ce qui fait souffrir et mourir, en s’engageant à corps perdu dans ce combat. Bien sûr il l’a vécu lui-même et il l’a payé de sa vie, car les pouvoirs religieux hypocrites et les pouvoirs politiques tyranniques n’ont pas pu supporter cet agitateur populaire. Mais sa proposition dérangeante et magnifique tient encore la route et suscite plus que jamais des poignées d’audacieux solidaires, généreux et capables d’aimer même ceux qui les combattent.

 

Sa grandiose façon de vivre peut-être vécue dans toutes les cultures, non religieuses comme religieuses, qu’elle transforme, dans nos sociétés sécularisées comme dans les christianismes traditionnels, le judaïsme et l’islam : tous ont, en effet, un grand respect et une reconnaissance pour ce rabbi inspiré exceptionnel, même s’ils ne comprennent et n’accueillent que très partiellement sa proposition inouïe, entraînant parfois des séparations et des engagements.

 

Roger Parmentier, pasteur Église Réformée de France (Correspondance Unitarienne http://labesacedesunitariens.over-blog.com/ )

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