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      REFLEXIONS

 

 

Articles documentaires, culturels ou philosophiques ...

Appel des solidarités : www.appel-des-solidarites.fr

Dernière mise à jour le

mardi 17 octobre 2017

 

 

      Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi ... Angélus Silesius

  

      Extrait du Livre d'Or

"C'est drôle parce qu'il y a quelques temps j'ai reçu par une copine de la région un lien pour aller lire un texte sur "écoute et partage", qu'elle avait eu elle-même par une autre copine... ça m'a fait rire ! Quel boulot et quel talent. ! En tout cas j'ai toujours beaucoup de plaisir à me promener là dedans ! "   

Céline

 

Visiteurs qui lisez cette page, donnez-nous votre avis sur l'article lu en cliquant :

ou en laissant vos propositions sur notre Livre d'Or; 

merci à l'avance.

 

"La vie est une procession" Pierre Pourchez

 

TABLEAU DES REFLEXIONS

 

 

- Vieillir est le contraire de ce que l'on croit par M de Hennezel 2017.10

- La jeunesse veut du sens, du partage, du collectif par A Bidar 2017 10

- Pourquoi naitre s'il faut mourir ? par H Meunier 2017 05

- Dépasser nos affrontements par JC Devèze 2017.04

- Bienvenue chez nous, tu y seras chez toi par M Rabin 2017.02

- En recherche de sens par A Bidar 2017.01

- La fin de vie par G D Borasio et R Aubry 2016 12

- Mieux former à la laïcité par S Fath et R Meirieu 2016 11

- Le célibat ecclésiastique par F Boesflug 2016 10

- Pour garder nos valeurs par M Elain 2016 09

- Un discours poignant par E Faber 2016 08

- Sortir de nos plaintes par N Leenhardt 2016 07

- Etre père aujourd'hui par JC Noyé 2016 06

- Libéralisme par A Nouis 2016 04

- France et Allemagne, quelques précisions 2016 03

- Vers la semaine continue par A. Nouis 2016 02

- Syndrome d'épuisement professionnel par MC Bernard 2016 01

- L'heure de vérité par H Boulad 2015.12

- Vendredi noir : Paroles de Dieu ? par H V den Meersschaut 2015 11

- Face à la barbarie, le mystère du Bien 2015 11

- L'argent est-il sale ? par B Devert 2015 11

- On ne peut plus supporter ce système par François 2015 10

- Un père écrit à son fils, il y a 100 ans par J Thomas 2015 08

- Être musulman-français aujourd’hui 2015 05

- Peut-on assurer le même amour à ses enfants ? 2015 03

. A quoi sert le sol ? 2015 03

. Hérétiques de toutes religions, unissez-vous ! par A Ahmadi 2015 02

. Amour en suspension par Dorothée 2015 01

. Quelques réflexions à tous les parents 2014.12

. En finir avec les idées fausses sur les pauvres 2014.12

. Ma déclaration de responsabilité dans la vie par P Pradervand 2014 10

. Il y a des jours où je regrette d’être née arabe par F Zouari 2014 09

. 36 raisons pour changer de style de vie 2014 08

. Cherche désespérément couple à construire par JP Sauzède 2014 06

La laïcité 2014 04

Arrête-toi, assieds-toi 2014 01

Houria, la Palestinienne 2013 12

Ton Christ est juif 2013 10

Le pacte civique 2013 08

Etre en confiance, c'est oser 2013.07

Engagement 2013.06 

Sainte colère 2013.01

Le jour où je me suis aimé 2013.01

Rester en communication avec les morts 2012.12

Vive le marché 2012 07

Une Belle leçon à intégrer 2012 05

Prendre le temps 2012 04

Réorienter l’agriculture française 2012 03

Un jour viendra 2012 03

Peut-on sortir du nucléaire 2012 02 

Jeunes migrants scolarisés 2012 01

Médecine, religion et peur 2011 11

Le pauvre et l’hypocrite 2011 09

Le meurtre de Ben Laden 2011 05

Indignez-vous 2011 01

C’est quoi, être pauvre ? 2010 12

L’urgence de délégitimer l’arme nucléaire 2010 12

Bohémiens et bourgeois 2010 11

L’euthanasie - un instrument de gouvernement ? 2010 11

Comment fabriquer des boucs émissaires ? 2010 10

L'Eglise et l'Etat, vieux débat 2010 09

La campagne BDS 2010 08

Le sens des valeurs, l’esprit d’entreprise 2010 07

L’Eglise et Sœur Sourire 2010 05

Matin Magique 2010.04

La Cimade nous invite 2010.01

Hommage à Sébastien BRIAT 2010.01

L’enfant aux cent noms, l’enfant sans nom 2009.12

Parrainage d'enfants sans papiers 2009.11

Consomm' Acteurs 2009.10

Pour que la terre soit un jardin 2009.10

Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? 2009.09

Un arbre m’a parlé 2009.08

Drame à l'école 2009.05

Espoir, exil, Palestine  2009.05

Nous y sommes 2009.01

Petites réflexions méditatives de l’An 9 2009.01

Un nouveau centre de rétention à Metz 2008.12

Rachel a perdu la vie pour la justice 2008 11

Un an de Cercle du silence 2008 11

Des ponts, pas des murs 2008 10

Guerres et torture 2008 10

Une enfant de 13 ans à l'ONU 2008 07

Prière secrète d’un enfant à sa mère et à son père 2008 07

Je me souviens 2008 07

Le pouvoir des étoiles 2008 06

Le principe de la grenouille chauffée 2008 04

Assez de morts ! 2008 04

Fraises espagnoles/ scandale écologique 2008 04

Santé et jeûne 2008.02

Dans quel monde vivons-nous ? 2008.02

Un voisin répugnant 2008.01

Être jeune 2008.01

Etre en paix 2007.12

La faim progresse ! 2007.12

Plus d’égalité pour créer une société plus heureuse 2007.11

Histoire d'un amour  2007.11

Sorti de prison grâce à Amnesty International

Quelques lignes pour se distraire

Quelle Europe pour quelle planète ?

Principes de l'Association Unitarienne Universaliste

 

 

 

Vieillir est le contraire de ce que l’on croit

 

« Etre vieux représente une tâche aussi belle et sacrée que celle d’être jeune », écrit Hermann Hesse

Chacun sait que la vieillesse apporte avec elle son lot de douleurs et que la mort nous attend au bout de la course. Année après année, il faut accomplir des sacrifices, accepter des renoncements. Il faut apprendre à se défier de ses sens et de ses forces. Enfin, il y a toutes ces infirmités et ces maladies, l’amenuisement des sens, l’affaiblissement des organes, les nombreuses douleurs que l’on ressent plus particulièrement pendant les nuits souvent longues et angoissées. Tout cela, Hermann Hesse l’admet. C’est l’amère réalité. Cependant il rappelle que ce serait pitoyable et triste de s’abandonner exclusivement à ce processus de dépérissement, sans voir que la vieillesse a aussi ses bons côtés, ses avantages, ses sources de consolation et ses joies. Lorsque deux personnes âgées se rencontrent, elles ne devraient pas simplement parler de leur maudite maladie de la goutte, de leurs membres qui raidissent et de leurs essoufflements lorsqu’elles gravissent des marches. Elles ne devraient pas seulement se raconter leurs douleurs et leurs contrariétés, mais aussi les évènements et les expériences qui les ont ravies et réconfortées, et ils sont nombreux.

« Nous autres qui portons des cheveux blancs, nous puisons force, patience et joie à des sources qu’ignorent la jeunesse. Regarder, observer, contempler devient progressivement une habitude, un exercice et insensiblement l’état d’esprit, l’attitude que cela entraîne influencent tout notre comportement ».

 

… Notre cœur reste jeune et nous pouvons découvrir une autre façon d’aimer. Tout ce chemin nous conduit à une forme d’accomplissement. Nous nous sentons allégés, nous avons le désir de nous élever.

« A une certaine heure de la vie, il faut sauter dans le vide avec pour seul parachute le désir de s’élever », écrit Lorette Nobécourt.

Dans un entretien donné alors qu’il entrait dans le troisième âge, Michel Serres disait vivre son avancée en âge « comme un détachement » de tout ce qui faisait poids : le poids de la tradition, des vérités enseignées, de la famille, du groupe, de la société. « Vieillir est le contraire de ce que l’on croit, c’est rejeter les idées préconçues, être plus léger ».

 

Marie de Hennezel (tiré du livre La chaleur du cœur empêche nos corps de rouiller. Robert Laffont)

 

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La jeunesse veut du sens, du partage, du collectif

La majorité de la jeunesse est en rupture radicale avec le monde dans lequel elle a grandi : elle veut être inspirée par quelque chose de bien plus grand, de bien plus vaste –du sens, elle veut du partage, elle veut du collectif à la place de l’individualisme régnant. Elle ne ressent donc que désintérêt, voire dégoût et mépris pour un système qui, dès le plus jeune âge à l’école et tout au long de la vie, conditionne à cet individualisme. Premièrement, chaque petit élève apprend trop souvent à travailler uniquement pour sa propre réussite, presque jamais en équipe, le plus souvent tout seul devant sa feuille de contrôle … autrement dit jamais donc dans la coopération, toujours dans la comparaison et la rivalité. Deuxièmement, toute l’existence sociale se passe à conquérir laborieusement sa petite place au soleil, ce qu’on a nommé mille fois le règne de l’avoir et du paraitre, au détriment de l’être : avoir sa voiture, son bout de jardin, sa maison, son bouquet numérique, ses joujoux à la pointe de la technique, etc. Ce n’est pas l’être humain par nature qui est égoïste, mais notre civilisation qui le conditionne à vivre replié sur son confort et ses petits plaisirs privés, tel un Bernard-l’hermite réfugié dans une étroite coquille !

Abdennour Bidar ; Les Tisserands

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Pourquoi naître s'il faut mourir ?  (Proposé par M D)

 

S'il nous faut naître pour mourir, 

Il nous faut aussi peut être mourir pour renaître.

Il n'est pas facile de naître,

Comme il n'est pas facile de mourir.

Car nous avons peur de quitter la vie que nous connaissons,

Pour une autre vie inconnue.

Et de même qu'il existe des naissances avant terme,

Il y a des morts qui nous semblent bien prématurées.

 

Mais la vie nous pousse toujours en avant.

Elle nous projette chacun à son rythme.

Et le fleuve devient la Mer.

La chrysalide abandonne son cocon pour devenir un papillon de liberté.

A moins qu'il ne meure, le grain ne porte pas de fruit.

Il nous faut un jour quitter notre manteau d'hiver, pour vivre un printemps nouveau.

 

La vie ne nous est pas ôtée.  Elle est transformée.

Finalement la mort n'existe pas.

Bien sûr, il y a la mort corporelle qui fait souffrir et pleurer,

 

 

Mais ce n'est pas la mort spirituelle.

La mort est une porte, un passage,

Vers le pays de l'immense amitié, de la tendresse infinie.

La mort nous élève au-dessus des insignifiances

Et des banalités du quotidien.

L'homme ne meurt pas.

La mort est un accouchement vers la lumière.

 

                           Henri Meunier

 

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Dépasser nos affrontements ;

En cette période d’incertitude où il est difficile de se rassembler autour de convictions fortes communes, il est important de discerner nos parts respectives de « conservatisme », de « libéralisme » et de « socialisme ». Nous sommes « conservateurs quand, attachés aux héritages stimulants de notre culture et aux beautés des œuvres de nos prédécesseurs, nous prenons appui sur nos racines pour nourrir nos initiatives. Nous sommes libéraux quand nous promouvons nos libertés individuelles et collectives sans tomber ni dans l’individualisme égoïste, ni dans le collectivisme moutonnier. Nous sommes socialistes quand nous nous efforçons, à temps et à contretemps, de construire un pacte social et civique intégrant la dimension écologique qui propose un futur désirable à chacun et à tous. Tout ceci peut être recoupé avec des sentiments d’appartenance à la droite ou à la gauche, d’où l’importance de trouver les bons équilibres entre respect de l’ordre et justice égale pour tous, discipline et épanouissement des capacités d’expression, liberté d’entreprendre et recherche de la prise en compte des divers talents, héritage des sagesses et utopie d’un progrès émancipateur.

Jean-Claude Devèze, Paris

jeanclaude.deveze@gmail.com

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 Bienvenue chez nous, tu y seras chez toi

Article de Monique Rabin (Députée de Loire-Atlantique) paru dans « Bulletin de Chrétiens en Forum » (2016.11)

Je ne sais pas qui tu es, ni d’où tu viens. Je ne sais pas ce que tu fuis : la guerre ? La faim ? La torture ? Le souci des tiens confrontés à l’extrême pauvreté ? Je sais que forcément ce fut pour toi un déchirement absolu de quitter ta famille, ta maison, ton métier. Pour venir chez nous, tu as affronté la cupidité des passeurs, les mers, le froid, la rue.

Le 25 août …, il pleuvait terriblement sur Calais. Je t’ai aperçu dans la « jungle ». Instantanément tu es devenu, au creux de mon ventre, non plus « la crise migratoire » mais une personne. J’ai eu très mal de ta souffrance si visible, si honteuse.

Certains Français chez nous trouvent que ta place est là-bas sur les champs de bataille ou dans les bidonvilles. Plus triste encore, des Français ont oublié que certains des nôtres, comme toi, ont dû quitter notre pays pour échapper aux trains de la mort avant d’être accueillis par des Justes, dans des pays qui leur ont ouvert les bras. Sache que ces Français-là ne reflètent pas l’âme de la France.

Ici sur notre pays de Retz, terre de modération et d’humanité, des collectifs généreux sont nés pour t’accueillir, toi et les tiens. Dans nos communes, des élus se sont engagés depuis le premier jour et le représentant de l’Etat a pris sa juste part, avec le concours d’une association expérimentée, pour t’offrir à St-Brévin-les-Pins, un lieu de repos et pour t’accompagner dans tes démarches et ta reconstruction personnelle. Ces engagements divers sont cet autre visage de la France.

Pour répondre à la haine qui a pu se manifester, sans naïveté je veux te redire, à toi et aux tiens, que nous n’avons pas peur de vous. Vous êtes nos amis, nos frères, nos pères, des êtres humains, avec vos faiblesses et vos forces. Entendre que les migrants seraient forcément des criminels me fait horreur. Je voudrais au contraire vous aider à retrouver votre dignité bafouée sur les mers et dans les broussailles de Calais. A toi, migrant inconnu, je souhaite la bienvenue. Je serai heureuse de te rencontrer, de t’entendre, de partager. La fraternité créée t’aidera, je l’espère, à surmonter les obstacles qui subsistent. Car bientôt tu recevras les papiers actant la régularité de ta présence parmi nous. A ce moment précis tu seras sans doute très heureux. Mais ton combat ne sera pas achevé : les tiens seront encore exposés à l’extrême pauvreté, à la mort peut-être. Tu voudras travailler dur pour les aider. Tu vivras alors douloureusement le manque de reconnaissance, car tes diplômes n’auront aucune valeur aux yeux de ceux qui devront reconnaître tes compétences professionnelles. Il te faudra peut-être accepter des petits boulots pour survivre. Dans la fatigue et la solitude, tu perdras parfois ton esprit combatif. Tu liras alors dans les yeux, au pire l’ignorance et le mépris, au mieux la pitié.

Trop souvent ces questions sont abordées de manière unilatérale comme si seul l’étranger avait besoin de nous. Mais moi je veux que tu saches combien nous avons besoin de toi. La relation humaine, vraie, ne se construit que dans l’échange. Dans ce monde occidental, qui abandonne progressivement sa philosophie des droits de l’Homme au profit de biens plus matériels, et qui préfère la circulation des biens et des capitaux à celle des personnes étrangères, nous avons besoin de toi. Tu peux nous aider à un sursaut salutaire.

C’est par les actions que nous mènerons chacun de notre côté et c’est dans l’amour de l’être humain que nous retrouverons toi et moi, toi et le peuple de France, notre dignité. Pour tout ce monde à renaître je te remercie.

 

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En recherche de sens ...

Les générations qui arrivent veulent trouver du sens à leur vie et lui en donner. Elles cherchent des convictions fortes, du sacré partageable ou de l’idéal universel vécus comme tels dans de grands rassemblements, de grandes occasions d’être ensemble, de fraterniser et de communier.

Elles sont en demande de tout ce qui ranime la flamme de l’espérance personnelle et de tout ce qui rassemble les peuples par-delà les frontières. Comment donc allons-nous aider toutes les jeunes consciences de notre temps à nourrir leur aspiration à plus de sens ? Qu’avons-nous à leur apporter ? Où sont aujourd’hui les éducations au questionnement sur le sens de la vie ?

Comment allons-nous faire pour qu’en la matière nos jeunesses ne soient pas tentées de revenir à des traditions religieuses de moins en moins adaptées au temps présent ? Comment allons-nous éviter durablement que certains se radicalisent en écoutant les sirènes de tel ou tel Jihad, prétendue « guerre sainte » ?

On aurait tort de penser, au sujet de ces jeunes « radicalisés », qu’ils sont des cas isolés. Ils sont très révélateurs de ce qui manque aujourd’hui cruellement à notre jeunesse : quelque chose de grand à quoi consacrer sa vie. Un ou des idéaux qui susciteraient des convictions fortes, un ou des grands récits qui réenchanteraient l’existence en ouvrant devant nous un horizon d’espérance, de sens profond, de fraternité ou de communion sans frontières.

                 Abdennour Bidar « Les Tisserands » (collection Les liens qui libèrent 2016)

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La fin de vie

Ce que l'on sait, ce que l'on peut faire, comment s'y préparer

« Se préparer à mourir est la meilleure façon d’apprendre à vivre »

 Par Gian Domenico Borasio et

L'angoisse de la mort, la peur de souffrir, celle de ne plus se sentir respecté comme individu et celle de la perte de contrôle sont parmi les plus grandes préoccupations des malades en fin de vie. C'est pourquoi, à travers cet ouvrage, les professeurs Borasio et Aubry nous aident à porter un regard lucide et serein sur la finitude de notre existence. Ils s'adressent aussi aux aidants, en leur donnant des conseils et des principes pour accompagner au mieux les personnes en fin de vie.

Les auteurs proposent un éclairage réaliste sur la prise en charge de la fin de vie en France. Critiques avec une médecine "techniciste" qui parfois s'acharne à allonger artificiellement la vie, refusant la banalisation de l'assistance au suicide, ils défendent la voie tracée par la médecine palliative, qui combine l'apaisement des souffrances physiques et l'accompagnement social et spirituel du mourant et de ses proches.

Ce livre est une invitation à réfléchir, dans le calme et sans tabou, à nos priorités, nos valeurs et nos espoirs. Au cours de notre existence, ces réflexions restent rares et nous nous y consacrons souvent tardivement. C'est notre liberté de prendre, ici et maintenant, le temps nécessaire à cette introspection.

« Beaucoup de similitudes rapprochent la naissance et la mort… Dans les deux cas, la nature a tout prévu : elle a pris des mesures pour que les processus physiologiques se déroulent le mieux possible ; elle fait d’autant mieux son travail que la médecine ne s’en mêle pas. Or, la réalité est tout autre. Dans les deux cas, la médecine moderne intervient toujours plus souvent, de façon toujours plus invasive et souvent inutile. » Autrement dit, laissez-nous mourir en paix !

Les auteurs affirment que 90 % de personnes en fin de vie pourraient sans problème être prises en charge par des médecins de famille, avec l’aide de soignants professionnels et de bénévoles formés. Au lieu de cela, en France, 13 000 personnes âgées décèdent par an aux urgences des hôpitaux. Or, tous ceux qui ont fréquenté les urgences lesavent, ce n’est pas un endroit pour mourir paisiblement.

"Un ouvrage que tout médecin, tout soignant, et probablement chacun d'entre nous, humains vivants, devrait lire." - Pr. Didier Sicard

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Mieux former à la laïcité

Depuis les attentats de janvier 2015, le trouillomètre s’est emballé. Les Français ont peur. On veut des boucs émissaires. Pour certains, ce sont les migrants. Un tsunami d’exilés nous menacerait-il ? La réalité est pourtant différente. Moins de 9 % de la population vivant en France est immigrée (Insee). Et pour 10 000 habitants, l’Allemagne d’Angela Merkel accueille 74 réfugiés, tandis que la France de François Hollande n’en accueille qu’1,51 (chiffres Le Monde). Pour d’autres lanceurs d’alerte, la cause de tous nos maux serait les musulmans. Ils font mine d’ignorer que l’immense majorité de nos concitoyens qui se réclament de l’islam boostent l’activité, la créativité, la mixité culturelle. Enfin, la religion est également au banc des accusés, surtout lorsqu’elle s’affiche. L’essayiste Jean-Paul Brighelli a publié à ce sujet un pamphlet rageur, Liberté, égalité, laïcité (2015). Il affirme : « La laïcité, c’est cela : le droit à toutes les croyances en tant qu’individu, l’obligation de n’en rien affecter ostensiblement en tant que citoyen. » (p. 21). Ah bon ? La religion, c’est juste pour la sphère privée ? Cette privation n’est pourtant pas constitutive du projet laïc. Selon la loi de la République, l’exercice du culte est public. Les acteurs religieux, comme les acteurs commerciaux, syndicaux, politiques, culturels, ont droit à l’expression publique, y compris pour débattre et convaincre, comme le rappelle l’Observatoire de la laïcité conduit par Jean-Louis Bianco. Mais la peur ambiante brouille les repères.

Le sondage BVA sur « Les Français et les religions » commandé par le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) livre un résultat qui étaye cette hypothèse d’une montée de l’intolérance contre la parole religieuse publique. Seuls 48 % des Français(e)s interrogé(es) estiment « normal que les chrétiens communiquent leurs idées », tandis que 38 % valident l’énoncé contraire : « La foi est une affaire privée, il n’est pas normal que les chrétiens souhaitent communiquer leurs idées et leurs croyances avec quiconque. » Cette intolérance illustre une confusion entre laïcisme séculariste, qui discrimine la différence religieuse, et la laïcité française qui reste d’abord une liberté, et non un bâillon. On parle d’enseigner le fait religieux à l’école… Il serait grand temps aussi de relancer l’éducation à la laïcité !

Sébastien Fath -  Extrait de Réforme 20 10 2016

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SOL-WEB-RDV_LAICITE_1024x482 v2_ARTICLE 4 (2)Je rêve d’une laïcité

Je rêve d’une laïcité où la fraternité ne soit pas seulement inscrite aux frontons de nos monuments mais mise en œuvre au quotidien sur tous nos territoires et dans toutes nos institutions. Une laïcité qui nous fasse accueillir l’autre, sans aucune condition, d’un sourire et d’une promesse de rencontre sans violence. Une laïcité où, dans chaque quartier, dans chaque village, chacune et chacun s’implique pour « faire ensemble société ». Une société où tous les adultes, quels qu’ils soient, se vivent comme responsables collectivement de l’éducation de tous les enfants et adolescents. Une société où le partage des savoirs et la transmission de la culture n’intimide plus personne. Une société où les connaissances de chacune et de chacun puissent être échangées avec toutes et tous, tout au long de la vie. Une société où notre École soit attentive, dans son organisation comme dans sa pédagogie, à tout ce qui unit les êtres, contre tout ce qui les divise, et à tout ce qui les libère, contre tout ce qui les assujettit. Une société où la solidarité soit le principe de tous nos systèmes sociaux et nos organisations politiques. Une société où chacune et chacun puisse découvrir que ce qui aide les plus faibles enrichit le monde et prépare un avenir meilleur pour tous.

Philippe Meirieu, pédagogue; Pour lire la suite :  Rendez-vous de la laïcité, cliquer

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Le célibat ecclésiastique

Après cinquante ans de vie dominicaine, il fait part de sa frustration ...

« Le célibat ecclésiastique ne profite (spirituellement, affectivement, intellectuellement, socialement) qu’à une infime minorité d’entre eux [les prêtres], et encore ai-je l’impression que ce n’est vrai que de manière exceptionnelle et provisoire, le temps d’une probation consentie, d’un retrait hors la grande ville, d’un effort spécial, d’une maladie ou d’une épreuve d’une autre sorte. Hormis ces cas, dont j’admets volontiers que toujours il y en aura, il me paraît de plus en plus absurde de croire que les Occidentaux mâles de notre temps, fussent-ils remplis de l’amour de Dieu et du prochain, soient en état de s’engager à vie dans une forme d’existence aussi peu naturelle et équilibrante que la continence, supposée perpétuelle, liée au célibat. Donc je suis partisan, non sans réflexion mais sans la moindre hésitation résiduelle, de la levée de l’obligation formelle, durable et généralisée, et par conséquent pour le retour, en ce domaine, au libre choix, quitte à diversifier les engagements et à inventer des vœux de célibat temporaire (un an, deux ans, trois, cinq, dix ans, chaque durée étant renouvelable) publiquement prononcés. »

Extrait p. 58 du livre "Pourquoi j’ai quitté l’Ordre… et comment il m’a quitté", 128 p., 15 €

François Boespflug

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POUR GARDER NOS VALEURS

En ce temps marqué par l’inquiétude et par la peur

N’oublions-pas d’aimer la vie

N’oublions pas l’essentiel

Pour résister aux différentes intimidations.

C’est la vraie réponse

Pour que chacun continue à vivre le quotidien

Dans un bonheur de vivre.

Cette résistance joyeuse

Permettra de tempérer les malheurs du monde

Pour les corriger, les adoucir, les affronter

D’ailleurs la plupart des gens

Ont tendance à réagir de cette façon

Tout en se rassemblant

Afin de dire la détermination

Pour garder nos valeurs

Ainsi nous sommes confortés

Et en lien les uns avec les autres.

Continuons donc à vivre simplement

Dans la liberté d’aller et venir

Pour garder la sérénité du temps présent

Et l’espérance dans l’avenir.

Privilégions « l’éthique de la joie » préconisée par Spinoza

Plutôt que des lamentations.

Il est donc urgent

Et plus que jamais d’aimer la vie

Pour construire un avenir.

Nous ne voulons pas vaincre la haine

Par davantage de haine

Vaincre la violence

Par davantage de violence

Notre réponse à ce monde de violence

S’appelle le lien fraternel, la solidarité…

Ne soyons pas paralysés

Mais continuons à rêver pour créer et pour vivre…

Gardons le désir de la rencontre, de l’amitié

Le goût de rêver ensemble, de cheminer ensemble…

Maurice ELAIN

 

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Un discours poignant

Manuella et Sylvain, membres d'Ecoute et Partage, participaient  à la cérémonie de remise de diplôme de leur fils au campus HEC. Ils ont été agréablement surpris par ce discours qui répondait à la question " Qu'est ce qui m'a le plus marqué pendant mes 4 ans d'étudiant à HEC ?" et ils nous l'ont transmis ;

Emmanuel Faber, patron de Danone, prône la justice sociale aux diplômés d'HEC.

Il a littéralement stupéfait l'assistance avec un discours émouvant dans lequel il raconte l'histoire de son petit frère schizophrène. Il a aussi donné des conseils précieux aux élèves fraîchement diplômés.

Pour découvrir ce discours engagé :

http://video.lefigaro.fr/figaro/video/le-patron-de-danone-prone-la-justice-sociale-dans-un-discours-poignant-aux-diplomes-d-hec/5008142139001/

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Sortir de nos plaintes

Dans mon jardin, les pivoines ont éclos. Merveille de la nature. Je m’arrête un instant pour les admirer avant de partir travailler. À Paris, le soleil est revenu, la Seine a commencé sa décrue, davantage de trains ont retrouvé le chemin des rails. La ville semble respirer à nouveau, en dépit des poubelles entassées (grève des éboueurs) et avant les pics de pollution. Cette fleur fragile  me pousse à la réflexion.

Pourquoi est-il si difficile de rendre grâce et si habituel de râler ? Individuellement, nous aimons nous plaindre, du temps, des retards, des voisins, des élus, du bruit. Collectivement, nous sommes devenus maîtres ès plaintes, reconnus dans le monde entier pour ce trait. Serait-il envisageable de renverser la vapeur et d’imaginer une journée, juste une, où la bienveillance, la reconnaissance, le verre à moitié plein seraient obligatoires ?

Ainsi les médias, au lieu de souligner le manque d’anticipation des services d’État, montreraient combien nous sommes privilégiés, en termes d’équipements, en regard des dégâts commis par les eaux au Pakistan ou au Bangladesh. Concernant les transports, nous nous réjouirions de ces milliers de trains et d’avions qui arrivent à l’heure. Nous aurions sous les yeux tous ces gestes formidables d’entraide, de solidarité, de bienveillance, comme ceux posés par le réseau Ésaïe à Grenoble (lire en p. 10).

Personnellement, j’irai même jusqu’à me féliciter du début de l’Euro, pour ces moments de liesse collective. Je pourrais même oublier « les montagnes de fric » et éviter de penser au terrorisme... Une journée, une seule journée, nous ne ferions que saluer le travail des infirmières et des chercheurs, la créativité de tant d’artistes, la profusion de livres disponibles dans les bibliothèques, la possibilité de faire du sport, l’accès à l’électricité et à l’eau, sans coupures. Cesser de se plaindre pour tout nous aiderait alors à mieux discerner quels sont les combats à mener. Ceux qui comptent vraiment.•

Nathalie Leenhardt; Editorial, Revue Réforme n°3661 du 9 juin 2016

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Etre père aujourd'hui;

(Avec l'émancipation des femmes, les nouveaux pères ont parfois du mal à comprendre et à tenir leur place dans la famille).

"Autrefois, l'autorité était prise en charge au niveau institutionnel, par la société. Aujourd'hui dans un monde complexe, sans cesse mouvant, être parent est beaucoup plus difficile. Les pères doivent réinventer leur place aux côtés des mères",  souligne Christine Castelain-Meunier, sociologue au CNRS. "Etre l'âme du foyer, ce n'est plus désormais l'apanage des femmes, et c'est tant mieux. Les nouveaux pères ont plus accès à leur subjectivité, ils sont moins contraints par les normes sociales et peuvent enfin mieux s'occuper de leurs enfants." 

De fait, toutes les études le confirment : les jeunes papas, s'ils ne participent guère plus aux tâches ménagères que leurs pères, partagent bien mieux qu'eux la fonction éducative. Et n'hésitent plus à pouponner leurs enfants, à laisser libre cours à leur fibre affective. Ils entendent être de "bons pères". Des pères présents. Quitte à donner moins de place que leurs ainés à la réussite professionnelle.

Au risque de devenir un "papa poule" qui ne sait plus marquer les limites quand il le faut ? A force d'accepter leur part de féminité, les nouveaux pères ne sauraient plus dire non, ils seraient démissionnaires. Et ils se laisseraient tyranniser par leur progéniture. C'est la thèse du psychanalyste Aldo Naouri.

Selon lui, les pères doivent, peu ou prou, reprendre le pouvoir aux mères et les parents, aujourd'hui déboussolés, jouer chacun leur rôle, sans confusion des sexes, pour l'équilibre de l'enfant. Moins catégorique, Marcel Rufo n'en considère pas moins que "les pères qui veulent jouer les mamans se trompent". Le médiatique pédopsychiatre de Marseille estime qu'un "bon père est un morceau de héros" auquel l'enfant a besoin de s'identifier et met en garde contre un dévoiement de la paternité. Pour sa part, le philosophe chrétien Matin Steffens en appelle à des "hommes consistants" en face des femmes émancipées. Des hommes qui ne soient pas "interdits de l'être", à la virilité retrouvée. Non pas celle, caricaturale, du machisme, mais cette étoffe intérieure qui fait "que les êtres avec lesquels nous nous lions sentent qu'ils peuvent compter sur nous". Coauteur avec Marcel Steffens du Nouvel âge des pères, Chantal Delsol considère que l'émancipation des femmes est une révolution sociale positive, déjà contenue à l'état de promesse dans le christianisme. Mais qu'elle a pour conséquence "la disparition des pères".

Disparus les papas, en mal d'autorité ? Ce n'est pas l'avis de Guy Corneau. Ce psychanalyste est de ceux qui battent en brèche la famille dite traditionnelle. "En réalité, la famille nucléaire, et sa stricte répartition des rôles, la maman au foyer, le papa au travail, est une construction tardive liée à l'émergence du capitalisme industriel au XVIIIe siècle", rappelle-t-il. Fondateur des groupes de paroles pour hommes, il se félicite que ces derniers soient désormais capables d'exprimer à eux-mêmes et aux autres leur ressenti profond, leurs peurs aussi bien.

Ce conférencier revendique "le droit des hommes à ne pas être des héros", dénonce la prégnance du modèle  du mâle guerrier, toujours prêt à en découdre, et met en garde la gent masculine : face à la montée en puissance des femmes, qui occupent de plus en plus, et avec talent, des postes et des responsabilités autrefois réservés aux hommes, ces derniers n'ont d'autres choix que d'occuper à leur tour les territoires traditionnels des femmes : la préservation et l'accueil de la vie, l'attention à l'autre, la gestion de la maison, l'espaces des émotions. Et bien sûr, le soin des enfants. Des territoires jusque-là socialement dévalorisés à tort. Et d'inviter les garçons à convertir leur puissance masculine via une plus grande maitrise de leurs impulsions, de leur sexualité en particulier, en une autre approche du pouvoir, conçu comme service des autres et non comme moyen de les asservir, un autre rapport à l'argent, etc. "Les anciens modèles du masculin sont caricaturaux et somme toute peu respectables. Plutôt que d'investir leur énergie dans des combats d'arrière-garde, les hommes seraient mieux inspirés de l'employer à dessiner de nouvelles visions de la société, à œuvrer par exemple pour une sortie de l'impasse écologique et sociale", plaide-t-il.

Des propos sur lesquels rebondit Christine Castelai-Meunier. A l'argument : les pères se féminisent trop face à des femmes guerrières, elle objecte qu'ils s'humanisent, tout simplement, au contact de leurs jeunes enfants avec qui ils partagent plus de temps. La confusion des rôles ? La sociologue préfère évoquer la mobilité des identités, une réorganisation du sens ou le respect du droit des femmes, trop longtemps infériorisées. Et, par conséquent, la transformation  des relations dans les couples parentaux, plus désireux et à même de communiquer. "Au final, la sortie des sstéréotypes est une libération pour chacun", argumente-t-elle. Non sans convenir que cette situation n'est pas toujours facile à vivre pour les pères, sommés de s'adapter et d'abdiquer leur ancien pouvoir. Quant aux femmes, elles "doivent apprendre à lâcher leurs prérogatives et admettre que les hommes font autrement dans la maison et avec les gosses, mais pas forcément plus mal".

Jean-Claude Noyé, Revue La Vie N° 3694 du 22 juin 2016

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Libéralisme économique et libéralisme des mœurs  2016 04

Michel Houellebecq pose un regard d’une lucidité décapante sur notre société en faisant le parallèle entre le libéralisme économique et le libéralisme dans le domaine des mœurs : dans les deux cas, les forts s’enrichissent et les faibles s’appauvrissent. « Dans un système économique où le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place. Dans un système sexuel où l’adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver un compagnon de lit. En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables ; d’autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante ; d’autres sont réduits à la masturbation et la solitude. Le libéralisme, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. »

La première qualité d’un modèle conjugal qui se construit sur la fidélité est qu’il apporte une sécurité affective en accordant le droit d’être faible et fragile. Un modèle qui ne repose que sur la séduction est un modèle réservé aux forts, aux forts de la beauté, du charme, de l’aisance et de l’intelligence… et tant pis pour les autres ! À l’inverse du modèle purement libéral, le couple fidèle est le refuge où l’on affronte les événements difficiles de l’existence : blessures, maladies, deuils, épreuves, accidents, chômage… qui sont autant de déchirures dans le temps d’une vie. Il est un lieu sécurisé où on a le droit d’être en souffrance sans être menacé, où l’on apprend à vivre sa fragilité.

Comment ne pas y voir une analogie avec l’Évangile qui accorde une place particulière aux petits, aux fragiles, aux malades et aux exclus ? Non que les autres sont moins importants mais ces autres – les grands, les forts – n’ont pas besoin de protections. Le commandement nous accorde l’immense privilège d’avoir le droit d’être fragiles.

Antoine Nouis, Réforme n°3652 du 7 avril 2016

 

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France et Allemagne, quelques précisions   (transmis par G.O.)

Puisque les politiciens Français prennent toujours l'Allemagne en  exemple et que nos hommes politiques nous parlent sans cesse du modèle allemand, voici QUELQUES PRÉCISIONS :

 

en bleu, les résultats pour la France

en vert, les résultats pour l’Allemagne

 

Gouvernement :

Président de la République

1 Premier Ministre

25 Ministres

9 Secrétaires d'état

TOTAL : 36

 

1 Chancelier(e)

+ 8 ministres

TOTAL : 9

 

Coût d’un ministre

17 millions d'Euros par an

3 millions d'Euros par an

 

Le soir après le" boulot"

A Paris, le 1er Ministre se détend dans son logis de fonction(310m²) à Matignon tandis que ses collègues regagnent en limousines les hôtels particuliers que la République met généreusement à leur disposition

 

Angela MERCKEL rentre dans son appartement, dont elle paie le loyer,

les factures d'eau et d'électricité. Comme chacun de ses 8 ministres

 

Personnel

906 personnes travaillent à la Présidence de la République

A peu près 300 personnes en Allemagne

Parc auto

Élysée : 121 véhicules 

Chancellerie : 37 véhicules

 

Déplacements

1 «AirbusA330-200

2 « Falcon7X

2 « Falcon900

2 « Falcon 50

et 3 Hélicoptères Super Puma

 

Systématiquement en train ou sur des lignes aériennes régulières

 

Indemnité

Président de la République : 21 026 EUR NET 

Angela MERKEL : 15 830 EUR Brut (Salaire soumis à l'impôt)

 

Budget

L ’Élysée culmine à 113 000 000 EUR

Chancellerie : 36 400 000 EUR

 

On commence...... quand... Messieurs les hommes politiques ?

Moi je suis pour qu'on copie les idées, surtout si elles sont bonnes.... (pour notre économie)

 

... au lieu de taxer les retraités ayant travaillé plus de 37 à 40 h heure et plus par semaine et cotisé plus de 40 ans !

 

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Vers la semaine continue ?

 

Le dimanche comme jour de repos pour tous est de plus en plus contesté. Au-delà d’un certain nombre de services publics qui doivent fonctionner sans interruption, ce furent d’abord certaines usines qui avaient besoin de tourner en permanence, car il y a des machines qu’on ne peut arrêter. Puis l’industrie du tourisme travaille le dimanche, car, quand on est en vacances, il faut consommer sept jours sur sept. Maintenant, ce sont les magasins qui sont de plus en plus ouverts afin de pouvoir dépenser le week-end l’argent qu’on a gagné pendant la semaine. Dans cette remise en question du dimanche, qu’est-ce qu’on gagne et qu’est-ce qu’on perd ?

On gagne de l’argent, de la productivité, une meilleure adaptation à la demande : la société marchande est contente. On perd de la relation, le fait de pouvoir passer une journée en famille ou avec des amis, aller à l’église, faire un sport collectif.

L’argent ou la relation : la société a choisi… est-ce aussi notre choix ?

 

Antoine NOUIS (Réforme n°3646)

 

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Syndrome d'épuisement professionnel

Le burn-out est une façon de griller son équilibre au travail. Maladie des temps modernes, il est le symptôme d’un mauvais rapport au labeur.

L’homme raconte d’une voix blanche : « Ce jour-là, j’ai garé ma voiture, attrapé ma sacoche, et suis sorti en direction de l’école où je devais récupérer mes enfants. De tout ça je me rappelle. Ensuite… je n’ai plus de souvenir. Je me suis réveillé à l’hôpital. On m’avait ramassé sur le trottoir, effondré, inconscient. Je revenais avec mes enfants vers la voiture, j’avais traversé l’avenue avec eux et ne m’en rappelle pas. Étais-je encore conscient de ce que je faisais ? Je n’en sais rien, mais d’y repenser m’effraie : je n’étais pas en mesure de m’occuper d’eux, de veiller sur eux. Il aurait pu arriver n’importe quoi… »
Diagnostic médical ? Burn-out.

Le rapport au travail est devenu tel que de plus en plus de personnes grillent leur équilibre jusqu’à être hors d’état d’agir, ce qui est la traduction du terme burn-out. Dans toutes les professions, le phénomène se répand à grande échelle.
Le burn-out est un message du corps. Le corps signifie qu’il jette l’éponge, dernière possibilité qui s’offre à lui pour protéger la vie qu’il porte et qui le porte. Tout se passe comme s’il n’avait pas pu se faire entendre en amont à travers tous les signes qui pourtant ne manquent jamais, avertissant du danger. Ces signes, on les connaît : dérégulation progressive du sommeil, du rapport à la nourriture (et à la boisson !), de l’humeur ; douleurs articulaires diverses ; métabolisme en souffrance ; mal-être diffus où l’on s’éprouve toujours un peu trop débordé, un peu trop dépassé, un peu trop préoccupé, etc.

Intelligence du corps

Le corps humain est d’une intelligence fine. À qui sait en déchiffrer les signaux, il est de manière habituelle, hors pathologie avérée, d’un grand secours pour savoir où l’on en est intérieurement, et repérer si l’allure qu’a prise notre quotidien respecte notre personne. Fait partie de la sagesse que d’en tenir compte avec discernement.

Il ne s’agit pas de devenir obsédé par son nombril et verser dans l’hypocondrie, attitude à l’exact opposé de celle qui néglige, non sans orgueil, tout respect dû à son équilibre physique et mental ! Il suffit juste d’intégrer cette réalité-là dans l’écoute globale de ce qui fait notre réalité. Et de refuser de se mentir en jouant la méthode Coué, la tête dans le sable, ou la croyance irrationnelle en une hypothétique invulnérabilité dont le destin nous aurait exceptionnellement gratifiés.
Certes, il arrive qu’on soit obligé de se défoncer, d’aller au bout de ses limites, pour faire face à un moment d’une densité de travail particulière. Mais en aucun cas ce peut être la manière habituelle de vivre son engagement professionnel. S’il l’on respecte le sens humain du travail, ce devrait rester l’exception.

Il est vrai par ailleurs qu’on peut vivre un engagement extrême, que l’on sait flirter dangereusement avec notre santé physique et mentale, mais que, par choix, on assume en connaissance de cause, au nom de valeurs que l’on estime supérieures à celle de sa santé. On trouve par là le sens du sacrifice, dont la possibilité demeure l’un des traits spécifiques de l’humain. Mais, cohérence éthique oblige, on en intègre alors les conséquences pour soi-même et pour son entourage : le choix de se sacrifier implique liberté et sens de la responsabilité. Du reste, cela ne se traduit pas nécessairement par un burn-out, lequel reste le signe d’un excès, d’une possible présomption, qui ne peut qu’interroger en retour les motivations réelles d’un tel engagement.

Dans le cas des méthodes de management conjuguant manipulation, cynisme et pression excessive, les victimes, souvent liées par la nécessité de gagner leur vie dans le contexte de chômage qu’on connaît, peinent à trouver d’autres alternatives à celles de subir ou de partir. Et subir sans le choisir est contraire à la liberté, donc à la dignité humaine. C’est ainsi qu’on en revient à la situation absurde où travailler devient inhumain, à l’instar de ces époques où c’était physiquement que l’on brisait les travailleurs par la dureté des conditions de travail. Aujourd’hui, c’est nerveusement.

Qu’on cesse d’invoquer la fragilité des personnes ! La fragilité, alliée de sa puissance vitale, fait partie de l’humain. Elle n’est donc pas en soi une tare. Un manageur, s’il est compétent, sait l’intégrer.

Marie-Christine Bernard

enseignante à la faculté de théologie d’Angers, coach de dirigeants, conférencière, auteure.

Journal « Réforme » du 12 novembre 2015

 

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Texte écrit par un jésuite né au Caire et qui connaît très bien le monde musulman. Il vient chaque année au Québec donner des conférences ...

L’HEURE DE VERITE

Au lendemain des attentats de Paris du 13 novembre 2015

Lettre sereine aux musulmans ouverts, modérés et libéraux

 

J’imagine votre embarras et votre confusion face à cette horreur, que vous condamnez sans doute du plus profond de vous-mêmes. Vous sentez bien cependant que c’est l’islam lui-même qui est incriminé, car c’est bien aux cris d’ « Allahou akbar » que s’est perpétuée cette tragique agression.
N’essayez surtout pas d’exonérer l’islam de ce qui s’est passé. Ne continuez pas à répéter ce refrain bien connu, suite à toutes les horreurs commises par les islamistes dans le monde : « Tout ça n’a rien à voir avec l’islam ». Ne criez surtout pas à l’« amalgame », manière élégante de dédouaner l’islam des violences récurrentes perpétrées en son nom.
C’est incongru d’affirmer que tout ce qui se passe comme atrocités au nom de l’islam n’a rien à voir avec l’islam. Un certain occident « libéral » et une certaine Eglise catholique, tous deux partisans de l’ouverture et du dialogue, ne cessent de ressasser de tels slogans, sans chercher à aborder les vrais problèmes, dans un dialogue franc et ouvert.
L’« heure de vérité » a sonné, et il est grand temps de reconnaître que l’islam a un problème. Un problème qu’il doit avoir le courage de regarder en face et de tenter de résoudre en toute objectivité et lucidité. Ce n’est pas en enfouissant sa tête dans le sable qu’on peut espérer trouvera une solution.
 

Je ne doute nullement de la sincérité et la bonne volonté des musulmans ouverts et modérés. Mais là n’est pas la question. On peut être pleinement sincère tout en étant dans l’erreur.
Il est trop facile pour les musulmans d’incriminer l’occident « corrompu » et « impérialiste » comme étant la source de tous leurs maux. Il est trop facile d’accuser ceux qui instrumentalisent l’islam pour leurs propres intérêts. C’est dans l’islam même que gît le problème. Les musulmans ont toujours eu tendance à chercher des boucs émissaires partout, sauf en eux-mêmes. Il est grand temps qu’ils se posent certaines questions cruciales et se rendent compte que « le ver est dans le fruit. » S’ils condamnent et rejettent ce radicalisme barbare qui les embarrasse, qu’ils fassent un petit effort pour en chercher la cause.
Ils découvriront alors que la cause se trouve dans les textes fondateurs de leur religion – Coran, Sunna, Hadiths – qui regorgent d’appels à l’intolérance, au meurtre et à la violence. Ces textes sont encore enseignés aujourd’hui à l’Azhar, la plus haute instance de l’islam sunnite, chargé de la formation des prédicateurs et ulémas à travers le monde. Cette doctrine atteint le petit peuple à travers les prêches du vendredi – souvent incendiaires – et rejoint les élèves via les manuels scolaires.
 

Vers le dixième siècle, l’islam a eu le choix entre la voie mystique, modérée et ouverte, celle de La Mecque, et la voie violente, radicale et conquérante, celle de Médine. Il a malheureusement opté pour la seconde, en privilégiant les versets médinois aux mekkois, dans la fameuse doctrine de « l’abrogeant et de l’abrogé » (An nâsékh wal mansoukh).
Pour éviter alors que quiconque ne revienne sur cette décision, les ulémas de l’époque ont décrété que « la porte de l’ijtihad » était désormais close. Ce qui signifie que tout effort de réflexion critique susceptible de remettre en question une telle décision était pour toujours interdit.
Les nombreuses tentatives de réforme de l’islam, tout au long de son histoire, se sont heurtées à ce décret considéré comme immuable et irréversible. Le grand cheikh soudanais, Mahmoud Taha, pour avoir proposé d’inverser la doctrine de l’abrogeant et de l’abrogé, en privilégiant les versets mekkois aux médinois, a été pendu sur la grande place de Khartoum, le 18 janvier 1985.
L’islam est dans la souricière, une souricière dans laquelle il s’est lui-même mis. Une souricière dont il ne parvient pas à sortir. Tel est le drame qui met les musulmans dans une angoissante situation.
« Les nouveaux penseurs de l’islam » - comme on les appelle aujourd’hui - rêvent d’une réforme et d’un islam compatible avec la modernité. Les émouvantes tentatives d’un homme aussi brillant que Abdennour Bidar n’en sont qu’un exemple. Malheureusement, la pensée de ces hommes courageux ne fait pas le poids face à l’islam rigoureux et borné qui domine depuis quatorze siècles.
J’imagine à quel point cela doit être douloureux pour ces penseurs, qui aimeraient tant trouver une issue à l’impasse dans laquelle ils se trouvent.
 

L’Eglise est passée par la même crise. Mais elle est parvenue à la dépasser grâce au Concile Vatican II. Il est grand temps que l’islam en fasse autant et procède au même aggiornamento. Vœu pieux ? utopie, wishful thinking ?... L’islam peut-il se réformer sans se dénaturer ?
Je ne le pense pas. Mais c’est aux musulmans eux-mêmes de répondre.
 

Henri Boulad, sj
Le Caire, 14 novembre 2015 

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Vendredi noir : Paroles de Dieu ou paroles d’hommes sur Dieu ?

 

En ce vendredi 13 novembre 2015…, vendredi noir pour l’humanité, la barbarie a encore frappé l’Europe en plein cœur de Paris !

Après la stupeur, c’est l’incompréhension, mais surtout la colère qui m’envahit.

En effet, nos démocraties, pratiquant généreusement la tolérance et l’ouverture aux autres cultures, n’ont pu empêcher le développement et l’infiltration masquée du cheval de Troie de l’intégrisme islamiste le plus radical, une idéologie porteuse de mort totalement incompatible avec toute notion de liberté et de démocratie.

Je suis en colère parce que ces tragiques attentats montrent, une fois de plus, à quelles horreurs peut mener l’instrumentalisation de "Paroles de Dieu" prétendument dictées par Dieu lui-même, que les autorités religieuses ont figées, sacralisées et mises en conserve dans leurs livres déclarés saints et donc intouchables.

 

Jean Kamp* nous montre l’ambiguïté de ces révélations divines  souvent très divergentes et les conflits qu’elles ont engendrés entre les trois monothéismes.

Quand donc les responsables de ces religions remettront-ils en question leur conception théiste d’un dieu extérieur à l’homme et la manière dont celui-ci lui dicte ses volontés ?

Il ne peut y avoir de paroles de Dieu, il n’y a que des paroles d’hommes sur Dieu.

Et il n’y a pas de parole sans hommes !

Parole et humanité, au fond, n’est-ce pas la même chose ?

 

Il est intéressant de constater avec Alain Dupuis*, comment, dans l’évolution des hominidés, le passage à l’humanité coïncide avec la lente apparition du langage articulé. Celui-ci permettra à l’homme de nommer ce qui l’entoure, de verbaliser sa pensée, de s’interroger et d’apporter des réponses à ses questions.

La parole, qui lui donne accès à la conscience de soi et de l’autre, est donc bien le propre de l’homme. Et c’est parce qu’il ne sait pas qui il est, qu’il pose la question de Dieu.

C’est de cette interrogation sur le sens de la vie et des réponses qu’elle peut apporter que témoigne, depuis des siècles, toute la littérature mondiale : que ce soit celle des philosophes, des théologiens, des prophètes, des mystiques, mais aussi des politiques, des essayistes, des romanciers et, très modestement, de LPC. L’humanité n’arrête pas de se dire !

N’avons-nous pas à écouter cette parole qui se dit partout et toujours en ce monde ?

Et si Dieu n’arrêtait pas de parler à travers le grand murmure de nos paroles humaines ?

A chacun, d’y discerner des paroles positives qui pourraient devenir vraiment "vivantes" pour lui si, comme celles de Jésus, elles sont porteuses de vie, d’amour, de liberté, de justice et de fraternité.

 

Herman Van den Meersschaut

* Revue n°32/2015  Libre Pensée chrétienne : http//librepenseechretienne.over-blog.com/

 

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"Face à la barbarie, le mystère du Bien"

Le mal n’est pas un problème à résoudre, mais un mystère à endurer.

                       L’amour est-il une solution efficace face aux barbares ?
L’amour n’est pas une solution, car la barbarie, ou le Mal, n’est pas un problème à résoudre, mais un mystère à endurer. Et nous l’endurons à la faveur d’un autre mystère, plus ample et plus profond : le mystère du Bien, le mystère, discret, mais efficace, de cet amour qui quotidiennement, gratuitement, se donne et se reçoit.

Extrait du livre : Rien que l’amour, Repères pour le martyre qui vient

Martin Steffens, Salvator, 94 p., 10 €.

Dieu est dans l’égout
Sans Édith Stein, sans Maximilien Kolbe, sans Dietrich Bonhoeffer, sans Etty Hillesum, sans tous ces êtres morts sans témoins, la victoire des Alliés n’aurait été rien d’autre que la victoire de la Force sur la Force (le colosse américain, le colosse communiste contre le colosse de l’Axe). Preuve en est : les communistes libérateurs tueront dix fois plus que le nazisme. L’empire américain […] aura été, somme toute, un empire. Par ces deux colosses, le mal nazi a été défait. Mais alors, qu’est-ce qui autorise qu’on parle ici de victoire ? Une chose est requise ; que ce soit la main de Dieu qui ait écrit cette histoire.
Or Dieu écrit l’Histoire par le bas de façon mystique. C’est Édith, Etty, Dietrich, Maximilien, ce sont ceux qui n’ont pas su ce qu’ils faisaient de grand, ce sont eux qui nous permettent d’appeler « victoire » la défaite du nazisme, eux, qui ont sauvé le monde européen d’un définitif affaissement. Les gazés, les pendus, les réduits en cendre et en poussière, mais dont les cendres sont d’encens et la poussière encore une prière. On regarde les étoiles : on trouve des héros, et cela compte. Mais Dieu est dans l’égout. L’icône de ces saints est aujourd’hui priée quand les statues des héros prennent la fiente.
(p. 75).

www.reforme.net  n°3633

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L'argent est-il sale ? Détruire le veau d’or !

... Il m’a été donné, à l’invitation de Acteurs d’Economie, de participer avec Jean Peyrelevade, banquier, Roger-Paul Droit, philosophe, à une table ronde sur le thème l’argent est-il sale.

L’argent sale, n’est-il pas celui de la fraude fiscale, des économies parallèles qui entretiennent et développent les addictions jusqu’à détruire ceux qui s’y adonnent.

Jean Peyrelevade, agnostique, citait le Livre de l’humanité rappelant l’obligation de ne point voler, une sale façon de s’enrichir rapidement. Le vol peut être très sophistiqué tant sont nombreuses les façons de détourner de l’argent prenant la route de ces espaces, dénommés les paradis fiscaux.

Il est aussi un argent futile qui s’éloigne de l’argent fertile si nécessaire pour bâtir, innover, instruire, construire l’avenir.

Ce qui est sale ce n’est pas l’argent, mais ceux qui l’instrumentalisent dans des directions dommageables, l’éloignant du bien commun.

L’argent est un marqueur social. Ne marque-t-il pas salement des quartiers – qu’on nomme avec beaucoup de pudeur, sensibles – De quelle sensibilité parle-t-on, si ce n’est de la violence que la ghettoïsation fomente pour enfermer l’avenir de ceux qui habitent ces lieux du ban.

Roger-Paul Droit appelait l’attention sur la démesure de l’argent qui enfle à un tel niveau qu’elle crée une accumulation des richesses se concentrant dans les même mains, alors que derrière le miroir, il y a l’accumulation des dettes si considérables qu’elles ne seront jamais remboursées.

L’argent est en conflit avec l’éthique quand il ne la met pas chaos, là où l’insatiabilité de l’avoir cause le naufrage des devoirs moraux.

L’argent n’est qu’un moyen mais encore faut-il veiller à ce qu’il ne nous gouverne pas. L’argent est un mauvais maître mais un bon serviteur, nous rappelle Matthieu, l’évangéliste, qui n’en a pas manqué.

Quand les 500 premières sociétés américaines, cotées en bourse versent en 2014 à leurs actionnaires 95% de leur résultat ou rachètent leurs actions ‑ ce qui réduit le capital ‑ ne peut-on pas s’interroger sur le manque d’imagination pour investir en vue de nouvelles richesses.

Les 1000 milliards distribués répartissaient les résultats d’hier, mais quelle attention aux dividendes de demain. Un sale temps pour l’avenir.

Ce constat fait apparaître une fracture entre la société et l’entreprise.

Les dividendes distribués répondent à la définition de la Société : se réunir en vue de partager les bénéfices, observant alors le vide juridique de l’entreprise alors qu’elle a des responsabilités infiniment plus importantes, plus longues que celles de la société.

L’argent n’a pas d’odeur. Il brille et parfois coule à flot jusqu’au bling-bling de la vulgarité mais l’argent peut aussi donner couleur à ces causes qui n’ont pas d’autres objectifs que le respect et la dignité de la personne.

La question pour tous, et pour tous les temps, est de se battre contre la fascination du ‘veau d’or’. Faute de le détruire, il nous détruit.

Bernard Devert
Octobre 2015

 

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On ne peut plus supporter ce système ...

"(...) On ne peut plus supporter ce système, les paysans ne le supportent pas, les travailleurs ne le supportent pas, les communautés ne le supportent pas, les peuples ne le supportent pas (...) Et la Terre non plus ne le supporte pas, la sœur Mère Terre comme disait saint François (...) l’interdépendance planétaire requiert des réponses globales aux problèmes locaux ...

(...) On est en train de châtier la terre, les peuples et les personnes de façon presque sauvage. Et derrière tant de douleur, tant de mort et de destruction, se sent l’odeur de ce que Basile de Césarée appelait «le fumier du diable» ; l’ambition sans retenue de l’argent qui commande. Le service du bien commun est relégué à l’arrière-plan. Quand le capital est érigé en idole et commande toutes les options des êtres humains, quand l’avidité pour l’argent oriente tout le système socio-économique, cela ruine la société, condamne l’homme, le transforme en esclave, détruit la fraternité entre les hommes, oppose les peuples les uns aux autres, et comme nous le voyons, met même en danger notre maison commune.

(...) J’ose vous dire que l’avenir de l’humanité est, dans une grande mesure, dans vos mains, dans votre capacité de vous organiser et de promouvoir des alternatives créatives, dans la recherche quotidienne des 3T (travail, toit, terre) et aussi, dans votre participation en tant que protagonistes aux grands processus de changement, nationaux, régionaux et mondiaux. Ne vous sous-estimez pas. Il est indispensable que, avec la revendication de leurs droits légitimes, les peuples et leurs organisations sociales construisent une alternative humaine à la globalisation qui exclut. Vous êtes des semeurs de changement.

(...) La première tâche est de mettre l’économie au service des peuples : les êtres humains et la nature ne doivent pas être au service de l’argent. Disons NON à une économie d’exclusion et d’injustice où l’argent règne au lieu de servir. Cette économie tue. Cette économie exclut. Cette économie détruit la Mère Terre.

(...) La juste distribution des fruits de la terre et du travail humain n’est pas de la pure philanthropie. C’est un devoir moral. Pour les chrétiens, la charge est encore plus lourde : c’est un commandement. Il s’agit de rendre aux pauvres et aux peuples ce qui leur appartient. La destination universelle des biens n’est pas une figure de style de la doctrine sociale de l'Église. C’est une réalité antérieure à la propriété privée. La propriété, surtout quand elle affecte les ressources naturelles, doit toujours être en fonction des nécessités des peuples. Et ces nécessités ne se limitent pas à la consommation.

(...) La deuxième tâche est d’unir nos peuples sur le chemin de la paix et de la justice. Les peuples du monde veulent être artisans de leur propre destin. Ils veulent conduire dans la paix leur marche vers la justice. Ils ne veulent pas de tutelles ni d’ingérence où le plus fort subordonne le plus faible. Ils veulent que leur culture, leur langue, leurs processus sociaux et leurs traditions religieuses soient respectés. Aucun pouvoir de fait ou constitué n'a le droit de priver les pays pauvres du plein exercice de leur souveraineté et, quand on le fait, nous voyons de nouvelles formes de colonialisme qui affectent sérieusement les possibilités de paix et de justice parce que «La paix se fonde non seulement sur le respect des droits de l’homme, mais aussi sur les droits des peuples particulièrement le droit à l'indépendance»

(...) Le nouveau colonialisme adopte des visages différents. Parfois, c’est le pouvoir anonyme de l’idole argent : des corporations, des prêteurs sur gages, quelques traités dénommés «de libre commerce» et l'imposition de mesures d’«austérité» qui serrant toujours la ceinture des travailleurs et des pauvres. «Les institutions financières et les entreprises transnationales se fortifient au point de subordonner les économies locales, surtout, en affaiblissant les États, qui apparaissent de plus en plus incapables de conduire des projets de développement au service de leurs populations».

(...) De la même façon, la concentration sous forme de monopoles des moyens de communication sociale qui essaie d’imposer des directives aliénantes de consommation et une certaine uniformité culturelle est l’une des autres formes que le nouveau colonialisme adopte. C’est le colonialisme idéologique.

(...) Le colonialisme, nouveau et ancien, qui réduit les pays pauvres en de simples fournisseurs de matière première et de travail bon marché, engendre violence, misère, migrations forcées et tous les malheurs qui vont de pair (...) précisément parce que, en ordonnant la périphérie en fonction du centre, le colonialisme refuse à ces pays le droit à un développement intégral. C’est de l’injustice et l’injustice génère la violence qu’aucun recours policier, militaire ni aucun service d’intelligence ne peuvent arrêter. Disons NON aux vieilles et nouvelles formes de colonialisme. Disons OUI à la rencontre entre les peuples et les cultures. Bienheureux les artisans de paix.

(...) La troisième tâche, peut-être la plus importante que nous devons assumer aujourd’hui est de défendre la Mère Terre. La maison commune de nous tous est pillée, dévastée, bafouée impunément.

(...) Pour finir, je voudrais vous dire de nouveau : l’avenir de l’humanité n’est pas uniquement entre les mains des grands dirigeants, des grandes puissances et des élites. Il est fondamentalement dans les mains des peuples ; dans leur capacité à s’organiser et aussi dans vos mains qui arrosent avec humilité et conviction ce processus de changement. Je vous accompagne. Disons ensemble de tout cœur : aucune famille sans logement, aucun paysan sans terre, aucun travailleur sans droits, aucun peuple sans souveraineté, aucune personne sans dignité, aucun enfant sans enfance, aucun jeune sans des possibilités, aucun vieillard sans une vieillesse vénérable. Continuez votre lutte et, s'il vous plaît, prenez grand soin de la Mère la Terre."

Pape François, en Bolivie (juillet 2015)

 

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Un père écrit à son fils, il y a tout juste 100 ans

Joseph thomas était agriculteur et habitait Saint-George-d'Espéranche. Cette lettre était destinée à son fils âgé de quinze mois. Joseph n'avait plus que huit mois à vivre puisqu'il fut tué le 30 mars 1916 à Verdun.

5 août 1915

A mon petit Armand

Tu es encore bien jeune et ne peux comprendre ce qui se passe en ce moment : la guerre, ses horreurs, ses souffrances. Cette carte sera un souvenir de ton père, et il souhaite qu'à l'avenir les hommes soient meilleurs, et que semblable chose ne puisse plus arriver. Que jamais tu n'aies besoin, et sois forcé, de mener la vie que je subis en ce moment en compagnie de beaucoup de papas qui ont laissé, comme moi, de petits anges chez eux.

Pour t'élever, tu te trouves d'être bien pénible, mais tu te rattraperas de cela en étant dans quelques années un petit garçon bien gentil et obéissant. Le moment venu, je serai sûrement auprès de toi pour te diriger, mais si mon espoir était déçu, en mémoire de ce père que tu n'auras pas connu, redouble de gentillesse pour ta mère et pour ceux qui t'élèveront. Devenu un homme, sois du nombre de ceux qu'on appelle les honnêtes gens. Sois bon pour ton prochain, ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu'il te fût fait. Vénère ta mère; sois pour elle un soutien véritable.

Rappelle-toi aussi que le vrai bonheur ne se trouve pas dans la richesse et les honneurs, mais dans le devoir vaillamment accompli, ainsi que les bonnes actions.

Si le destin te donne des épreuves à subir, sois courageux et tu les surmonteras, mais si par malheur tu te laisses entrainer par le vice, les passions, relis vite mes conseils, ne te laisse pas aller à la dérive. Il n'y a que le premier pas qui coûte; une fois entrainé par le courant, on roule de chute en chute, et il arrive qu'on ne peut plus se relever. C'est trop tard. Alors, arrivé à ce point, la vie est finie. Gâchée par sa faute. Et on n'est plus bon qu'à être la risée, ou montré du doigt par tout le monde, suivant le penchant qui a perdu l'homme.

J'espère ne pas avoir à rougir de toi car je sens que tu suivras le chemin de l'honneur.

En attendant de pouvoir te choyer et caresser, je te fais, mon petit fanfan, de grosses bises.

 

Joseph THOMAS.

 

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Être musulman-français aujourd’hui : Islam de France ?

Voici un témoignage que Michel Benoît a reçu dans son blog et sa réponse à la suite :       

 

Bonjour Mr Michel Benoît

J’ai 24 ans, je m’appelle A., je suis français né à Paris de parents musulmans. Mon père est Berbère Marocain

J’ai grandi à Paris. Le Maroc, ce sont mes racines mais je me sens français. J’y passe mes vacances quelques semaines par an, comme j’irais au soleil de Thaïlande ou de Rio. J’aime la cuisine locale et les sucreries, mais je me fous royalement de la religion : je suis un athée qui ne croit ni en Jésus, Abraham ou Mohammed, ni au peuple élu et en la terre promise d’Israël. 

Je suis un athée, donc pas musulman !

Pourtant j’ai reçu une éducation islamique, appris le Coran, fréquenté des salafistes, j’ai été à la Mecque. Le premier grand traumatisme fut ma circoncision forcée à l’âge de 5 ans. Enfant, avec mes copains et copines on ne voulait pas aller à la mosquée mais sortir, faire du shopping : nos parents nous obligeaient à y aller. On priait ou on faisait le ramadan uniquement pour leur faire plaisir. Je n’ai pas choisi l’islam, j’étais donc musulman par une sorte d’héritage, de filiation. C’est une de ces obligations bizarres qu’il a inventé pour mieux contrôler ses adeptes.

L’abatage rituel pour l’Aïd fut un second traumatisme, qui a fait de moi un végétarien. 

J’ai été élevé dans un catéchisme : Dieu est parfait, le Prophète est parfait, nous sommes la meilleure communauté, nous irons au Paradis, les autres sont dans l’erreur.

Je vis dans le mensonge et ne sais ce que ma famille va penser, surtout mes parents qui prient tous les jours. Ils croient que je suis encore musulman. Que faire ? Ils m’aiment, ils veulent mon bien, je n’ai pas envie de leur faire du mal. Comme vous le savez, l’apostasie est taboue dans les pays dits « musulmans ». Dans nos familles beaucoup se disent « musulmans » mais ils ne le sont que par le nom, en réalité ils ne croient pas.

J’ai beaucoup d’amis athées, chrétiens, Juifs qui ont osé le dire à leurs parents, mais moi pas. J’ai peur des représailles, ou de choquer ma famille, ou de me sentir ostracisé. Je respecte les croyances et religions des gens, jamais je n’irai profaner un lieu de culte comme les Femen ! 

Français-humaniste ? Français-Juif ? Français-musulman ? Apostat, hérétique ? ‘’Arabe’’ alors que je ne parle pas cette langue ? Je ne sais pas où me situer. Je voudrais dire, comme Socrate : « Je ne suis ni Athénien, ni Grec, mais un citoyen du monde. »

Je suis quoi, au final ?

Je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait ici.  Intégration, à qui, à quoi ? Assimilation ? Je ne comprends plus rien ! Français pour certains, immigré pour d’autres. Je suis en train de lire Les Penseurs libres dans l’Islam classique : je remets tout en cause ! L’islam m’apparaît comme une terreur mentale basée sur la peur d’Allah et des mythes prophétiques. Je prédis la fin de cette religion dans 30 ans, la jeunesse égyptienne et saoudienne la quitte déjà et remet en cause le caractère sacré du Coran.

Voici la réponse de Michel Benoit, « sur la pointe des pieds » :

 

Ami,

 

Votre témoignage me touche parce que j’ai vécu la même chose que vous. Dans Prisonnier de Dieu, je raconte comment j’ai été ‘’racolé’’ dans une communauté catholique, et comment j’en ai été sorti parce que je ne pensais pas comme il faut. Il m’a fallu ensuite vingt ans pour découvrir que les religions, toutes les religions, se servent de ‘’Dieu’’ pour prendre le pouvoir. Que ‘’Dieu’’ n’a rien à voir avec ce qu’en ont fait les théologiens de Jérusalem, de Rome ou de La Mecque.

 

Nous sommes une génération sacrifiée – celle qui est née dans une tradition, et découvre l’imposture de cette tradition. Alors, j’ai travaillé les textes, publié quelques livres. J’ai découvert la réalité qui se cache derrière le mot ‘’Dieu’’, et ma vie a enfin pris tout son sens.

 

Vous êtes Berbère. Pendant 600 ans, vos ancêtres ont été paisiblement chrétiens puis ils ont été convertis de force par les conquérants Arabes. Jamais les Berbères n’ont accepté l’impérialisme idéologique arabe, vos frères Kabyles se sont révoltés contre les dirigeants Arabes d’Alger.

 

Berbère, vous êtes né dans un pays qui lutte depuis deux cents ans pour ce qu’il appelle la laïcité. Pour vous c’est une chance d’être né là, le combat de la France est le vôtre. Vous entendez nos politiciens parler d’un « islam de France » : ça prouve qu’ils ne comprennent rien ni à l’islam, ni surtout au Coran. Il m’a fallu dix ans pour écrire Naissance du Coran. Pour comprendre comment, et pourquoi l’islam coranique ne peut être qu’universaliste et dominateur.

 

Autrefois, les français ont tenté de faire un ‘’catholicisme de France’’, ça s’appelait le Gallicanisme et ça n’a pas pris. Il n’y a pas plus d’islam de France que de catholicisme de France. Il y a deux religions qui possèdent – et elles seules – toute la vérité, qui l’ont imposée aux Berbères d’un côté comme aux indiens d’Amérique de l’autre. Deux superpuissances idéologiques qui se battent depuis 13 siècles pour prendre ou conserver le pouvoir mondial.

 

Encore une fois, ‘’Dieu’’ n’a rien à voir avec tout ça.

 

Nous sommes une génération sacrifiée, parce qu’elle est à la charnière de deux mondes : celui des mythes dominateurs, et celui d’une expérience intime, secrète, qui s’accorde avec la raison.

 

Une génération naufragée, parce que les navires idéologiques sur lesquels voguaient depuis toujours nos ancêtres ont sombré. Nous flottons sur un océan couvert des débris de ces grandes civilisations qui furent celles de nos Pères.

 

Une génération de combattants : peut-on rêver qu’un jour proche ces anciens chrétiens, anciens Juifs, anciens musulmans, se rencontrent, se retrouvent, s’unissent dans un même combat pour la liberté de penser, d’expérimenter les chemins de l’invisible, de vivre dans la paix et l’harmonie ?

 

Oui l’islam évoluera, comme le christianisme a évolué. Cela prendra beaucoup de temps, comme pour le christianisme, et ce sera encore plus sanglant parce que le Coran est un livre intrinsèquement violent. Il y aura d’autres convulsions, d’autres souffrances. Vous dites 30 ans ? Je crains que ni vous ni moi n’en voyions la fin. Nos petits-enfants, peut-être ?

 

« Il n’est pas nécessaire de réussir pour entreprendre. »

 

Amicalement à vous,

                                                                                  M.B., 13 mars 2015

http://michelbenoit-mibe.com/2015/03/etre-musulman-francais-aujourdui-un-temoignage/

 

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Peut-on assurer le même amour à ses enfants ?

Le (ou la) chouchou

Sujet tabou pour tout parent qui se respecte, la question « du préféré » est pourtant admise par les psys et les enfants eux-mêmes.

Faites le test autour de vous. Demandez à des amis ou à des proches qui ont le bonheur d’être parents s’ils ont un chouchou. Très vite, et sans sourciller, ils vous répondront du tac au tac : « Quelle idée ! Nous les aimons de la même façon. » La phrase est pleine de bons sentiments, mais elle donne matière à réflexion si l’on veut bien s’interroger sur cette thématique aux ressorts multiples. Car, si l’on reconnaît le droit à chaque être humain d’avoir des affinités et des inimitiés les uns envers les autres, la question semble taboue pour les parents. L’égalité sentimentale s’impose envers leurs progénitures. Pourtant, lorsque l’on pose la question aux enfants, ils désignent d’emblée celui ou celle qui était le chouchou dans leur fratrie et y vont même de leurs analyses, souvent pertinentes. À croire que la clairvoyance des enfants s’annihilerait quand ceux-là mêmes deviennent parents.

« Dans l’idéal des bons parents, on ne veut pas qu’il soit dit qu’on ferait des différences, assure la psychanalyste Catherine Vanier. Mais le monde des bisounours n’existe pas. Les parents ont tous des préférences, consciemment ou inconsciemment. Le fait de le nier tient à l’idéologie dominante actuelle selon laquelle, dans un monde incertain et violent, la seule chose qui soit sûre, c’est le lien parent-enfant non dissociable. Du coup, on investit énormément les enfants. Pas question alors de faire des différences entre eux. » ...

Fausse égalité

Si donc le cœur a ses raisons, pas facile de l’assumer clairement sous peine d’être taxé de parent indigne. « Cette notion d’égalité est fausse, mais pour les parents, c’est très culpabilisant de l’admettre, assure Françoise Peille, ancienne attachée de psychologie à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Pourtant, il est normal de vivre l’arrivée d’un nouvel enfant différemment car on n’a pas le même âge, ni le même ressenti, sans compter que le contexte familial est à chaque fois différent et que l’enfant a son propre tempérament. »

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L’égalité en matière d’amour n’existe pas ?

Les parents confondent équité et égalité. Oui, on se doit d’être équitable avec chacun de ses enfants, mais ce n’est pas vrai que l’on aime tous ses enfants de la même façon. Il y a des affinités et des préférences. Mieux vaut les identifier et les dire plutôt que les camoufler dans un déni auquel personne ne croit. Le problème, c’est que l’amour familial a été mis sur un piédestal et que cette notion de préférence est transgressive et incompatible avec l’image d’Épinal de la famille vécue comme un refuge. Aujourd’hui, l’idée que l’on aime plus un enfant qu’un autre est insupportable. Les parents se sentent coupables de ressentir une affinité et plutôt que le reconnaître, ils se taisent et le vivent mal.

Vous avez l’honnêteté de reconnaître vos préférences…

Il est plus sage de les reconnaître que de les nier. Dans notre société, il est convenu de les aimer tous pareils, ce qui me paraît être une formule illusoire. En fonction des moments de la vie et même de la journée, il peut m’arriver d’aimer davantage l’un de mes enfants. C’est culpabilisant, mais c’est intéressant de voir que nos enfants peuvent nous agacer ou nous décevoir. On ne le dit pas, car c’est blessant, donc les parents leur laissent croire qu’ils sont tous aimés à la même enseigne, mais c’est faux. L’amour parental relève plus d’un travail d’adoption que d’un réel instinct. Ils doivent reconnaître les limites de leurs amours.

Extrait partiel du dossier « Ma préférence à moi » réalisé par Fanny Bijaoui du journal Réforme N° 3600 du  12 mars 2015

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A quoi sert le sol ?

 

A se retenir lui-même par le lacis des racines et des feuilles.

A retenir l'eau par son tissu interne.

A entretenir la vie par le plus fantastique phénomène de recyclage organique que connaisse la planète Terre.

A réguler la température en rafraichissant l'air par son évaporation.

A fixer les polluants comme un tampon avant de les métaboliser.

A maintenir le carbone par sa biomasse.

A nous nourrir, car ce qui pousse dans le sol nourrit l'humanité depuis douze mille ans.

 

C'est au vers de terre et à leurs complices les champignons que nous devons tous ces bienfaits. D'où l'urgence du retour à une agriculture naturelle.

 

Cessons de ruiner notre sol ! Frédéric Denhez (Flammarion)

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« Hérétiques de toutes religions, unissez-vous ! »  

Notre époque ne montre que trop de signes d’épuisement et ceci à tous les niveaux : écologiquement nous sommes face à un monde surpeuplé, surexploité et surchauffé où des espèces animales et végétales disparaissent tous les jours et où l’espèce humaine aurait l’occasion de s’infliger la même chose ; psychologiquement, les gens sont de plus en plus en souffrance au point où certains parlent de « borderlinisation » de la société ; spirituellement, les églises perdent leur rôle d’inspiration et, lorsque les lieux de culte se remplissent, souvent l’intégrisme est de la partie. Nous sommes bien dans le Kali Yuga, l’Âge de Fer des Hindous ou peut-être même pire. En effet, nous sommes plus bas que le fer, nous sommes à l’ « Âge de Plastique », ère où cette matière vulgaire et envahissante pollue notre environnement naturel et même notre organisme. C’est d’ailleurs une matière qui, à la différence de la pierre, du bois ou du métal façonné par les artisans, n’est pas conductrice, ne vibre pas. Autrement dit, elle est opaque et ne laisse donc pas passer la lumière : c’est une matière ahrimanienne par excellence. Il n’est donc pas étonnant que notre époque où ce plastique s’amasse jusqu’à l’horizon soit aussi celle où l’on ne voit plus la lumière de l’Orient, l’Horizon de l’âme, si chère à Henry Corbin.

Dans ce marasme spirituel et matériel, ce dernier n’avait pas attendu l’âge mûr pour s’inquiéter et se révolter. Lorsqu’il faisait partie, dans les années 30, des jeunes intellectuels non-conformistes, il savait déjà que l’homme n’était plus en quête de sagesse : homo sapiens devenait homo oeconomicus, « machine imbécile à produire et à consommer » et le règne du quantitatif était né. Et certainement, depuis le début de ce règne, une quantité de désastre a eu lieu. Il a alors cherché une issue dans ces ténèbres, en se réorientant vers la lumière de l’âme, et l’a trouvée révélée dans le Mundus Imaginalis ou ‘Âlam al-Mithâl, monde médian et médiateur entre notre monde sensible et le monde intelligible. C’est le monde « entre Ciel et Terre » où le contact entre Dieu et l’homme se fait. Ainsi, l’âme peut être réorientée et sauvée, notamment par l’entremise de l’Ange ou, mieux dit, de son Ange, figure par excellence de ce monde intermédiaire. Ainsi, le monde phénoménal prend origine et trouve son sens au-delà de lui et évite alors de tomber dans l’historicisme du temps horizontal qui le rendrait absurde car instantanément dépassé, perpétuellement périmé par rapport à lui-même. La « sénescence programmée » des appareils électroniques, les starlettes érigées en idole planétaire du jour au lendemain avant de finir dans l’oubli, les ressources financières ou même naturelles qui peuvent disparaître en un clin d’œil (ou un clic de souris) sont peut-être autant de symptômes de cet historicisme, de ce temps sans fondement qui ne peut que se désintégrer à peine apparu. Corbin a raison, il faut aller plus loin que cet horizon de l’historicisme qui, dans notre monde actuel de l’instantané, est tellement près qu’il est finalement déjà derrière nous et voilà pourquoi nous perdons pied, nous ne pouvons plus nous orienter, car nous ne reposons sur plus rien, nous sombrons dans l’abîme. Evidemment, après la mort de Dieu annoncée par Nietzsche, nous ne pouvions qu’arriver à la mort du monde créé par Dieu. Hors de la hiérohistoire donc, point de salut ! Il faut retrouver l’Ange, le sacré, la verticalité pour régénérer ce temps qui s’épuise, sinon l’eschatologie, qui est en réalité une résurrection, deviendra véritablement une fin du monde. Corbin nous rappelle d’ailleurs la belle prière zoroastrienne (Yasna XX ,9) : « Puissions-nous être ceux qui œuvrent pour la Réjuvénation du monde. »

Parallèlement, Carl Gustav Jung a lui aussi constaté que l’homme avait abandonné, quasiment dénié, son âme au point d’en faire une farce. Ainsi il s’étonne du fait que, lorsque nous parlons d’une chose en la définissant de psychologique, c’était comme si nous disions qu’elle était irréelle, factice (pensons par exemple en médecine à la « douleur psychologique » qui veut dire dans la bouche de certains une douleur simulée). Nous retrouvons là en écho une indignation toute corbinienne face à la confusion entre l’imaginal et l’imaginaire. Car pour Jung, comme pour Corbin avec l’imaginal, l’âme est quelque chose de réel, d’objectif avec laquelle il faut composer. Le titre d’une de ses œuvres, De la Réalité de l’Âme, est assez explicite. Il faut ainsi écouter la psyché inconsciente ou plutôt, vu que l’Inconscient est par définition inconnaissable, observer ses manifestations et les interpréter pour évoluer. Pour prendre un terme cher à Corbin, j’oserai dire qu’il faut, en tant que jungien, faire un ta’wîl vers l’âme, en l’âme et avec l’âme, comme les soufis voyagent vers Dieu, en Dieu et avec Dieu. Et Jung a trouvé le moyen de le faire en étant guidé par ce qu’il a appelé le Soi ou, mieux dit, son Soi, qui serait d’une certaine façon le centre absolu de sa psyché et aussi sa totalité. Le Soi de Jung est donc comme l’Ange de Corbin, qui complète l’âme, car « l’âme terrestre est en déficience, en retard sur elle-même, c’est-à-dire sur la totalité de son être » (Eranos Jahrbuch 1951, p176).Nous sommes là loin de la psychiatrie biologique, si en vogue de nos jours, qui enferme l’âme dans le monde phénoménal ou, pire encore, dans le monde infra-phénoménal des molécules du cerveau et qui essaie de la sauver par la pharmacologie, chimie de guerre qui ne fait que trop de dégât collatéraux avec ses effets secondaires. Nous sommes aussi à distance de Freud et de son archéologie psychanalytique qui aime à remonter à l’enfance, aux premiers traumatismes, aux conflits inconscients refoulés et bloqués du passé : il ne cherche pas l’Orient de l’âme mais fouille plutôt l’Occident, là où est tombée la lumière.

Bien évidemment, Corbin et Jung ne pouvaient que se rencontrer et, au cercle Eranos à Ascona, où plusieurs penseurs tentaient tant bien que mal de sauver ce qui nous restait d’âme humaine, ils ont partagé leur vision. Mais qu’en est-il de ce partage ? Parlent-ils le même langage ? L’âme et la psyché sont-elles identiques ? Le Monde de l’Inconscient est-il le Mundus Imaginalis ? Le Soi est-il l’Ange, le représentant de Dieu ?

Je n’aurai certainement pas l’audace de répondre à ces questions mais essaierai seulement de dégager quelques pistes de réflexions et de montrer l’articulation que ces deux réalités peuvent avoir avec un point de vue très personnel. Très personnel donc sûrement peu orthodoxe mais je me défends déjà en disant que je ne fais que répondre à l’appel que Denis de Rougemont aurait entendu de la bouche de Corbin : « hérétiques de toutes religions, unissez-vous ! » …

Dr Alexandre Ahmadi

7e Journée Henry CORBIN - 17 décembre 2011 - ENS Ulm

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. Amour en suspension

Je ne suis pas une « compagne de prêtre » au sens classique du terme. Mais… j’aime un prêtre depuis trente ans et cet amour est réciproque. Je voudrais crier à quel point l’amour entre un homme et une femme peut avoir de la force… et combien il est nuisible d’imposer un célibat définitif aux prêtres ! Ce sont avant tout des hommes comme les autres munis de ces richesses que Dieu a mises au cœur de chaque homme et chaque femme : l’élan mystérieux vers un/une autre, la tendresse, le désir de transmettre la vie.

J’ai rencontré Y. quand il a été nommé dans notre paroisse. J’étais alors mariée et mère d’un jeune enfant. J’avais de l’estime pour mon mari, sans plus… en fait je me suis mariée pour échapper à la solitude…

Y. et moi avons travaillé ensemble avec toute une équipe pour le bien de la paroisse et ce pendant une bonne décennie. Pour ma part, j’ai eu le « coup de foudre » sur le champ quand il a prononcé une phrase que j’ai oubliée mais qui m’a fait dire « Qui est donc cet homme ? ». Je me suis d’abord battue contre ce sentiment, mais la guerre n’a pas été très longue… J’ai fini par dire oui à cet Amour contre lequel je ne pouvais rien. Je l’ai accepté dans le silence… et avec l’aide d’un médecin parce que j’étais tombée malade… J’ai eu avec mon mari un deuxième enfant.

Après toutes ces années, lorsque Y., selon les directives diocésaines, est parti pour une autre paroisse, je lui ai écrit mon Amour : c’était pour moi une question de vie ou de mort ! J’ai éprouvé un fort sentiment de libération en postant ma lettre. Par ailleurs, il n’y avait plus de « danger » ni pour lui ni pour moi, puisque théoriquement nous ne devions plus nous voir.

Il m’a répondu au bout de deux mois… C’est un homme réfléchi et mesuré qui ne fait rien à la légère. Il est venu me voir chez moi et m’a fait cette déclaration simple et tellement belle : « Je t’aime, je suis heureux. ». Cette phrase-là je ne l’oublierai jamais. Elle a fait basculer ma vie vers une profondeur sans nom, vers Dieu…

Nous nous sommes expliqués, cette fois-là et plusieurs autres fois, sur cette relation unique et sur la façon de la vivre. Nous n’avons fait que parler. Jamais nous n’avons fait usage de notre corps pour communiquer, ce qui est complètement inhumain. Mais il faut dire que nous avons reçu tous deux une éducation très catholique très pratiquante… et la chape de plomb est trop lourde à soulever…

Notre relation d’Amour s’est donc arrêtée là, non pas arrêtée avec un point final : elle est comme suspendue en l’air en attendant… en attendant quoi ?... La vie éternelle ?... Les arguments de Y. sont : « Je ne reprends pas la parole donnée » « Je ne veux pas trahir Jésus-Christ ». Mon propre argument (je n’en avais qu’un) est : « Je ne veux pas rendre malheureux mon mari : qu’est-ce qu’un Amour qui engendrerait le malheur de quelqu’un ? »

Mon mari est décédé alors que nos enfants étaient encore adolescents. Quelque temps après, je leur ai révélé l’Amour qui nous unissait, Y. et moi. Ils ont fort bien accueilli cette nouvelle et m’ont dit qu’ils savaient cela depuis toujours. L’un des deux m’a déclaré : « Je me suis toujours demandé pourquoi tu avais épousé Papa. Ma relation à lui n’était pas bonne et je me demandais ce que tu lui trouvais. J’ai cru que tu restais à cause de nous, les enfants, et j’ai pensé que j’étais responsable de ton malheur… ». Il y a sûrement des conséquences psychologiques chez les enfants qui ont vécu une telle situation. Mais finalement, je suis très fière de mes enfants qui sont devenus des adultes équilibrés, et avec lesquels je m’entends fort bien.

Y. m’a demandé de ne pas le tenter… Je respecte son souhait car je crois que je le tuerais si je lui demandais de renoncer à être prêtre. Nous continuons de nous voir, mais très peu, une fois ou deux par an… Il m’a avoué : « Ce serait trop triste de ne plus nous voir. » Nous échangeons quelques cartes à Noël, à

Pâques etc. dans lesquelles nous nous embrassons « de tout cœur » par écrit... Quand nous nous voyons, c’est toujours en présence des enfants qui d’ailleurs prennent l’initiative de ces retrouvailles.

L’initiative… c’est moi qui l’ai prise au départ et je ne l’ai jamais regretté. Cet « Amour en suspension » m’a construite, il m’a soutenue tout au long de ma vie. Y. m’a dit : « J’ai eu peur que penser ainsi à toi me gêne dans mon ministère… en fait il n’en a rien été, c’est plutôt le contraire qui s’est passé… ».

Maintenant, Y et moi arrivons à la fin de notre vie. L’Eglise peut être satisfaite : l’un de ses prêtres n’est pas parti, l’un de ses prêtres est resté fidèlement à la tâche. Et en plus, je n’ai pas divorcé. Cependant, j’aimerais que l’Eglise ne soit pas si satisfaite que cela… à cause de la souffrance de deux êtres humains. Nous n’avons pu vivre ce que nous avions de meilleur en nous, ni le mettre à l’épreuve d’une réalité quotidienne… et ceci est très grave !

Je n’ai jamais eu l’impression de trahir Jésus-Christ en aimant Y. Dieu est tout Amour et il n’est que cela. Nous entrons dans le plan de Dieu quand nous nous aimons les uns les autres : c’est ce que Jésus s’est tué à dire lors de son passage sur terre. Aimer ceux que nous rencontrons ne veut pas dire les aimer tous de la même manière. Chaque relation est unique puisque nous sommes tous des êtres humains uniques. Je crois avoir aimé mon mari dans la limite de mes moyens, je crois aussi avoir aimé mes enfants le mieux possible, même si tout cela a été plein d’imperfections. L’amour fraternel privilégié par l’Eglise est incontournable, mais il est d’autres sortes d’amour tout aussi incontournables. Ce que je vis avec Y. est unique et ce que je ressens est incomparable de profondeur… et pourtant cet amour est rejeté par l’Eglise. Il serait temps que celle-ci ouvre les yeux sur une véritable culture de l’Amour qui ne peut souffrir l’exclusion.

Dorothée

Plein Jour  http://plein-jour.eu

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Quelques réflexions à tous les parents

 

Que votre « non » soit « non » ;

 

-          Il y a des règles auxquelles nous devons tous nous soumettre pour vivre en société : dire bonjour, pardon, merci sont de simples signes de bienséance qui ne peuvent être remis en question. Vos enfants ne doivent absolument pas s’y soustraire. Et cela dès le plus jeune âge, dès 2 ans.

-          Pourquoi ? Notre monde ne peut tourner rond qu’en prenant appui sur les règles du "vivre ensemble" qui nous servent de repères communs, qui guident notre société. Laisser croire à l'enfant qu'il peut s'y soustraire consiste à l'élever (ou plutôt le rapetisser) dans le mensonge. Très jeune, l’'enfant est à même de comprendre ces règles et s’il s'y soustrait, ce n'est pas du fait  de son incompréhension mais de sa recherche de limites. Pourquoi lui mentir sur le monde ? Pourquoi lui faire croire qu'en grandissant les contraintes seront plus faciles à accepter ? Quel sportif commence par jouer un match de championnat s'il n'a pas acquis les règles du jeu collectif ? Quel musicien peut imaginer jouer de son instrument sans jamais avoir accepté la règle du solfège et le travail de ses gammes ?

   

Pourquoi imaginer que votre enfant est différent ?

 

-         Vous pensez souvent que votre enfant est précoce, surdoué, hyper actif.  En réalité, il exploite naturellement une liberté et les stimulations que vous lui avez simplement accordées. De fait, l’enfant va être tenté très tôt de se servir de ces stimulations pour exercer sa liberté.

-          Il s'agit d'abord de considérer que nos enfants évoluent dans un monde sidérant d’incitation. Par conséquent, lorsque vous regardez votre enfant, ne regardez pas votre enfance à vous ! Les petits actuels sont beaucoup plus vifs à divers égards que nous ne pouvions l'être nous-mêmes lorsque nous étions enfants. Ils ne sont pas surdoués ou précoces pour autant, ils sont juste soutenus de toutes parts et ce, depuis leurs premières heures de vie extra-utérin, voire même parfois intra-utérine.

-          Les seules personnes qui peuvent vous aider à avoir un avis neutre sur votre enfant sont vos proches qui ont déjà élevé d'autres enfants, vos ainés qui font preuve de bon sens et d'un certain recul ainsi que les professionnels qui travaillent avec d'autres enfants de la même cohorte d'âge. Ces personnels sont formés mais peu émettent un avis objectif pour vous aiguiller. Comment imaginer la connaissance d'un sujet aussi vaste que celui de la petite enfance, de surcroît lorsqu'il s'agit de la chair de votre chair ?

 

Ne craignez pas de vous tromper ;

 

Aucune éducation n’est totalement parfaite et l’on peut se tromper même en essayant de faire pour le mieux. Aussi, en ce qui concerne certaines règles, il n’y a pas d’hésitation à avoir, pas d’alternative à laisser …

 

«  Si tu ne dis pas bonjour à ta maitresse, tu ne rentres pas en classe, tu restes dehors … »

«  Si tu refuses de répondre à ma demande pendant 5 minutes,  tu resteras 5 minutes à attendre quand tu me poseras une question … »

«  Si tu prétends ne pas aimer le lait et la pomme que je te propose, la pomme et le lait t’attendront car  vitamines et calcium sont indispensables … »

 

Sachez refuser les caprices ;

 

Accepter les caprices d’un enfant qui compliquent votre vie, c’est céder à ses fantaisies et briser en réalité ses désirs profonds  ... 

 

-          Tout petit, l’enfant manifeste sa personnalité en cherchant à transgresser les règles qui bâtissent son cadre de vie. Il refuse par exemple de dire bonjour, il crée des fantaisies pour exprimer sa personnalité …

-          Un peu plus grand, il sera sans cesse confronté à des limites, à la recherche de son désir. Lui faire croire que tout est possible, que le monde tourne autour de lui risque de le conduire à se mettre dans une posture permanente de recherche des limites. Des sensations fortes. Au risque de mentir, de monter des stratèges pour imposer sa liberté inavouée …

-          Plus grand encore, adolescent, il cherchera à briser le cadre qui le gêne … Peut-être fuguera-t-il ? ; Ou il fumera inconsidérément, se droguera même …

-          Jeune adulte, il ne sera pas satisfait, n’aura pas confiance en lui ; il jalousera ses copains, critiquera ses parents tout en cherchant à revenir à la maison par facilité … Et même parfois, après avoir réalisé de brillantes études, après avoir largement bénéficié d’innombrables privilèges, il sera malheureux, déprimé … et hélas, pensera comme certains de ses copains, à fuir ce monde par des actes de bravoure ou même … le suicide.

 

Les conditions de vie ont rapidement évolué ;

 

En une génération nous sommes passés de l'ère où les enfants avaient peur que leurs parents ne les aiment pas à celle où les parents ont clairement peur que leurs enfants ne les aiment pas ! 

 

Mais de quoi avez-vous donc peur ?

Les parents ont peur de manquer d’amour en étant trop exigeants, en ne comblant pas les originalités de leur enfant … et manifestent ainsi en réalité leur manque de confiance en eux-mêmes.

Pourquoi est-il devenu si terrible de contrarier ses enfants ?

Est-ce acheter la paix et la tranquillité ? Est-ce gagner un diplôme de "cool daddy", de "cool mamy" ? Questionnez  alors sincèrement le plus profond de vous-même pour savoir si une limite est si perturbante que cela ! Dire non, montrer le chemin, n'est-ce pas là justement le rôle de l'adulte par rapport au jeune qui découvre le monde ?

S'intéressant aux enfants les plus en difficulté qui ont vécu de réels traumatismes liés à leurs parents, à des violences ou à des sévices inouïs, les professionnels de la petite enfance sont tous unanimes : un enfant cherche l'amour de ses parents et ce, quel que soit le vécu même terrible qui les unit.

N'ayez donc pas peur de perdre le lien avec votre enfant  sinon ce dernier pressent cela et va s'engouffrer dans cette brèche ! Donnez-lui des racines pour qu'il puisse construire ses branches et s'envoler dans la vie. Ne lui faites pas croire qu'un arbre peut tenir dans le sol sans racines.

Tous ces repères éducatifs passent parfois effectivement par la contrainte (mais qui vit en société sans contrainte ?), sont une véritable boîte à outils pour aider votre enfant à résoudre les problèmes qu’il rencontrera fatalement en société et lui permettront de se sentir fier, libre et léger

 

Une jeune directrice d’école maternelle de Nancy

 

 

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En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté.

Par ATD Quart Monde

PREMIÈRE PARTIE
« LES PAUVRES SONT COUPABLES. »
IDÉES REÇUES SUR LES PAUVRES
Sur la pauvreté en général
1. « La définition de la pauvreté est subjective. » - Pas si simple. La grande pauvreté est une situation de rupture profonde et globale qui n’a rien de relatif ni d’artificiel.
2. « En France, il y a moins de pauvreté et d’inégalités qu’ailleurs en Europe. »  - Cela dépend.
3. « La pauvreté augmente moins que l’on ne le dit. » - Faux. La hausse est nette depuis 2002, particulièrement pour les plus pauvres … dans un des pays les plus riches du monde.
4. « Plus que la pauvreté, ce sont les inégalités qui progressent. » - Faux. Ce sont les deux qui progressent.
5. « Avec la crise, tout le monde va plus mal de toute façon. » - Faux. Le niveau de vie des plus riches continue de croître depuis 2008.
6. « Les pauvres creusent nos déficits. » - Oui, la misère coûte cher humainement et financièrement. Si elle n’existait plus, toute la société y gagnerait, sans doute même financièrement.
7. « Les pauvres ne peuvent pas s’intégrer à la société. » - Faux. Ils vivent dans le même monde que nous et partagent nos valeurs et nos aspirations.
Sur les sans-abri
8. « Les gens qui vivent dans la rue l’ont choisi. » - Faux pour la majorité des personnes concernées.
9. « Les sans-abri ne veulent pas travailler. » - Pas si simple. Un quart d’entre eux travaillent et deux cinquièmes recherchent un emploi.
10. « Faire la manche, ça rapporte. » - Faux.
11. « N’importe qui peut se retrouver un jour à la rue. » - Faux. C’est un fantasme entretenu par les médias et par notre crainte face à l’avenir.
12. « Les sans-abri sont des alcooliques. » - Pas si simple.
13. « Les sans-abri sont des personnes seules. » - Faux. Les familles représentent la moitié des demandes d’hébergement au 115.
14. « Les gens qui vivent à la rue ne peuvent pas s’en sortir. » - Faux. Il n’y a pas de fatalité à la vie dans la rue.
15. « Les sans-domicile refusent des hébergements sans raison. » - Pas si simple.
16. « Il suffit d’appeler le 115 pour trouver un hébergement. » -Faux. Deux tiers des demandes sont rejetées et certaines populations sont plus victimes de ces refus que d’autres.
17. « Les sans-abri atteints de troubles mentaux sont violents. » - Faux. Le trouble mental n’est pas en soi facteur de violence.
Sur les minima sociaux
18. « Les pauvres font tout pour toucher des aides. » - Faux. Au contraire, beaucoup ne sollicitent pas les aides auxquelles ils ont droit.
19. « Les pauvres ont des droits, mais ça va avec des devoirs. »  - Bien sûr. Mais dans le domaine de l’emploi notamment, l’accompagnement produit de meilleurs résultats que la contrainte et l’obligation.
20. « On peut gagner plus avec le RSA qu’avec le SMIC. » - Faux dans plus de 90 % des cas.
Sur le budget des familles
21. « On ne vit pas trop mal avec le RSA. » Faux. Il n’est pas possible de vivre dignement avec le RSA aujourd’hui.
22. « Les pauvres s’en sortiraient s’ils savaient gérer un budget. » - Faux.
23. « Les pauvres ont des écrans plats et des téléphones portables. » - C’est souvent vrai. Mais cela ne signifie pas pour autant que les gens vivent dans le luxe.
24. « On est moins pauvre à la campagne. » - Faux.
Sur le travail
25. « Les pauvres ne veulent pas travailler. » Au contraire, une majorité d’entre eux souhaite travailler.
26. « Si l’on veut travailler, on trouve. » Faux. Avec plus de 8 millions d’emploi manquants, ce n’est pas si simple.
27. « Il y a 200 000 à 400 000 offres d’emploi non pourvues. » - Faux. Il existe seulement 100 000 à 150 000 offres non pourvues faute de candidats.
Sur la Sécurité sociale et la santé
28. « Les pauvres font des enfants pour toucher des aides. » - Faux. Plus on a d’enfants, plus on s’appauvrit.
29. « Les pauvres sont des fraudeurs. » - Faux. Ils fraudent beaucoup moins que les autres.
30. « Les bénéficiaires de la CMU en profitent pour faire des soins de confort. » - Faux. Leur consommation de soins est légèrement supérieure, mais leur état de santé est moins bon.
31. « Les pauvres consomment beaucoup d’alcool, de tabac et de drogues. » - Pas si évident. En situation de précarité, on consomme en moyenne plus de tabac, mais pas plus d’alcool ni de drogues.
32. « Les pauvres ne font pas ce qu’il faut pour se nourrir correctement et être en bonne santé. » - Pas si simple. La mauvaise alimentation concerne de plus en plus de monde dans les pays riches et on n’y répond pas seulement en éduquant les gens.
Sur les enfants
33. « Les enfants pauvres sont maltraités par leurs parents. » - Faux. Les maltraitances n’épargnent aucun milieu social.
34. « Les pauvres sont incapables d’élever leurs enfants. » - Pas si simple.
Sur la violence et la prostitution
35. « Les pauvres sont violents. » - Pas si simple. Ils sont plus victimes qu’auteurs de villences, et parviennent parfois à y faire face mieux que d’autres.
36. « La prostitution est un moyen de sortir de la misère. » - Faux. Elle renforce au contraire l’exclusion sociale des personnes prostituées.
Sur la fiscalité et les impôts
37. « Les pauvres ne paient pas d’impôts. » - Faux. Ils participent à la moitié des recettes fiscales de l’Etat.
Sur l’école et l’éducation
38. « Les parents pauvres se désintéressent de l’école. » - Faux. Ils fondent au contraire de grands espoirs pour leurs enfants dans l’école.
39. « Les enfants pauvres sont moins aptes que les autres. » - Faux. Ils ont plus de difficultés au départ, mais il n’y a pas de fatalité.
40. « Il n’y a rien à attendre des décrocheurs. » - Faux. Une partie d’entre eux réussissent par d’autres voies que l’éducation traditionnelle.
41. « Les enfants d’immigrés sont plus en échec scolaire que les autres. »  - C’est vrai, mais parce qu’ils appartiennent à des milieux sociaux en moyenne plus défavorisés.
Sur le logement
42. « Les ‘‘ménages Dalo’’ n’apportent que des problèmes dans les immeubles. » - Faux. Il n’y a pas de « ménages Dalo ».
Sur la culture et les loisirs
43. « Se loger et manger, c’est plus important que la culture. » - Faux.
44. « Les vacances, c’est pour ceux qui travaillent. » - Faux. Les vacances sont vitales pour toute personne.
Sur la participation et la politique
45. « Les pauvres ne s’intéressent pas à la vie commune. » - Pas si simple. Il faut aussi créer les conditions d’une réelle participation de tous à la vie locale et aux politiques publiques.
46. « Les pauvres se désintéressent de la politique. » - Faux.
47. « Les plus pauvres votent Front national. » - Faux. Les plus précaires votent plus à gauche su’à droite.
Sur l’environnement
48. « Les pauvres polluent. » - Faux. Non seulement ils polluent moins que les autres mais ils sont davantage exposés à la pollution.
Sur l’immigration
49. « L’immigration augmente en France. » - Faux. Elle n’a augmenté que d’un point en 1975 et 2010, mais les pays d’origine ont en partie changé.
50. « Les immigrés prennent des emplois aux Français. »- Faux. Les immigrés apportent au contraire de la richesse au pays d’accueil.
51. « L’immigration tire les salaires vers le bas. » - Pas si simple. L’impact est faible et plutôt positif.
52. « Les étrangers sont attirés par notre protection sociale. » - Faux. Ils sont avant tout attirés par la perspective d’un travail.
53. « Il suffit d’être demandeur d’asile pour bénéficier de tous les droits. » - Faux. La plupart des demandeurs subissent une grande précarité.
54. « Ce sont les étrangers les plus pauvres qui immigrent en France. » - Faux. Pour migrer, il faut avoir un minimum de ressources.
55. « L’immigration coûte cher à la France. » - Faux. Selon les études, elle ne coûte presque rien ou, au contraire, rapporte.
56. « Les migrants viennent profiter de notre système de santé. » - Faux. Ils viennent avant tout pour fuir les difficultés économiques ou politiques dans leur pays d’origine.
57. « L’aide médicale d’état coûte cher à la France. » - Faux. Elle coûte moins cher … que si elle n’existait pas.
Sur les Roms
58. « Les Roms sont en situation irrégulière en France. » - Faux. Ils séjournent dans les mêmes conditions que les autres ressortissants de l’UE.
59. « Les Roms ne veulent pas travailler. » - Faux
60. « Les Roms sont des nomades. » - Faux
61. « Les Roms ne veulent pas s’intégrer. » - Faux
62. « Les enfants roms font partie de bandes organisées. » - Faux. Les bandes organisées sont le fait de réseaux spécialisés et ne concernent qu’un petit nombre d’enfants.
63. « Le nombre de Roms augmente en France. » - Faux
64. « Il faut évacuer les campements illégaux. » - Oui, pour des raisons d’urgence humanitaire. Mais pas n’importe comment.
65. « Les Roms vont prendre les emplois des Français. » - Faux.
Sur les gens du voyage
66. « Les gens du voyage s’installent n’importe où. » - Ce ne serait pas vrai si la loi du 5 juillet 2000 était mieux appliquée par toute les collectivités.
67. « Les gens du voyage roulent en Mercedes. » - Pas si simple.

SECONDE PARTIE
« C’EST BIEN BEAU, MAIS ON NE PEUT PAS FAIRE AUTREMENT. » IDÉES REÇUES SUR LES SOLUTIONS
Sur la pauvreté en général
68. « Avec la mondialisation, la hausse de la pauvreté est inéluctable. » - Faux. Certains pays sont plus mondialisés que nous et, pour autant, moins touchés par la pauvreté.
69. « L’objectif d’éradiquer la misère est un rêve. » - Faux. Seules manquent la volonté citoyenne et la volonté politique.
70. « On donne déjà beaucoup pour l’aide alimentaire et ça ne change rien. » C’est assez vrai. Les aides alimentaires ne s’attaquent pas aux causes de la misère.
Sur la protection sociale
71. « L’état dépense trop pour la protection sociale. » - Pas si simple. La protection sociale est importante en France, mais elle profite à tous. Et la lutte contre la pauvreté ne représente qu’une infime partie de ses dépenses.
72. « La protection sociale creuse la dette publique. » - Non, ce sont surtout le manque de recettes fiscales et la crise qui creusent la dette.
73. « En France, les prélèvements obligatoires sont très élevés à cause des financements des dépenses sociales. » - Pas si simple. Les prélèvements obligatoires sont plus élevés en France que dans la moyenne des pays européens, mais ils ne correspondent pas toujours aux mêmes dépenses d’un pays à un autre.
74. « Les citoyens paient trop d’impôts. » - Faux. On en paie moins qu’il y a quelques années. Et on ne mesure pas assez leur utilité.
75. « La lutte contre la pauvreté coûte cher aux classes moyennes. » - Faux. Elle ne coûte pas aux classes moyennes « inférieures », même si celles-ci sont moins aidées en France que dans d’autres pays.
76. « Notre protection sociale est inefficace. » - Faux. Elle est très efficace et réduit de moitié la pauvreté et les inégalités.
77. « Notre modèle de solidarité enferme les pauvres dans l’assistanat. » - Faux. Les personnes confrontées à la pauvreté ne sont pas « accrocs » à l’assistance.
78. « La France distribue des minima sociaux élevés. » - Faux. La France est dans la moyenne européenne.
79. « On devrait obliger les bénéficiaires du RSA à travailler. » - Non, ce discours cache les vrais problèmes.
80. « Augmenter le RSA ou les allocations chômage décourage les gens de travailler. » - Faux. Des études déconstruisent cette idée simpliste.
81. « Le RSA jeunes, c’est de l’assistanat. » - Faux. Le RSA ne décourage pas les jeunes de travailler.
Sur le travail et l’économie
82. « Quand une société s’enrichit, ça profite aussi aux pauvres. » - Pas forcément. Ce qu’il faut surtout éviter, c’est l’accroissement des inégalités.
83. « Il vaut mieux un petit travail que pas de travail du tout. » - C’est en effet ce qui se pratique dans de nombreux pays … et ce qui produit des millions de travailleurs pauvres.
84. « Les difficultés des entreprises ont pour cause le coût du travail en France. » - Pas si simple. C’est sans compter la baisse des commandes, le prix de l’énergie et le cours élevé de l’euro. Autant de leviers sur lesquels il faudrait agir.
85. « Pour réduire le chômage et la pauvreté, il faut baisser les cotisations sociales. » - Pas si simple. Une telle mesure semble relativement coûteuse et son impact sur la création d’emploi limité en période de croissance faible ou nulle.
86. « Pour réduire le chômage et la pauvreté, il faut baisser les impôts des entreprises. » - Faux. Il n’y a pas de relation de cause à effet.
87. « Pour réduire la pauvreté, il faut de la croissance économique. » - Faux. La croissance ne suffit pas pour résorber la pauvreté. Et même sans croissance, nous avons des moyens d’agir.
88. « Pour réduire le chômage et la pauvreté, il faut réduire les déficits, et donc les prestations sociales. » - Faux. En période de faible croissance, une politique d’austérité accroit au contraire les déficits, le chômage et la pauvreté.
89. « L’état n’a plus les moyens de créer de l’emploi. » - Faux. On peut trouver l’argent de différentes façons … ou utiliser les dépenses de gestion du chômage de longue durée pour créer des « emplois utiles ».
90. « Contre le chômage, on a tout essayé. » - Faux.
91. « On ne pourra jamais trouver du travail pour tout le monde. » - Peut-être. Mais il est possible de faire beaucoup mieux qu’actuellement en créant des emplois répondant à des besoins non satisfaits.
92. « S’il existait vraiment des travaux utiles à réaliser, le ‘‘marché’’ aurait déjà créé les emplois correspondants. » - Faux. Il existe des travaux utiles, sans qu’existe toujours une clientèle capable d’en payer le coût.
Sur la santé et l’accès aux droits
93. « Avec la CMU, tout le monde a accès aux soins. » - Faux. Il faut continuer d’agir contre les inégalités en matière de prévention et d’accès aux soins.
94. « Il n’est pas si compliqué d’accéder à ses droits. » - Faux. C’est parfois un vrai parcours du combattant et c’est l’une des explications des non-recours.
95. « Ce sont les plus riches qui financent les tarifs sociaux du gaz et de l’électricité. » - Faux. Tous les consommateurs fiancent ces tarifs sociaux … et une partie des moins fortunés n’en bénéficient pas.
Sur le placement des enfants
96. « Il vaut mieux placer les enfants pauvres. » - Faux. D’autres réponses existent et peuvent être apportées.
Sur l’école
97. « Le rôle de l’école n’est pas de régler les inégalités sociales. » - Non. Mais elle a aussi une mission d’intégration et de socialisation.
98. « La mixité sociale nuit à la réussite scolaire. » - Pas si simple. Avec la mixité sociale à l’école, les plus forts y « perdent » un peu et les plus faibles y « gagnent »  deux fois plus. Au total, n’y gagne-ton pas tous ?
99. « Les élèves en difficulté doivent aller vers l’enseignement professionnel le plus tôt possible. » -Non. L’orientation doit attendre la fin du collège et être vraiment choisie.
Sur le logement
100. « Les HLM sont accessibles aux plus pauvres. » - Faux. Ils s’en voient souvent refuser l’accès pour manque de ressource.
101. « Le droit au logement opposable (Dalo) est inefficace. » - Faux. Il se heurte dans certaines zones à de fortes tensions sur l’immobilier, mais il permet des dizaines de milliers de relogements.
102. « Les pauvres sont de mauvais payeurs. » - Faux. Payer son loyer est une priorité pour les familles aux revenus modestes.
Sur la politique de la ville
103. « Avec les démolitions-reconstructions, on remet de la mixité sociale dans les quartiers. » - Malheureusement non.
104. « On donne déjà beaucoup aux banlieues. » - Faux. Les crédits de la politique de la ville sont parfois moins généreux dans les quartiers « prioritaires !

Merci aux organismes qui ont participé à cette nouvelle édition : l’Amicale du Nid, Amnesty International, les Apprentis d’Auteuil, la CFDT, la CGT, la Cimade, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, le Défenseur des droits, Emmaüs, l’association Georges Hourdin, la FNARS, la FSCF, la Grande Loge de France, la Grande Loge féminine de France, le MAN, Médecins du monde, la MSA, NDH, l’Ordre de Malte, les Scouts et guides de France, le Secours Catholique, le SNES ...

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. Ma déclaration de responsabilité dans la vie,


- J'accepte complètement et sans aucune arrière pensée tout ce qui s'est jamais produit dans ma vie, et ce qui arrive en ce moment dans mon existence, et tout ce qui peut se produire dans l'avenir me fournit des occasions précieuses pour apprendre et grandir.
Personne d'autre n'est à blâmer pour la négativité ou la douleur dont ma nature émotionnelle fait l'expérience. Je ne chercherai aucune exception à cette croyance, même quand la cause apparente de mon problème est totalement indépendante de moi.
- Je chercherai toujours à assumer entièrement ma responsabilité, tout en refusant ma culpabilité. Plutôt que de chercher des excuses pour ce qui marche mal, je m'efforcerai de comprendre ce qui se passe, puis chercherai des moyens pour corriger la situation.
J'assume la responsabilité de mes choix. J'affirme que nulle personne ou situation ne peut me faire sentir inférieur, rejeté, inadéquat sans mon consentement, et que j'ai le libre choix de donner ou de refuser ce consentement.
- Je refuse la croyance au hasard, qui est un des principaux mécanisme de déresponsabilisation dans notre culture. Je suis conscient que je crée ma propre réalité par ma façon d'accueillir et d'interpréter les évènements de la vie. Dans toute les circonstances de la vie, je chercherai systématiquement les moyens et les solutions plutôt que les excuses et les refuges. Je préfererai l'ouverture et le risque plutôt que la passivité et la sécurité.
- Je choisis de me respecter totalement, en toute circonstances, quelles que soient les erreurs que je puisse commettre, et d'accorder ce même respect à toute forme de vie - humaine, animale ou végétale - que je rencontre.
- Je dis OUI à la vie, oui oui, et encore oui.


Pierre Pradervand

 

 

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. « Il y a des jours où je regrette d’être née arabe »

 

                              Les jours où je me réveille devant le spectacle de gueules hirsutes prêtes à massacrer au nom d’Allah et où je m’endors avec le bruit des explosions diffusées sur fond de versets coraniques.

                              Les jours où je regarde les cadavres joncher les rues de Bagdad ou de Beyrouth par la faute des kamikazes; où des cheikhs manchots et aveugles s’arrogent le droit d’émettre des fatwas parce qu’ils sont pleins comme des outres de haine et de sang; où je vois des petites filles, les unes courir protéger de leur corps leur mère qu’on lapide, et les autres revêtir la robe de mariée à l’âge de 9 ans.

                              Et puis ces jours où j’entends des mamans chrétiennes confier en sanglotant que leur progéniture convertie à l’islam refuse de les toucher sous prétexte qu’elles sont impures.

                              Quand j’entends pleurer ce père musulman parce qu’il ne sait pas pourquoi son garçon est allé se faire tuer en Syrie. À l’heure où celui-ci parade dans les faubourgs d’Alep, kalachnikov en bandoulière, en attendant de se repaître d’une gamine venue de la banlieue de Tunis ou de Londres, à qui l’on a fait croire que le viol est un laissez-passer pour le paradis.

                              Ces jours où je vois les Bill Gates dépenser leur argent pour les petits Africains et les François Pinault pour les artistes de leur continent, tandis que les cheikhs du Golfe dilapident leur fortune dans les casinos et les maisons de charme et qu’il ne vient pas à l’idée des nababs du Maghreb de penser au chômeur qui crève la faim, au poète qui vit en clandestin, à l’artiste qui n’a pas de quoi s’acheter un pinceau.

                              Et tous ces croyants qui se prennent pour les inventeurs de la poudre alors qu’ils ne savent pas nouer une cravate, et je ne parle pas de leur incapacité à fabriquer une tablette ou une voiture.

                              Les mêmes qui dénombrent les miracles de la science dans le Coran et sont dénués du plus petit savoir capable de faire reculer les maladies.

                              Non ! L’Occident, ces prêcheurs pleins d’arrogance le vomissent, bien qu’ils ne puissent se passer de ses portables, de ses médicaments, de ses progrès en tous genres.

                              Et la cacophonie de ces « révolutions » qui tombent entre des mains obscurantistes comme le fruit de l’arbre.

                              Ces islamistes qui parlent de démocratie et n’en croient pas un mot, qui clament le respect des femmes et les traitent en esclaves.

                              Et ces gourdes qui se voilent et se courbent au lieu de flairer le piège, qui revendiquent le statut de coépouse, de complémentaire, de moins que rien !

                              Et ces « niqabées » qui, en Europe, prennent un malin plaisir à choquer le bon Gaulois ou le bon Belge comme si c’était une prouesse de sortir en scaphandrier ! Comme si c’était une manière de grandir l’islam que de le présenter dans ses atours les plus rétrogrades.

                              Ces jours, enfin, où je cherche le salut et ne le trouve nulle part, même pas auprès d’une élite intellectuelle arabe qui sévit sur les antennes et ignore le terrain, qui vitupère le jour et finit dans les bars la nuit, qui parle principes et se vend pour une poignée de dollars, qui fait du bruit et qui ne sert à rien !

       

                              Voilà, c’était mon quart d’heure de colère contre les miens. Ouf !

 

Fawzia Zouari, (écrivaine et journaliste tunisienne, docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne)

 

Article publié dans « Jeune Afrique » du 02 mai 2014

 

 

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36 raisons pour changer de style de vie :
  1. La Terre n’appartient pas aux hommes, ce sont les hommes qui appartiennent à la Terre (sagesse amérindienne par Sitting Bull). Retrouvons la place qui est la notre.
  2. Tout sur Terre est fait pour durer, année par année, siècle par siècle, millénaire par millénaire. Léguons à nos enfants une Terre qui leur permet de continuer à vivre dans des conditions enviables.
  3. La Terre possède une biodiversité incroyable où tout est à sa place. Arrêtons le crime contre la Création qui fait disparaître des milliers d’espèces à jamais.
  4. La Nature a ses mystères que l’homme moderne ne sait pas comprendre. Pour lui, tout ce qu’il ne sait pas – n’existe pas. Or, l’Amérique a existé avant Christophe Colomb ... !
  5. Dans la Nature, tout est propre, il n’y a pas de déchets, rien ne se perd, il n’y a pas de mauvaises herbes. L’homme moderne pollue tout : l’eau, l’air, la terre, et le climat se réchauffe.
  6. Dans la nature, il y a des récoltes à l’automne, et il n’y a rien à manger en hiver. Le poids des animaux sauvages varie de 25 % au cours d’une année, en fonction de la nourriture disponible. L’homme moderne mange toute l’année. Le poids monte tout le temps.
  7. Dans la nature, il fait chaud en été, et il fait froid en hiver. Les animaux font de réserves de graisse à l’automne – pour les brûler en hiver. L’homme moderne est climatisé en été et chauffé en hiver : il fait des réserves chaque automne et il ne les brûle jamais.
  8. Dans la nature, les jours sont longs en été, et en hiver les nuits : les animaux s’y adaptent par l’hibernation. L’homme moderne, avec la lumière artificielle, vit en hiver comme en été : mêmes heures de travail, de télévision et toujours qu‘un minimum de sommeil : le corps ne peut jamais recharger ses accumulateurs.
  9. Dans la nature, la survie nécessite une activité physique permanente pour assurer ne reste que le minimum vital. L’homme moderne a réussi à éliminer toute nécessité de travail physique de la vie de tous les jours : même la brosse à dents peut être équipée d’un moteur...

A chaque fois, nous avons gagné une bataille. Mais maintenant, nous sommes en train de perdre notre guerre contre la Terre. Or : la Terre n’a pas besoin de nous, c’est nous qui avons besoin de la Terre.

http://www.jeune-et-randonnee.com/raisons.php

 

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. Cherche désespérément couple à construire

 

Souvent, nous échouons dans notre désir de former un couple car nous cherchons le partenaire idéal au lieu d’accueillir et d’aimer l’autre tel qu’il est.

Ils sont trois qui se rencontrent : Claudia, Louis et Justin. Leurs histoires sont à la fois très différentes et proches.

Tous les trois sont à la recherche d’un partenaire. Un homme ou une femme qui enfin s’engage, qui accepte de vivre du quotidien, de fonder une famille. Tous les trois ont fait des tentatives malheureuses qui leur laissent un goût amer, d’impossible, parfois d’abus, générant une colère envers l’autre partenaire avec des jugements hâtifs et partiels.

 

Trois histoires de solitude

 

Claudia a trente-sept ans. Cadre supérieure, elle a consacré une grande partie de son existence à sa réussite professionnelle. Portée par les attentes de son père, elle s’est soumise à ses injonctions et a tout fait pour lui plaire. Sauf qu’aujourd’hui, fatiguée de courir les salons, les aéroports et les hôtels, elle a décidé de changer de vie. Elle s’est mise en quête d’un homme qui réponde à ses aspirations.

 

Louis a orienté sa vie de façon différente. Il a choisi de profiter de l’existence. Il s’est passionné pour son travail, comme pour la reliure, puis pour le VTT qu’il a pratiqué intensément. Sa vie est une succession de passions, d’enthousiasmes crépitants, de passions à durée déterminée. Il a suivi le même scénario avec les femmes qu’il a rencontrées, dans un plaisir et une intensité souvent partagés, mais sans construction à long terme, ce qu’il ne voulait pas d’ailleurs. Sa joie était cette succession de possibles, de rencontres intelligentes, construites, mais sans projets à long terme.

 

Justin revient de voyage. Dans l’avion, il a rencontré une femme. Ils ont passé la nuit ensemble. Il ne cesse de maudire cette rencontre et son comportement car une fois de plus, « elle » est partie, le laissant sans nouvelles, sans suite de cette rencontre dont il pensait qu’elle serait le début d’une vraie histoire. Pour Justin, cette situation n’est que la répétition d’une multitude d’autres, espoirs déçus, rencontres sans suites, vaines, décevantes.

 

Et chacun de déplorer l’inconstance, la non-fiabilité des partenaires rencontrés, leur manque d’engagement.

 

Ces trois compagnons se retrouvent. Au fil de la discussion, chacun prend conscience qu’il y a une illusion à vouloir changer l’autre. Justin raconte comment il avait rencontré une femme qu’il aimait profondément. Mais certains côtés d’elle l'insupportaient. Il s’était mis en tête que l’amour l’aiderait à la changer. Très vite, il s’est rendu compte de sa méprise et a préféré la quitter. Voilà une prise de conscience fondamentale. Trop de couples échouent par ce projet illusoire d’un des partenaires de vouloir changer l’autre.

 

Dans leurs échanges, ils admettent aussi que leurs attentes sur des partenaires sont une manière de les enfermer. Comme s’ils avaient chacun une check-list qui permettrait de valider si le/la candidat/e du moment est le/la bon/ne. Ils mesurent qu’ils ne sont pas dans la rencontre mais dans l’objectif. L’autre en tant que personne passe après des critères rédhibitoires et donc exclusifs de la relation possible.

 

Réussir son couple, et donc le choix d’un partenaire, semble s’inscrire dans les mêmes catégories que réussir sa vie professionnelle, ses vacances ou un bricolage selon une logique à quatre temps : objectifs-moyens-résultats-degré de satisfaction. Quelle est la place laissée à l’autre et à la rencontre ?

 

Devoir de lucidité

 

Au fil de leurs échanges, ils se racontent leurs histoires et regardent le bénéfice pour chacun à ne pas s’engager. Car finalement, ce qu’elle ou ils reprochent à leurs partenaires potentiels les autorise chacun à poursuivre la vie qu’ils ont construite. Reprocher à l’autre de ne pas s’engager leur permet aussi de poursuivre les priorités qu’ils se sont données jusque-là.

 

Ouf ! Les jeunes générations sortent sans doute du mythe romantique où il suffit de s’aimer pour réussir son couple ! Mais alors, comment mesurer le renoncement et le bénéfice d’une vie de couple ? Comment accepter l’autre avec inconditionnalité, sans clauses de réserve ? Comment aimer l’autre pour ce qu’il est et pas pour ce que nous voudrions qu’il soit ? Comment enfin vivre un engagement qui ne soit pas un enfermement ? La réponse n’est pas dans un mode d’emploi et appartient à chaque couple. C’est l’aventure amoureuse !

 

Jean-Paul Sauzède, thérapeute de couple, Revue Réforme

 

Pour découvrir Réforme, cliquer

 

 

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La laïcité

 

La laïcité, dans ses fondements les plus profonds, est un principe universel. La séparation du religieux et du politique représente un progrès de l’humanité vers le respect de l’individu, de ses libres choix, de ses croyances ou de son absence de croyance, et de son droit d’en changer. C’est aussi la condition incontournable du vivre ensemble.

 

Là où la laïcité n’est pas reconnue, les libertés de conscience et d’expression sont bafouées, les droits des femmes sont inexistants ou en recul, l’égalité des droits entre les femmes et les hommes est niée.

La laïcité se voit attaquée à la fois par tous les fanatismes religieux et les fanatiques d’une dérégulation du monde qui, sous couvert de loi du marché, vise à asservir les plus faibles.

A travers le monde, des forces intégristes porteuses d’une idéologie totalitaire utilisent l’intimidation, les assassinats et le terrorisme pour tenter d’imposer leur hégémonie.

Aujourd’hui, l’intégrisme islamiste est la menace principale contre les libertés, non seulement dans ce qu’il baptise « terre d’Islam », mais dans toutes les parties du globe, de l’Extrême-Orient à l’extrême Ouest, du nord baltique au Sud africain.

 

Face aux menaces et aux assassinats que subissent aujourd’hui ceux qui, dans les pays démocratiques, critiquent l’islamisme de conquête,

Face aux menaces et aux assassinats dont sont victimes, au nom de la religion, ceux qui aspirent à la liberté en pays sous lois musulmanes,

Face aux exécutions et aux lapidations que subissent des femmes et des hommes au nom d’une conception barbare de la religion,

Face au discours islamiste, aux communautarismes et à leurs suppôts, qui divisent les populations et les « communautés » et qui avivent la haine des autres,

Face aux offensives réitérées des réseaux islamistes pour tenter d’embraser le monde musulman contre les pays démocratiques,

Face au lobbying des intégrismes auprès des instances internationales (ONU et ses institutions) pour bâillonner la liberté d’expression en voulant instaurer, à l’échelle mondiale, un délit de blasphème,

 

Face à cette montée des périls

Une mobilisation mondiale est indispensable.

C’est pourquoi nous lançons cet Appel à la constitution, à travers le monde, d’un rassemblement laïque universel.

Dans un monde interdépendant, il est désormais impossible de séparer la liberté de conscience de la notion universelle de laïcité, et de celle d’égalité entre les hommes et les femmes. Les populations sous lois musulmanes aspirent, elles aussi, à une liberté et à une démocratie, ce qui est incompatible avec une hégémonie religieuse.

Nous appelons les femmes et les hommes, dans tous les pays, à constituer une force de résistance pour un mouvement laïque international :

 

Pour la laïcité

Contre tous les formes de racismes, d’intégrismes, les communautarismes diviseurs

Pour l’égalité des droits pour toutes et tous quelle que soit l’origine

Contre toutes les discriminations ethniques, sociales ou sexuelles,

Pour les libertés de conscience et d’expression,

Pour l’amitié entre les peuples

Sur ces objectifs, un collectif d’initiative (ouvert) s’est constitué.

 

Pour tout contact, pour soutenir, participer, s’informer, http://laicity.info ou écrire à contacts@laicity.info

 

 

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Arrête-toi, assieds-toi

 

La méditation de pleine conscience est une voie vers la simplicité, cette simplicité dont nous avons si grand besoin. Que nous dit-elle ? Juste ceci : arrête-toi. Arrête-toi de te compliquer la vie en t'alourdissant sans cesse de possessions et d'objectifs. Arrête-toi et assieds-toi, ferme les yeux et respire. Respire, sans rien attendre, ni espérer, ni vouloir. Observe juste ce qui est là, ici et maintenant ...

 

Pour lire la suite, Cliquer Arrête-toi, assieds-toi

Christophe ANDRE, médecin psychiatre, La Vie (janvier 2014)

 

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    Houria, la Palestinienne

 

Houria monte à la gare St Charles dans le train qui va de Marseille à Bordeaux. Toute de noir vêtue, coiffée du niqab, c’est une Palestinienne. La place qu’elle a réservée se trouve dans un carré avec trois autres voyageuses. Elle s’attend à leurs questions.

Houria ouvre son livre de poèmes. Face à elle, une femme et sa fille qui a ouvert son ordinateur.

La dame engage la conversation : « Vous avez un beau visage. Votre voile noir le met en valeur. »

Houria remercie. « On dit généralement qu’une femme musulmane est obligée de se voiler. Ce n’est pas toujours le cas. Moi, c’est mon choix. Je suis fière de présenter ainsi mon identité. Signe religieux ? oui, en partie, avec une touche de coquetterie. La dame se souvient des « voiles » que portaient les femmes de son enfance à l’église. Par respect.

Houria souligne qu’on est obsédé par la question du signe religieux et son interdiction dans les lieux publics. « Votre femme de ménage qui porte une chaîne avec une croix, doit-elle l’enlever ? Mes amies françaises converties à l’Islam s’habillent comme moi pour revendiquer leur choix libre. Vous vous mobilisez pour soutenir une loi contre le voile, mais vous restez silencieux sur l’excision. »

La dame interroge: « Vous êtes maman ?

- Pas encore ! J’attends. Je travaille à la libération de la femme. Et plus généralement de la société.

Nous sommes en avance, nous, les Palestiniens, malgré nos conditions de vie difficiles. »

La fille à l’ordinateur est branchée. Elle écoute tout en consultant. Houria lui lance : « Appelez soufisme dans votre barre de recherche. Vous allez trouver les grands courants poétiques de l’Islam, et les valeurs de tolérance, de paix, de dialogue. On n’en parle pas beaucoup et pourtant c’est réel.

Nos préceptes rejoignent les vôtres : N’est véritablement croyant que celui qui souhaite pour son frère ce qu’il souhaite pour lui-même. En mettant ensemble le meilleur de nous-mêmes, nous construisons le monde à venir. Bien sûr, il ne faut pas rêver ! Ce n’est pas un conte ou un poème qui vont changer le monde dans l’immédiat. La lecture des textes fondamentaux est essentielle.

« Le Coran ! Il renferme de la violence », dites-vous. Et la Bible, alors ! Chaque écrit inspiré est de son temps, de son époque. Il faut aller au-delà des circonstances, de l’actualité et chercher l’enseignement. Il faut que nous sortions de nos préventions… Nous avons tous à y gagner.

Je vais participer à des rencontres poétiques à Lodève. On y déclame des textes dans tous les lieux de la ville. Je fais partie du mouvement « La Paix maintenant ». Je vais porter la parole surtout de Mahmoud Darwich qui se définit lui-même comme le « poète des vaincus. Il ne cesse de chanter la nostalgie de la patrie perdue »…

 

http://plein-jour.eu     http://plein-jour.eu/wordpress/wp-content/uploads/PDF/PJ23.pdf

 

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Ton Christ est juif

Ton Christ est juif
Ta voiture est japonaise
Ton couscous est algérien
Ta démocratie est grecque
Ton café est brésilien
Ton chianti est italien
Et tu reproches à ton voisin d'être un étranger

Ta montre est suisse
Ta chemise est italienne
Ta radio est coréenne
Tes vacances sont tunisiennes
Tes chiffres sont arabes
Ton écriture est latine
Et tu reproches à ton voisin d'être un étranger

Tes figues sont turques
Tes bananes viennent du Cameroun
Ton saumon vient de Norvège
Ton Tchantchè vient de Liège
Uylenspiegel vient de Damme
Du Zaïre vient ton tam-tam
Et tu reproches à ton voisin d'être un étranger

Tes citrons viennent du Maroc
Tes litchis de Madagascar
Tes piments du Sénagal
Tes mangues viennent de Banghi
Tes noix d' coco d' Côte d'Ivoire
Tes ananas d' Californie
Et tu reproches à ton voisin d'être un étranger

Ta vodka vient de Russie
Ta bière de Rhénanie
Tes oranges d'Australie
Tes dattes de Tunisie
Ton Gulfstream vient des Antilles
Tes pommes de Poméranie
Et tu reproches à ton voisin d'être un étranger

Ton djembé vient de Douala
Ton gingembre vient d'Uganda
Ton boubou vient d' Tombouctou
Tes avocats du Nigéria
Tes asperges viennent du Chili
Ton ginseng vient d' chez Li Peng
Et tu reproches à ton voisin d'être un étranger.

Chanson interprété par Julos Beaucarrne

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Etre en confiance, c'est oser

On dit de quelqu’un qu’il a repris confiance en lui.  En fait, il « fait confiance ». Voilà tout le paradoxe de cette qualité. On la pense comme un état, alors qu’elle est un mouvement. On veut en avoir, alors qu’elle est une manière d’être. Etre en confiance, c’est oser. Oser s’appuyer sur un regard qui nous montre une autre image de nous, oser entendre cette parole qui vibre au fond de notre désir, oser avancer à la lumière d’une envie.

 

A l’origine ?  Le bébé qui se voit dans le regard de ses parents.

De cet échange va naître la prise de conscience qu’il est bon - ou indigne - d’exister. « Se sentir réel, disait le pédiatre D. Winnicott, c’est plus qu’exister, c’est exister soi-même. »

Il suppose un double mouvement, celui d’une juste connaissance de soi face aux autres et la construction d’un espace intérieur rien qu’à soi.

Si cette expérience est négative, l’enfant va quêter un regard aimant autour de lui. Il renonce à se connaître lui-même pour correspondre à l’image attendue.

Il construit un « faux soi ».

 

La vie communautaire est une épreuve de vérité. Elle apprend à regarder à l’intérieur de soi et surtout à s’accepter tel que l’on est, avec ses forces et ses faiblesses. Seul le miroir respectueux des autres rend possible d’habiter l’ensemble de notre être.

Donner confiance à un enfant sera lui apprendre à considérer tous les éclats de sa personnalité comme une matière avec laquelle il va se construire. Nos défauts sont nos défenses, ils ont un sens. Ils ont à être entendus, respectés. L’agressivité peut devenir de la combativité, la timidité une aptitude à l’écoute…

La confiance ne se nourrit pas de perfection ou d’orgueil qui la prive du soutien des autres. Mais plutôt de compassion et de simplicité.

Son pire ennemi est la moquerie, qui « casse » ce lien à soi dans l’ouverture à l’autre et tarit la joie d’être reconnu comme l’on est.

Enfin, qui dit foi dit doute. Oser la confiance, c’est outrepasser le doute pour nous appuyer sur ceux qui croient en nous, afin d’intérioriser ces regards et devenir notre propre parent. S ‘aimer comme les autres nous aiment, ou comme nous aimons les autres. 

 

Geneviève de Taisne (psychanalyste) ; revue Panorama  (juin 2013)

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Le pacte civique

"Penser, agir autrement en démocratie et inventer un futur désirable pour tous"

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Un diagnostic

La crise que nous subissons nous fait prendre conscience des limites de la nature, de l’intérêt personnel, de l’accumulation des désirs et la multiplication des démesures. Pour en faire une opportunité de changement, il s'agit de mobiliser de nouveaux potentiels humains, mal reconnus, mais disponibles. Voilà pourquoi un Pacte civique est lancé pour élargir le débat et rassembler les énergies. Les forces humanistes, spirituelles et politiques doivent œuvrer ensemble pour améliorer la qualité de notre démocratie.

Une approche nouvelle du changement

Pour changer les mentalités, le Pacte civique privilégie quatre impératifs pour orienter l’action :
• la créativité pour donner du sens plutôt que pour gagner plus d’argent,
• la sobriété pour économiser les ressources, et distinguer l’essentiel du superflu,
• la justice pour assurer le respect des droits et le partage équitable des richesses,
• la fraternité pour renforcer nos solidarités et rehausser la qualité de notre démocratie.
Le Pacte civique relie trois formes de changements : changements des comportements personnels ; des modes de fonctionnements des organisations ; des régulations institutionnelles et politiques. Ces trois formes de changement se conditionnent mutuellement, aucune n’est suffisante à elle seule.

Une démarche fondée sur l'engagement et la coopération

Pour concrétiser cette volonté de changements individuels et collectifs, le collectif Pacte civique vous demande de répondre à leur appel à adhérer à 32 engagements exigeants, mais nécessaires pour avancer ensemble. Ces engagements nous demandent à la fois :
• d'être nous-mêmes le changement que nous voulons pour la société ;
• de promouvoir dans les organisations qui structurent la vie sociale, ensemble et à tous les niveaux, des pratiques de créativité, de sobriété, de justice et de fraternité démocratique ,
• de militer pour améliorer la qualité de notre démocratie pour renforcer les actions contre les inégalités, les exclusions et discriminations, les maltraitances, pour revivifier le vivre ensemble, pour rendre l’Union européenne plus démocratique, plus sociale et plus active à l'intérieur comme à l'extérieur.

Le Pacte civique s’adresse à toutes les organisations et à toutes celles et ceux qui sont prêts à coopérer pour améliorer notre vivre ensemble et notre démocratie. Si l'on adhère globalement à la démarche, chacun se centre sur les engagements auxquels il veut apporter sa contribution.
Des groupes thématiques et des groupes locaux se mettent en place pour favoriser les expérimentations et coopérations, ancrant sur les territoires la démarche du Pacte civique. Un collectif, assurant la coordination de la démarche, veille à favoriser l'implication de toutes les volontés et à l'évaluation des efforts accomplis afin de décider des suites à donner fin 2013.

Pour en savoir plus, cliquer

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Engagement 

Le véritable engagement n’est pas l’obstination à réaliser  un projet coûte que coûte. Car les aléas de la vie, les prises de conscience, les rencontres conduisent de toutes manières à  le modifier, à le vivre autrement, voire à bifurquer sur des voies imprévues.

Le véritable engagement est celui d’une vie qui s’efforce d’entendre les exigences intérieures qui montent à la conscience. Elles ne coïncident pas forcément avec ce que l’autorité dit, avec ce que la loi déclare, avec ce que les habitudes sociales imposent.

Le véritable engagement  renvoie chacun au plus intime de lui-même, dans un souci de vérité et d’authenticité. Ce n’est pas un chemin de facilité  mais une voie exigeante.

Le véritable engagement d’une vie peut très bien s’allier à des changements extérieurs de parcours ; seule la personne concernée sait et peut dire ce qui fait l’unité de son existence.

Le véritable engagement est celui qui  se prend dans la lucidité, d’une manière responsable. Il ne craint pas  le qu’en dira-t-on, les reproches, les calomnies.

Le véritable engagement est libre des pressions extérieures et intérieures (dont la culpabilité). Sa source est la fidélité à sa conscience après mûre réflexion.

Le véritable engagement libère des schémas tout faits et appelle chacun  à tracer  sa voie personnelle et singulière qu’il est seul à identifier et choisir.

Le véritable engagement se reconnaît à la longue par ses fruits d’humanité et aussi par la paix et la joie intérieure.                                                                                                                                                                  

Jacques Musset

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Sainte colère

 

« Quand l’eau déborde, les digues sont rompues … » prévient le proverbe.

La colère n’a pas bonne presse. « Heureux les doux » avons-nous entendu dans notre enfance. Pourtant, elle est là au creux de chacun d’entre nous. Nous la fuyons, la dénions, l’évitons ou la déguisons sous des bonnes actions, mais nous ne pouvons pas la nier : la colère fait partie de notre nature.

 

A-t-elle un rôle positif ou est-ce la bête tapie dont Dieu parle à Caïn ?

« Le processus de la colère, nous dit le psychanalyste Jacques Sédat, fait partie du processus d’individuation et de séparation. Elle permet à l’enfant d’acquérir la conscience de son individualité. » Alors, à eux ans, on veut bien la comprendre, mais ensuite ?

Au fil de ma pratique analytique, j’ai appris à aimer la colère, à l’écouter avec soin. En germe, dans tout lien affectif, elle exprime nos blessures les plus intimes, celles qui n’ont pu avoir les mots pour se dire.

Julie sanglote de rage : « Ma mère rentrait dans la salle de bain sans frapper. Quand elle me regardait, c’était insupportable. Si je lui disais de sortir, elle se moquait de moi. »

La colère est un signe. Elle nomme les abus de pouvoir face auxquels nous n’osons pas dire « non », l’indifférence ou l’humiliation.

Annick de Souzenelle dit d’elle : « La colère fait accéder l’humain à cette semence indestructible de vie en lui. » L’"en-deçà" de la colère est le repli, le non-investissement de soi, la dépression.

Reprenons ce que Dieu a dit à Caïn : « Lève ton visage et parle. »

Il ne lui dit pas d’étouffer sa colère, mais de la nommer. De mettre des mots sur la douleur. La laisser devenir violence, voilà la bête tapie.

Alors, oui, il y a une bonne colère, une sainte colère, celle qui vient nommer les injustices, les souffrances enfouies, subies. Celle qui dit le droit à exister aux yeux des autres, à avoir droit à son espace vital, à sa propre pensée. Elle est positive quand on prend le temps de l’entendre pour mettre des mots sur ce que l’on ressent, sur ce qu’elle nous dit de ce besoin en nous qui n’a pas été reconnu.

La colère est notre syndicat intérieur !

Ecoutons-le et soyons dans la divine douceur avec nous-mêmes.

 

Geneviève de Taisne, psychanalyste et enseignante

 

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Le jour où je me suis aimé

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris qu’en toutes circonstances, j’étais à la bonne place, au bon moment. Et alors, j’ai pu me relaxer. Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions. Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment… Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… le Respect.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… l’Amour propre.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grands plans, j’ai abandonné les méga-projets du futur. Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime quand cela me plait et à mon rythme. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Simplicité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison, et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. Aujourd’hui, j’ai découvert … l’Humilité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir. Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois. Et cela s’appelle… la Plénitude.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse ! Tout ceci, c’est… le Savoir vivre.

Ken Mc Millen

 

 

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Peut-on rester en communication avec les morts ?

         

 Il est mort, elle est morte ! Dans ma poitrine, c’est un trou béant… Est-ce que c’est fini pour toujours ? Est-ce la fin des relations, de la complicité d’une vie entière ? N’y a-t-il plus que le néant de l’absence ? Au moins, est-ce que la personne défunte m’entend ou peut lire mes pensées ?

          Depuis toujours, les humains se posent douloureusement cette question. Je n’ai pas la prétention d’y répondre, mais de résumer brièvement les traditions qui ont vu le jour sur cette planète. Elles se rejoignent toutes dans deux principales.

…          

 Interrogez autour de vous : les cas de personnes ayant ''vu'' des défunts, les ayant ''entendu'' ou ayant eu la sensation très forte de leur présence peu après leur mort sont innombrables – mais personne n’ose en parler, car c’est un tabou du christianisme.

          L’Orient semble avoir vu juste : pendant le Bardo – quelques jours – nos morts sont capables de signaler leur présence à ceux qui les ont aimés, et ils le font souvent, de façon très différente selon les récepteurs.

          S’ils doivent renaître, ce contact cesse : alors il y a, quelque part sur la planète, un nourrisson qui pleure devant la vie de souffrance qui s’offre à lui.

          S’ils n’ont plus besoin de renaître, ils restent en relation avec l’ensemble du cosmos – donc avec nous. Mais ils ne se manifestent plus ou rarement – peut-être pour ne pas intervenir dans notre combat pour la purification du karma, que nous sommes les seuls à pouvoir mener à son terme.

 

          Comment savoir si une personne très-aimée a repris naissance, ou bien si elle vit désormais pour toujours dans un autre espace-temps que le nôtre, mais reste attentive à chacune des secondes de notre existence ?

          Hélas, c’est impossible. Il faut nous contenter de l’espérance qu’elle n’a pas repris naissance après le Bardo. Et souhaiter que si, pour son malheur, elle a dû renaître, là où elle est, elle parviendra à positiver son karma pour cesser de souffrir, au terme de cette nouvelle vie qui s’ouvre devant elle.

 

Michel Benoit

 

Pour lire l'article dans son intégralité :

http://michelbenoit17.over-blog.com/article-peut-on-rester-en-communication-avec-les-morts-113323201.html

 

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  Vive le marché !

Si vous voulez acheter un téléviseur, divers cas peuvent se présenter :

Si vous êtes très pauvre, eh bien c'est simple : vous vous en passez.

Si vous êtes pauvre, vous l'achetez à crédit, c'est-à-dire vous payez 30% plus cher.

Si vous êtes dans une honnête moyenne, vous le payez au prix marqué.

Si vous êtes riche, il y a bien dans vos relations quelqu'un qui pourra vous le faire avoir à 30 % moins cher.

Si vous êtes très riche, vraiment très riche, le fabricant se fera une joie de vous l'offrir.

 

Maurice Bellet

 

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Une Belle leçon à intégrer !

Un anthropologue a proposé un jeu aux enfants d’une tribu africaine. Il a posé un panier plein de fruits près d'un arbre et il a dit aux enfants que celui qui arriverait le premier remporterait les fruits sucrés. Quand il leur a dit de courir, ils ont tous pris les mains les uns des autres et ont couru ensemble, puis il se sont assis ensemble, jouissant ainsi de leurs friandises. Quand il leur demanda pourquoi ils avaient couru comme ça, alors que l’un d’eux aurait pu avoir tous les fruits pour lui seul, ils ont dit: UBUNTU ! UBUNTU dans la culture Xhosa signifie: “Je suis parce que nous sommes."

 

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 Prendre le temps

Comme tous les mouvements laïques l'observatoire chrétien de la laïcité souhaite la suppression du concordat en Alsace - Moselle et l'application à ces trois départements français de la loi de 1905. Nous l'avons fait savoir dans le communiqué de presse suivant :

« L'OCL (Observatoire Chrétien de la Laïcité) se félicite de la volonté de Mr François Hollande, s’il est élu président de la République, d'introduire les articles fondateurs de la Loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans la Constitution de la République Française, mais déplore l'information selon laquelle ce candidat se préparerait aussi à rendre constitutionnelle l'exception concordataire en Alsace-Moselle.

Ces exceptions, dues à des circonstances historiques particulières, n'ont plus de raison d'être aujourd’hui et doivent donc disparaître même si pour cela des négociations et des étapes peuvent s’avérer nécessaires.

L'OCL affirme que c'est la Loi de 1905 qui doit devenir la loi de l'ensemble de la République française »

Comme vous le savez l'OCL regroupe des associations qui font partie de la fédération des réseaux du Parvis : or un groupe important d'amis alsaciens et mosellans font partie de cette fédération. Certains de ces amis sont proches des idées de l'OCL, mais il faut aussi reconnaître qu'il y a aussi des réticences de la part de chrétiens alsaciens pourtant ouverts et progressistes. Il y a des raisons à ces réticences. Une raison fortement instrumentalisée par les partisans du maintien du statut quo, est que le statut local ne concerne pas que les cultes mais d'autres aspects importants de la vie sociale. Cet argument doit être considéré et des réponses claires apportées car il n'est pas impossible de séparer le problème concordataire des autres questions.

N'oublions pas que dans tous les autres départements français les religions sont de fait subventionnés plus ou moins directement : entretien des églises, réduction d’impôt pour le denier du culte, contrats des écoles, subventions aux associations, etc.. Une réflexion s'impose donc aussi aux associations laïques pour que les lois françaises soient clairement définies sur tout le territoire national et que nous nous interrogions sur les rapports parfois mal délimités entre culte et culture : opération qui est parfois assez difficile.

L'autre argument est que l'application brutale de la loi de 1905 provoquerait en Alsace-Moselle des conséquences financières et donc organisationnelles rudes et à certains égards difficiles à supporter pour des institutions religieuses qui jouent un rôle social important (sur les plans universitaires, humanitaires ou dans les associations de jeunes) et sont habituées à profiter de la manne gouvernementale. Notamment certaines personnes proches de nous par ailleurs m'ont demandé si j'étais prêt à demander la suppression des ressources (en fait les salaires) des prêtres, pasteurs et laïcs (chargés de famille pour partie) salariés dans le cadre du concordat. Il y aussi des propositions claires à faire dans ce domaine pour que des mesures transitoires soient envisagées.

Il nous est apparu que l'application de la loi de 1905 à ces trois département-qui ne sont pas actuellement dans l'illégalité mais dans une situation qui échappe à la République laïque que définit la constitution, dans la mesure où le bénéfice du concordat leur est actuellement reconnu par l'Etat français-demanderait pour le moins des échanges aboutissant à des propositions sur ces points et sans doute d'autres qui en m'apparaissent pas pour le moment Il faut donc prendre le temps nécessaire. Il en est de même dans d'autres territoires où ne s'applique pas la loi républicaine.

On ne saurait donc se contenter du mot d'ordre qui serait ressenti par les alsaciens et les mosellans comme un slogan provocateur et peu productif : abroger "sans autre forme de procès" comme dirait la Fontaine, le statut concordataire d'Alsace-Moselle.

Jean Riedinger, secrétaire de l'O.C.L.

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Réorienter d’urgence l’agriculture française

 

Point de vue par Jacques Caplat, Pierre Rabhi, Jean-Jacques Boutrou, Marie-Paule Jammet et Jean Huet, Hugues Toussaint, Bob Brac de la Perrière, Xavier Bonvoisin…

 

Les crises sociales, environnementales, sanitaires et économiques que traverse notre société sont connues, mais leur dimension alimentaire et agricole n’est pas toujours mise en lumière : effets dramatiques et désormais irréfutables des pesticides dans la progression de nombreuses maladies (cancers, maladies neurodégénératives et auto-immunes, allergies, etc.), atteintes à l’environnement (destruction des paysages, pollution des eaux dont le coût de traitement risque d’exploser, érosion, appauvrissement des sols) et en particulier à la biodiversité dont les abeilles sont un témoin alarmant, contribution majeure de l’agriculture industrielle à l’effet de serre, déstructuration du tissu rural en France et en Europe, paupérisation des paysanneries au Nord comme au Sud, pénuries alimentaires apparentes (dues aux problèmes d’accès à la nourriture)…

Des décisions récentes risquent de renforcer les dégâts de cette agriculture déshumanisée : la loi sur les obtentions végétales votée en novembre 2011 interdit aux paysans de re-semer leur récolte et va renforcer la mainmise des multinationales sur les choix agricoles ; la modification des règles d’épandage de l’azote va augmenter les rejets des élevages hors-sols dans l’environnement des zones dites “sensibles” ; l’annulation de la “clause de sauvegarde” française sur les OGM et le délais pris avant l’adoption d’une nouvelle interdiction mettent directement en danger la production de miel en raison des contaminations prévisibles du pollen.

 

Pourtant, l’agriculture peut également être porteuse d’espoirs, à condition de changer en profondeur notre politique agricole, qui n’est actuellement ni durable, ni efficiente.

Les techniques alternatives de production agricole et de transformation alimentaire, et en particulier celles issues de l’agriculture biologique, prouvent chaque jour leur pertinence agronomique, économique, sociale et environnementale à l’échelle mondiale. Elles créent ou maintiennent des emplois ruraux, préservent les ressources en eau et la biodiversité, réduisent la dépendance énergétique des exploitations et réconcilient les cycles du carbone et de l’azote, évitent la dissémination de substances toxiques dans l’environnement et les aliments, remodèlent des paysages cohérents, ré-ancrent les entreprises agro-alimentaires dans les territoires, permettent aux populations de disposer de ressources alimentaires locales et accessibles (tant dans les pays du Nord que du Sud)…

 

Une agriculture biologique, paysanne et insérée dans un tissu économique local peut parfaitement nourrir l’humanité – et elle le fera sans détruire les moyens de production que sont la terre, l’eau, les semences et les humains. Il n’y aura pas de durabilité agricole sans durabilité environnementale. Par ailleurs, des initiatives citoyennes comme les AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) ou Terre de liens témoignent à la fois de l’inventivité maintenue de l’agriculture française, et de la volonté des citoyens de s’impliquer dans son évolution. Plus de 40 000 d’entre eux ont pu le démontrer récemment en participant aux campagnes de mobilisation “Osons la bio !” et “Développons l’agriculture biologique”.

Il n’est plus concevable de nier qu’une autre agriculture est possible, et il est temps pour les élu(e)s et pour les candidat(e)s aux élections de prendre conscience de la volonté des citoyens de se réapproprier collectivement les politiques agricoles, alimentaires et rurales, dans un objectif de souveraineté alimentaire, de respect du vivant et de vitalité des territoires. Pour paraphraser Clémenceau, “l’agriculture est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls agriculteurs et à l’agro-industrie”.

 

Nous, organisations agricoles et rurales, associations de solidarité internationale, mouvements de l’éducation populaire, organisations de défense de l’environnement ou de la santé, réseaux de citoyens, demandons instamment aux candidats de s’engager à :

• réformer en profondeur la gouvernance de l’agriculture, afin que la société civile soit enfin associée à toutes les instances de décision agricole (CDOA, SAFER, Chambres d’Agriculture, etc.) ;

• mettre en œuvre les moyens nécessaires pour atteindre impérativement 20 % d’agriculture biologique en 2020 : formations agricoles, recherche agronomique, accompagnement technique, financier et humain des paysans en conversion vers la bio, soutien aux filières bio en construction, etc. ; • préparer la transition technique de l’ensemble des agriculteurs, notamment en réduisant de 50 % l’usage des produits phytosanitaires et en interdisant les plus polluants et rémanents ;

• faire de l’installation une priorité absolue face à l’actuel agrandissement continu des exploitations agricoles françaises, qui empêche les transmissions et met en danger le renouvellement des générations ;

• abroger la loi sur les semences du 28 novembre 2011 et la remplacer par une législation qui reconnaisse le rôle des paysans dans la sélection évolutive et conservatrice ;

• prendre toutes les mesures pour interdire les OGM sur le territoire français, de façon à protéger les pollinisateurs, les semences paysannes et les consommateurs ;

• défendre résolument une Politique Agricole Commune verte et solidaire, où toutes les aides inciteront au respect de l’environnement (avec des montants progressifs en fonction des pratiques) et à l’emploi agricole, et ne favoriseront pas des exportations portant préjudice aux paysans du Sud ;

• consacrer une part importante de “l’aide publique au développement” au soutien à l’agriculture familiale et biologique des pays du Sud ;

• créer, maintenir et renforcer des outils de gestion et de régulation des marchés agricoles, et lutter activement contre la spéculation sur les produits agricoles et alimentaires.

Les outils et dispositifs qui permettront d’atteindre 20 % des surfaces françaises en agriculture biologique sont les mêmes que ceux qui aideront l’ensemble des agriculteurs français à évoluer vers une meilleure intégration de l’environnement et de l’emploi rural… et qui aideront les paysanneries des pays en développement à construire leur nécessaire et urgente souveraineté alimentaire.

 

Contact presse : Jacques Caplat – Tél. 09 75 29 39 82

Source :  http://www.agirpourlenvironnement.org/communiques-presse/la-societe-civile-et-de-nombreux-mouvements-paysans-et-ruraux-demandent-un-3411

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  Un jour viendra

Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains à vous aussi !

Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Saint Petersburg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle semblerait absurde aujourd’hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie.

Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne …

Un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d’un grand sénat souverain qui sera à l’Europe ce que le parlement est à l’Angleterre …ce que l’assemblée législative est à la France !

Un jour viendra où l’on montrera les canons dans les musées …en s’étonnant que cela ait pu être !

Un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les Etats Unis d’Amérique, les Etats Unis d’Europe, placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies … (…)

Et ce jour là, il ne faudra pas quatre cents ans pour l’amener car nous vivons dans un temps rapide. (…)

Victor HUGO

Discours d’ouverture du congrès de la Paix… 1849…

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Peut-on sortir du nucléaire ?

 

 "Peut-on sortir du nucléaire ?" est une question  aussi vaine que "Peut-on abolir les privilèges ?". Non, nous ne le pouvions pas ; et pourtant, nous l’avons fait. Les seules questions valables sont donc les suivantes :  "Doit-on abolir les privilèges ?" ;  "Doit-on abolir la peine de mort ?"; "Doit-on interdire l’utilisation de l’énergie nucléaire ?".

 

La véritable question est celle de la légitimité de la politique nucléaire civil. Notre thèse est simple et claire : cette acceptabilité est nulle. Nulle, car on n’a pas le droit de prendre un risque aussi incommensurable que celui d’un accident nucléaire majeur à l’échelle du territoire national ; nulle, car on n’a pas le droit de léguer à la nation française future des déchets radioactifs de très longue vie, dont chacun ignore à ce jour s’il est possible d’en faire quelque chose de raisonnable (et dont tout porte même à croire que rien de raisonnable ne peut en être fait) ; nulle, car on n’a pas le droit de faire dépendre la nation française de l’importation de minerai  d’uranium situé pour l’essentiel dans des zones géopolitiquement instables. Nulle donc, car on n’a pas le droit de rendre les citoyens d’un Etat prétendument libre à ce point dépendants qu’en cas de crise majeure, non seulement ils n’auront plus ni éclairage, ni chauffage, mais qu’ils ne pourront même plus accéder aux informations officielles par le biais de la radio, de la télévision ou d’Internet. La politique nucléaire française, qui a poussé jusqu’à l’extrême l’expérience des moutons de Panurge vers le confort facile de la falaise dorée, n’a plus qu’une solution : accepter sa remise en cause radicale. Nier cela, ce serait nier l’exigence minimale du socle républicain, celui de la protection du territoire national et de ses membres.

Article de J-C Mathias, paru dans les "Cahiers de l’Entre-Deux-Mers" n°100

www.sortirdunucléaire.org

 

 

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Jeunes migrants scolarisés sur l'agglomération de Nancy : deux exemples parmi d'autres

 

M (garçon), 12 ans, arrivé en France il y a 18 mois, élève en 6ème, logeant à l’hôtel dans la même chambre que ses deux sœurs, sans poste de télévision, sans connexion Internet, avec une petite table à « partager » entre eux pour faire les devoirs.

Premier devoir de SVT[1] à rendre la semaine suivante : Sujet très intéressant mais qui commence ainsi : « Allez sur Internet et connectez-vous pour obtenir la carte d’État-major à l’échelle X sur laquelle apparaît le collège ». Et toutes les questions suivantes font appel à la lecture de cette carte… En plus de la connexion Internet, il manque à M une aide (traducteur) pour saisir complètement et de façon précise l’intitulé des questions qui ne font pas toujours appel au langage courant….

Deuxième sujet de SVT, toujours à rendre la semaine suivante : Choisir un exemple d’activité de l’homme qui modifie son environnement en positif ou en négatif : construire un panneau d’informations explicatives sur ce sujet. Ballotté depuis sa naissance sur les routes de l’exil, M n’a jamais eu accès à l’information sur ces problèmes liés à l’activité humaine et à l’environnement dans une langue qu’il maîtrise parfaitement. Réchauffement climatique, effet de serre, pollutions en tout genre… il n’en avait jamais entendu parler auparavant.

Une aide à la maison serait nécessaire, mais il n’y a pas de maison, il y a un hôtel où l’accès est interdit à toute personne non-résidente.

 

D (fille), en France depuis environ 18 mois, élève de 3ème en juin 2011.

Problème de maths posé en devoir surveillé au collège : Monsieur X possède un jardin en forme de trapèze (un trapèze, elle sait ce que c’est, elle l’a vu en classe) qui comporte deux parties dont il est dit que l’une, rectangulaire est un potager et l’autre une pelouse. La question est de déterminer la position de la limite entre « la partie cultivée et le gazon pour que les deux soient égales ». Elle n’a pas su résoudre le problème et a eu 0 n’ayant pas compris que la partie cultivée, c’est le potager et que le gazon, c’est la pelouse. Une fois éliminé ce problème de vocabulaire, la solution était très vite fournie (et exacte).

D, russophone, avait choisi au collège le russe comme LV[2]2 de façon à concentrer ses efforts sur les autres matières. En fin de 3ème, elle est orientée vers un lycée professionnel en vue d’un bac pro comptabilité, et, mauvaise surprise à la rentrée, pour un bac pro, les deux langues vivantes obligatoires doivent être choisies parmi anglais, allemand, espagnol ou italien (nouvelle loi !). Elles doivent être enseignées de préférence dans l‘établissement sinon une formation par correspondance est autorisée, mais il faut s’assurer auprès du rectorat que l’on pourra passer la langue choisie.

Aucune formation n’est donc dispensée par le CNED[3] en russe LV2. Donc pour le bac pro, en avant pour l’échec.

Dans l’école de la République, des bonnes volontés existent, mais les difficultés des enfants des migrants ne sont pas toujours perçues et, à fortiori, les réflexions sur des solutions manquent.

Hélas, beaucoup d’enfants français de milieux défavorisés se heurtent aux mêmes problèmes.

 

Catherine TOSSER

 

1 Sciences de la Vie de la Terre

2 Langue vivante

3 Centre national d'enseignement à distance


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  Médecine, religion et peur

 ou l'influence cachée des croyances,

En utilisant la métaphore de l'aimant et de la limaille de fer, Olivier Clerc montre que la médecine moderne, depuis Pasteur, s'est développée selon les mêmes "lignes de force" que la religion chrétienne, et plus particulièrement catholique, dont elle a adopté les croyances, les dogmes, les rites et pratiques, sous des formes à peine différentes, devenant ainsi une sorte de religion masquée :

- le médecin a pris la place du prêtre ;
- la recherche de la santé remplace la quête du salut ;
- l'espoir de l'immortalité (par clonage, manipulations génétiques, etc.) l'emporte sur l'attente de la vie éternelle ;
- la vaccination joue le même rôle initiatique que le baptême ;
- et un hypothétique vaccin universel sauvera demain l'humanité de toutes les maladies, comme le Sauveur a racheté tous les péchés du monde.

Le pouvoir médical est aujourd'hui allié à l'État, comme l'était hier l'Église. Les « charlatans » sont poursuivis comme les « hérétiques » d'autrefois, et le dogmatisme prévaut sur l'ouverture à des théories « pas catholiques ». Un même esprit de déresponsabilisation caractérise le discours médical actuel et les sermons du passé. L'homme est aujourd'hui aliéné de son corps comme hier de son âme. Il continue d'être manipulé par la peur et par des espoirs infantiles

 

Médecine, religion et peur par Olivier Clerc, Editions Jouvence.

http://www.olivierclerc.com

 

 

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Le pauvre et l’hypocrite.

… La question de l’explosion de la pauvreté, est devenue un phénomène aussi banal que la rentrée des classes ou le passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver. Jusqu’à quand va-t-on tolérer que les pays développés créent des pauvres à marche forcée, comme s’il s’agissait d’une fatalité maléfique ? En France, l’Institut national de la statistique relevait récemment que le nombre de pauvres avait franchi un nouveau record pour atteindre 8,2 millions de personnes. Faut-il se contenter de les envoyer aux Restos du cœur ou agir pour les sortir de l’engrenage de la misère de masse ?

Pleurer sur le sort des plus démunis sans passer les choix publics au tamis du jugement afin d’en évaluer les conséquences concrètes, c’est le comble de l’hypocrisie. Faire des « marchés » les juges suprêmes de la politique économique, laisser le capitalisme fou imposer sa loi, refuser de mettre les banques à la raison, puis verser une larme sur les retombées d’un tel jeu de massacre, c’est  tomber sous le coup du paradoxe de Bossuet qui disait : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. »

Au sein de l’élite, nombreux sont ceux qui espèrent ainsi reconstituer leur prestige moral à bon compte. Les bourgeois d’antan  avaient leurs pauvres, à qui ils versaient une pièce au sortir de la messe. Leurs descendants déduisent de leurs impôts les quelques sous versés aux associations humanitaires. L’histoire n’en est pas plus morale pour autant.

Jack DION (Marianne n° 753)

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  Le meurtre de Ben Laden ; Quand un peuple fête la mort

Tard dans la soirée du 1er mai, le Président Obama déclare à la télévision : « Je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les États-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden. (…) Justice a été faite. Justice has been done. » Oui, mais quelle justice a été faite ? Le Président américain précise qu’il avait « autorisé une opération destinée à capturer Oussama Ben Laden et à le présenter devant la justice. »  Si tel était bien l’objectif recherché, alors l’opération conduite par les militaires des forces spéciales américaines a échoué. La mort de Ben Laden signifie au contraire qu’il ne rendra jamais compte de ses actes devant la justice. Ben Laden n’a pas été capturé, il a été tué. Il n’a pas été jugé, il a été exécuté. On nous dit que la photo de son cadavre est « atroce ». Son meurtre est un acte de violence, il n’est pas un acte de justice. La justice des hommes civilisés est un acte d’humanité et non de violence.

Il y a tout lieu de penser que l’objectif des Américains n’était pas de capturer Ben Laden, mais de le tuer. Détenir comme prisonnier le leader d’Al Quaïda aurait posé à l’État américain des problèmes ingérables. Et pouvait-il se permettre d’instruire le procès de Ben Laden devant un tribunal dont il aurait fait une tribune ? Tout compte fait, sa disparition l’arrange bien. Trop bien. Le 16 mars 2010, Eric Holder, le ministre de la Justice américain, avait  déclaré devant le Congrès qu’Oussama Ben Laden ne serait « jamais traduit devant un tribunal américain » parce qu’il serait tué au moment de son arrestation. « La réalité, avait précisé le ministre, est qu’on lira ses droits au cadavre d’Oussama Ben Laden. »

La mort de Ben Laden correspond à une certaine logique, mais c’est seulement la logique de la vengeance. Ce n’est pas la justice qui a été faite, mais la vengeance. Quelle autre motivation à ce meurtre que la seule recherche de la vengeance ? Quel autre bénéfice le peuple américain peut-il espérer de cette mort que la satisfaction de son désir de vengeance ? Quand la plus grande puissance militaire du monde tue un homme désarmé qui vit dans une maison de campagne, où est le progrès de la justice ? Où le progrès de la liberté ? Où celui des droits de l’Homme ? Où l’avancée de la civilisation ? Où celle de la paix ? Où celle de la démocratie ? Tuer un homme, ce n’est pas défendre une cause, c’est tuer un homme.

L’immersion en mer du corps de Ben Laden, quelles que soient les précautions qui ont pu être prises, est non seulement contraire aux règles de l’islam, elle est contraire aux lois de l’humanité. Comme si le meurtre de l’ennemi ne suffisait pas et qu’il fallait pourvoir à son anéantissement.

Certes, nul ne peut avoir oublié l’horreur des attentats du 11 septembre 2001 qui a traumatisé le peuple américain. Ben Laden, comme l’a souligné Barack Obama, était « responsable du meurtre de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants innocents ». Mais en quoi le meurtre de Ben Laden rend-il justice aux victimes et à leurs familles ?  Ce meurtre ne satisfait que la justice archaïque de la loi du talion dont la caractéristique est précisément de redoubler la violence. Ce meurtre ne fait que banaliser la mort.

Certes, le terrorisme islamiste fait peser une réelle menace sur les démocraties et celles-ci ont le droit et le devoir de se défendre. Mais le meurtre de Ben Laden mérite-t-il d’être salué comme une grande victoire de la démocratie sur le terrorisme ? Est-il de nature à renforcer la sécurité des démocraties ? Rien n’est moins sûr. L’élimination de Ben Laden ne saurait affaiblir l’idéologie du terrorisme. D’aucuns vont certainement vouloir venger la mort de celui qui a été martyrisé. Point n’est besoin d’être un grand expert pour penser qu’une radicalisation des réseaux terroristes est fort probable et que, de ce fait, les risques d’attentats sont accrus. Là encore, tout cela est conforme à la logique de la violence.

Aussitôt, peu après minuit, de Washington à New York des milliers d’Américains sont descendus dans la rue et se sont rassemblés pour fêter cette mort comme on fête une magnifique victoire. La télévision américaine nous a montré des images de foules en liesse chantant et dansant pour hurler leur joie. « USA, USA ! », criaient en riant à gorge déployée ces femmes et ces hommes pour exprimer leur fierté d’être Américains.

En France, tous ceux qui s’appliquent à tenir un langage politiquement correct  ont affirmé qu’ils se réjouissaient de la mort de Ben Laden qui signifiait à leurs yeux une victoire de la démocratie sur le  terrorisme. Tous semblent s’accorder avec le communiqué publié le 2 mai par la Présidence de la République française : « Justice est faite ». Et tous semblent se satisfaire de cette justice expéditive.

Certes, il suffit  d’un peu de psychologie pour comprendre la satisfaction et le soulagement ressentis par ceux-là mêmes qui ont été douloureusement meurtris par les agissements criminels de Ben Laden. C’est « humain », « bien humain ». Mais cette compréhension compatissante ne saurait venir donner raison aux manifestations exorbitantes qui ont eu lieu. La décence aurait voulu que cette satisfaction soit retenue au lieu qu’elle laisse place à une explosion débridée de jouissance. En  ces circonstances, il faut nous ressouvenir des paroles d’humanité du poète : « Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse… » Si j’osais, j’ajouterais : danser, chanter, crier, est également lâche…

Comment l’homme peut-il fêter la mort en criant de joie ? Ne faut-il pas pour cela que la violence soit profondément ancrée dans son cœur et dans son esprit ? Ne faut-il pas pour cela que la violence ait détruit toute une part de l’humanité en lui ? Comment l’homme peut-il respecter l’humanité en lui s’il ne respecte pas l’humanité en l’autre, fut-il son pire ennemi ? Le sang de l’ennemi est toujours le sang de l’humanité. Le meurtre est toujours un échec, un drame et un malheur. La tragédie de la violence c’est précisément qu’elle enferme chacun des deux adversaires dans un engrenage où l’un et l’autre finissent par perdre le sens sacré de la vie. Chacun reste prisonnier de la logique de la violence qui est une logique de mort.

Jean-Marie Muller, Philosophe et écrivain. porte parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente ( MAN : www.nonviolence.fr

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Indignez-vous

 

"Le motif de base de la Résistance était l'indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques , intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir votre motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne come j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint le courant de l'histoire et le grand courant de l'histoire doit se poursuivre grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté ..."

 

Tiré de "Indignez-vous" par Stephan HESSEL Editions Indigène

 Ancien déporté et résistant, ancien ambassadeur, co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme, Stéphan Hessel a 93 ans.

 

Indignations :

"L'injustice, en particulier dans le choix des hommes. Et l'utilisation quasi éhontée, quotidienne, du mensonge." Général J. L. Georgelin;
 

"La souffrance en général, et plus particulièrement celle des enfants. L'injustice ... La trahison .... La désinvolture ... " J. C. Casadesus;
 

"Ce qui m'indigne, c'est que l'école ne joue plus son rôle d'ascenseur social." M. Erra;

 

"Je suis indigné que l'on puisse faire fortune en faisant de la politique". Marc Blondel;
 

"Je suis horrifié par les dégâts que le trio industrie agroalimentaire - grande distribution - publicité commet sur notre agriculture paysanne et notre artisanat". Y Camdeborde, cuisinier;
 

"Je suis indigné que, dans un pays comme la France, on puisse mourir de froid dans la rue". C Féral-Schuhl;
 

"Penser que les parents sont responsables de la pathologie de leur enfant, les rendre coupable de leur maladie." A. Kidjo;

 

Et vous, qu'est-ce qui vous indigne ?

Pour participer, cliquer :

 

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  C’est quoi, être pauvre ?

La pauvreté est une question de revenus, mais aussi de conditions de vie. Si être pauvre, c’est être victime de privations, quelles sont celles que les Français jugent "inacceptables" ?

Quelles sont les privations qui sont jugées les plus acceptables et celles qui sont inacceptables ? " Le consensus n’est net que sur un petit nombre de privations, témoignant d’une vision restrictive de la pauvreté limitée aux privations alimentaires sévères, aux manques fonctionnels relatifs à l’habillement, à la très mauvaise qualité du logement et aux difficultés à se soigner ", expliquent les auteurs d’une étude réalisée à partir de l’enquête " Standards de vie " de l’Insee menée en janvier 2006 auprès de 5 900 personnes.

Logiquement, l’accès des enfants à ces éléments de base est largement perçu comme une nécessité : 90 % des personnes interrogées jugent inacceptable de " ne pas pouvoir payer à ses enfants des vêtements et des chaussures à leur taille ", 89 % de " ne pas pouvoir payer des appareils dentaires à ses enfants " et 86 % de " ne pas avoir assez de rechange pour envoyer ses enfants à l’école avec des vêtements toujours propres ". Pour l’ensemble de la population, " se priver régulièrement d’un repas plusieurs fois par semaine ", " être obligé de vivre dans un logement sans eau chaude ", " ne pas pouvoir se payer de prothèses auditives " sont les items jugés les plus inacceptables.

A l’opposé, tout ce qui relève du loisir, des communications ou des nouvelles technologies n’est pas jugé le plus souvent comme indispensable. Ainsi, 3 % seulement des personnes interrogées pensent qu’on ne peut se passer d’un lecteur de DVD, 4 % d’un lave-vaisselle et 7 % d’un téléphone mobile.

Source : Observatoire des inégalités; Pour en savoir plus, cliquer 

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L’urgence de délégitimer l’arme nucléaire

…      Le 8 août 1945, deux jours après l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, un jour avant qu’une seconde bombe ne soit lancée sur Nagasaki, Albert Camus publie dans Combat un article dans lequel il s’indigne des « commentaires enthousiastes » qui saluent cette performance technologique. Une telle célébration lui paraît indécente. Il résume son commentaire d’une phrase : « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. »

…     Ne nous y trompons pas : l’enjeu de l’arme nucléaire n’est pas d’abord militaire ; il est moral, il est politique et, en premier lieu, il est spirituel. Il est existentiel. Il ne s’agit pas d’abord de savoir par quels moyens nous devons défendre notre société, mais de savoir quelle société nous voulons défendre. Il s’agit de savoir quelles valeurs donnent sens à notre existence et à l’aventure humaine, et pour la défense desquelles il convient que nous prenions des risques. La menace de l’arme nucléaire, qui implique par elle-même le consentement au meurtre de millions d’innocents, est le reniement de toutes les valeurs d’humanité qui fondent notre civilisation. Par la préméditation du meurtre nucléaire, nous avons déjà nié les valeurs que nous prétendons défendre. Comment pourrions-nous, sans nier la dignité  de l’humanité de l’homme, consentir au meurtre nucléaire ?

Le caractère criminel de l’emploi de l’arme nucléaire a été clairement dénoncé par la résolution de l’ONU du 24 novembre 1961. L’Assemblée Générale déclare : « Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation. » Vous conviendrez que la condamnation est sans appel. Face à la possibilité du crime nucléaire, l’humanité est sommée de se réveiller de son inconscience et de résister à sa barbarie intérieure. L’humanité, c’est-à-dire chacun de nous. Dès lors, ne sommes-nous pas mis au défi de défendre l’Humanité et la civilisation contre le crime nucléaire ? 

…. Par son consentement au meurtre nucléaire, l’homme nie et renie la transcendance de son être spirituel. Par cet assentiment, il « perd son âme », comme on disait naguère. En refusant de rendre un culte idolâtre à l’arme nucléaire, l’homme redevient maître de son propre destin et il lui est alors possible de recouvrer sa part de transcendance.

…. Dans la société laïque et républicaine qui est la nôtre, vous avez encore le rare privilège de pouvoir faire entendre votre voix dans la cacophonie des bruits médiatiques qui asphyxient notre démocratie. Dès lors, n’est-il pas de votre responsabilité de faire écho à la voix du jeune prophète de Nazareth qui, il y a quelque deux mille ans, a délégitimé toute violence, a demandé à ses amis de ne pas résister au mal en imitant le méchant et de remettre leur épée au fourreau ? Durant toute sa vie, avec une liberté magnifique, il a osé défier le pouvoir des puissants. Vous savez qu’il en est mort. Il eut la sagesse d’abroger la loi du talion qui continue pourtant d’être la règle de conduite des États nucléaires dont les menaces réciproques font peser sur l’humanité tout entière le risque de l’anéantissement.

Je ne sais pas si nous sommes encore beaucoup à attendre de vous que vous fassiez écho aux paroles de compassion, de douceur, de justice et de paix que le Nazaréen fit entendre sur la Montagne des Béatitudes… Mais si vous en aviez l’audace, alors soyez sûrs que, dans ce monde malade de la violence à en mourir, ils seraient nombreux, très nombreux, parmi celles et ceux qui sont sans voix, qu’ils croient au ciel, qu’ils n‘y croient pas ou qu’ils y croient mal, à se réjouir de vous entendre parler haut et fort pour délégitimer l’arme nucléaire. Dans ce monde enténébré, vous auriez contribué à entretenir la petite flamme fragile de l’espérance. 

                                          Le  28 novembre 2010

Extraits de la lettre ouverte adressée aux évêques de France par Jean-Marie MULLER                        

Pour avoir la lettre intégrale, cliquer

 

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  Bohémiens et bourgeois 

Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal de voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour  les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.

            Gustave Flaubert le 12 juin 1867

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L’euthanasie - un instrument de gouvernement ?

 

Dès qu’il dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société ; il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement, plutôt qu’elle ne se détériore progressivement.

On pourrait accepter l’idée d’allongement de l’espérance de vie à condition de rendre les vieux solvables et de créer ainsi un marché.

Je crois que dans la logique même du système industriel dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus un objectif souhaité par la logique du pouvoir.

L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c’est la liberté, et la liberté fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société.

L’euthanasie deviendra un instrument essentiel de gouvernement.

 

Extraits de L’homme nomade, Jacques ATTALI ; Ed. Le Livre de Poche, 2005 – 

Publié Par CITE et CULTURE :

http://www.citeetculture.com/article-attali-pour-l-euthanasie-a-62-ans-57318950.html

 

NDLR : Quelles réactions, quels frissons vous inspirent cette froide proposition d'un notable de notre temps ?

N'hésitez pas à nous les transmettre en cliquant :

 

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  Comment fabriquer des boucs émissaires ?

Lorsque l’institution faillit ...

7 juillet 2010, 17h25, Gare de l’Est. Je m’installe dans le TGV qui doit me ramener à Strasbourg. La voix quelque peu métallique qui devrait nous annoncer, par le biais du micro, un départ imminent, diffuse alors un message plus inattendu : « Mesdames et messieurs, des Roumains se sont introduits dans le train. Veuillez prendre garde à vos bagages… » Je sursaute, et observe autour de moi : aucune réaction, si ce n’est quelques passagers qui mettent leur serviette en sécurité.

Ce petit incident, trop vite oublié, m’inspire les réflexions suivantes. L’éthique sociale est provoquée lorsque, comme le dit Paul Ricoeur, les institutions Ne sont pas « justes ». Le troisième terme de sa définition de l’éthique (« …dans des institutions justes ») est ici mis à mal : la parole officielle des régulations sociales dans l’espace public a failli à sa mission. À l’intersection des relations courtes de l’éthique interpersonnelle et des relations longues du politique, l’institution, qui, comme on le sait, est composée d’individus, a manqué à son devoir de prudence et d’égalité.

Le mécanisme du bouc émissaire est à l’œuvre dès lors qu’une personne ou une communauté se trouve stigmatisée, non pour ce qu’elle a fait mais pour ce qu’elle est. René Girard a clairement montré que ce phénomène multiséculaire et inconscient a pour effet, sinon pour fonction, d’unifier le groupe majoritaire lorsque celui-ci est parcouru de tensions internes. Les rivalités mimétiques qui menacent l’équilibre social ne trouvent leur dépassement (toujours provisoire) que dans une forme sacrificielle d’exclusion d’une « victime émissaire », choisie sur une base purement arbitraire.

Le processus d’imposition d’une idéologie délétère et de persécution d’une minorité ne peut se déployer que grâce au consentement tacite des citoyens. La Boétie le disait déjà en son temps : aucun pouvoir, même le plus tyrannique, ne pourrait s’exercer sans la servitude volontaire de la population. En l’occurrence, la passivité des passagers (et la mienne en premier !) ne laisse pas d’étonner. Cela semble bien indiquer que, conformément aux analyses de Noam Chomsky et Edward S. Herman, le consentement se fabrique selon des procédures précises, subtiles et redoutablement efficientes.

Enfin, l’incident du 7 juillet m’incite à penser les limites de l’arbitraire. Si la voix avait indiqué que « des Noirs » ou « des Juifs » s’étaient introduits dans le train, Il y aurait eu à l’évidence des protestations indignées. Or, nous savons qu’une telle stigmatisation était courante, sans pratiquement aucune réaction de la part de la population, dans d’autres pays que le nôtre et même en France, il n’y a pas si longtemps que cela. La relativité de ce qui fait scandale à nos yeux devrait nous conduire à interroger les compensations secondaires que nous prodigue, ou non, le consentement à l’arbitraire. L’approche psychanalytique, proposée par exemple par Thierry de Saussure, pourrait à cet égard s’avérer précieuse, pour analyser, comprendre et surmonter l’ambivalence de notre rapport à l’étrange étranger. C’est dire tout l’intérêt d’une réflexion éthique largement interdisciplinaire, susceptible de nourrir notre responsabilité et notre engagement citoyens.

Frédéric Rognon - Membre du CEERE - Professeur de philosophie - Faculté de théologie Protestante - Université de Strasbourg. (Tiré de la revue de la Faculté de Théologie de Strasbourg)

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L'Eglise et l'Etat, vieux débat

Dans l'Est Républicain du 24 août un article intitulé « L'Eglise et l'Etat, vieux débat», soulève la question de la séparation de l'Eglise et de l'Etat à l'occasion des prises de position hostiles de la hiérarchie catholique -entre autres- à l'égard de la politique gouvernementale à l'égard des Roms.
Pour permettre à chacun de se décider en conscience, il me semble utile de rappeler quelques principes de base de ce qu'est une société laïque et démocratique.
La séparation de l'Eglise et de l'Etat a mis heureusement fin, en France, en 1905, à la politique concordataire qui consistait à reconnaître deux pouvoirs de nature politique , l'un temporel (celui de l'Etat et de ses institutions ) l'autre spirituel voire divin (celui de L'Eglise ou des institutions religieuses en général) et à institutionnaliser leur collaboration et leur instrumentalisation réciproque ( alliance
parfois conflictuelle d'ailleurs du trône et de l'autel). La laïcité consiste à ne reconnaître l'autorité politique qu'à l'Etat et aux collectivités publiques démocratique. C'est la base même de la démocratie. Les religions et autres associations de conviction doivent être exclues en tant que telles de l'exercice du pouvoir. Elles ne peuvent revendiquer d'autorité que sur les personnes qui reconnaissent librement cette autorité.
On notera au passage que l'exercice de cette autorité interne à l'institution religieuse reste pour le moins problématique dans le cadre d 'une Eglise catholique aux structures hiérarchique voire monarchiques et qui ne respecte pas en son sein certains droits humains, notamment ceux des femmes. Il est symptomatique à cet égard que le langage courant lorsque l'on parle des positions de l'Eglise désigne les prises de parole de la seule hiérarchie: évêques et-ou Pape.
La laïcité proclame la liberté de conscience personnelle. Les religions n'ont pas à revendiquer au nom d'une vérité qu'elles affirment transcendante le droit d'imposer à tous des décisions politiques qui relèvent en dernier ressort de la volonté des citoyens. Ceux ci doivent avoir juridiquement l'entière liberté de décider de leur choix de vie et donc de leur choix politique, dans le respect des lois démocratiquement élaborées, quelle que soient leur conviction religieuse ou philosophique.
Cela dit il est non moins évident qu'en démocratie toutes les convictions personnelles ou partagées dans des associations, organisations, institutions de toute nature ont le droit de s'exprimer. Il n'y a donc aucune atteinte à la laïcité quand des groupes de croyants ou des associations agnostiques s'expriment collectivement y compris sur tel ou tel aspect de la politique gouvernementale. Jean Luc Mélanchon sur ce point est à la fois laïque et démocrate, ce qui devrait être une tautologie, quand il affirme « ne pas être hostile au fait que des religieux s'expriment ». Il va de soi que tous
les citoyens ont aussi de ce fait le droit de dire leur accord ou leur désaccord avec les expressions en question. Dans une société pluraliste et multiconvictionnelle telle que la nôtre la laïcité est à l'évidence le seul moyen juridique de vivre ensemble et d'éviter les ghettos communautaristes ou les tentatives de prise du pouvoir par des idéologies absolutistes voire totalitaires, religieuses ou non.              

Jean Riedinger secrétaire national de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité.

 

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  La campagne BDS

Le collectif nancéien* contre la guerre et pour une paix juste et durable au Proche et Moyen Orient a décidé de relayer la campagne « N’achetons pas les produits de la colonisation du peuple palestinien, Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) ». Elle s’inscrit dans le combat pour l’application des résolutions des Nations Unies au Proche-Orient et pour une paix négociée établissant un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël, dans des frontières sûres et reconnues, celles de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.

Le collectif appelle sur cette base à la solidarité avec les forces progressistes palestiniennes et israéliennes engagées dans ce combat non-violent.

Qu’est-ce que la campagne BDS ?

B…comme Boycott des produits en provenance des colonies illégales dans les Territoires Palestiniens occupés.

D…comme Désinvestissement du capital des entreprises israéliennes ou internationales qui participent à la colonisation des Territoires Palestiniens occupés (y compris Jérusalem-Est) et à la destruction du patrimoine ou des infrastructures palestiniens, par la fourniture de matériel ou de technologies servant dans l’industrie israélienne d’armement ou par le biais de financements.

S…comme Sanctions, en particulier suspension de l’accord d’association entre l’Union Européenne et Israël, jugement par des tribunaux internationaux  appropriés des responsables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

* Il réunit 13 organisations, associations  et partis politiques

 

Pour en savoir plus et participer à la campagne

 

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  Le sens des valeurs, l’esprit d’entreprise

par Nicolas G. Hayek, le patron de la Swatch Group

Né au Liban en 1928 et agé maintenant de 82 ans, à la tête du plus important groupe horloger du monde, avec 25 000 employés, N. G. Hayek, d’origine libanaise et marié à une descendante d’huguenots français, a été interviewé sur son éthique de chef d’entreprise par le mensuel de l’Eglise protestante vaudoise, “Bonne Nouvelle ” (paru en mai 2010, Cahier La Côte, La Morges, Suisse). Il se révolta contre la croyance en Dieu à l’âge de 12 ans car il n’existe aucune preuve de l’existence de Dieu ; puis, maintenant, de nouveau il croit en Dieu car “ il n’y a pas d’autre possibilité de comprendre la création de ce monde ”.

“ Je suis un passager à bord d’un vaisseau spatial qui s’appelle la planète Terre. Lorsque je vois que ce vaisseau spatial est menacé par des gens qui veulent y faire des trous ou le détruire, j’interviens. Je saute immédiatement de mon siège pour aller aider à réparer les dégâts, avec mes moyens et avec d’autres passagers. Ensuite, lorsque c’est terminé, je reviens m’asseoir à ma place ” (allusion à l’Exposition nationale de 2002 où le Conseil fédéral a fait appel à lui). Il se définit comme un homme d’action et non de pouvoir : “ Je suis un homme d’action. Mais la politique, non … Toute ma vie, j’ai été un serviteur de la communauté ”

Bien que riche, il préfère vivre sobrement : “ Je suis un chef d’entreprise parmi les plus riches de Suisse. Je n’ai pas d’avion privé, je ne dépense pas l’argent des actionnaires, je refuse d’encaisser les salaires trois fois plus élevés que les autres empochent. Je traite mes employés comme mes amis. Lorsqu’il y a une crise, je ne renvoie pas le personnel, je les garde tous. Cela nous a coûté 150 millions de francs de plus de salaires. C’est pour cela que je suis crédible. ”. “ (…) J’ai créé des richesses avec des artisans suisses, avec les qualités suisses, avec la précision suisse, avec l’honnêteté suisse. Car il y a beaucoup de Suisses honnêtes. Nous ne sommes pas tous des gangsters, comme trop de gens le pensent. Même si nous devons reconnaître que certains de nos banquiers se sont conduits comme des gangsters ”. “ Si je dis quelque chose aux jeunes, c’est de ne pas planifier leur vie uniquement dans le but de devenir riches, en jouant à la Bourse. Il faut avoir l’esprit d’entreprise, créer des choses nouvelles, servir tout le monde. Cela donne beaucoup de plaisir ”. 

Le mécénat ? Il a lancé Belenos, une entreprise pour le développement d’énergies propres, avec le Groupe E, la Deutsche Bank, George Clonney, l’Ecole Ammann – “ Je dépense une partie de ma fortune pour ce genre de chose ”. 

Pour en savoir plus, un livre : “ Au-delà de la saga Swatch. Entretiens d’un authentique entrepreneur avec Friedemann Bartu ”, éditions Albin Michel : et le site de son groupe www.swatchgroup.ch

Tiré de Correspondance unitarienne n° 106, août 2010

http://labesacedesunitariens.over-blog.com

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  L'Eglise et Sœur Sourire

Nombreux sont celles et ceux qui se souviennent de Sœur Sourire. Son nom était déjà comme un rayon de soleil. Ses chansons à la guitare, Dominique … nique … nique, Fleur de cactus, et beaucoup d’autres, ont animé pendant des années les rassemblements de jeunes chrétiens. Elle était sœur dominicaine et chantait, au début, pour les jeunes filles venues en retraite, dans son couvent. Quand son premier disque fut épuisé, et qu’il s’avéra un succès également au niveau des ventes, sa supérieure l’encouragea à en produire d’autres, et lui fit en même temps signer un contrat, qui en attribuait, d’office et sans restriction, les bénéfices à son ordre. Quelques années plus tard, alors que la contestation gagnait aussi les couvents, sœur Sourire décida de quitter la communauté et de vivre une vie laïque. Elle avait une amie qui partageait ses objectifs. Elles aimaient la transparence. Elles ne cachèrent pas leur relation homosexuelle. La supérieure et son couvent la rejetèrent, bien sûr, mais gardèrent le bénéfice de la vente des disques. Et quand il se fut agi de payer les contributions sur ces bénéfices, les sœurs répondirent à l’Etat de s’adresser aux intéressées. Celles-ci travaillèrent avec acharnement, mais ne parvinrent pas à faire face aux huissiers. Epuisées, déconsidérées, méprisées, et finalement dégoutées, elles décidèrent de mettre fin à leurs jours. On retrouva leurs deux corps sans vie, dans la petite maison qu’elles habitaient, au sein d’un quartier ouvrier. Je n’ai aucune envie d’ajouter un commentaire.

Jacques MEURICE  (tiré de "Adieu l’Eglise" Editions L’Harmattan)

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  Matin Magique

«Je suis amoureuse de ce qui est, non parce que je suis une personne spirituelle, mais parce que cela me fait du mal quand je conteste la réalité. Nous pouvons savoir que la réalité est bonne telle qu’elle est, parce que lorsque nous la contestons, nous faisons l’expérience de la tension et de la frustration. Nous ne nous sentons alors ni naturels ni équilibrés. Lorsque nous cessons de contester la réalité, l’action devient simple, fluide, bienveillante et sans peur.»
– Byron Katie, extrait de Aimer ce qui est

Si je vous dis que vous êtes absolument parfait tel que vous êtes, quelle est votre première réaction?

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il semble que la perspective de nous aimer ou d’aimer notre vie telle qu’elle est nous effraie. Personne n’aime être insatisfait, personne n’aime être frustré et se sentir limité... Or, bien que l’on aspire tous à vivre un bonheur profond et complet, on est les premiers à l’étouffer en cultivant des «je devrais» et des «il aurait dû» qui entrent en conflit avec la réalité. On déplore la peur et la douleur, mais on compte sur celles-ci pour nous amener à changer...

Question du jour: Qui serions-nous sans cette drôle d’idée? Et si on n’avait pas besoin de rejeter et de juger une chose pour la changer? Et si le meilleur carburant était non pas l’insatisfaction, mais un doux mélange de gratitude et de sérénité? Je peux me tromper, mais j’observe que le fait d’aimer notre vie telle qu’elle est – exactement telle qu’elle est – l’aide en fait à se transformer en une version encore plus belle, encore plus magique, encore plus appropriée...

Il n’est pas question de ne rien faire et de ne rien changer, mais d’effectuer les changements dans la paix plutôt que dans le jugement. On n’abandonne pas vraiment notre idéal, en réalité... On abandonne notre guerre contre le moment présent.

Si on carbure au stress, à la peur ou au dégoût, on crée du stress, de la peur et du dégoût – même si notre intention est de nous en libérer. Si on carbure à l’amour, on crée différentes manifestation d’amour et on ouvre les portes à travers lesquelles il pourra se manifester. Voilà le vrai sens de «semer ce qu’on veut récolter»...

Sur ce, je vous souhaite une magnifique journée! Et merci de partager la magie en si grand nombre!

Marie Pier

http://www.MatinMagique.com

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  La Cimade nous invite : http://www.cimade.org/

« Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre ! »

2010 : une année d'actions offensives et déterminées pour construire une société plus juste

Depuis le 1er janvier 2010, de nombreux équipiers de La Cimade ont dû quitter la moitié des centres de rétention au sein desquels La Cimade intervenait depuis 25 ans. C'est l'issue d'un long bras de fer initié par le Gouvernement depuis fin 2007 pour affaiblir la capacité des associations à défendre efficacement les droits des étrangers et à s'exprimer publiquement sur les dégâts humains engendrés par une dangereuse politique du chiffre.

La Cimade est déterminée à poursuivre son action auprès des migrants, des demandeurs d'asile, des réfugiés et des exclus.

Avec les travailleurs sans-papiers en grève et les syndicats, auprès des personnes privées de liberté, avec les associations et mouvements qui agissent au Maghreb et en Afrique, avec les demandeurs d'asile que nous défendons et accueillons, avec les couples mixtes franco étrangers et avec de multiples partenaires associatifs ou réseaux œcuméniques en Europe, un autre présent et un autre demain se construisent, une autre façon de penser et de réaliser une société plus fraternelle.

C'est à cette utopie concrète que nous nous attelons ensemble.

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Hommage à Sébastien BRIAT tué le 7 novembre 2004 par un train de déchets nucléaires

Le 7 novembre 2004, nous étions quelques dizaines de militants sur le pont de la gare de Nancy pour huer au passage du train chargé de déchets nucléaires. Ce train est passé à proximité de voyageurs en attente de leur correspondance !

Quelques heures plus tard, Sébastien, 22 ans, est mort à Avricourt, en Lorraine, renversé par la locomotive de ce convoi de déchets nucléaires partant vers l’Allemagne. La mort de ce jeune homme plein d’ardeur ne doit pas passer pour lettre morte. L’appel de Sébastien à refuser l’industrie nucléaire et ses déchets éternels dangereux pour les générations futures doit être entendu.

Voici ci-dessous, le communiqué de ses amis ;

Bichon est mort pour ses convictions

Quelques semaines auparavant il s’était décidé avec plusieurs d’entre nous à agir pour rendre publique la vulnérabilité d’un tel convoi. Le fait qu’il soit mort ne doit pas faire oublier que cette action était non violente, réfléchie et volontaire.

Contrairement à ce que ce drame peut laisser transparaître, en aucun cas notre acte était irresponsable et désespéré. Notre engagement est le fruit de convictions profondes quant au danger certain et réel que représente le nucléaire depuis trop longtemps. Cette action était parfaitement planifiée, collectivement, incluant des repérages précis des lieux, et en respectant des procédures d’arrêt éprouvées. Nous avions longuement envisagé toutes les possibilités y compris un non arrêt du convoi. Placés en sortie de courbe, nous pouvions être amenés à quitter les rails très rapidement, du fait d’une visibilité réduite. Nous étions quatre couchés sur les voies ayant chacun un bras passé de part et d’autre d’un tube d’acier glissé sous le rail extérieur de la voie permettant ainsi un départ d’urgence plus rapide. En aucun cas nous n’étions cadenassés et nous avions la possibilité de nous dégager rapidement de ces tubes.

Malheureusement l’équipe chargée de stopper le train 1500m en amont n’a pas pu agir. L’hélicoptère de surveillance précédent en permanence le convoi était absent, « parti se ravitailler en kérosène » ; or cette équipe comptait essentiellement sur sa présence qui signalait l’arrivée du train. Enfin, conformément à ce qui était convenu les stoppeurs ont renoncé à arrêter le convoi car il était accompagné de véhicules de gendarmerie le précédent à vive allure sur le chemin les séparant de la voie.

Le convoi est donc arrivé à « 98 km/h » selon le procureur n’ayant pu être arrêté par les militants ni averti par l’hélicoptère. Ces multiples causes réunies nous mettaient en danger. De ce fait, les personnes couchées sur les rails n’ont bénéficié que de très peu de temps pour s’apercevoir que le train n’avait pas été stoppé et par conséquent n’avait pas réduit son allure. Nous nous étions entraînés à une évacuation d’urgence de l’ordre de quelques secondes. Sébastien à été percuté alors qu’il quittait les rails, et en aucun cas, son bras n’est resté bloqué à l’intérieur du tube. La vitesse de l’événement nous a dépassé et personne parmi nous n’a eu le temps de lui venir en aide.

Avant que cela n’arrive, nous sommes restés dix heures de suite cachés en lisière de bois à trente mètres de la voie, gelés et ankylosés par le froid. Durant cette attente, nous n’avons pas été détecté par le dispositif de sécurité, ni les guetteurs postés à une quinzaine de kilomètres du lieu du blocage et chargés de nous prévenir de l’arrivée du train, ni les stoppeurs chargés de l’arrêter, ni les bloqueurs qui avaient préalablement installé les deux tubes sous le rail aux environs de cinq heures du matin. Il est clair que la part de responsabilité de chaque protagoniste doit être établie. Y compris la nôtre.

Pour l’heure nous sommes face à l’un des pires moments de notre existence. Malgré ce que beaucoup de personnes peuvent penser nous avions des raisons certaines d’être là. En premier lieu la sauvegarde de la planète, dont nous assistons au déclin d’années en années, mais également le rejet de cet État monolithique refusant toute remise en question. Nous n’avons pas décidé d’arrêter ce train par immaturité ou par goût de l’aventure, mais parce que dans ce pays, il faut en arriver là pour qu’une question de fond, enfin, entre dans le magasin de porcelaine.

Sébastien est mort par accident, il ne l’a pas choisi, personne ne l’a souhaité. Il n’est pas mort au volant en rentrant ivre de discothèque, mais en agissant pour faire entendre ses convictions. Et c’est sans conteste pour cela que son décès ne sera jamais, pour nous, un fait divers.

Face à une situation où nous étions si perdus, nous n’imaginions pas recevoir tant de soutien. Nous remercions particulièrement amis et parents, de nombreuses associations, mais également les milliers d’anonymes allemands et français ayant organisé des manifestations et des commémorations en sa mémoire. L’ampleur de la solidarité nous dépasse autant qu’elle nous touche. Le plus important, nous semble de pleurer un frère et de soutenir sa famille et non d’instrumentaliser son image. Bichon était certes à la recherche d’un monde moins fou, mais avant tout un jeune homme rempli de joie de vivre, d’énergie et amoureux des gens. Ce texte n’est ni une confession, ni une agression, nous voulons seulement par celui-ci rétablir la vérité des faits.

Ses compagnes et compagnons de route

 

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 ♣  L’enfant aux cent noms, l’enfant sans nom

  Je m’appelle “Convention” quand les adultes décident qu’il y a des choses qui ne se font pas... mais qui se font quand même.
  Je m’appelle “mineur” comme un délit, comme moins que majeur.
  Je m’appelle “naturel” quand mon père ne m’a pas reconnu et “illégitime” quand il s’est égaré.
  Je m’appelle “objet” pour le ramassage scolaire.
  Je m’appelle “rationnaire” pour l’intendant du collège.
  Je m’appelle “marché” pour les publicitaires du yaourt 
  Je m’appelle “salaire d’appoint” quand je vais chez ma gardienne 
  Je m’appelle “ton gosse” quand le concubin, qui s’estime chez lui, veut regarder la télé 
  Je m’appelle “alibi” quand le couple bat de l’aile, et m’engendre pour se persuader du contraire. 
  Je m’appelle “prestation” quand les fins de mois sont difficiles.
  Je m’appelle “demi-part” pour les services fiscaux. 
  Je m’appelle “effectif” à l’école qui risquerait de fermer si je ne venais pas le jour de mes deux ans. 
  Je m’appelle “valise” le dimanche à 18 heures, quand mon père divorcé me ramène et me dépose au pied de l’immeuble. 
  Je m’appelle “à charge” ou “ayant droit” pour les organismes sociaux. 
  Je m’appelle “inceste” quand mon père mélange les générations. 
  Je m’appelle “recueilli temporaire” à défaut d’être accueilli par ma mère. 
  Je m’appelle “petits métiers” au Caire, “enfants soldats” en Iran ou au Sri Lanka, “avion” (passeur de drogue) au Brésil.
 
  Je ne sais plus comment je m’appelle... pour vous, les adultes, faiseurs d’histoires et de guerres, et dont les bouches sont pleines de “l’intérêt supérieur de l’Enfant”.
  Parlez-en moins et soyez vous-mêmes des adultes, capables de m’accueillir dans l’écriture de mon histoire, pas celle dont vous rêvez pour moi parce que vous regrettez la vôtre.
 
  Je m’appelle Victor, Livia, Noé, Selma...
  Je m’appelle “demain” si aujourd’hui, nous pouvions continuer à naître à la vie que nous avons reçue de vous, mais qui ne vous appartient pas. Comme nous, vous l’avez reçue.
 
  ALORS LES DROITS, POUR LES UNS ET POUR LES AUTRES, POURRONT  SERVIR DE CADRE À UNE HISTOIRE À VIVRE ENSEMBLE.

Texte présenté dans le cadre du 20ème anniversaire de la Convention des Droits de l'Enfant à Vaux le Pénil en Seine et Marne, près de Melun.

 

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  Parrainage d'enfants sans papiers

Un parrainage permet de manifester concrètement sa solidarité envers les enfants et leurs parents sans papiers, le plus souvent des réfugiés qui ont dû fuir leur pays où ils étaient menacés,

Tous ont choisi notre pays comme terre d'accueil et demandent la protection de notre République ; en leur proposant de les parrainer, une communauté leur dit ainsi et le plus fortement: "Vous êtes des nôtres". Ceci représente aussi la plus nette des réponses, très pédagogique, aux discours racistes et xénophobes.

Qu’est-ce qu’un parrainage ?

 Les enfants de couples « sans papiers » sont accompagnés, lors du parrainage, d'une marraine ou d'un parrain citoyen(ne) et d’une marraine ou d’un parrain élu(e). Le parrainage est un acte symbolique.

 • Un parrainage permet de manifester concrètement sa solidarité envers ces enfants. Leurs parents sont parfois des réfugiés qui ont dû fuir leur pays où ils étaient menacés, emprisonnés, recherchés, en grand danger. Dans d’autres cas, leurs parents ont voulu quitter un pays où ils ne connaissaient que la misère, où ils ne pouvaient pas faire soigner leur enfant gravement malade. Certains adolescents ou jeunes majeurs ont également vécu ces situations mais se retrouvent seuls en France après avoir fui leur pays. Tous ont choisi notre pays comme terre d'accueil et demandent la protection de notre République ; une communauté leur dit ainsi et le plus fortement: "Vous êtes des nôtres". Ceci représente aussi la plus nette des réponses, très pédagogique, aux discours racistes et xénophobes.

 • Il apporte à nos filleuls un réconfort, un honneur, une reconnaissance... qui sont pour eux un espoir.

 • Il brise enfin l'isolement de ces enfants et leur expulsion éventuelle devient dès lors plus délicate. C’est donc également une façon de les protéger. Ce sera l’occasion de dire qu’au-dessus des lois de circonstances, nous plaçons les principes de solidarité et de fraternité.

Il va de soi que ce parrainage n’implique aucunement l’engagement pour les élus volontaires de loger eux-mêmes ou de pourvoir aux besoins vitaux de ces personnes ou familles. Cet acte est avant tout politique. À chacun ensuite d’utiliser au mieux ses réseaux et compétences pour aider à l’intégration et à la régularisation des parrainés.

Les marraines et parrains sont totalement libres de donner à cet acte l’ampleur, la constance... qu’ils (elles) décident et peuvent mettre en œuvre. Ce, dans le respect de tous, toute aide, même la plus minime, sera de toute façon extrêmement précieuse.

A leur arrivée en France les familles sont « demandeurs d’asile » mais malheureusement, elles n’obtiennent que rarement le statut de réfugiés, d’où des situations dramatiques lorsqu’elles reçoivent une OQTF

Elles logent dans des foyers de type Sonacotra, pour partie en charge de la préfecture. En fonction de leur statut, elles sont dans des « lieux de vie » du CADA ou de l’AUDA. Faute de place, elles sont aussi logées dans des hôtels payés par la préfecture.

Accepter de parrainer implique de prendre le temps de savoir où en est la famille dans ses démarches de régularisation, la soutenir en cas de rejet de sa demande ou des recours entrepris et, en cas d’arrestation, être une des personnes qui pourraient la soutenir, faire jouer la solidarité, faire des démarches auprès des autorités, etc. Le parrain n’est pas seul. Les démarches , les actions de solidarité se font en lien avec les autres militants de RESF.
En résumé, parrainer  c’est permettre à une famille, venue chez nous de tisser des liens (c’est parfois plus facile quand il y a des enfants car le barrage de la langue est vite dépassé) qui faciliteront son intégration et lui feront découvrir un visage accueillant de la France.

Pour tout renseignement complémentaire ; aller sur le site : http://www.fsl-nancy.fr/droits-de-l-enfant

 

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  Consomm' Acteurs

Combien de temps faudra-t-il regarder passivement les catastrophes dites "naturelles" de plus en plus fréquentes (tornades, inondations, sécheresses, avancée des déserts, recul des glaciers, marées noires…) avant de réagir ? Peut-on les déplorer alors qu’elles ne sont que la conséquence des excès humains ?

 

Face aux constats de l’augmentation des dévastations de l’écosystème, des gaspillages des ressources naturelles, on peut baisser les bras tant l’ampleur des dégâts est effrayante, on peut s’en remettre aux pouvoirs publics, aux collectivités… Mais je veux croire encore en la puissance des actions individuelles -les petites gouttes d’eau font les océans- et donc au pouvoir personnel du consommateur.

 

Il ne s’agit pas de faire du "catastrophisme", mais depuis longtemps déjà, je nous imagine au bord du précipice, un pas de plus et … Comme pour le corps humain, nous pouvons poser le principe de stimuler ses capacités naturelles à se défendre sans attendre tout d’un médicament miracle, pour notre terre nous pouvons favoriser ses ressources à nourrir tous ses habitants, si nous ne l’appauvrissons pas par des méthodes qui ne la respectent pas.

Je dois donc faire des choix et en consommant le plus possible bio, je veux exercer mon pouvoir de consommateur en essayant d’être cohérente avec mes convictions :

- pour la santé de la planète : l’agriculture biologique est respectueuse de l’environnement, de la biodiversité...

- en soutenant les paysans qui ont fait le choix de cette agriculture, choix courageux, pas toujours évident à une époque où notre société prône le "toujours plus"

- pour ma santé, car je pense qu’un produit exempt de chimie a beaucoup d’avantages

- parce que ça ne me revient pas plus cher : mon budget alimentation n’a pas augmenté

. en consommant localement et de saison

. en diminuant la viande (dont la production est 7 fois plus gourmande d’énergie que la même quantité de végétal) pour privilégier le duo légumineuses céréales, équivalent en protéines

. en cultivant mon jardin

. en n’achetant essentiellement que les produits de base

Ce sont les produits non-bio qui devraient coûter plus cher si on calculait ce qu’ils reviennent réellement aux contribuables que nous sommes, en coût de dépollution de l’eau, subventions, problèmes de santé…

 

Et puis une de mes préoccupations depuis longtemps : comment faire pour que ces produits sains soient abordables par tous (ainsi que dans les écoles, les maisons de retraite et même dans les associations humanitaires de distribution alimentaire…) et ne soient pas limités à uneclientèle privilégiée. Plus il y aura de demande de produits bio, plus de moyens devront être pris pour répondre à cette demande et plus ils seront accessibles au plus grand nombre, d’où notre responsabilité de consommateurs.

 

Comment ne pas s’interroger aussi sur le plan mondial quand tant de produits exotiques sont sur nos tables et refuser une agriculture qui prive les pays en voie de développement de leurs cultures vivrières (pour nourrir nos animaux)? Il est reconnu maintenant que dans les pays pauvres, l’Agriculture biologique se révèle un atout pour la subsistance des populations, leur santé et leur indépendance. La FAO, très sérieuse Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, ne peut que me conforter dans mes convictions quand elle reconnaît que l’AB peut nourrir le monde tout en préservant les qualités environnementales bien sûr et surtout en permettant le développement de systèmes alimentaires autonomes et performants. «L’agriculture conventionnelle moderne est réservée aux riches car elle a recours à des intrants hors de prix », constate Pierre Rabhi, grand défenseur de l’agroécologie.

 

Alors comment avoir une vision globale des questions préoccupantes de notre époque ? Quel avenir voulons-nous prôner pour nous, nos enfants, notre planète ? Il en est de notre responsabilité dans nos modes alimentaires, mais aussi dans nos comportements, nos petits gestes de tous les jours pour gérer nos déchets, pour nous soigner, nous chauffer, nous déplacer… consommer moins, consommer mieux, consommer autrement…

 

Nous savons, mais nous ne voulons pas croire !... Changer nos habitudes, ce n’est pas facile, mais c’est urgent … et avons-nous encore le choix ?

                                                                                                                      Odile

 

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  Pour que la terre soit un jardin 2009.10

En chemin j'ai rencontré des enfants comme moi,

Jardiniers en herbe, des semeurs de joie

Ils partaient de bon matin courant dans la rosée

Cultiver des fleurs de solidarité

 

Pour que la terre soit un jardin

Préparons ensemble le terrain

Pour que cessent les guerres

Vive la paix sur terre

Pour que la terre soit un jardin

 

Avant nous, d'autres ont planté l'arbre de la Liberté

II a pris racine, des fruits en sont nés

Gavroche chante parmi nous le chant des opprimés

Citoyens du monde, solidarité

 

C'est la vie que l'on préfère

A l'hiver nucléaire

Messieurs les présidents

Aimez le printemps

Tant d'enfants n'ont pas de pain

Le jardin doit pousser

Arrosons la terre de solidarité.

 

Danielle KELDER

La Panade. Editions Ouvrières

 

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  Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? 2009.09

 

« Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que ciel est en toi ?

Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur, d'entendre la petite phrase qui, à elle seule, peut faire basculer une vie :

"Où cours-tu ?"

Il y a des fuites qui sauvent la vie : devant un serpent, un tigre, un meurtrier.

Il en est qui la coûtent : la fuite de soi-même. Et la fuite de ce siècle devant lui-même est celle de chacun de nous.

"Où cours-tu ?"

Si au contraire nous faisions halte - ou volte-face - alors se révélerait l'inattendu : ce que depuis toujours nous recherchons dehors veut naître en nous. »

 Christiane SINGER (tiré du livre "Où cours-tu"  Albin Michel)

 

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  Un arbre m’a parlé  2009.08

J'ai écrit ce poème voici quelques années; il est un message d'espoir que j'offre à toutes celles et à tous ceux qui souffrent d'une façon ou d'une autre; je souhaite qu'il leur donne un peu de réconfort....
Claudie
 

C’est vrai, je suis tout nu,

L’automne a jeté mes feuilles jusqu’à terre,

                       Pourtant je survivrai !

   C’est vrai, je suis tout nu,

  Dans  le vent, sous la pluie, mon corps souffre,gémit ;

 Les yeux du passant découvrent mes blessures,

 

                         Mon écorce ridée, pourtant je survivrai !

                                                        Un jour viendra tu sais,

                                                Où sous le chaud soleil d’un printemps retrouvé,

                                                Mon corps épanoui vivra intensément….

                                                Tu vois je suis image, image d’une vie,                                                                                                                                                                                

                                     Où tout peut s’assombrir, où le jour devient nuit,

                                                Et l’on pense injustice, et l’on devient tristesse,

 Et l’on souhaite revanche….

                                                 Soudain une heure sonne, une aube se dessine,

                                                 Sa faible lueur doucement nous réveille,

                                                 L’on pense espoir, l’on devient soleil,

                                                                      Et l’on souhaite toujours….

                                                Tu vois je suis l’image, l’image d’une vie ;

 

  Ecoute, n’oublie pas :

                                                Il faut vivre un automne pour aimer un printemps,

                                                 Et vois- tu, sans hiver il n’y aurait pas d’été.

Claudie Rolland

 

                                                    Second  prix aux Jeux Floraux de la Lyre d’Or   Nîmes

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 ♣  Drame à l'école 2009.05

 J'ai rencontré l'extrème détresse, celle du Travailleur Pauvre, de cette nouvelle pauvreté que l'on découvre de nos jours avec stupéfaction.. et cette situation, c'est dans mon école que je l'ai découverte, c'est celle d'une employée de l'Etat, exerçant une mission dans le cadre de la Fonction Publique !

 Souvenez vous, il y a une dizaine d'années, la gauche au pouvoir avait institué les « Emplois Jeunes », ils travaillaient (entre autre ) dans les écoles, à remplir des tâches administratives ou d'encadrement éducatif sous le contrôle des enseignants ; ils recevaient une formation et un soutien à leur recherche d'emploi.

 Ces contrats existent toujours, mais sont ouverts à un public très divers, non qualifié ; la formation professionnelle et un suivi pour la recherche d'emploi leur sont inexistants ; ces personnes travaillent 24 heures par semaine, toujours sur des tâches administratives ou d'appui aux enseignants. Ils gagnent 800 € par mois, et ne sont pas payés lorsqu'ils sont malades. Dans mon école, elles sont deux ; l'une a la trentaine, un projet professionnel qu'elle gère sans aucun soutien officiel. L'autre a la cinquantaine, un passé professionnel de secrétaire comptable, et de chômage. Et elle accumule les difficultés. Elle est travailleur handicapée: (surdité partielle appareillée mais d'une façon très inconfortable : son appareil siffle lorsqu'il y a du bruit.. ) c'est déjà une belle erreur de casting de l'avoir proposée dans une école peuplée d'enfants qui ne communiquent pas vraiment en chuchotant. Divorcée, seule avec son fils dont elle redoute de se voir retirer la garde à cause de ses problèmes financiers. Des soucis pour sa fille mariée avec un homme violent. Et puis ce contrat pourri dans l'Education Nationale, où elle redoute de tomber malade car elle ne sera pas payée ; elle me l'a expliqué lorsque je lui ai demandé avec stupéfaction pourquoi elle venait travailler avec une otite.

 Elle a malheureusement dû se faire hospitaliser puis rester en congés maladie plusieurs semaines pour une hernie cervicale ;et le service payeur ( c’est le service comptabilité d’un lycée qui a hérité de la gestion de ces contrats ),a fait des erreurs de trop perçu, ce qui peut arriver. Mais cette personne a voulu régulariser en se trompant à nouveau dans la somme à réclamer : elle en demandait le double, presque un ½ mois de salaire, et ne voulait rien entendre des protestations de l’intéressée. C’est sans doute tout cela qui a déclenché la crise de spasmophilie qui l’a fait tomber, juste en face de ma classe un matin avant l’arrivée des élèves... elle est restée allongée une heure, dans mes bras, par terre, raide et secouée de tremblements d’angoisse.

 Et un matin, elle m’a expliqué que la secrétaire comptable avait reconnu son erreur, mais lui avait retiré d’un coup le trop perçu, ce qui lui laissait 300 € pour vivre le mois, alors qu’elle avait déjà une facture de 700 € qui l’attendait. Elle m’a dit qu’elle allait démarrer une grève de la faim. Nous l’avons soutenue et réconfortée comme nous pouvions ; elle n’est pas venue travailler l’après midi ; et le lendemain elle a fait une tentative de suicide qui l’a laissée plusieurs jours en réanimation.

 C’est évident que cette personne, de santé physique et mentale fragile cumulait les difficultés sociales ; mais j’ai pu mesurer son immense sentiment d’abandon en essayant de l’aider : la plupart de mes interlocuteurs ( service social de l’E.N., cadre du Rectorat, syndicat…) m’ont dit ne pas être compétents pour sa situation et « ne pouvoir rien faire » : ce statut privé au sein d’un service public lui ferme toutes les portes.           
Le SGEN, consulté aussi, m’a conseillé de faire appel au médiateur de l’Education Nationale ( ça existe ?!) Les services sociaux extérieurs se mobilisent, heureusement…mais … faut – il boycotter et refuser dans nos écoles ces postes pourris ?

 Claire CARTON (avril 2009)

 

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  Espoir, exil, Palestine  2009.05

"Nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir de libération et d’indépendance. Espoir d’une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l’école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix. Merci pour porter avec nous le fardeau de cet espoir.

Celui qui m’a changé en exilé m’a changé en bombe… Palestine est devenue mille corps mouvants sillonnant les rues du monde, chantant le chant de la mort, car le nouveau Christ, descendu de sa croix, porta bâton et sorti de Palestine".

Mahmoud Darwich  (Comme des fleurs d’amandiers ou plus loin)

 

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  Nous y sommes 2009.01

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille –, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

 Fred Vargas
Archéologue et écrivain

 

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  Petites réflexions méditatives de l’An 9 2009.01

 

 Le changement commence par soi. Parfois, le quotidien nous propose plusieurs choses à résoudre, et se transforme en stress. Nous voudrions fuir la responsabilité de ce qui se passe dans l’ici et maintenant, et en même temps, nous devons faire face aux changements.

Nous arrivons à la fin d’une civilisation, d’un système injuste qui nous traite en simples consommateurs. Le temps des dinosaures financiers touche à sa fin. Cependant, la montée de la violence et les efforts en faveur de l’écologie vont être les sujets brûlants des années à venir.

La crise vient du mot grec « croix ». Nous sommes à un carrefour : soit nous basculons dans la destruction et la barbarie, soit nous trouvons des solutions qui placent l’Etre au centre,

qui développent une économie au service de l’humanité, respectueuse des biens de la planète

 où les valeurs de partage et de solidarité prennent tout leur sens. »

« J’aimerais, dans le cadre de mes possibilités limitées, rappeler toujours l’existence d’un horizon spirituel désintéressé, ou si vous voulez, non politique. » Vaclav Havel

Fraternellement, Jacques Durand, éditorial du journal « Soleil Levant » Décembre 2008

 

 

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 Un nouveau centre de rétention à Metz 2008.12

 Après le centre provisoire de 30 places ouvert en 2007 rue de la Ronde, à Metz-Devant-les-Ponts, un centre définitif de 98 places est inauguré à l’aube de la nouvelle année sur les Hauts de Metz-Queuleu.  

 

ON LES ENFERME PARCE QU’ILS  N'ONT PAS VOCATION À AVOIR DES PAPIERS « CHEZ NOUS » !

 

§     Les étrangers enfermés dans un Centre de Rétention Administrative n’ont commis aucun délit ; leur seul tort est d’avoir croisé le chemin de ceux qui cherchent à remplir leurs quotas d’expulsions. Un Centre de Rétention ne sert qu’à les placer derrière des barreaux en attendant un charter de retour.

 

§     Un peu caché derrière la prison de Metz-Queuleu, le nouveau Centre de Rétention illustre bien la honte qu’il représente pour l’administration de notre pays. Dans un Centre de Rétention, on enferme des individus innocents de tout crime ; on y enferme tout autant des enfants, de tous âges. Après avoir fui la guerre, les persécutions, les discriminations ou la misère dans leur pays d’origine, ils sont stockés dans ces lieux d'enfermement.

 

§     Le regard des intervenants extérieurs sur leurs conditions d’enfermement se restreint de plus en plus. Les possibilités pour les retenus d'exercer des recours risquent aussi d'être très réduites : les associations de conseil aux réfugiés sont mises en concurrence et seront désormais tenues au secret professionnel sur ce qu’elles observent. La configuration des lieux contribuera  à compliquer largement la tâche des bénévoles qui effectuent les visites indispensables aux retenus de ces sinistres lieux.

 

Les stigmatiser plutôt que les accueillir…

Les emprisonner plutôt que leur rendre justice…

Les isoler plutôt que les intégrer…

Mais surtout, les soustraire à notre regard !

 

Vous qui avez des papiers, venez aussi visiter le centre !

Si votre âme sœur venait d’ailleurs, vos enfants y dormiront peut-être bientôt…

 

Réseau Education Sans Frontières Moselle

Contact : resf57@wanadoo.fr www.educationsansfrontieres.org
C/o LDH,  3 rue Gambetta - 57 METZ Tel.0687951720

 

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Rachel a perdu la vie pour la justice 2008 11

 

Rachel Corrie a perdu la vie pour la justice et la paix; elle avait 23 ans ...

Elle avait rejoint le groupe palestinien Mouvement International de Solidarité qui tente de s'opposer aux démolitions...

"Elle était assise dans la trajectoire du bulldozer, le conducteur l'a vu, a continué et lui est passé dessus..."

Pour évoquer son combat et sa triste fin, voici un diaporama émouvant. Cliquer

 

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  Un an de Cercle du silence 2008 11

Un an de Cercle du silence à l’initiative des frères franciscains à Toulouse :

« Le 30 octobre 2007, nous avons commencé très modestement un cercle du silence sur la place du Capitole.

Nous ne cherchons pas de résultats rapides et mesurables, nous travaillons pour un changement durable

d’attitude à l’égard des étrangers.

Environ 60 cercles du silence se réunissent actuellement (à Nancy, à Epinal, à St Dié …).

Il nous semble qu’ils restent tous marqués par :

- un même souci de rester collé à la réalité des Centres de Rétention Administrative (CRA) où la dignité humaine est mise en danger,

- le même objectif : aider nos concitoyens à prendre conscience de la réalité de l’enfermement,

- une même certitude qu’il existe des solutions alternatives à l’enfermement d’étrangers en situation irrégulière

Le silence n’est pas seulement une stratégie pour se faire entendre, mais un chemin pour une transformation :

- le silence permet à toute personne de nous rejoindre, en dehors des mots vides ou qui séparent

- le silence permet à des citoyens jusque là éloignés de tout engagement et de toute revendication sociale de faire un premier pas.

- Le silence sert également de préparation intérieure à des formes plus radicales d’engagement : jusqu’où va notre cohérence entre notre désir de justice et les conséquences que nous sommes prêts à assumer dans notre quotidien ? »

 

Ensemble, exigeons le respect de la dignité de toute personne humaine…

 

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♣  Des ponts, pas des murs 2008.10

Les propositions à l’issue de la deuxième conférence non gouvernementale euro-africaine

 

Nous ne pouvons plus laisser la question des migrations aux seules mains des Etats, qui plus est des Etats du Nord, dans un contexte où la crise économique et financière augmente déjà la pauvreté et risque de renforcer la xénophobie dans les pays d’accueil et de transit des migrants.

Nous ne voulons pas, en réponse à cette situation, d’une politique qui transforme l’Europe en forteresse.

A nous, sociétés civiles du Nord et du Sud, d’inventer ensemble d’autres politiques migratoires et de développement, qui soient fondées sur la justice et le respect des droits et de la dignité humaine.

Nous voulons des ponts, pas des murs !

Nous demandons au gouvernement français qui préside l’Union européenne d’impliquer les sociétés civiles lors de la 2ème Conférence ministérielle Union européenne-Afrique sur «  Migrations et Développement » qui aura lieu à Paris fin novembre.

En ce soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, nous lui rappelons l’universalité de ces droits, qui s’appliquent à tous, et donc aux migrants, qu’il aient des papiers ou non.

 

Nous exigeons :

 

1. l’application de l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme en incluant la dépénalisation du franchissement "illégal" des frontières, la ratification de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leurs familles, et le respect effectif de la Convention internationale sur les droits de l’enfant dans les pays de départ, de transit et d’accueil ;

Art 13 de la DUDH « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »

 

2. de permettre à tous les migrants d’avoir accès à une complète citoyenneté et de fonder toutes les réglementations concernant les migrants sur l’égalité des droits entre tous les citoyens. Dans l’immédiat, nous exigeons d’élargir les conditions applicables aux résidents communautaires, notamment le droit de vote, à tous les résidents ;

 

3. le refus de la subordination entre le droit au séjour et le droit au travail, le respect du droit à la vie privée et familiale et l’autonomie du statut pour chacun des conjoints ;

 

4. la mise en œuvre du droit au développement tel qu’il est défini par la déclaration sur le droit au développement adoptée par les Nations unies en 1986 et l’annulation immédiate de la dette des pays du Sud, d’autant qu’elle rend les Objectifs du Millénaire pour le Développement inatteignables ;

 

5. des gouvernements du Sud le refus de la signature d’accords bi ou multilatéraux qui portent atteinte à leur intégrité et à leur dignité et comportent des conditionnalités et notamment des clauses de réadmission ;

 

6. l’arrêt de la militarisation des frontières africaines imposée par l’Union européenne ;

 

7. la liberté de choix et d’accès du pays d’accueil pour les demandeurs d’asile et les réfugiés (refus du dispositif dit « de Dublin » et des pays dits « sûrs ») et la suppression de toutes les formes d’externalisation des procédures d’asile ;

 

8. une interprétation extensive de la notion de réfugié, incluant notamment les victimes d’atteintes aux droits économiques, sociaux et environnementaux et les persécutions collectives ;

 

9. en attendant la fermeture de tous les lieux d’enfermement, l’interdiction de la détention des demandeurs d’asile et la création de mécanismes indépendants de contrôle de ces lieux;

 

10. la protection des femmes victimes de violences de toute nature ;

 

11. une réelle visibilité des actions concrètes des femmes migrantes dans les pays d’origine, de transit et d’accueil dans les enceintes de discussion nationale et internationale ;

 

12. la protection sans conditions des migrants mineurs et notamment l’interdiction de leur enfermement et de leur expulsion, le respect effectif de leur droit à la formation et à l’éducation, ainsi que la régularisation des jeunes majeurs.

 

Montreuil, le 17 octobre 2008

Signataires : plus de 300 organisations

 

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  Guerres et torture 2008.10

Faire la guerre a toujours signifié tuer des hommes et faire pleurer des mères. Rien de nouveau depuis l’invention de la massue. Mais aujourd’hui, près de 90% des victimes d’un conflit sont des civils et les crimes de guerre – nettoyages ethniques, génocides, disparitions forcées, viols systématiques…- sont devenus le lot de tous les conflits. Et parmi eux, l’usage massif de la torture.

Si la torture se pratique en dehors des conflits armés, la guerre lui offre un champ particulièrement favorable pour se développer parce qu’alors elle devient légitime dans l’esprit des protagonistes et parce que les bourreaux savent qu’ils ne risquent pas grand-chose (part tomber dans les mains de l’ennemi).

La Gestapo, les paras en Algérie ou les Britanniques en Irlande du Nord ont d’abord torturé pour obtenir des renseignements (prétendaient-ils) ; les Russes en Tchétchénie, les services secrets israéliens ou les Américains à Abou Ghraïb ou Guantanamo ont repris le flambeau. Le prétexte est toujours le même : sauver des vies. Ben voyons, comme si la vie était un épisode de 24 heures.

On torture ensuite par vengeance. Vos copains se sont fait tuer. Vous avez retrouvé leurs cadavres émasculés. Vos familles ont été massacrées. Alors tout devient permis. Même si vous avez commencé la guerre sans être trop hostile à ceux de l’autre camp, vous en venez à penser  qu’ils n’ont plus rien d’humain. Alors pourquoi se gêner ? Ils sont communistes, chrétiens, noirs, tutsis, laquais de l’impérialisme, juifs, bosniaques… la liste est longue. C’est des qualificatifs qui exacerbent l’ardeur guerrière et vous autorisent à commettre les pires crimes contre ces sous-hommes. Et puis il faut bien que les copains ne soient pas morts pour rien.

On torture enfin, surtout, pour terroriser. Pour interdire toute velléité de révolte. On ne torture pas pour faire parler, on torture pour faire taire. Pour humilier, pour écraser. Si le torturé est nu, violé, si ses organes génitaux sont frappés, ce n’est pas seulement pour la douleur physique occasionnée, c’est pour détruire l’autre bien plus que dans sa chair : dans son âme. Lui et tous ceux que l’on prétend asservir.

La torture est-elle le pire  des crimes de guerre ? Peu importe. Retenons seulement qu’il n’existe pas de guerre sans torture et que les destructions qu’elle engendre sont plus profondes encore que celles causées par les bombes.

Jean-Etienne de Linarès, Délégué général de l’ACAT-France  Revue « Parvis » n°38, Juin 2008

 

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 Une enfant de 13 ans à l'ONU

Discours tenu à l'ONU par une jeune adolescente aux décideurs de ce monde.

Un appel vibrant, sincère et qui interpelle !

A méditer... (vidéo en anglais mais traduction française écrite sur l'écran)


         http://www.youtube.com/watch?v=5JvVf1piHXg

 

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  Prière secrète d’un enfant à sa mère et à son père

 

Maman, papa, c’est important, pour moi,

que vous sachiez me dire non,

que vous ne me laissiez pas croire

que vous pouvez être tout pour moi,

que je peux être tout pour vous.

 

Pour lire le texte entier de Jacques Salomé, cliquer

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 Je me souviens

« Je me souviens », texte d’aujourd’hui d’une grand-mère québécoise…

Je me souviens de toutes les frustrations que les femmes devaient accepter…

Je sais que rien n’est acquis dans la vie et qu’il faut maintenir nos efforts pour ne pas perdre le résultat de tous nos labeurs…

Que l’on prie Jésus, Mahomet ou Boudha m’importe peu mais nous nous sommes battus pour que notre société soit laïque. Nous nous sommes battus pour obtenir l’égalité du droit de parole, l’égalité de chacun au travail entre les hommes et les femmes ...

Cliquer le diaporama  "Je me souviens…"

 

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Le pouvoir des étoiles

 

Jeu de quelques photos intitulé "Le pouvoir des étoiles" pour synthétiser les différents problèmes dans le monde.

Ce diaporama a été présenté à l'ONU par le norvégien Charung Gollar.

 

Cliquer  "Le pouvoir des étoiles"

 

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  Le principe de la grenouille chauffée !

 

 

 

Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.

Cette expérience (que je ne recommande pas) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte.


C’est exactement ce qui se produit dans la société où nous vivons. D’année en année, on observe une constante dégradation des valeurs, laquelle s’effectue cependant assez lentement pour que personne - ou presque - ne s’en offusque. Pourtant, comme la grenouille que l’on plonge brusquement dans de l’eau à 50°, il suffirait de prendre le Français moyen du début des années 80 et, par exemple, de lui faire regarder la TV d’aujourd’hui ou lire les journaux actuels pour observer de sa part une réaction certaine de stupéfaction et d’incrédulité. Il peinerait à croire que l’on puisse un jour écrire des articles aussi médiocres dans le fond et irrespectueux dans la forme que ceux que nous trouvons normal de lire aujourd’hui, ou que puissent passer à l’écran le genre d’émissions débiles qu’on nous propose quotidiennement. L’augmentation de la vulgarité et de la grossièreté, l’évanouissement des repères et de la moralité, la relativisation de l’éthique, se sont effectués de telle façon - au ralenti - que bien peu l’ont remarqué ou dénoncé

Chaque fois qu’un changement est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une bonne mémoire pour s’en rendre compte. Il semble que l’une et l’autre soient aujourd’hui chose rare.

Sans conscience, nous devenons moins qu’humain.


Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se méfie jamais trop si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de l’amélioration, du perfectionnement, si l’on refuse la médiocrité, le statu quo, le laisser-faire.
Comment, alors, ne pas succomber au piège du principe de la grenouille dans la marmite d’eau, individuellement ou collectivement ?

 

Olivier Clerc

http://www.olivierclerc.com/dossiers/dossiers.php?id_dossier=149

 

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  Assez de morts !

 

Ivan, Chunlan Liu, John Maïna, Baba Traoré...

Assez de morts ! Régularisons maintenant !

Le 10 août, à Amiens, Ivan, 12 ans, tombait du 4ème étage, alors que la police venait chercher son père.

Fin août, à Toulouse, Tarek, 24ans, se jetait aussi d'un 4ème étage...

Le 20 septembre 2007, Chunlan Liu est morte en tentant d'échapper à la police, à son domicile.

Le15 février, John Maïna, un sportif kenyan de 20 ans, débouté du droit d'asile, se suicidait.

Vendredi 4 avril, Baba Traoré, un jeune Malien de 29 ans poursuivi par la police à Joinville-le-Pont, est mort noyé dans la Marne. À Joinville, déjà Mickaël, en 2004, et Fehti, en 2006, se noyaient dans la Marne "poursuivis par la police".

 

À Joinville, à Vincennes, au Mesnil-Amelot, à Toulouse, à Perpignan, à Nantes, et partout en France, les sans-papiers vivent dans la peur, l'humiliation quotidienne, surexploités - et risquent leur vie à tout moment.

 

Dignité pour les sans-papiers

Régularisation des sans-papiers

Arrêt de la politique du chiffre

 

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 Fraises espagnoles/ scandale écologique 2008 04

D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...

Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe. 
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que  soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché. 
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in  vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et  de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses  emploient une main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver. ... Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. 
 
La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.  ... Et les ouvriers agricoles  sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas où les produits nocifs qu'ils ont respiré ... 
La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes  encore plus traitées que les pommes françaises... 

Par Claude-Marie Vadrot 
Politis jeudi 12 avril 2007

 

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Santé et jeûne 2008.02

« Le terrain est tout, le microbe n’est rien », voilà l’énergique affirmation du grand physiologiste Claude Bernard. En effet, si le terrain, c’est à dire le corps de la cellule, est sain, aucun microbe ne peut y prendre pied.

Il est bon de se rappeler que la maladie est causée par un déséquilibre cellulaire qui permet au microbe de s’installer et de proliférer. Il est bon aussi de ne jamais oublier que pour rétablir une santé compromise par l’attaque d’un agent microbien quelconque, il ne suffit pas d’administrer au patient tel ou tel antibiotique plus ou moins actif, mais il faut s’attaquer à la racine profonde du mal, soit s’efforcer de rétablir l’intégrité première du terrain. Or pour ce faire, pour atteindre la cause profonde du mal, pour remédier au déséquilibre cellulaire et pour reconstituer un terrain normal, rien ne vaut une cure de jeûne rationnellement conduite.

Il est de fait que l’abstention plus ou moins prolongée de nourriture donne aux organes un temps de repos en ce qui concerne les processus d’assimilation et qui permet aux cellules d’agir en mode éliminatoire et de chasser tous les poisons et toxines qui entravent leur fonctionnement normal.

Lorsque la cure a été bien conduite et lorsque la désintoxication a été suffisante, on voit les sujets amaigris, dont les cellules ont été purifiées et rajeunies, reprendre vigueur et poids, dès la reprise alimentaire, à condition cependant qu’elle soit adéquate et ne reproduise pas les mêmes erreurs diététiques antérieures ayant causé le déséquilibre conduisant à la maladie.

Docteur Berthollet (Le retour à la santé par le jeûne). http://www.ffjr.com/Bertholet.htm

Quelques sites :

http://www.jeune-et-randonnee.com/

http://www.croisadepourlasante.org/

http://www.assiseschretiennesdujeune.fr/

 

Aller en haut de page sur "donnez-nous votre avis" pour découvrir l'avis d'un autre docteur ou pour préciser vos commentaires...

 

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Dans quel monde vivons-nous ? 2008.02

 

            Le scandale qui secoue actuellement la Société Générale est révélateur du décalage qui existe entre l’immense majorité des salariés dans le monde qui se lèvent tous les jours pour travailler et le « monde des affaires » où s’affairent quelques milliers de nantis.

 

            En quelques jours, un seul individu (peut-être plus) est capable de perdre 5 milliards d’euros (en en ayant joué 50) soit l’équivalent de 5 millions de SMIC mensuel (à 1000 Euros) soit l’équivalent de 10 000 carrières complètes  de smicards (12 mois x 40 ans). Et ce chiffre pour gigantesque qu’il apparaît aux yeux du plus grand nombre ne choque pas vraiment  le « monde des affaires. »

 

            C’est  une péripétie, ce n’est pas vraiment grave, c’est les risques du métier, et cela se situe dans la tourmente actuelle que traverse le système bancaire depuis la « crise » des subprimes aux Etats Unis. Lundi 21 janvier, en une journée, les bourses européennes ont perdu 430 milliards d’euros de capitalisations (il faut en rajouter autant pour les bourses américaines et asiatiques)!!!! Alors quelques milliards de plus ou de moins…..

 

            Et dire, que lorsque vous êtes à découvert de quelques euros, on vous rappelle à l’ordre, on vous facture des  frais  de tenue de compte. Quand une ménagère fait un chèque en bois elle est passible de la prison et quand un ménage est sur-endetté c’est  qu’il ne sait pas gérer son budget….

         Il y a quand même quelque chose qui ne va pas dans ce monde pourri.

 

            Dans les entreprises, à longueur de journée, on met la pression sur chaque salarié de l’ouvrier à l’ingénieur pour baisser les coûts, améliorer la rentabilité, créer de la richesse pour qu’à la fin de l’année chaque entreprise réalise des profits et toujours plus de profits.

 

            C’est pour cet objectif qu’on brime les salaires, qu’on supprime des emplois, qu’on limite les investissements, qu’on écrase les sous-traitants (qui écrasent leurs propres salariés et sous-traitants) et aussi qu’on ferme des entreprises rentables mais qui ne dégagent pas « la norme » de profits souhaités (Kléber à Toul, Allevard Ascométal, Mittal Gandrange et tant d’autres…).

 

            Tout ça pour qu’au bout du compte, Des Mittal, Mordachov, Michelin, Pineau, Bolloré et autres capitalistes accumulent des fortunes qu’ils s’échangent ou placent en bourse pour les faire encore grossir !!!

 

            Et on nous présente ces dirigeants comme des « élites » indispensables à l’économie, qui « font vivre » des milliers de salariés, alors que ce sont en fait des parasites sans foi ni loi,  qui vivent eux, du travail d’autrui, sans aucune considération ni aucune morale. Il fut un temps (il y en a encore quelques uns) où des patrons (chrétiens) avaient une certaine éthique, où leur entreprise créait de la richesse utile pour le pays, la région et un peu pour leurs ouvriers, où les bénéfices réalisés étaient investis pour maintenir l’entreprise à niveau, assurer son avenir, garantir l’emploi.

 

            Ce capitalisme « de papa » est révolu, désormais, il n’y a que la finance qui compte. Une entreprise ne sert plus à fabriquer des biens, c’est un « centre de profits », pour « cracher du cash » une vache à lait qu’on traie au maximum en la nourrissant au minimum et qu’on mène à l’abattoir quand elle n’est plus rentable. Qu’importe,  avec les capitaux accumulés on achètera d’autres vaches et on se paiera sur la bête !

 

            Autre exemple, plus petit, et toujours à la société générale. Un des administrateurs, s’est débarrassé de 85 Millions d’euros d’actions de la société générale juste avant qu’éclate le scandale et que le titre plonge….! Ca rappelle l’affaire Forgeard dans Airbus. Des « cadres dirigeants » gavés de fric, sensés « mener l’entreprise au combat », qui « motivent le personnel » et qui quittent le navire quand il prend l’eau en réalisant de confortables plus values grâce aux stocks options….

Là aussi, quelle morale, quel exemple donné par les élites !

 

            Il est nécessaire que les travailleurs prennent conscience de la réalité du monde économique d’aujourd’hui …

 

 Le  31 janvier 2008     Texte proposé par la CGT Ascométal-Hagondange

 

 

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Un voisin répugnant 2008.01

La scène qui suit a eu lieu dans un vol de la compagnie British Airways entre Johannesburg et Londres :

Une femme blanche, d'environ cinquante ans, s'assied à côté d'un noir. Visiblement perturbée, elle appelle l'hôtesse de l'air :
- Quel est votre problème, Madame? demande l'hôtesse.
- Mais vous ne le voyez donc pas? répond la dame. Vous m'avez  placée à côté d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres répugnants. Donnez-moi un autre siège.
- S'il vous plait, calmez-vous, dit l'hôtesse. Presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.
L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard :
- Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de place dans la classe exécutive. Toutefois, nous avons encore une place en première classe. Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air continue :
- Il est tout a fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne de classe économique de s'asseoir en première classe. Mais, vu les circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi désagréable.
Et s'adressant au noir, l'hôtesse lui dit :
- Donc, monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège en première classe vous attend.

Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène, se levèrent et applaudirent.

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Être jeune 2008.01
 

La jeunesse n’est pas une période de la vie,
Elle est un état d'esprit,
Un effet de la volonté,
Une qualité de l’imagination,
Une intensité émotive,
Une victoire du courage sur la timidité,
Du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années :
On devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis
Qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande comme l’enfant insatiable : et après ?
Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir.
Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.
Si, un jour, votre coeur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme,
puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

Texte de Samuel ULLMAN, 1870, à Birmingham (USA)
Repris,traduit en français et largement diffusé par le Général Mac Arthur, en 1945

 

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Etre en paix 2007.12

 

Va, reste calme au milieu du bruit, de l'impatience et souviens-toi de la paix qui découle du silence.

Si tu le peux mais sans renoncement, sois en bons termes avec tout le monde, dis ce que tu penses, clairement, simplement et écoute les autres car même les sots et les ignorants ont quelque chose à dire.

Evite les gens grossiers et violents, car ils ne sont que tourments pour l'esprit.

Si tu te compares aux autres, tu pourras devenir vaniteux ou amer, mais sache qu'ici-bas, il y aura toujours quelqu'un de plus grand ou de plus petit que toi.

Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire. Aime ton métier, même s'il est humble c'est un bien précieux en notre époque troublée.

Sois prudent dans le monde des affaires, car on pourrait te jouer de mauvais tours. Mais que ceci ne te rende pas aveugle, bien des gens luttent pour un idéal et partout sur la terre on meurt pour ce que l'on croit.

Sois toi-même, surtout dans tes affections. Fuis le cynisme en amour car il est un signe de sécheresse du cœur et de désenchantement.

Que l'âge t'apporte la sagesse et te donne la joie d'avoir des jeunes autour de toi. Sois fort pour faire face aux malheurs de la vie, mais ne te détruis pas avec ton imagination, bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude. Et, malgré la discipline que tu t'imposes, sois bon envers toi même.

Tu es un enfant de l'univers, tout comme les arbres et les étoiles et tu as le droit d'être ici et même si cela n'est pas clair en toi, tu dois être sûr que tout se passe dans l'univers comme il est écrit.

Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu quel que soit en toi son image, et à travers ton travail et tes aspirations, au milieu de la confusion de la vie, sois en paix avec ton âme.

Dis-toi qu'en dépit de ses faussetés, des ses ingratitudes, de ses rêves brisés, le monde est tout de même merveilleux.

Sois prudent et tâche d'être heureux.

Traduction d’un texte qui a été gravé dans la pierre par un anonyme vers la fin du 19e s. dans une Eglise de la côte Est des Etats Unis.

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La faim progresse ! 2007.12
A la suite de l'article "Chaque année, la faim progresse", le message qui suit, signé "Indignation", a été laissé sur notre Livre d'Or. Il nous invite à réagir :

 

"Comment peut-on accepter que la faim progresse et ne pas s'indigner ? Des tonnes de pain sont jetées chaque jour alors que certains n'ont pas l'essentiel pour vivre, la pêche industrielle gaspille les ressources de la mer alors que c'est une manne pour tous les côtiers, des cultures industrielles fournissent des produits de mauvaise qualité et livrent à la misère quantité de petits paysans, des élevages industriels traitent les animaux dans des conditions insupportables qui font honte à l'homme... La mondialisation non maitrisée, le profit, les systèmes financiers sont les moteurs de cette situation.

Comment peut-on penser -et accepter- que ce soit le progrès ? Quel progrès ? Comment peut-on croire que ce soient des disfonctionnements momentanés et passagers ? Nous vivons en réalité une situation qui nous mène tout droit à une révolution inéluctable puique les marchandises n'ont plus de frontières et que les chomeurs sont enfermés dans leurs pays comme dans des ghettos... Autrefois beaucoup de ruraux étaient paysans. Ils vivaient dignement dans la pauvreté. Ce n'est même plus possible aujourd'hui... C'est cela le progrès ? Et il faudrait l'accepter sans s'indigner ? Et aussi sans se révolter bien sûr pour la plus grande satisfaction des nantis !"

 

 

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Plus d’égalité pour créer une société plus heureuse

 

Le chef spirituel du bouddhisme tibétain a signé la déclaration de solidarité et s'est exprimé sur la lutte contre la misère.
Dans le cadre de la préparation de la Journée mondiale du refus de la misère, le Dalaï Lama a reçu, le 16 septembre à Lisbonne, une délégation du Mouvement international Atd Quart Monde. Eugen Brand, délégué général, et Derek Asker, militant du Mouvement, ont échangé avec lui sur le thème misère et paix. Le chef spirituel des bouddhistes, prix Nobel de la Paix 1989, a notamment déclaré :

« Sur un plan global, entre les riches et les pauvres, il y a une sorte d’immense fossé. Au niveau des nations, il y a aussi d’énormes fossés. La pauvreté est une autre source de problèmes, de difficultés et de violence. Nous devons sérieusement nous occuper de ce fossé, au niveau global, les gens du nord comme ceux du sud. Les personnes riches et les personnes pauvres ont chacune des responsabilités. Bien sûr, il y a un lien entre misère et paix. La paix doit préoccuper les riches. Sans la paix intérieure, l’économie seule crée parfois plus de problèmes. Pour créer une société heureuse, plus d’égalité est essentiel. En tant qu’être humain, nous sommes membres de la même famille humaine. Votre frère est en train de mourir de faim, pendant qu’un autre frère a tout ce qu’il faut mais il ne partage pas. C’est immoral ! Moralement, comment est-ce possible ? C’est impossible.
La dignité, cela veut dire pouvoir avoir confiance en soi. Il faut des moyens et pouvoir se former. Partout, dans tous mes discours publics, je parle du sérieux nécessaire qu’implique ce fossé. Vous êtes déjà en train de mener des actions pour le réduire. C’est pourquoi j’apprécie énormément votre magnifique travail. Mon esprit est toujours avec vous. S’il vous plaît, continuez ce travail et faites-le aussi savoir à de plus en plus de personnes. Cela, je crois, est important. C’est mon sentiment. »

Pour en savoir plus sur le mouvement ATD Quart Monde  http://www.refusonslamisere.org/atd/

 

 

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Histoire d'un amour  2007.11

 

C’est le livre dont on parle, une merveilleuse histoire d'amour, deux êtres si complémentaires qu'ils en sont devenus siamois, indissociables. L'histoire ne raconte pas l'issue, ils se sont suicidés en septembre dernier; comment pouvait-il en être autrement.

"Tu viens juste d'avoir quatre-vingt-deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide dévorant que ne comble que ton corps serré contre le mien. La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres. J'entends la voix de Kathleen Ferrier qui chante "Die Welt ist leer, Ich will nicht leben mehr" et je me réveille. Je guette ton souffle, ma main t'effleure. Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble."

Lettre à D., histoire d'un amour ; André Gorz, Editions Galilée

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Sorti de prison grâce à Amnesty International

 

Un donateur écrit : "J'avais décidé de ne plus soutenir d'organisation humanitaire à cause du "gaspillage" de l'argent dépensé pour inciter les gens à donner. Et puis, lors d'un trek en Bolivie, j'ai rencontré un guide qui m'a raconté son histoire et qui a été sorti de prison grâce à Amnesty International. Ce n'était plus un don anonyme que je faisais. Je vous envoie donc un chèque de soutien et mes meilleures salutations". Pour en savoir plus, cliquer : http://www.amnesty.fr/

 

Pour découvrir quelques actions : http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/actualites

- Au Zimbabwe les militants continuent d’être harcelés...

Une cinquantaine de militants ont été arrêtés au Zimbabwe lors d’un rassemblement public qui a eu lieu le 11 mars 2007 alors même que les autorités avaient interdit pour trois mois les défilés et manifestations. Ces militants, parmi lesquels se trouvaient des dirigeants du principal parti de l’opposition, le Movement for Democratic Change (MDC, Mouvement pour le changement démocratique), ont été roués de coups au moment de leur arrestation et certains auraient été torturés pendant leur détention aux mains de la police.
- En Côte d'Ivoire, des violences sexuelles généralisées...
À la suite du soulèvement de septembre 2002 et de la division de facto du pays en deux, des centaines, si ce n’est des milliers de femmes et de jeunes filles ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles perpétrées de manière généralisée et parfois même systématique, par toutes les parties au conflit ou par des civils proches de ces forces et de ces groupes.
De nombreuses femmes ont subi des viols collectifs ou ont été enlevées par des combattants qui les ont réduites à l’esclavage sexuel et les ont considérées et traitées comme un bien qu’ils possédaient.
Des femmes ont également été attaquées pour des raisons politiques et ethniques, notamment par les forces de sécurité gouvernementales et leurs partisans.
Les victimes de viol ont souvent été également frappées et torturées.
Certaines ont été violées en public, devant les membres de leurs fa

milles, y compris des enfants.
D’autres ont été violées à côté du cadavre de membres de leur famille.
Ces violences ont parfois été commises par ailleurs sous la menace des armes.

 

 

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Se distraire

 Quelques lignes  pour nous distraire

lues sur le site du réseau de nos amis belges (P.A.V.E.S.) http://www.paves-reseau.be/index.php

Les vacances !  Enfin quelques jours de farniente ou de romans à dévorer entre quelques balades surprises, sans oublier les étapes musicales qui nous sont proposées aux quatre coins du pays. J’en salive déjà ! Programme simple : repos, détente ! Même mon PC va se mettre au vert !

Mais où trouver les programmes de concert et autres activités qui rechargent les accus ? L’incontournable internet me rattrape ! Google… sans projet défini, je tape : « Où va-t-on ? » Je tombe sur une série de sites qui me sont tout à fait inconnus, et je prends au hasard « ouvaton ». A ma grande stupeur, on y parle de pape, d’évêques et de curés !

En 1889, le cardinal Sarto dépêche ce mandement à l’attention de ses prêtres (dix ans plus tard, il sera le pape Pie X).« L’usage du vélocipède et de la bicyclette s’est tellement répandu parmi les laïcs qu’on ne croit plus, aujourd’hui, pouvoir vivre sans cela ; comme cette nouveauté paraît prendre faveur auprès du clergé, je juge nécessaire d’ordonner aux ecclésiastiques qu’ils aient à s’en abstenir. Mes séminaristes savent déjà ce que j’en pense. Je prie les curés de me signaler ceux qui, pendant les vacances, m’auraient désobéi. Je dois, naturellement, défendre à tous mes prêtres ce que j’ai défendu aux clercs. Rien, en effet, ne me semble plus contraire à la dignité d’un ecclésiastique que de s’asseoir à califourchon sur une machine de cette sorte : cette attitude n’étant pas en harmonie avec la gravité qu’exige notre état. Tout ce qui nous rapproche des habitudes laïques nous expose au reproche de frivolité. On ne manquera pas d’objecter les avantages de la bicyclette : la rapidité avec laquelle le prêtre se porte au chevet des malades, l’économie de ce mode de transport... Toutes ces considérations ont, en effet, leur poids. Mais elles doivent céder avant la dignité et le sérieux que sont les premiers devoirs du prêtre. »

J’espérais très sincèrement que ce problème de dignité était d’un temps révolu ! Que nenni ! 

L’un des points les plus discutés aujourd’hui, à Rome, de la réforme liturgique d’après le Concile, est la position de l’autel qui permet au prêtre de faire face à l’assemblée, alors qu’avant, il lui tournait le dos.
Un jeune prêtre allemand vient de présenter à l’Augustinianum un livre sur la question, préfacé par Joseph Ratzinger, alors simple cardinal, si l’on ose dire.
Ce dernier y écrit qu’"il n’y a rien dans les textes conciliaires au sujet de l’orientation de l’autel".
Il cite, pour mettre en cause la vague du ’face au peuple’, le célèbre petit livre de Mgr Klaus Gamber, « Tournés vers le Seigneur », édité par Le Barroux, et préfacé déjà par Joseph Ratzinger.
A la présentation du livre à l’Augustinianum, une présence a été remarquée : celle de Mgr Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, nommé il y a peu, précisément suite à l’éviction d’un archevêque italien trop réformiste, Mgr Sorrentino.
.

Pincez-moi, pincez-vous ! C’est du niveau d’une caméra cachée ? Non, c’est la triste réalité d’un certain monde. Alors, c’est décidé, je pars en vacances. J’ai vraiment envie de penser à autre chose…ou de penser tout court !

Philippe Liesse (Evangile sans frontières)

 

 

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Quelle Europe pour quelle planète ?

 

La construction de l’Europe est quelque chose d’unique dans l’histoire des peuples. Pendant des siècles, les nations du continent européen ont été en conflit ; elles ont imposé à la terre entière un impérialisme militaire, économique, culturel et religieux ; elles ont été à l’origine des deux guerres mondiales. L’Europe s’est construite d’abord à partir de la réconciliation franco-allemande. Cette réconciliation et cette amitié entre nos deux peuples est un évènement considérable, qui permet d’oser espérer un jour une issue pacifique à nombre de conflits actuels dans le monde : Israël et Palestine, Inde et Pakistan,  etc. Certains ont pu dire à juste titre que l’Europe - devenue plus sage après tant d’horreurs - avait à jouer dans le monde un rôle spirituel, c’est à dire la mission de lui apporter du sens.

 

L’échec, dû à la position française, du projet de Communauté Européenne de Défense, qui aurait donné à l’Europe naissante une identité et une finalité politique, a amené les promoteurs de l’idée européenne à la fonder sur un projet économique, un projet libéral dès l’origine, avec la création de la C.E.C.A., puis de la C.E.E. Il apparaît par ailleurs tout à fait évident qu’à partir de 1995, il aurait fallu approfondir la construction politique d’une Europe à 15 plutôt que d’avancer dans une construction d’une Europe à 25, davantage économique que politique.

 

L’Europe a pourtant quelque chose d’important et d’urgent à dire et à faire face aux immenses défis du XXIème siècle : sur-développement matériel et aliénation publicitaire dans les pays riches, exploitation et misère croissante des pays pauvres, saccage de la planète (épuisement des ressources, pollution de l’eau, du sol, de l’air, désertification, effet de serre, réduction de la biodiversité, etc.), uniformisation culturelle, course aux armements, autant de manifestations d’un déficit de citoyenneté et de sens dans nos sociétés. Par exemple, aucune préparation sérieuse n’est pensée face à l’épuisement rapide des ressources pétrolières, sinon une fuite en avant dans le nucléaire, une technologie centralisatrice et non maîtrisée avec ses trois d : danger, dépense, déchets...

 

L’Europe dont le monde a besoin pourrait prendre des orientations totalement nouvelles et conformes à l’avenir de la planète et de l’humanité : promouvoir une décroissance durable et heureuse dans les pays dits développés, développer en grand l’agriculture biologique, promouvoir les cultures vivrières et l’autonomie alimentaire, favoriser les énergies renouvelables, mettre en œuvre les stratégies non-violentes d’intervention et de défense, pousser à la création d’une instance mondiale de gestion des ressources limitées de la terre et de la biosphère, etc. Face à des « Grands », USA, Chine, qui ne semblent avoir pour seule obsession que la croissance et la puissance économique ou militaire, l’Europe pourrait manifester le primat de l’être sur l’avoir et du politique sur l’économique, et impulser des initiatives fortes pour réconcilier l’homme et la nature, la société et la sagesse, l’économie et l’éthique, la science et la conscience.

 

Face à ces constats, comment voter lors du référendum sur le traité constitutionnel européen ? Voter oui, c’est inscrire dans le marbre une orientation économique libérale - qui n’a pas d’ailleurs absolument pas sa place dans une constitution – et une idéologie de compétition, alors que l’humanité a besoin de coopération, ce qui ne peut mener la planète que dans des crises économiques, sociales et écologiques majeures. Voter non, c’est en rester à un statut très insatisfaisant, celui du traité de Nice, et se priver d’avancées réelles, même si elles restent trop timides, vers une Europe plus démocratique et plus politique.

 

La vraie question me semble être : un non, notamment celui de la France, conduirait-il à une stagnation et un blocage durable de la construction européenne, ou laisserait-il l’Europe se faire sans la France selon cette logique économique libérale ? Ou au contraire, un non serait-il l’occasion d’un sursaut ? Un sursaut pour que les peuples d’Europe se posent les vraies questions sur l’avenir de la planète et de l’humanité, puissent définir de nouvelles orientations de société et rédiger un texte meilleur.

 

Parmi mes amis « non-violents », beaucoup voteront non, à regret parce qu’ils croient à l’Europe, et quelques uns voteront oui, à regret parce qu’ils voudraient une autre Europe...  Mais une chose nous paraît évidente :  quel que soit le résultat du vote des 25 pays de l’Europe, le débat et le combat pour une autre société devront se poursuivre. Pas seulement dans les urnes, mais aussi par nos comportements de parents, d’éducateurs, de travailleurs, de consommateurs, de contribuables, de citoyens. Quand la légalité est manifestement contraire à la légitimité, cette action n’exclut pas la désobéissance civile ouverte et l’acceptation sereine de poursuites pénales : par exemple l’arrachage de plants de maïs transgénique quand l’Etat laisse faire en plein champ des cultures de telles  plantes, alors même que les compagnies d’assurance refusent d’en prendre en charge les risques.

 

Et si, à l’aube du troisième millénaire, nous inventions une civilisation humaine ? 

Etienne  Godinot*

 

* Membre de la rédaction de la revue Alliance pour une Europe des consciences (Terre du Ciel – 71500 Bruailles) et de plusieurs structures de recherche, d’information et d’action sur la résolution non-violente des conflits, E. Godinot s’exprime ici à titre personnel

 

 

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Association Unitarienne Universaliste

 

Nous, assemblées membres de l'Association unitarienne universaliste, sommes vouées à la reconnaissance et à la promotion des principes suivants:

1.        La valeur et la dignité intrinsèques de toute personne.

2.        La justice, l'équité et la compassion comme fondements des relations humaines.

3.        L’acceptation mutuelle et l’encouragement à la croissance spirituelle au sein de nos assemblées.

4.        La liberté et la responsabilité de chaque personne dans sa recherche de la vérité, du sens de la vie et de la signification des choses.

5.        La liberté de conscience et le recours au processus démocratique aussi bien dans l’ensemble de la société qu’au sein de nos assemblées.

6.        L'aspiration à une humanité où règneront la paix, la liberté et la justice pour tous.

7.        Le respect du caractère interdépendant de toutes les formes d’existence qui constituent une trame dont nous faisons partie.

 

Les sources de l’Association unitarienne universaliste

Nous avons puisé à des sources diverses la vivante tradition que nous partageons:

·         L’expérience directe du merveilleux et transcendant mystère, universellement reconnu, qui suscite un renouveau de l’âme et une attitude réceptive envers les forces qui sont à l’origine de la vie et veillent à son épanouissement.

·         Les paroles et les actions de visionnaires, hommes et femmes, qui nous incitent à miser sur la justice, la compassion et le pouvoir de transformation de l'amour pour affronter le mal sous toutes ses formes.

·         La part de sagesse de toutes les religions qui est, pour nous, une source d’inspiration morale et spirituelle.

·         Les enseignements du christianisme et du judaïsme qui nous convient à aimer notre prochain comme nous-mêmes en reconnaissance de l'amour que Dieu nous manifeste.

·         Le message humaniste qui nous incite à utiliser notre raisonnement et à prendre en considération les résultats de la science, et qui met en garde notre âme et notre esprit contre toute forme d’endoctrinement et de fanatisme religieux

·         Les enseignements spirituels des traditions nomades qui célèbrent le cycle sacré de la vie, nous invitant à vivre en harmonie avec les rythmes de la nature. Remplis de gratitude envers le pluralisme religieux qui enrichit et ennoblit notre foi, nous sommes animés par le désir d’approfondir notre compréhension et de développer notre perspicacité.

En tant qu’assemblées autonomes, nous souscrivons à cette déclaration de principes, nous engageant à nous témoigner mutuellement soutien et confiance.

Profils de libertés, www.prolib.net

Ordonnance adoptée lors des assemblées générales de 1984, 1985 et 1995.

Traduite pour l’Église unitarienne de Montréal.

 

 

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