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       GRAINS  de  VIE, GRAINS  de  SABLE      

 

 

  Sur cette page je livre mes réflexions  au fur et à mesure de leur élaboration.

  Grains de vie, grains de sel ou grains de sable?

  Que le lecteur choisisse ou qu'il réagisse, c'est toujours une satisfaction de découvrir un avis amical  ...      

                                       

Pascal JACQUOT     

 

 

Dernière mise à jour le:

dimanche 05 novembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Nous n'avons pas choisi de naitre. Mais nous pouvons choisir de vivre ..."      Pascal                      

 

TABLEAU DES ARTICLES

 

- Voir son père pour la 1ère fois ! 2017 11

- Jeunes ou vieux; l'âge ne fait rien à l'affaire ! 2017 09

- Oeufs contaminés 2017 08

- Les troubles psy arrivent entre 15 et 30 ans 2017 04

- Fils de l'homme, frère vraiment 2017 01

- Valeurs indispensables 2016 09

- Rapport "qualité – prix" et "respect" 2016 07

- Sécurité aléatoire 2016 06

- Construire l'avenir sans ressasser le passé

ou Témoignage - Centenaire de Verdun 2016 05

- Le monde est en guerre 2016 04

- Drame sur la route 2016 03

- Eau si précieuse 2016 03

- Pauvre dernière goutte 2016 02

- Pour la vie 2015 10

- Méditer 2014.06

- Enfants … travailleurs 2014 02

- Libre et respectueux 2013 09

- Qu'est-ce qui est essentiel pour moi ? 2013 04

- Dans le silence des oliviers 2011 06

- Je me suis offert une semaine 2011.02

- Je peux choisir de vivre 2008.10

- Se retirer …  2008.02

- Bush, Monsanto et Rome  2008 04

- Jeûne et témoignage 2008.03

- Equilibre 2008.01

- Echanger pour se sentir moins seul  2007.10

- Pourquoi pas moi ? 2007.10

- Un échec ? Non, une expérience 2007.02

- Clivages artificiels, 2007.01

- Croire aux espoirs que l'Evangile nourrit 2007.01

- Le présent est à la fois instant et éternité, 2006.12

- Une parole, un message,  2005.10

- Devenir soi sans s'isoler  2005 05

- Le "Tout autre" ou "Dieu est nous" ! 2005.01

- Nouveau départ 2004. 10

- Oser être 2004.05

- Oser être libre pour être présent au présent 2003.11

 

 * Pourquoi jeûner pour sa santé ?

  Livrets "Jeûne et santé" 2011.02 et 2014.04

 

 

Nous avons toute la vie pour cheminer, progresser, deviner ce qui est bon pour nous, découvrir ce qui nous attend et peut-être, progressivement, notre rôle sur cette terre, notre destin …

Les étapes de notre parcours ne sont guère un long fleuve tranquille sur lequel nous pouvons voguer en toute quiétude ! Les difficultés rencontrées, les obstacles qu’il nous faut surmonter (épreuves de santé, peines sentimentales, échecs professionnels, …), les carrefours où il est indispensable de choisir (orientation, mariage, choix politique, …), toute la vie nous invite à constamment remettre sur le chantier nos décisions et parfois nos choix

Nos grains de vie qui sont des espoirs de renouveau et de progrès sont aussi parfois entravés par des grains de sable qui enrayent notre sillon et compliquent notre évolution.

Sur cette page, je livre quelques réflexions disparates que je rédige pour le seul plaisir de partager ce qui me tient à cœur.

P.J.

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merci à l'avance.

 

 

 

 

Voir son père pour la 1ère fois !

 

Comme dans tous les villages à cette époque, à Reillon, les enfants entraient à l’école primaire dès 5 ans pour suppléer la « maternelle » inexistante. Et, dans les années 1940, pendant et après la 2ème guerre mondiale, les instituteurs étaient invités à utiliser les éventuels cours de plein air en rendant localement des services utiles. Par exemple, en automne, en ramassant des glands dans la forêt pour améliorer la pitance des cochons des fermes …

 

En 1945, certainement en juin ou juillet, j’avais tout juste 5 ans comme mes cousins Annie et Jean-Pierre et je me souviens très bien être allé avec toute la classe et son institutrice, dans un champ de pommes de terre au lieu-dit « Sur le chemin de Vého », à mi-chemin environ entre les deux villages. Nous avions chacun une boite de conserve vide pour recueillir les doryphores qui se multipliaient sur les plants et nous engagions ainsi une ligne particulière de culture pour accomplir notre tâche …

Soudain l'institutrice, qui était courbée comme nous pour prélever larves, doryphores ou grappe de petits œufs jaunes sur les feuilles de pommes de terre, se redressa et s’écria :

-« Annie, ton papa arrive … » et elle invita ma cousine à le rejoindre. La silhouette de cet inconnu au loin sur la route avec sa casaque avachie, ses godillots et son sac sur le dos m’apparait encore clairement aujourd’hui …

C’était en effet Henri, le père d’Annie, mon oncle, qui venait à pied depuis la gare, après un séjour de 5 ans en Allemagne ! Prisonnier de guerre dès 1940, il n’avait alors jamais vu sa fille … Je n’ai plus en mémoire le cliché visuel des retrouvailles certainement chaleureuses qui ont suivi ; je ne sais plus si Annie est partie enthousiaste, craintive ou peureuse[1] à la rencontre de ce père qu’elle n’avait jamais rencontrée mais je devine facilement toute l’émotion qui a dû envahir cet homme en redécouvrant sa famille, ses proches, son village après 5 ans d’absence dans des conditions particulièrement éprouvantes ...

 

A cette époque-là, on ne dissertait guère sur les conséquences psychologiques ou psychanalytiques de ces situations qui, pour être nombreuses et jamais communes, ne devaient pas engendrer de traumatismes. Remercier le ciel était même l’unique consolation légitime ! La seule joie de se revoir pouvait-elle cependant dissiper les souffrances passées et ouvrir un horizon enfin éclairci ? Comment ne pas imaginer toutes les difficultés nouvelles et imprévues que tous durent alors surmonter ; celles d’un enfant qui doit adopter un inconnu comme son propre géniteur, celles d’une jeune épouse qui a dû assumer seule à la tête d’une ferme une double responsabilité pendant cinq ans, celles d’un mari qui ne retrouve certainement pas totalement ce qu’il avait généreusement imaginé pendant son isolement ?…

 

Plus de 70 ans plus tard,  je remémore ces moments de ma jeunesse pour mieux en mesurer la pesanteur, mais aussi en savourer toute la générosité et la richesse. Les drames rencontrés dans une vie, inattendus souvent, forgent les personnalités. Ceux vécus par nos parents, nos grands-parents, pendant les guerres successives, à travers les difficultés de leur métier et les contraintes de survie m’invitent à admirer encore davantage maintenant leur courage et leur dignité. Je ne doute pas que nos enfants, nos petits-enfants devront aussi surmonter les leurs, bien différents mais peut-être aussi lourds malgré des apparences peut-être trompeuses … J’espère seulement qu’ils sauront alors reconnaitre et apprécier ceux de leurs ancêtres pour relativiser un peu les leurs …

                                                                                    

Pascal


[1] Annie m’a confié dernièrement : « Ce jour-là, j’ai dit "Bonjour Monsieur" à ce père inconnu ! »

 

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Jeune ou vieux ;

l’âge ne fait rien à l’affaire !

Le jeune découvre progressivement la vie, il s’émerveille, s’émancipe … Il a le potentiel qui permet d’essayer, de modifier, de construire mais ne sait rien de la période de vie qu’on appelle vieillesse puisqu’il ne l’a pas encore traversée !

Le vieux a d’abord été jeune, puis il a pénétré l’âge mûr, enfin il se mesure à l’ultime partie de sa destinée terrestre … Il peut donc évoquer tout ce qu’il connait ; de la jeunesse qu’il a vécue, qui l’a façonné et dont il se souvient évidemment, comme de la vieillesse qu’il a le privilège de côtoyer !

Le jeune et le vieux sont bien sûr l’un et l’autre "admirables" dans leurs différences et "respectables" dans leurs capacités spécifiques complémentaires. Mais ils ne sont pas « égaux » ! Le jeune est encore pauvre de son inexpérience tandis que le vieux est riche de toutes ses découvertes. D’autant plus riche d’ailleurs qu’il reste modeste, devient fragile physiquement et s’insinue progressivement dans les lois éternelles du monde qui l’entoure.

Pour devenir « sage », l’homme –ou la femme- est invité à apprécier son expérience ; en exploitant les étapes de son cheminement avec les différentes situations qu’il a connues, les multiples épreuves qu’il a surmontées … C’est donc souvent le privilège du vieux, loin de la sénilité dans laquelle la jeunesse cherche parfois à l’enfermer !

La beauté du jeune est tout autre ; elle est dans son dynamisme, sa force, son enthousiasme, sa capacité de réalisation ; elle est dans son ouverture, sa générosité possibles, sa soif du neuf. Mais la beauté -du jeune comme du vieux -n’est jamais dans une supériorité écrasante ou méprisante !

....                     

Or, avec l’évolution rapide des techniques et des découvertes actuelles, l’opposition entre les générations semble s’accélérer. Par exemple, tandis que le jeune manipule avec facilité les écrans informatisés, le vieux semble souvent "déconnecté", ou réservé (volontairement ou malgré lui !) par les nouveaux moyens de communication. Si l’on peut être heureux que le jeune s’adapte plus facilement et puisse ainsi s’insérer dans la vie notamment relationnelle, l’objectivité ne devrait-elle pas inviter aussi à apprécier la prudence ou le discernement que le vieux a appris pendant toute sa vie et n’a pas automatiquement perdu en quittant son activité professionnelle ? 

Pourquoi alors, aujourd’hui, surestime-t-on trop souvent la jeunesse active avec sa forme d’efficacité au détriment de la vieillesse usée, parfois dépassée mais dont le trésor caché est souvent méconnu ? Alors qu’il était conditionné hier par une éducation rigoriste et usait d’une liberté très limitée, le jeune d’aujourd’hui ne se sent-il pas  survalorisé par une éducation qui favorise l’affirmation de soi au détriment du respect de l’autre ? Pourquoi, par exemple pour être concret, ne se pousse-t-il plus spontanément pour laisser passer une personne âgée sur le trottoir ou ne lui cède-t-il plus sa place assise dans un bus ? Pourquoi prise-t-il l’éphémère et déconsidère-t-il certains procédés ancestraux qui ont pourtant fait leurs preuves ?

Le proverbe « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait !» est encore souvent cité mais si la sagesse du jeune est certainement d’accepter de continuer à apprendre, celle du vieux est certainement d’accepter de s’effacer avec humilité tout en revendiquant certaines valeurs et en continuant peut-être à prodiguer quelques conseils ! Mais qu’on se rassure, jeunes ou vieux, « le temps ne fait rien à l’affaire, comme le dit Georges Brassens». Et je m’interroge seulement sur le phénomène qui pare la jeunesse de toutes les vertus et qui par contrecoup, impute à la vieillesse la stagnation supposée de notre société ... 

P.J.

 

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        Œufs contaminés en 2017 !  Août 2017

Alors que le scandale s'étend en Europe après la découverte d'œufs pollués au fipronil, le ministère de l'Agriculture de France lance la traque aux œufs contaminés. Une opération qui vise d'ailleurs autant à rassurer qu'à expliciter les causes fondamentales et à modifier l'injustifiable !

Les conséquences des cultures et élevages industrialisés, favorisés par la dérégulation / mondialisation de l’alimentation animale sont  catastrophiques pour les consommateurs et les paysans eux-mêmes ... Les drames successifs du monde agricole et de l’industrie agro-alimentaire ne suffisent-ils pas encore à nous interpeller et à nous inviter à corriger nos erreurs ? Rappelons seulement quelques crises passées; celles de la vache folle ou ESB (Encéphalopathie Spongiforme Bovine), à cause des farines animales, de la grippe aviaire H1N1, des milliers de bêtes abattues (vaches, oies, canards, porcs ...),  de la dioxine ou des polluants organiques persistants dans l’environnement, et plus généralement de l’élevage intensif en batterie (avec antibiotiques, activateurs de croissance,…). Sans parler des pollutions des sols par des fertilisants chimiques ou des produits phytosanitaires pour barder les cultures des parasites, de certains insectes, de champignons ou de mauvaises herbes ; et sans oublier bien d’autres scandales, notamment celui de la viande de cheval de Roumanie vendue comme de la viande de bœuf …

Pourtant, il y a presque 40 ans déjà, en juin 1980 exactement, l'association Lorraine Nature et Survie, présentait  le dessin ci-contre sur sa revue bimestrielle et posait une question de fond ... "Le petit élevage ... !!? Oui, mais comment ?"

Comment l'agriculture d’aujourd’hui qui s’industrialise toujours davantage pourrait-elle vraiment répondre aux valeurs d'un monde rural vivant ? Ne faudrait-il pas dans des exploitations durables de taille familiale des paysans nombreux, heureux dans leurs tâches et fiers de leurs produits ?; avec la reconnaissance économique de leur travail à travers la vente de leurs marchandises qui doit constituer l'essentiel de leur revenu ; avec des modes de production respectant la qualité, la sûreté des aliments et l'environnement ; avec une juste répartition des aides publiques indispensables entre les exploitations, entre les secteurs de productions et entre les régions ...

Peut-on alors imaginer une réelle prise de conscience pour un vrai changement ? On peut bien sûr toujours l'espérer … Car producteurs et consommateurs ne doivent plus tolérer l'insupportable. Pour ma part, je ne pourrai plus attendre encore 40 ans pour le constater enfin ! 

P.J.

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Les troubles psy arrivent entre 15 et 30 ans  Avril 2017

 

Aujourd’hui, dans la plupart des familles de notre pays, les jeunes mangent à leur faim, fréquentent longuement l’école, participent régulièrement à des loisirs et pianotent naturellement sur leurs écrans … Leur vie, qui semble douce, est apparemment au moins délivrée des privations ou des lourdes servitudes de leurs aïeuls. Pourtant, « 80 % des troubles psy arrivent entre 15 et 30 ans » affirme David Gourion, psychiatre, et « ces 40 dernières années, le nombre de suicides a augmenté de 25 % ».  

J'ai en effet constaté  dans mon entourage avec beaucoup d’émoi que plusieurs jeunes se sentaient en profond mal-être psychique. Les parents et les éducateurs ont d’ailleurs souvent du mal à percevoir leurs difficultés pour pouvoir les aider. Les suicides de jeunes gens de milieux plutôt favorisés nous interpellent fortement. Des étudiants brillants, promis à un avenir professionnel garanti, et qui ont apparemment eu un parcours sans histoire, sombrent dans le désarroi. A la veille de porter des responsabilités d’adultes, ils ne parviennent pas à surmonter les épreuves qui les assaillent. Pourquoi ?

Je laisse au docteur Gourion le soin de développer dans son livre[1] tous ces phénomènes. Il y a des comportements qui devraient nous interpeller : il ne faut pas confondre en effet le mal-être « ordinaire » adolescent qui est temporaire et sans conséquence au quotidien avec des signes objectifs plus lourds : cassure scolaire, isolement social, repli sur soi, arrêt d'activités de loisir sans raison, troubles du sommeil ... Troubles alimentaires, dépendance à l'alcool et au cannabis, attitudes anxieuses invalidantes, schizophrénie sont fréquents et plongent les jeunes dans un désarroi qui s’aggravent avec le temps. L'agrégation de facteurs comme les bouleversements socio-économiques, la modification des structures familiales et des réseaux de socialisation, la modification des rythmes biologiques veille-sommeil, le manque d'exposition à la lumière du jour, les changements alimentaires, la pression à la réussite jouent sans aucun doute un rôle important. 

Je me permets seulement d’ajouter une simple énumération : Une enfance facile, sans contrainte sévère, avec peu d’obligations pour obtenir l’indispensable, c’est à dire l’alimentaire, l’habillement, les besoins courants … Des loisirs libres qui n’imposent pas de prévisions, pas de régularité et peu d’effort … Ou, au contraire, des études ou des loisirs trop exigeants, qui sollicitent une résistance à toute épreuve  et une tension exacerbée pour franchir le seuil des concours ou dépasser ses propres capacités … Une confrontation à des chocs trop  agressifs (d’ordre moral, affectif, sexuel) et perturbants  pour des êtres non aguerris …  Des écrans pervers avec pornographie et violence qui, le jour et souvent même le soir, envahissent les cerveaux en construction … Des drogues censurées mais banalisées comme le cannabis, ou médicamenteuses dès qu’un léger symptôme mesquin apparait … Des repas sans heure, avec un menu à la carte et le frigo à la disposition individuelle, des boissons gazéifiées, sucrées, alcoolisées … Des nuits sans sommeil …

Voici quelques pistes que l’on peut facilement soulever. Elles cernent certainement, partiellement au moins, les causes de ces drames que nous déplorons. Certains de ces constats dépendent de nous et nous pouvons essayer de les corriger, d’autres sont sociétaux et il vaut mieux en être conscient. Si nous ne savons les maitriser totalement, ils nous invitent de toute façon à revenir aux sources de l’équilibre humain et à nous appuyer davantage sur le bon sens traditionnel ; avec, comme le disait déjà Montaigne, au 16ème siècle,  « une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine » mais aussi : Un corps respecté plutôt qu’un corps séducteur ou travesti … Un esprit ouvert plutôt qu’un esprit brillant ou superficiel … Un cœur sensible mais prudent plutôt qu’un cœur éponge …

P.J.


[1] La Fragilité psychique des jeunes adultes. 15-30 ans : prévenir, aider et accompagner de David Gourion, Odile Jacob, 24,90 €

 

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« Fils de l’homme, frère vraiment »      Janvier 2017

 

Nos fêtes de tradition chrétienne ne sont-elles plus qu’un moment de surconsommation disculpée ? Pourtant, si le besoin de merveilleux, le plaisir de la surprise, de l’inattendu, de la récompense après l’effort s’expliquent facilement et peuvent se justifier, l’illusion, la tromperie, le mensonge ne peuvent que décevoir !

« Or Noël n’est pas la fête des enfants. C’est la fête des cadeaux et des marchands de jouets, de l’égoïsme familial, de l’avidité, de la convoitise. À peu près le contraire de ce qu’il faudrait enseigner à nos enfants. » [1]

 

Que Jésus soit Dieu, c’est ce que j’ai cru durant mon enfance. Comme j’ai cru à St Nicolas qui venait pendant la nuit du 6 décembre avec son âne et pour qui je préparais un bol d’avoine que je retrouvais vide le lendemain. Je présumais qu’il déposait un cadeau pour chaque enfant à la maison pendant la nuit ; un maigre cadeau mais un cadeau utile : des crayons de couleur pour dessiner, une chemise ou des chaussettes pour s’habiller, quelques dattes pour compléter le repas familial, et parfois un jeu collectif comme celui des petits chevaux.

Enfant, je n’ai par contre jamais cru au père Noël qui n’était même pas évoqué dans mon milieu familial. Car ceux qui m’enseignaient la divinité de Jésus me transmettaient quelque chose qu’ils tenaient eux-mêmes pour une vérité essentielle, qui éclairait leur vie et leur cœur. Aucun mensonge, aucune hypocrisie ne les habitait !

 

« Le contraire du Père Noël, c’est quoi ? Un enfant plutôt qu’un vieillard. Pauvre plutôt que riche. Caché plutôt qu’exposé. Nu plutôt que déguisé. Enfin qui n’a rien à vendre, ni même rien à donner, en tout cas rien de matériel – rien d’autre, plus tard, que sa vie et son amour. Le contraire du Père Noël, c’est Jésus-Christ : l’enfant nu, entre le bœuf et l’âne ; l’innocent qui est crucifié, entre deux voleurs, parce qu’il a annoncé publiquement un message d’amour … La Crèche et le Calvaire. Ces deux images sont légitimement les plus fameuses de cette belle histoire » [1] .

 

Fils de Marie et de Joseph, Jésus a comme tout un chacun un vrai père et une mère dévirginisée. Jésus, enfant de Dieu ? Pourquoi pas ! Mais comme tous les enfants du monde qui sont aussi appelés à partager une éternité ! Cet espoir me donne en effet un modèle et une perspective.

Pour moi, Noël, c’est simplement –à l’occasion du solstice d’hiver-  s’incliner devant un enfant sans puissance aucune; et c’est aussi reconnaitre l’humble humanité en marche. Les Rois mages ne s’y trompent d’ailleurs pas : tout leur or, tous leurs diamants sont sans valeur aucune, s’ils ne se mettent au service de cette faiblesse-là, de cet amour-là, qui sont le vrai Dieu.

 

Car Dieu n’est pas un être barbu à la forme humaine. Dieu, c’est l’amour, c’est l’inimaginable ou alors, comme le chante Lara Fabian : 

« Dieu, c'est le souffle du vent dans une feuille,

c'est le sourire de ma fille,

c'est cette merveilleuse orchidée devant nous sur cette table

Dieu, c'est vous, c'est moi,

c'est chaque homme et chaque femme sur cette terre ». 

 

Et Pâques, c’est au printemps, la vie qui renait, qui continue après l’hiver sous une autre forme. Jésus ressuscité ? Non pas puisque même ses disciples ne le reconnaissent pas. Mais simplement renouvelé et encore vivant car en réalité pas vraiment « mort »! Un espoir pour moi, pour nous, car comme Jésus, si notre corps meurt, notre chemin ne s’arrête pas … 

 

Alors si Jésus n’est pas Dieu, ni fils de Dieu, ni ressuscité…, je ne l’en apprécie que davantage. Fils de l’homme, comme il se disait lui-même, Jésus a été engendré, est né d’une femme, comme nous tous, est mortel, comme chacun de nous et continue à vivre autrement par-delà la mort comme je l’espère pour moi, pour vous, pour tous ceux que j’aime. C’est en quoi il est vraiment notre frère et nous offre un chemin. En marmonnant sur la croix « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », il partage ainsi notre détresse, notre souffrance, notre angoisse, notre désespoir peut-être.

Si Noël marque la faiblesse, la fragilité, l’humanité de Jésus, Pâques marque la victoire, la toute-puissance par-delà la mort. Jésus a une famille, a d’abord été aimé, et a ainsi pu apprendre à aimer. La grâce d’être aimé précède la grâce d’aimer, et la rend possible. Ce que Jésus symbolise ? La primauté de l’amour, même faible, même vaincu, même humilié, même supplicié.

Nos crèches et nos calvaires sont donc peut-être plus vrais que nos catéchismes !

 

P.J.

[1] André Comte-Sponville, philosophe

 

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Valeurs indispensables                   Septembre 2016 

Un camion-monstre a fauché 85 personnes à Nice le 14 juillet, jour de fête nationale ; des hommes, des femmes, des enfants, de simples touristes et des badauds, des chrétiens, des musulmans ou des agnostiques sont morts … Quelques jours plus tard, un prêtre de 86 ans a été assassiné à l’arme blanche dans son église près de Rouen, pendant une "petite" messe de la semaine … Les drames successifs qui secouent la France et le monde nous jettent dans l’effroi, la stupeur et la consternation. Des actes ignobles qui laisseront des traces indélébiles dans certaines familles et dans nos consciences.

Il faut bien sûr tout faire pour éviter que de telles barbaries ne se renouvellent … Mais si on peut clamer « Plus jamais ça », on ne pourra jamais surveiller et empêcher tout acte délictueux imprévisible commis par un compatriote et même un voisin apparemment discret et respectueux des autres ! Faut-il alors placer en détention toute personne susceptible un jour de "péter les plombs" ? Encore le ferions-nous que la solution ne serait pas efficace !

On peut cependant constater que les meurtriers sont souvent de jeunes délinquants dont les familles ont émigré en France, qui ont connu l’échec scolaire et ne se sont pas intégrés dans la société. Proies faciles des djihadistes qui leur promettent dignité et sainteté, ils acceptent alors certaines contraintes et croient ainsi se valoriser en commettant des actes abjects.

Tout être aspire à être reconnu. Celui qui ne cultive pas spontanément des valeurs profondes et se laisse aller à la facilité ne peut être satisfait et fier de lui. Est-ce alors surprenant que certains veuillent se racheter et se glorifier auprès de leur mouvance amicale ou religieuse en répondant par des gestes "héroïques" ? Si ces fous tuent atrocement, ils sont aussi capables de donner leur propre vie ! Et ne devons-nous pas relativiser notre jugement, car nous avons nous-mêmes souvent dit qu’ « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » ?

Tant que nous prétendrons  maîtriser le terrorisme actuel uniquement par la répression et les armes, nous ne surmonterons pas la période troublée que nous vivons. Notre monde a besoin d’affirmer clairement ses valeurs nobles de respect, d’égalité, de fraternité. L’argent roi, la consommation effrénée et le confort égoïste ne suscitent pas l’équilibre ! Les enfants d’aujourd’hui ne sont ni meilleurs ni pires que ceux d’hier, mais ils ont besoin de valeurs sûres pour se mesurer à l’adversité.

Si nous n’avons pas su deviner hier ce qui se tramait dans certaines cités, si nous ne savons pas répondre aujourd’hui à l’indignation des crimes atroces perpétrés par des déséquilibrés au nom de l’Islam, nous ne saurons pas davantage comprendre une partie de la jeunesse actuelle qui nous interpelle parfois par sa déliquescence parce qu’elle sombre dans la frivolité. La vie n’est pas un long fleuve tranquille et croire que l’indifférence, la satiété individualiste peuvent combler, c’est se tromper. Seuls, l’attention, le partage, l’effort peuvent permettre équilibre, épanouissement et confiance … Notre société doit se nourrir de valeurs non pas factices mais indispensables et savoir les imposer par convictions autant que par discipline …

P.J.

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Rapport "qualité – prix" et "respect"  Juillet 2016

Les « réclames », la publicité ou la « pub » comme on dit aujourd’hui, essaient, pour nous tenter, de nous vanter les produits dont l’apparence comme le coût sont les plus attrayants possibles. Et les associations de consommateurs, pour éviter que nous soyons piégés, analysent à la fois leurs qualités et leurs prix pour nous présenter les produits dont le rapport « qualité-prix » est le meilleur.

Par ailleurs il suffit de regarder un peu les journaux locaux ou de voyager pour constater que les « vides-greniers », les dépôts-ventes, les occasions exceptionnelles fleurissent un peu partout et se multiplient pour satisfaire autant les vendeurs encombrés de leurs objets inutiles que les acheteurs avides de payer encore moins cher …

La décence de la rémunération de ceux qui ont fabriqué un  produit, le confort des conditions matérielles des élevages, le souci de surproduction ou de gâchis des matériaux ne viennent guère préoccuper vendeurs ou acheteurs. Le respect des travailleurs, le respect des consommateurs mais aussi le respect des matières, le respect de notre planète ne pèsent guère dans ce système « qualité-prix » …

Et pourtant, les paysans qui se suicident parce qu’ils ne peuvent vivre dignement de leur travail, les petites mains étrangères qui fabriquent dans des conditions épouvantables des objets à bas coût[1] et parfois superflus, les gadgets inutiles, les produits frelatés, chargés de colorants, conservateurs, antioxydants, additifs et vitamines chimiques de synthèse, pesticides, toxiques….et neurotoxiques (tous ces "E" délicatement précisés sur les emballages !), ne devraient-ils pas nous interpeller davantage ? Mais comment ?

Nous disposons tous d’une arme personnelle  qui est incontournable et non-violente : sans notre consommation, la « pub » n’a aucune influence ! Si, effectivement, nous sommes parmi les dépourvus qui, pour boucler leurs fins de mois, comptons les centimes pour nous alimenter, nous habiller, avoir un toit, les mots qui suivent ne nous concernent pas. Mais si nous empruntons l’avion pour rechercher un coin de plage au soleil, si nous remisons des meubles parce qu’ils ne correspondent plus aux derniers critères de la mode, si nous sommes envahis –et encombrés- de fantaisies inutiles, le respect des hommes avec ses travailleurs, le respect de la planète avec ses constituants, le respect de la vie avec notre santé ne doivent-ils pas dépasser le seul rapport « qualité – prix » ? ….

 Si notre système économique est aveugle, alors ne soyons pas nous-mêmes borgnes en refusant de favoriser le « respect » indispensable et vraiment essentiel. "Respect" pour notre planète, "respect" pour tous les hommes mais en premier, et surtout en même temps, "respect" pour nous aussi ! 

 P. J.


[1] « Sur la vente d’un maillot de l’équipe d’Allemagne, vendu 85 €uros, 60 centimes d'un €uro seulement reviennent aux ouvriers chargés de le confectionner. Idem pour les baskets Air Jordan de Nike, commercialisées 140 euros, dont 2,40 euros pour les travailleurs. » (Le rapport est accessible sur www.ethique-sur-etiquette.org/antijeu )

 

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Sécurité aléatoire  2016 06

Des systèmes de sécurité très sophistiqués protègent de plus en plus nos maisons, les magasins, les lieux publics. Notre société pense ainsi maitriser les problèmes de vols ou d’agressions qui se développent.

 [i]Pourtant quand, dans un immeuble bourgeois sur-sécurisé par des grilles, des caméras, des codes, des alarmes dans les entrées multipliées et les ascenseurs, les pompiers ou le Samu doivent franchir toutes les barrières avec des codes, des numéros, des interphones, le patient d’un milieu privilégié accablé d’un AVC risque gravement de pâtir du retard involontaire des secours … Le clochard, quant à lui, qui fait un arrêt cardiaque sur l’asphalte de la rue, peut, bénéficier immédiatement d’un massage par le premier secouriste averti ! Personne ne va pourtant envier ce dernier mais si nous sommes perplexes, pouvons-nous nous laisser au moins interroger par les faits ? 

Cette situation est la faute de personne et de tout le monde. Une société basée sur la peur fait que les gens restent terrés chez eux et ferment leur porte. Une fois seuls chez eux, personne ne peut les secourir rapidement et spontanément !

En nous protégeant de cette façon avec des systèmes de sécurité de plus en plus complexes, agissons-nous alors avec réalisme ou  égoïsme ?  Se protéger est bien sûr une réaction spontanée, logique et même indispensable. Réalisme donc. Mais elle ne répond en fait qu’aux conséquences du problème sans en soigner la cause profonde ! Pourquoi le manque de respect, les vols, le banditisme, qui incitent à ces systèmes de sécurité toujours plus sophistiqués, se développent-ils aussi parallèlement ? Seule une réponse courageuse à cette situation complexe peut permettre une inversion progressive du phénomène.

En perdant le sens des relations humaines, en oubliant les valeurs d’entraide et de fraternité, en supprimant les postes d’employés, de concierges, en s’asservissant aux dictats des puissants et de la finance, notre monde de riches paie parfois indirectement son égoïsme et croit se protéger avec ses intérêts à moindre prix.

Brassens peut alors résumer brutalement la situation et continuer à chanter :  « Quand on est con, on est con ». Toutefois, ce sont uniquement les victimes qui paient l’indifférence, la négligence ou la cupidité des autres !

P. J.


[i] Source : Livre de Patrice PELLOUX, Médecin urgentiste

 

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Construire l’avenir sans ressasser le passé

ou

     Prise de conscience               Mai 2016

Cet article du journal Réforme (voir ci-dessus) a été publié dans le N° 3652 du 6 avril 2016, page 14, sous la rubrique "Témoignage" :

CENTENAIRE DE VERDUN.

L’auteur, Pascal Jacquot, lecteur de Réforme, petit-enfant d’un poilu  mort en octobre 1914, nous livre un texte émouvant sur la vie quotidienne dans une Lorraine meurtrie.

« À Reillon, cette contrée sent la mort qui rôde encore »

Depuis 2014, avec la commémoration du centenaire de la 1ère guerre mondiale, et particulièrement en 2016, avec notamment la célébration des combats à Verdun de 1916, je prends conscience du passé particulièrement douloureux qui a touché ma famille et dont j’étais bien sûr informé mais pas totalement lucideEn 1916, la jeune veuve avec ses quatre enfants sur la gravité du traumatisme.

LéonMa grand-mère maternelle a vu en effet sa vie basculer avec la mort de son mari Léon sur le front en octobre 1914. Elle n’avait alors que 24 ans mais déjà trois jeunes garçons de 5, 4, 3 ans  et une petite fille de 1 an, Hélène, qui est devenue ma mère. Léon est mort à Aix-Noulette dans le Nord-Pas de Calais après deux mois seulement sur le champ de batailles : comme papa de quatre enfants, il avait été mobilisé à tort et espérait seulement rentrer rapidement chez les siens dès que l’administration aurait régularisé sa situation militaire …

De son côté, mon grand-père paternel, réquisitionné lui aussi, qui avait deux enfants, a pour sa part participé aux terribles luttes de Verdun mais il a pu rejoindre sa famille après la guerre. Je ne l’ai cependant pas davantage connu car il est mort, quelques années après, écrasé par un taureau dans sa stalle.

La famille de ma mère et celle de mon père habitaient le même village lorrain, Reillon, qui fut de 1914 à 1918, le théâtre de lourds combats et devint ce qu’on a appelé la « zone rouge ». Pendant cinq ans le terroir fut percé de tranchées et tunnels, couvert de barbelés et d’abris rustiques et bouleversé de trous d’obus … Pendant cinq ans les deux familles ont été « évacuées », l’une à St Clément, l’autre à Hériménil, à 20 kilomètres environ du front … Elles sont parties avec quelques bêtes et un chariot chargé de l’essentiel, trainé par deux chevaux. Après la guerre, elles n’ont retrouvé dans leur village que ruines et paysage apocalyptique mais les bras vaillants des rescapés ont, progressivement et sans se lasser, déblayé, reconstruit, labouré en rassemblant les obus non explosés …

En 1939, vingt ans plus tard, mon père fut à son tour appelé sous les drapeaux pour une nouvelle guerre. Avec trois enfants (trois garçons de 5,3 et 2 ans) il ne put prétendre à une exemption bien que sa femme soit à nouveau enceinte mais il rentra indemne à la maison dès ma naissance ! Et fin 1944, pendant deux mois, toute la famille fut encore « évacuée »  pour s’éloigner des combats : je n’avais alors que quatre ans mais je me souviens de ces attelages avec vieillards et enfants juchés sur des objets disparates. Durant toute mon enfance, mes frères et moi avons joué avec des balles qui trainaient dans la campagne. Dans un bois de sapin qui couvrait partiellement la « zone rouge » et conservait les affres des tranchées et abris, j’ai même récupéré un crâne dont une balle avait perforé son front et, par réalisme ou fatalisme, je l’ai spontanément placé sur ma table de nuit.

Après la guerre, le travail sollicitait les efforts de tous ; à la maison, pas de machine à laver le linge, pas de salle de bain ni wc ; la pierre à eau de la cuisine était le seul lavabo pour toute la famille et il fallait chercher l’eau avec un seau près de l’auge du bétail. Dans ce contexte particulièrement sombre et difficile, je n’ai jamais entendu ou vu mes parents ou ma grand-mère maternelle se plaindre … Au contraire, cette dernière, veuve toujours vêtue de noir, remerciait le ciel avec son chapelet quotidien d'avoir préservé ses enfants qui,  prisonniers en Allemagne, ont tous pu revenir à la maison. Et elle a fait transporter les restes de son mari, 50 ans après sa mort, pour pouvoir être dignement enterrée auprès de lui dans le village. Quant à ma mère, gaie et généreuse, qui aimait chanter, danser, elle accueillait spontanément les familles éplorées qui venaient se recueillir sur les tombes locales … L’une et l’autre parlaient souvent de Léon, leur mari, leur père, pour évoquer son absence ou rappeler sa bravoure, son courage mais ni l’une, ni l’autre ne savaient geindre. Jamais, elles n’ont souhaité visiter Verdun qui rappelait trop de souvenirs douloureux et elles ne m’ont jamais incité à réaliser le pèlerinage de l’ossuaire du Douaumont. M’en ont-elles même dissuadé indirectement ? Je n’ai en effet découvert ce lieu avec émoi que récemment, à 75 ans, et ce constat m’interpelle …  

Maintenant, à Reillon, la plupart des terres ont retrouvé leur vocation agricole. Deux cimetières, l’un français, l’autre allemand, alignent pourtant toujours côte à côte leurs milliers de tombes et un ami qui visitait dernièrement la campagne me confia : « cette contrée sent la mort qui rôde encore ». En repensant à la dignité de mes proches qui ont préféré construire l’avenir plutôt que de ressasser le passé, je relis aujourd’hui avec beaucoup d’émotion l’original du courrier d’un compagnon de Léon qui a précisé ainsi à ma grand-mère les derniers moments de son mari : « Léon fut blessé dans la matinée du 12 octobre vers 9h.. Une balle lui a traversé le corps à la ceinture. Il resta jusque 4 h derrière une meule de paille. Combien de fois a-t-il dit, "ma femme, mes pauvres enfants, dites à ma femme que je suis mort en chrétien". Il fut transporté en ambulance à Aix-Noulette et est mort dans la soirée le même jour …». 

P.J.

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Le monde est en guerre

2016 04

Quand nous entendons le président de la France préciser que notre pays est en guerre, comment accueillons-nous cette affirmation et comment réagissons-nous ? Pour tous ceux qui ont déjà vécu la « guerre », ce seul mot jette l’effroi mais évitons une querelle inutile sur un mot car la réalité des drames affreux qui se vivent à Bruxelles en ce printemps 2016 nous rappellent bien tristement ceux de Paris en 2015 sans oublier tous les autres, ceux de Tunisie, Turquie, Egypte, Yémen … et bien sûr Syrie, Irak !

Le monde vit actuellement des contusions horribles avec un terrorisme aveugle qui va se prolonger encore de nombreuses années. Pourtant les pays occidentaux et ceux qui disent respecter le droit ou les règles internationales semblent largement majoritaires. Il est bien sûr indispensable qu’ils s’organisent, se défendent et se protègent sans tergiverser sur des détails. Daech ou les djihadistes Salafistes qui les attaquent  sont minoritaires mais ils s’infiltrent avec des procédés ignobles et insoutenables qui doivent être condamnés et écrasés.

Pourtant, dans une situation de guerre, les obus peut-être nécessaires, les armes parfois indispensables ne règleront jamais durablement un conflit. Quand les puissants dominent les faibles, la force n’efface pas le droit des fragiles. Une majorité ne peut véritablement s’imposer sans respecter les valeurs des minorités et la dignité des individus. Face à la dictature, la démocratie est même menacée et reste toujours à consolider. Les règles du vivre ensemble qui sont indispensables, ne sont supportables qu’avec une écoute réelle et une compréhension des besoins essentiels de l’autre, des minorités.

Ces besoins essentiels sont le droit à la vie, au travail, à la santé, à la dignité, à la liberté des convictions, quels que soient sa race, son pays, sa religion … et ils ne sont hélas pas actuellement accordés à tous les hommes et femmes de la terre, loin de là. Cette situation ne peut nous laisser indifférents et les nations ont un rôle à tenir pour que la mondialisation en marche permette à chacun de vivre dans la paix. Sur ce plan, oui, une guerre est engagée. Et pas seulement une guerre contre Daech et ses terroristes. Mais une guerre qui impose un lucide examen de la situation générale pour mener un combat global donnant de l’espoir et nourrissant des projets d’une réelle entraide entre les peuples.

Notre terre, qui semblait inépuisable, a ses limites et un véritable partage des ressources ne peut être facultatif. Que certains gaspillent quand d’autres n’ont même pas l’essentiel, que des revenus soient exorbitants, des propriétés indécentes, c’est bien sûr révoltant. Mais quand nous polluons par nos consommations superflues, nos attitudes non respectueuses, nos déplacements inutiles, nos vacances à l’autre bout du monde, ne sommes-nous pas aussi nous-mêmes complices d’un système qui marche sur sa tête ? Un système qui place le dieu argent au centre du monde en écrasant notre frère ouvrier, en méprisant notre sœur comme objet publicitaire, en illusionnant nos enfants dans un confort factice, en utilisant même les organes humains pour les commercialiser dans des réseaux … Les migrants, les sans-papiers, les réfugiés, les exploités ne sont-ils pas, en ce 21ème siècle, les nouveaux visages du « Dieu affamé, souffrant, pauvre, emprisonné[i] … ».

Oui, une guerre mondiale est engagée. Les révoltes profondes qui sourdent actuellement derrière les conflits ne s’apaiseront ni avec des armes, ni même avec de l’argent mais avec un autre regard, une autre analyse, un autre partage et une véritable fraternité … Que tous les pays démocratiques s’unissent, que tous les hommes de bonne volonté se regroupent, que croyants et non croyants, chrétiens et musulmans se respectent pour combattre les fléaux de la pauvreté, du mépris, de l’injustice. C’est urgent, c’est indispensable. C’est mobilisateur car chacun, à sa place, dans son milieu, avec ses moyens peut participer à cette nouvelle « guerre mondiale ». Et c’est un espoir qui nous inspire la confiance et nourrit notre optimisme …

P.J.


[i] Matthieu Ch.25, Vers. 35 : J'étais nu, et vous m'avez vêtu; j'étais infirme, et vous m'avez visite; j'étais en prison, ... Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous …

 

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Drame sur la route

2016 03 

Ils revenaient dans leur pays pour fêter Pâques en famille. Ils étaient treize dans un minibus. Douze sont morts sur le coup. Un seul survit, le chauffeur âgé de 19 ans …

C’étaient des émigrés, des exilés, des portugais qui travaillaient en Suisse. Le véhicule était non pas un minibus équipé mais une camionnette avec quelques sièges seulement. Le jeune conducteur n’avait pas le permis de conduire indispensable pour transport en commun.

Ce drame de la route est passé rapidement dans les informations comme un fait divers au lendemain des terribles évènements de Bruxelles. Et pourtant, en ce vendredi de la semaine sainte 2016, les 12 sont morts et le 13ème voit sa vie totalement brisée ! Mais, justification ou consolation, la fatalité écrase … et la résignation  s’impose …

Pour survivre, ces portugais s’étaient expatriés et avaient trouvé en Suisse de petits boulots aux maigres rémunérations. Ils voyageaient sans confort comme des pauvres. Ils sont donc indirectement des victimes de la crise économique actuelle que l’on appelle « mondialisation ».

Peut-on alors s’indigner sans hypocrisie en partageant la détresse des familles ? Ces morts accidentelles que l’on déplore symbolisent en réalité bien d’autres victimes qui, de par le monde, sont confrontés aux problèmes de l’emploi, des mutations spéculatives, des dérèglements climatiques. Faudrait-il que ces victimes utilisent des armes, commettent des attentats, deviennent des « terroristes » pour être mieux comprises et entendues ? Les millions de chômeurs qui ne demandent qu’à travailler pour vivre ne sont-ils pas suffisamment courageux pour être dignement considérés ?

Notre société occidentale, nos pays démocratiques doivent réagir avant qu’il ne soit trop tard. Les décisions économiques de la mondialisation considèrent-elles vraiment le respect des êtres humains comme une valeur prioritaire ? On peut se poser la question mais cela ne suffit certainement pas. Car nous avons, chacun à notre place, un rôle à jouer pour ne pas être indifférents et inviter nos responsables à en tenir compte. Par les choix de notre vie, par nos mots ou notre silence critique et peut-être aussi par notre vote …

P.J.

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Eau si précieuse

Mars 2016            

Si l’on n’a jamais eu soif en voyageant dans un milieu aride, on ne peut guère imaginer le plaisir de découvrir et de boire un peu d’eau naturelle. En marchant seul dans une forêt équatoriale dense où la chaleur humide appelait moustiques et  bestioles diverses, il m’est arrivé de rechercher longuement cette eau. L’eau ne manquait pas mais, partout, elle était stagnante et chargée de déchets variés. Si les autochtones en buvaient couramment, les services occidentaux d’hygiène invitaient les européens à s’en méfier à cause des risques infectieux. Aussi, pendant des kilomètres de marche, avec mon sac sur le dos, j’ai été en quête du liquide rare et je me souviens encore du bonheur éprouvé en découvrant enfin une source sûre. 

Une eau claire, une eau pure que l’on boit avec plaisir pour se désaltérer, c’est peut-être banal mais c’est aussi tellement précieux. L’eau est indispensable à la vie ; elle constitue même l’élément essentiel de toute vie. Dans nos régions favorisées, nous ne savons souvent pas l’apprécier suffisamment et les dérèglements climatiques actuels nous interpellent sur les conditions de sa protection et de son emploi.

Or, les facilités de transport, l’évolution des procédés agricoles, la banalisation de l’utilisation de pesticides ne semblent guère avoir pour préoccupation essentielle la protection de cette eau irremplaçable. Pour le montrer, je relève deux exemples seulement : 

En pleine campagne, à certains endroits de France, à cause de pesticides maintenant interdits mais utilisés dans les cultures il y a plus de 15 ans, l’eau n’est toujours pas potable et aujourd’hui une ceinture de protection autour des écoles est encore sollicitée pour que les produits vaporisés par des paysans habillés en cosmonautes n’atteignent pas les enfants …

Dans chacune de nos maisons il faut évacuer les urines, les selles, les rejets divers, les médicaments. Même les hôpitaux ne disposent pas de bassins de décantation ou de filtres. Ainsi les médicaments comme le reste partent dans les égouts pour rejoindre les rivières. Et en aval, dans notre ville, quand nous buvons l’eau au robinet, il est impossible de les enlever totalement … 

L’eau, qui n’est la propriété de personne mais qui est absolument indispensable à tous, sera-t-elle un jour vraiment considérée comme un bien essentiel réellement protégé ? Si les découvertes, qui nous permettent d’espérer des progrès ne savent pas respecter le premier cadeau du ciel qu’est l’eau, nous ne pourrons guère bénéficier de nos inventions car la vie dépend de cette eau indispensable. Une eau peut-être commune mais pourtant unique. Si précieuse.  

 P.J.                                                        

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Pauvre dernière goutte !

Février 2016

 

Quand nous sommes confrontés à une situation difficile, nous accusons souvent la dernière goutte d’eau qui a fait déborder le vase ! En général, nous ne retenons en effet que le dernier aliment qui a provoqué la maladie. Que le malaise, la dernière altercation ou incompréhension qui ont soulevé le différend ou le divorce et nous oublions toutes les gouttes que nous avons négligées ou refusé de voir et qui ont rempli le seau d’une dégradation progressive !

 

La dernière goutte, qui est la goutte de trop, n’est qu’un révélateur presque innocent. Ce sont en réalité toutes les gouttes successives que nous avons acceptées, supportées au fil des jours et des années qui ont fait le mal. Un mal qui s’est progressivement enkysté profondément sans être toujours apparent même s’il était de plus en plus évident. Et qui, comme un abcès, a éclaté avec la dernière goutte.

 

Dans les domaines de la santé, de la vie affective ou relationnelle, nous devinons qu’un malaise, qu’une souffrance s’installent mais nous essayons en général de les supporter, de les contenir tant bien que mal. "Ras le bol", "Y’en a marre", "plein le dos", "burn out", les expressions sont nombreuses qui manifestent notre saturation et notre peine. Il ne faut cependant pas perdre confiance car il n’est jamais trop tard pour réagir même s’il est déjà tard, bien tard pour agir. Tant que la vie est là, il y a en effet toujours de l’espoir. A condition toutefois de ne pas tarder davantage et de prendre le taureau de notre problème par les cornes d’une véritable écoute …

 

Si le combat ne concerne que moi, la décision m'appartient. Mais un antagonisme concerne souvent plusieurs personnes, au moins deux et on ne peut le régler en solitaire qu’à défaut de mieux car l’échange, les efforts de compréhension indispensables qui s’imposent ne peuvent être exigés et dépendent d’une bonne volonté partagée. Pour se préserver et se protéger, celui qui souffre le plus peut toutefois refuser une prolongation d’attente. Ce n’est en effet pas obligatoirement la meilleure solution de repousser trop longtemps la résolution au moins partielle d’un conflit. Pour garder son équilibre, et parfois sa santé, il faut en effet savoir prendre une décision courageuse qui engage notre avenir …

 

Apprendre à dire oui à ce que nous attendons, apprendre à dire non à ce que nous refusons, pour être vraiment soi-même, pour apprécier sa vie, même si ce n’est pas automatiquement accepté par les autres, nos proches, notre conjoint, nos collègues, n’est-ce pas parfois essentiel ? Pour être vraiment vivant, pour nous respecter nous-mêmes, pour exprimer notre propre humanité.

Nous n’avons pas à prouver quoi que ce soit. Nous n’avons qu’à « être » pour, peut-être, accepter la divinité qui s’éveille en nous …

 

P. J.

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 Pour la vie ?  

De jeunes tourtereaux sont amoureux. Voilà un sentiment à la fois commun et merveilleux et nous nous en réjouissons. Mais que ce jeune couple se marie « pour la vie » et nous serons plus circonspects car nous savons, surtout à notre époque, toutes les difficultés de la vie à deux dans la durée …

Un jeune très ouvert et courageux souhaite s’investir pour les autres. Nous admirons sa générosité et son altruisme. Mais qu’il s’engage dans la prêtrise « pour la vie » et nous craindrons peut-être pour sa témérité. 

Des parents conduisent leur enfant dans les fonds baptismaux. S’il s’agit d’un engagement des parents qui veulent partager leur foi, nous nous associerons à leur fête. Mais que, par ce baptême, l’Eglise engage un bébé « pour la vie », nous nous étonnons de cette mainmise … Même si le bébé devenu adolescent renouvelle par la suite les promesses de son baptême. Quelles promesses ? Pas les siennes évidemment.

Tous signent la bonne foi de leur engagement sur des registres … Mais ne faut-il pas être présomptueux pour s’engager ainsi « pour la vie » à 20, 25 ou même 30 ans ? Or l’intuition spontanée des jeunes générations qui repoussent cet engagement n’est-elle pas plus sage que les règles des institutions ancestrales qui l’imposent « pour la vie » ? …

Il y a peu, un fils de catholique était baptisé catholique, un fils de protestant, baptisé protestant, un fils de musulman, baptisé musulman et personne ne peut ignorer le contexte sociologique de la naissance qui, tout à fait naturellement, insère un nouveau-né dans son milieu. S’il ne s’agit que d’une coutume qui favorise ou facilite l’adoption d’un enfant dans sa communauté, nous l’apprécions bien évidemment. Mais que cette communauté utilise progressivement et au fur et à mesure des siècles son installation sociale pour s’imposer auprès d’une rivale, nous le constatons alors pour le déplorer. Par exemple quand elle consolide son emprise en « récupérant » par le baptême, peu après la naissance, les enfants de ses membres … Quand elle demande à un conjoint de se convertir pour que ses enfants soient acceptés … Quand elle impose le célibat à son clergé pour éviter tout démembrement de ses biens par héritage …

Il y a peu, un fils de paysan devenait paysan, un fils de médecin était orienté dans le monde médical, un fils de famille nombreuse dans une bonne famille chrétienne était appelé à la voie sacerdotale ! Mais l’amélioration des conditions de vie et l’évolution de la culture, permettent aujourd’hui à chacun d’élargir ses choix. Il est maintenant à peu près admis que la liberté et le respect des choix de chacun sont essentiels pour l’épanouissement individuel. On ne s’étonne pas qu’un fils de médecin devienne paysan, on ne s’offusque pas qu’un fils de catholique devienne moine bouddhiste. Et c’est heureux.

Mais des poches de résistances se constituent dans les milieux qui cherchent à conserver –inconsciemment ?- leurs privilèges. Pourquoi les parents sont-ils encore encouragés à baptiser « pour la vie » leur enfant très jeune ? Pourquoi un divorcé remarié est-il encore exclus de la communion « pour la vie » ? Pourquoi un prêtre doit-il encore rester célibataire « pour la vie » ? Sur ces points et bien d’autres la position de l’Eglise catholique est figée alors que le message évangélique est, pour sa part, très accueillant et très ouvert !

Pourquoi ne pas substituer à l’engagement dogmatique « pour la vie »  un engagement responsable, progressif, par étapes et par contrats successifs ? Un engagement qui éduque, qui permet de se construire petit à petit, en fonction de son évolution, de ses difficultés, de ses intérêts ou goûts ? Les amoureux pourraient se promettre fidélité, trois ans d’abord par exemple, puis dix ans quand ils accueillent le premier enfant pour l’élever ensemble ; les parents s’engageraient ainsi aussi longtemps qu’ils le souhaitent mais ils n’engageraient jamais leur enfant à sa place; le prêtre renouvellerait son choix de ministère tous les cinq ans … Au terme de leur contrat, les uns et les autres pourraient le reconduire, le poursuivre, le consolider et le mûrir … Ils pourraient aussi prendre une autre voie sans se renier, sans rompre une promesse, sans être des lâches, sans se culpabiliser d’avoir évolué dans leur cheminement parce qu’ils ne se veulent pas hypocrites, parce qu’ils préfèrent agir sans se cacher …

Que les Eglises imposent leurs règles, on peut ne pas les partager et souhaiter les faire évoluer mais il nous revient aussi de respecter les particularités des différentes communautés. Par contre, comment se fait-il que la société civile laïque, au service du public en général, ait copié aussi servilement les méthodes religieuses ? Pourquoi le mariage civil est-il aussi imposé légalement « pour la vie » ? Actuellement, une fois sur deux au moins, il se conclut par un divorce qui est souvent difficile et toujours douloureux non seulement pour les « ex » mais aussi pour les enfants. Pourquoi ne se consomme-t-il pas d’abord pour un temps limité, avec une durée précisée à l’avance, puis avec un autre temps, le temps de se construire, le temps de progresser, le temps de se respecter et de respecter ses enfants ? Et dans la liberté, dans l’harmonie, pour le bonheur de tous. Et peut-être même, pourquoi pas finalement, « pour le reste de la vie », nous le souhaitons vraiment. 

P. J.

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MEDITER

 

La méditation a une tradition orientale mais aujourd’hui, en occident, elle s’offre à tous pour apprendre à se connaître, à écouter et pour rechercher la sérénité.

Le principe de base de la méditation est d’augmenter son attention et sa concentration. Le développement de ces deux seules facultés peut avoir des répercussions extraordinaires sur toutes les dimensions de notre vie. 

 

1-      Intérêt de la méditation

 

Toute la journée, les pensées se succèdent sans répit dans notre esprit. Nous contrôlons très peu les pensées qui nous passent par la tête. Nous réagissons instinctivement à ces pensées, par automatisme la plupart du temps, sans vraiment réfléchir ou comprendre ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons.

 Développer son attention et sa concentration permet de contrôler ce flot de pensées et de prendre du recul par rapport à elles. Cela permet également d'être plus présent à ce que nous sommes en train de faire, d'être davantage à l'écoute de notre corps, de nos aspirations plus profondes.

De plus, en libérant notre attention de ce dialogue intérieur, nous disposons de plus de concentration pour écouter les autres. En développant notre capacité d'écoute, nous devenons plus tolérants, plus compréhensifs, plus sociaux et plus à l'aise avec les autres.

 

Développer notre attention et notre concentration permet un extraordinaire travail sur soi. C'est la base de tout exercice de développement intérieur. La concentration permet de lever les voiles, les incompréhensions, les tensions internes, les contradictions et les mensonges que nous nous faisons à nous-même, sans nous en rendre compte.

 En pénétrant les mécanismes qui nous habitent et qui nous animent, nous apprenons à nous accepter tels que nous sommes réellement, avec nos qualités et nos défauts. C'est un premier pas vers une paix intérieure et une plus grande sagesse. 

 

2-       Les  types de méditation 

Nous pouvons distinguer la méditation Vipassana, la méditation transcendantale, la méditation Zen et la méditation en pleine conscience :

 

La méditation Vipassana

Elle est basée principalement sur la respiration et permet de développer sa concentration et son attention car sans concentration ni attention, il est presqu'impossible de progresser sur la voie de la méditation.

La méditation transcendantale

Elle est une technique de relaxation profonde et de développement de la conscience. Elle se base notamment sur l'utilisation de mantras (phrases ou mots répétés de nombreuses fois) et sa maîtrise parfaite requiert une grande expérience.

La méditation Zen

Basée sur l'expérience immédiate et la compréhension de toute chose sur le champ, cette méditation utilise des techniques pour modifier la vision que nous avons de la réalité. Elle permet un changement radical de point de vue sur le monde et nous-même simplement par le biais de l'observation et de la réflexion.

La méditation en pleine conscience

Elle permet de s'affranchir du flot de pensées qui traverse sans cesse notre esprit et d'être pleinement éveillé à l'instant présent. Il s'agit de prendre conscience de chaque instant, de son corps, des autres et de son environnement.

 

Parmi ces types de méditation,  nous ne développons ici que la « Méditation en pleine conscience » pour, dans un cadre laïc, essayer de la présenter au moins partiellement.

 

3-      Les étapes de la méditation

 

Première étape : habiter son corps

Prendre conscience de ses différents membres et organes … Les accepter comme ils sont ;

Ne pas "vouloir" mais accueillir, laisser décanter le tumulte, lâcher prise …

Deuxième étape : commencer par être "présent"

Comprendre et assimiler ce que veut dire "vivre dans l'instant présent".

N’être que présence, se "re-cueillir", se "dépouiller" en sincérité …

Troisième étape : la respiration au cœur de la méditation

Prêter attention à son souffle pour vivre le présent …

Quatrième étape : écouter et accueillir … les sons, les pensées, les émotions  … sans juger, sans trier, sans filtrer, sans rien attendre ou espérer. Pour goûter simplement la richesse de qui est vécu au présent !

 

Progressivement, apprendre à méditer partout et avec tout

Ne pas considérer la pratique de la méditation comme une activité isolée et (trop) sérieuse. Apprendre à vivre sincèrement, à gérer sa peur, à avoir du courage, à découvrir sa sensibilité … Se familiariser avec soi-même, avec son esprit. Comprendre comment nous réagissons aux choses, à l’inquiétude, à la douleur ou encore à la souffrance, à des sentiments désagréables, douloureux mais aussi heureux.

  

4-      Les bienfaits de la méditation

 

Méditer avec son corps. Dans la pratique de la méditation il ne faut pas oublier la position et le lien qui existe entre le corps et l'esprit. Pour bien méditer il faut être en contact avec la terre par les pieds et être droit pour que notre colonne vertébrale s'étende vers le ciel. En aucun cas, pendant les séances, le corps et l'esprit ne doivent être séparés. La démarche intérieure n'est possible que grâce à une grande attention et une grande concentration, quand notre flot de pensées ne nous distrait plus. Sinon, il est impossible d'aller au fond des choses et de trouver les vraies réponses à nos  interrogations.

 

Les bienfaits apportés par une pratique régulière de la méditation sont nombreux. En nous posant, en prenant du recul, nous apprenons à discerner, à relativiser, à apprécier ce qui nous est donné. Nos capacités mentales et notamment la concentration et l'attention se développent. Les personnes pratiquant la méditation sont –affirment les spécialistes-  plus douces, plus soucieuses des autres et plus calmes. Les méditants sont moins enclins à la colère et à la violence. De nombreux psychothérapeutes utilisent d'ailleurs la méditation dans leurs thérapies contre la dépression.

 On remarque aussi des différences physiques : selon Mathieu Ricard, de formation scientifique, éminent moine bouddhiste français, on observe après trois mois de méditation, un renforcement du système immunitaire, une hausse de 20 à 30% des anticorps, une augmentation des cellules souches dans le sang. La méditation contribue également à réduire le taux de cholestérol dans le sang et la tension artérielle.

 

 Ne sont énumérés ici que quelques-uns des principaux bienfaits qu'apporte la pratique régulière de la méditation, la finalité ultime de cette dernière étant la sérénité inébranlable face aux aléas de l'existence. Mais cette sérénité ne peut être atteinte que par une compréhension et une acceptation totale de nous-mêmes, des autres et de notre environnement au sens large. Aussi cet objectif impose-t-il du temps avec à la fois de la confiance et de la persévérance. 

 

Le soleil est déjà levé. Ouvrir mes volets ne fait pas lever le soleil, cela permet seulement au soleil d'entrer dans ma maison, de la réchauffer, de l'illuminer. (François Varone)     

 

Telle est la première fonction de la méditation : le soleil est déjà levé sur ma vie; par la conscientisation je le laisse entrer davantage en moi.

 

Pascal JACQUOT

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Enfants … travailleurs

 

Nous sommes émus par ces enfants souvent maigrichons et au ventre ballonné qui portent du bois ou un sceau d’eau sur la tête ;

Nous sommes interpellés par ces enfants en guenille qui tendent leurs mains en ville pour recueillir une petite obole ;

Nous sommes choqués par ces enfants qui recherchent avec leurs petites mains sur un dépotoir, dans une rivière ou dans un puits une pièce récupérable ou précieuse qu’ils pourront revendre ;

Nous sommes scandalisés par ces enfants employés avec un revenu dérisoire dans des entreprises qui fabriquent des chemises ou des pantalons que les occidentaux s’offrent à bon marché ...

 

Mais, devant notre télévision, au cirque ou à divers spectacles, nous admirons la souplesse, les exploits, les prouesses de certains enfants. Ceux qui sont capables de voltiger  comme une plume entre deux cordes, de se contorsionner dans une coquille, de participer à une chorégraphie exigeante. Nous sommes émerveillés, nous applaudissons. Et donc nous encourageons ces pratiques …

 

Savons nous réellement le temps nécessaire, les efforts indispensables, les souffrances inévitables et peut-être même les conséquences psychologiques et physiologiques inéluctables que ces  performances supposent et imposent ? Avec les entrainements réguliers, les privations exigées, les contraintes successives et de plus en plus poussées … Ces petits bouts d’homme ou de femme de 6, 10 ou même 16 ans ne seraient-ils pas des enfants ?

 

Pour satisfaire notre soif de l’extraordinaire et du jamais vu, notre goût du toujours plus, pour répondre aussi aux faveurs des indices médiatiques, peut-on ainsi oublier que, derrière l’apparence souriante et heureuse de ces enfants, il y a des intérêts particuliers qui se cachent. Ceux de parents qui se valorisent à travers leurs rejetons, ceux de sociétés qui exploitent les capacités humaines comme des matériaux, ceux parfois aussi de pays qui cherchent à redorer leur blason.

 

Je ne voudrais pas pleurnicher avec une sensiblerie déplacée et exacerbée. Je sais combien la vie est dure et comme il est nécessaire d’aguerrir les enfants par des activités régulières. Je ne m’offusque pas que des enfants, encore aujourd’hui et comme autrefois d’ailleurs, soient invités à travailler dans une entreprise ou dans les champs pendant les vacances. A condition, bien sûr, que le temps et la tâche soient mesurés à leurs forces et à leur âge. Contrairement à ce que la pensée unique actuelle semble imposer, cela peut être bénéfique à l’équilibre d’un enfant.

 

Mais que des enfants-esclaves deviennent des vedettes dans nos salles de spectacle ou sur nos écrans de télévision, non pour leur épanouissement personnel mais pour satisfaire des besoins mercantiles ou médiatiques, il y a un pas à ne pas franchir. Or, entre autres*, le cirque de Pékin à Paris et l’émission de Patrick Sébastien à la télévision de service public avec « Le plus grand cabaret du monde » l’ont certainement franchi …

 

Pascal JACQUOT

 

* Si vous avez d'autres exemples à citer, merci de les communiquer par votre "avis" ou vos "propositions" (ci-dessus, en dessous des titres d'articles). Merci à l'avance.

 

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Libre et respectueux  (Ecoute et Partage)  Septembre 2013

  

Rester libre, bien évidemment, c’est essentiel.

Libre de s’exprimer ou de garder le silence.

Libre de penser différemment et de le dire.

Libre de ne pas croire ce que d’autres confient.

Il ne peut y avoir qu’une seule tête dans la diversité des membres d’Ecoute et Partage !

 

Oui, libre, mais respectueux aussi.

Respectueux du cheminement de chacun.

Respectueux de convictions qui ne sont pas miennes.

Respectueux de la différence.

Apprendre à écouter et être disponible pour chercher seulement à comprendre.

 

Exprimer ce qui me tient à cœur.

Librement, respectueusement.

Sans réagir à la parole d’un autre, sans l’interrompre,

Sans chercher à convaincre.

M’exprimer simplement, brièvement, sincèrement pour clarifier mon point de vue.

 

Ecouter la richesse, la diversité de ceux qui me respectent ;

Partager des expériences, celles de sages qui nous ont précédés ;

Ecouter et partager, librement, respectueusement pour cheminer, croitre.

Et, en un seul mot, être, tout simplement.

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Qu’est-ce qui est essentiel pour moi ? 2013 04

 

Cette question me semble vraiment primordiale !

J’ai pendant toute ma vie essayé de répondre à des besoins que je croyais « essentiels » et j’ai souvent constaté après coup malgré moi que je me suis souvent encombré avec du superflu, du secondaire qui me semblait pourtant priorité. Le temps relativise l’importance que l’on donne à certaines actions, à certaines exigences. Mais, même si je regrette de m’être trompé, je ne regrette pas de m’être engagé avec ce qui était moi à ce moment-là … Maintenant, l’essentiel n’est pas en effet ce que j’ai fait hier mais ce que je vis aujourd’hui ! Et aujourd’hui, avec mon expérience et ma maturité, il est naturel que mon essentiel soit sinon différent, au moins plus circonstancié. Il me reste moins de temps pour achever mon « pèlerinage » sur terre et je suis toujours invité à mieux cerner mes essentiels …

 

Je suis, et c’est évidemment essentiel pour moi. Je suis encore vivant et je veux savourer chaque instant. Je souhaite apprécier la vie qui passe. Admirer ce que je vois, apprécier ce que j’entends, goûter ce que je sens, m’indigner de ce qui me semble injuste, indécent ; réaliser avec plaisir ce que je peux, partager ce que je ressens … Dire merci à la nature qui m’émerveille, aux expériences qui m’ont fait ce que je suis devenu ; dire merci à mes proches qui m’ont aidé, qui ont partagé mes combats, mes cheminements ; dire « je t’aime » à ceux que j’aime … et avec qui je balbutie l’éternité …

 

La vie n’est qu’un moment, qu’un passage. Mon corps à la fois souple et fatigué, merveilleux et délicat, que j’admire et respecte, s’effacera bientôt avec sa fin du monde en se fragilisant mais la vie continuera. Elle continuera autrement, je ne sais d’ailleurs pas comment et peu m’importe mais elle continuera à travers d’autres ou même peut-être un peu moi, différemment, sous un aspect qu’il m’est impossible d’imaginer et ce n’est d’ailleurs pas du tout ma préoccupation. Par contre il me semble essentiel de respecter au mieux tout mon corps, tout mon être, tout mon environnement pour nourrir ma vie le mieux possible, pour continuer à apprécier la vie, à animer le rôle qui doit être le mien tant que je pourrai. Avec intérêt, satisfaction, plaisir … même à travers les difficultés, les épreuves.

 

L’essentiel, pour moi aujourd’hui, c’est d’être. Etre en ce moment. Etre moi le plus et le mieux possible. Emerveillé, enthousiaste, goulu de tout ce que je peux apprendre, découvrir, vivre, faire, communiquer avec mes bras, mon cœur, ma plume. C’est aimer goûter ce qui est bon, corriger ou refuser ce qui ne l’est pas. Aussi longtemps que ce sera possible mais sans craindre, sans repousser le moment où cela ne sera plus possible. Et je dis même déjà, et je redis tacitement avec plaisir chaque jour, au revoir, adieu, à Dieu à tous ceux que j’aime.

P.J.

 

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 Dans le silence des oliviers

Je viens de terminer la lecture du livre "Dans le silence des oliviers" de Michel Benoit et je voudrais exprimer succinctement mes réactions.

 

Dans un premier moment, je me suis dit que ce récit présenté en roman n'attirerait ni les amateurs d'extraordinaire, ni les chercheurs de spiritualité.

Mais rapidement, au fur et mesure de la lecture, je me suis laissé fortement impressionner par ce cheminement vécu en direct par les questionnements, épreuves, appels portés par Jésus.

J'ai apprécié à travers la progression dans le temps tout ce qui permet de mieux comprendre ses réactions, son évolution, ses craintes, ses doutes, sa souffrance, sa grande solitude ... Avec le "Mal" puissant qui reste toujours actif et sape les efforts. Avec la méditation dans le silence qui est la base de l'écoute et du cheminement. Sans s'appuyer sur des miracles qui ne sont que des phénomènes naturels ! Et surtout, sans trahir la "Parole".

En préservant la sobriété des citations évangéliques mais en plaçant cette Parole dans un cadre géographique et historique concret, on devine mieux ce qui a pu réellement se passer ... 

 

C’est une analyse profonde, sérieuse, à la fois claire, précise et très judicieuse qui traduit une ambiance, une époque et présente un message "crédible" qui ne tombe pas du ciel mais se construit progressivement à travers des évènements humains.

Le tout dans un style facile, agréable, non prétentieux et non réservé à une élite ...

 

Après le livre "Dieu malgré lui" qui a été pour moi une révélation, ce roman rassemble une recherche et met en scène des hypothèses mûries, notamment celle du 13è apôtre "bien aimé".

Il traduit concrètement une démarche pour mieux en cerner la vraisemblance tout en valorisant la portée exceptionnelle du témoignage de l'homme Jésus, un grand prophète, un croyant engagé mais certainement pas un dieu.

Ce travail portera ses fruits car les hommes bienveillants qui cherchent à accueillir le "bonheur" avec leur cœur peuvent entendre facilement cette approche.

 

Pascal JACQUOT 

 

"Dans le silence des oliviers" de Michel Benoit - Editions Albin Michel :  http://michelbenoit17.over-blog.com/categorie-1011772.html

 

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Je me suis offert une semaine 2011.02

Une semaine, une semaine complète pour soi (ou une quinzaine, ou un mois). S’offrir une semaine pour s’écouter, écouter son essentiel, quelle chance ! Oui, je me suis offert une semaine. C’est si peu et c’est déjà tellement. Je devine que peu peuvent se le permettre. Car il y a le quotidien à satisfaire, l’indispensable à assurer. Prendre une semaine sur ses vacances, prévoir une semaine sur une disponibilité, c’est un choix qu’il faut assumer et cela demande beaucoup de détermination. Et bien j’ai fait ce choix dernièrement et je ne le regrette pas, vraiment pas.

Lâcher ses occupations habituelles, son rythme quotidien. Ne pas avoir de rendez-vous, ne prévoir aucune invitation, aucune rencontre, se faire "absent" pour n’avoir aucune obligation, aucune visite. C’est créer une horloge qui n’a plus de rouage. Une horloge qui offre à l’esprit les délicatesses du ciel comme cadeaux, ses rayons de soleil, ses fines gouttelettes de pluie. C’est se sentir libre, libre d’agir, de penser, d’écrire quand on veut, de vivre comme on le désire. C’est surtout ne plus compter le temps donné pour pouvoir écouter, s’écouter d’abord, non pas avec des mots passe-partout mais avec des mots qui nous portent et une petite voix qui sourd du plus profond de nous-mêmes. Pour pouvoir aussi jeûner …

Attentif à ce que je vis, j’essaie d’être plus respectueux du corps qui me porte, j’écoute ses besoins et je lui permets de se rénover, de se rajeunir et de se débarrasser des toxines qui l’encombrent, qui l’ankylosent. Avec le souci de lui éviter un engourdissement progressif, j’offre à ce corps, mon plus fidèle compagnon de tous les instants, une nourriture saine et légère ou mieux encore un repos vitalisant par le jeûne.

Libre, détendu, sans contrainte, je m’assieds comme il me plait, dans un endroit que j’apprécie… J’observe, j’écoute… J’entends mon cœur battre avec son rythme régulier. Je sens ma respiration monter, descendre ; inspiration, expiration ; un, deux, un, deux... Paisiblement je recommence, je veille à suivre ma perception, je respire…  "J’inspire, j’expire… J’inspire, je sens les côtes qui se dilatent, j’expire, je me repose, je suis bien… ". Et je recommence et je recommence…

Toujours attentif au souffle d’air qui rythme mon recueillement, à l’écoute de la vie qui jette des bulles en moi, je reste moi-même, je médite, accueillant presque froidement, en tout cas le plus objectivement possible, non pas mes sentiments que je maitrise mais ce que je suis invité à observer. Je ne tombe pas dans l’euphorie, je discerne le beau, je l’admire; je ne sombre pas dans la colère, je spécifie le mal, je le combats. Je distingue la sincérité et l’hypocrisie, l’amour et le mépris, le partage et l’égoïsme. Et je prends conscience de ce que je suis, avec toutes ses couleurs et toutes ses ombres, je  suis au cœur de ce qui est moi, sans procès ; je sens un peu plus ce que je suis ; je prépare un peu mieux ce que je deviens.

Au milieu de cet espace, au milieu de ceux avec qui j’ai parcouru le voyage de cette vie, des inconnus, des êtres aimés, des pionniers, des saints mais aussi des ladres et des méchants, comme la fleur, comme l’écureuil, je sens que je fais partie intégrante de cet univers merveilleux et encore secret qui m’entoure ; je sais aussi que je m’y effacerai, que je m’y dissoudrai, que je tomberai en poussière dans l’humus après l’avoir nourri de mes propres racines, de mon propre travail. Je continuerai certainement à nourrir la création  et je ne serai ni plus, ni moins que maintenant, je serai autre et je resterai un peu l’essence qui participe à la vie du monde. Comme la mère que j’ai tant aimé, comme le père que j’ai tant admiré, comme le frère que j’ai tant essayé de comprendre ; comme le baudet qui m’accompagne ou la salade qui me nourrit; chacun à notre niveau, à notre mesure; je suis, nous sommes la création ; je resterai, nous continuerons le chemin… Je vis déjà avec ce que certains appellent Dieu. Et nous demeurons. Avec tout, avec tous, à travers le temps, au delà de l’horizon …

J’entends parfois pleuvoir des réactions qui critiquent ou même qui me jugent mais j’essaie de les laisser glisser sur moi sans me laisser mouiller. Car j’ai comme les pieds alourdis par la glaise d’une vie concrète de labeur, j’ai les mains un peu usées par toutes les adversités rencontrées, j’ai la tête remplie de projets assumés et j’ai surtout le cœur gonflé de transparence, de confiance … Je me sens bien ancré dans la vie et je serai un artisan actif du monde tant que je le pourrai. Mais je me sens aussi autre, relié à ce mystère que Marcel Légaut exprime ainsi : "ce qui est de moi, qui ne pourrait pas être sans moi et qui est plus que de moi" .

Pascal JACQUOT

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SE  RETIRER ... 2008.02

(A lire calmement et … au calme !)

Loin des soucis du travail, loin des exigences domestiques, loin des préoccupations de vacances, je me donne un moment. Un moment pour moi seul où je peux m’arrêter, me poser. Sans être dérangé par un coup de téléphone, une invitation … Et je m’assieds dans un cadre qui me plait. Sur un siège ni trop confortable pour éviter de sommeiller, ni trop rigide pour être mal à l’aise. Et je respire calmement, me décontractant, les yeux baissés, le regard souriant sur ce que je vois ou ce que je découvre intérieurement. Je sens ma respiration monter, descendre ; inspiration, expiration ; un, deux, une, deux... Paisiblement je recommence, je veille à ne pas quitter ma perception, je respire…  "J’inspire, j’expire… J’inspire, je sens les côtes qui se dilatent, j’expire, je me repose, je suis bien… ". Et je recommence et je recommence. Je continue encore mais soudain je constate que, malgré ma vigilance, j’ai fui mon siège, je suis parti vers un souci récent. Je ne m’inquiète surtout pas. Je l’accepte, je compte sur la patience de mon apprentissage. Au contraire. J’en profite pour saisir au vol cette préoccupation, pour la regarder en face, en la déchargeant de mes préjugés affectifs, en la regardant comme un bagage. Et je reviens à mon rythme respiratoire. Je vis, je suis bien, j’inspire, un, j’expire, deux… J’essaie de fixer mon attention sur cette cadence et j’y reviens chaque fois que j’ai été distrait…

Avec un peu d’entraînement, j’arrive maintenant à maitriser un peu mieux mon esprit, non pas en le contraignant mais en obtenant que lui, il ne me contraigne pas à renoncer à ce que je souhaite. Tout en comptant encore intérieurement, j’inspire, un, j’expire, deux, (et je peux aussi ajouter avant de reprendre le souffle quand je suis très calme, "je me repose, trois"), je commence à vivre avec mon souffle intérieur, avec mon être intérieur, un, deux, trois ; un, deux, trois… Et peut-être progressivement et parallèlement, un, je suis ici… ; deux, je suis ici-bas… ; trois, je suis comme je suis, sans plus, sans moins…  Un, je m’accepte ; deux, je me prends en main; trois, je vis avec tout moi… Le lendemain, je recommence, je garde ma distance, je fuis le jugement, j’observe, je constate ; mon cœur qui rythme ma poitrine m’invite au calme, à la sérénité et -beaucoup moins vite que les mots ne peuvent le dire-, je disparais en moi : un, je vis; deux, je vis encore ; trois, je vis toujours ; un, c’est un constat, … c’est simple, … c’est difficile aussi; un, … Mon attention se dissipe et part flirter avec d’autres intérêts. Je ne me décourage pas, je l’accepte et je persiste. Je recommence et avec l’expérience mon attention se transforme progressivement en concentration. Le surlendemain, je recommence encore, je me tiens droit, les yeux dans le vague ; Un, je suis au milieu de fleurs, deux, des fleurs qui bourgeonnent, trois, qui éclosent ; un, qui parfument, deux, s’épanouissent, trois, illuminent ; …durent le temps d’une rose, … perdent leurs pétales, … murissent ; …murissent encore, …sèment à tout vent, …se reproduisent…, disparaissent… Ma pensée accepte de suivre maintenant un peu ce que je souhaite mais elle ne répond pas encore à ma demande aussi docilement que mon corps…

Ainsi, toujours attentif au souffle d’air qui rythme mon recueillement, à l’écoute de la vie qui jette des bulles en moi, je reste moi-même, je médite, accueillant presque froidement, en tout cas le plus objectivement possible, non pas mes sentiments que je maitrise mais ce que je suis invité à observer. Je ne tombe pas dans l’euphorie, je discerne le beau, je l’admire; je ne sombre pas dans la colère, je spécifie le mal, je le combats. Je distingue la sincérité et l’hypocrisie, l’amour et le mépris, le partage et l’égoïsme. Et je prends conscience de ce que je suis, avec toutes ses couleurs et toutes ses ombres, je  suis au cœur de ce qui est moi, sans procès ; je sens un peu plus ce que je suis ; je prépare un peu mieux ce que je deviens…

Pascal Jacquot

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Je peux choisir de vivre…                  Octobre 2008

 

Je n’ai pas choisi de naître mais je peux choisir de vivre

Et pour vivre vraiment, apprécier de vivre, ne faut-il pas tout simplement "être" ? Etre vraiment soi-même et si possible être "bien" avec les autres.

A chacun de répondre en fonction de sa situation personnelle mais on peut facilement constater que si, tous, nous sommes dans le même bateau, nous ne sommes pas tous dans la même galère ! Du bateau de croisière à la barque bot people, les conditions du voyage peuvent être en effet très différentes…

Alors, comment "être","être" mieux ? Comment mieux vivre ? Comment progresser, comment apprendre à se sentir mieux ?

Si vous pensez que cela ne dépend pas que des autres mais aussi un peu de nous, alors les membres de l’association Ecoute et Partage vous invitent à écouter et partager avec eux.

 

La vie est une école toujours ouverte. Si l’on apprend à l’école quand on est enfant, ne convient-il pas surtout d’y découvrir le plaisir d’apprendre car l’on a en réalité toute sa vie pour apprendre. A la fin de ses études, le jeune découvre surtout qu’il ne sait pas grand chose mais s’il a acquis la confiance et le goût de la vie, il continue ses apprentissages sans lassitude et avec une satisfaction jamais démentie. L’adulte peut apprécier son expérience mais s’il découvre parfois à ses dépens qu’il se trompe et s’il sait exploiter ses erreurs, il continue aussi à progresser…

 

Comme éducateurs, comme parents, ou tout simplement comme femmes et hommes, nous avons appris combien le parcours de certains est malaisé, rocailleux, tortueux… Par nos expériences personnelles, nous avons mieux compris toutes les difficultés rencontrées et peut-être aussi mieux accepté les épreuves vécues. Et, sans aucun jugement de valeur, avec un grand respect, nous apprenons à écouter et à  partager pour continuer à progresser. Nous savons que beaucoup, jeunes et moins jeunes, de toutes catégories sociales, attendent sans pouvoir le dire ou espèrent sans le manifester des échanges confiants, des moments valorisants qui les aideraient à tenir debout, qui regonfleraient leur potentiel : comment répondre à une sollicitation, comment assumer une responsabilité, comment supporter une épreuve, une rupture, un deuil ? Les questions, les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne sont pas circonscrits et nous assaillent tout au long de la vie. Si nous pouvons seuls y répondre, pouvons-nous rester isolés pour y faire face ?

 

L’enfant compte sur ses parents ou ses maîtres pour être aidé. L’adolescent qui fourbit ses premières armes bâtit ses repères et s’appuie sur ses compagnons … de fortune ou d’infortune. L’adulte livré à la vie construit ses expériences, se mesure à ses échecs… mais se sent trop souvent isolé… S’il peut ou s’il accepte de formuler ce qu’il ressent, ce qu’il espère ou ce dont il souffre, déjà il clarifie pour lui-même ses espoirs, ses projets, peut-être aussi son malaise, son mal être. Et s’il peut aussi s’exprimer sans crainte d’être jugé devant des amis qui savent l’écouter pour simplement essayer de le comprendre, alors il se sentira progressivement en confiance. Car en écoutant lui-même le cheminement de ses compagnons, il pourra aussi apprécier des choix différents, comparera peut-être et se laissera inévitablement interpellé …

 

Bien sûr ces échanges ne sont possibles et enrichissants qu’à des conditions qu’il faut connaître et respecter. L’accueil, l’ambiance, la spontanéité qui permettent de se sentir à l’aise, en confiance sollicitent de l’expérience. Amitié, liberté sont indispensables. Et une grande modestie nous accompagne toujours car il ne s’agit pas de substituer aux professionnels qui sont bien sûr irremplaçables et qu’il faut justement savoir conseiller à bon escient. Ecoute et Partage existe pour cela.  

 

Pascal JACQUOT                                                           

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Bush, Monsanto et Rome  2008 04

 

Pour envahir l’Irak, Bush a affirmé que Saddam Hussein détenait des moyens de destructions massives… C’était faux mais il n’a pas hésité à mentir pour arriver à ses fins. Il prétendait pacifier le Moyen-Orient mais il y a mis le feu, le sang pour continuer à dominer le monde, pour y avoir la mainmise notamment sur le pétrole. Et les occidentaux (la plupart) l’ont soutenu, le soutiennent dans ce bras de fer.

Pour vendre son Roundup, ses insecticides ou autres produits chimiques, l’internationale Monsanto[1] écrase toutes les manifestations qui s’opposent à son extension. Elle n’a pas hésité, elle n’hésite pas à mentir pour asseoir son entreprise. Elle prétend que les OGM sont une solution au respect de l’environnement et à la faim dans le monde mais elle ruine les petits paysans, assassine la nature, le monde animal et humain pour rendre l’agriculture dépendante de ses semences et faire fructifier son commerce. Et  le système international, le monde tout puissant des trusts financiers se taisent ou, pire, favorisent le combat inégal du pot de fer de l’économie dite libérale contre le pot de terre des petits qui n’ont que leurs bras et leur bonne volonté pour nourrir leurs enfants affamés.

 

Pour maintenir son autorité sur le monde, pour asseoir sa maitrise le plus largement sur la planète, Rome avec son pouvoir religieux pyramidal s’est imposée comme la seule Eglise du salut. Elle n’a pas hésité à travestir la réalité historique[2], à entretenir des images fausses pour baptiser ses adeptes, infantiliser les fidèles et les rendre dépendants. Elle prétend annoncer le message d’amour, de respect des petits que Jésus préconise mais elle s’appuie trop souvent sur le riche, sur le fort, sur le conservateur pour écraser la contestation et obliger sa ligne incontournable[3]. Quelques remarques simplement :

Le corps de Jésus ressuscité ? Que l’on croit ou non en la résurrection de Jésus, son corps physique mutilé d’homme n’a pas repris vie mais il a certainement été simplement caché par les adeptes de sa secte et le tombeau a donc été vidé ! Le Jésus ressuscité traverse en effet les murs, se volatilise dès qu’il est reconnu… Il n’a donc plus son corps d’avant, il est autre.

La « Sainte famille unie » ? Une image totalement fabriquée ! Jésus vivant a été isolé, rejeté de sa propre famille et s’est même opposé à sa mère comme tout homme à forte personnalité dans une famille ! Jésus mort, son propre frère Jacques[4] a voulu prendre naturellement le leadership mais s’est opposé à Pierre. Celui-ci s’est en effet imposé contre « le disciple que Jésus aimait », un 13ème disciple dont le rôle aurait dû être essentiel mais qui a été totalement exclus par le pouvoir religieux mis en place...

 

Ainsi les procédés de Bush, Monsanto ou Rome sont assez semblables. Ils prétendent s’appuyer sur des valeurs incontestables, la paix, le respect, la défense du démuni mais ils peuvent mentir effrontément, déformer la réalité, briser la contestation pourtant légitime pour mieux défendre leurs intérêts collectifs, leur pouvoir sans limite. Or Jésus, en nous invitant à partager notre pain, nous a seulement donné son exemple : il a lavé les pieds de son frère, il a refusé le pouvoir pour se mettre seulement au service de ses frères. A méditer.

 

Pascal JACQUOT

 

PS Cette page peut paraître caricaturale ou simpliste car on ne peut en quelques mots apporter toutes les nuances. Elle veut simplement mettre en évidence le danger des trois pouvoirs politique, économique et religieux qui ne craignent pas d’écraser les droits essentiels de l’humain pour s’imposer sans complexe. Mais il n'y a pas que Bush qui fait la guerre pour du pétrole, il y a inconsciemment les électeurs qui l'ont mis au pouvoir, les citoyens qui continuent de verser leurs impôts pour la guerre, les militaires qui acceptent de partir. Il n'y a pas que les dirigeants de Monsanto qui ruinent les paysanneries, il y a, sans peut-être le savoir, les clients qui font prospérer cette entreprise et tous ceux qui croient encore à l'agriculture industrielle productiviste. Il n'y a pas que Rome qui infantilise les croyants, il y a indirectement tous les fidèles qui adulent le pape, tous ceux qui sont prisonniers du ritualisme et du dogmatisme (et la chrétienté n'est pas la seule dans ce cas...), ceux qui savent que les vérités enseignées par l'Eglise ne sont pas historiques mais qui n'osent pas le dire tout haut… 


[1] Avez-vous vu le film de Monique Robin diffusé sur Arte le mardi 11 Mars, Monsanto-O.G.M.- abeilles ? Effarant.

[2] Avez-vous lu « Jésus et ses héritiers » de Michel Benoît chez Albin Michel ? Incontournable.

[3] Je ne parle évidemment pas des individus qui, à l’intérieur d’une institution, peuvent avoir un réel comportement de service.

[4] Jésus aurait eu plusieurs frères que l’on a voulu prendre pour des cousins. L’affirmation que Marie aurait eu un enfant unique ne peut plus aujourd’hui être légitimement soutenue  avec les dernières découvertes de textes.

 

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Jeûne et témoignage 2008.03

J’ai 67 ans et (même si je n’ai pas peut-être pas encore atteint l’âge de la sagesse!) il y a déjà 50 ans exactement que je connais une thérapie ancienne comme le monde mais qui hélas ne sait pas encore être utilisée à bon escient par nos contemporains. Certainement parce que cette méthode sollicite une prise en charge personnelle mais surtout parce qu’elle semble trop simple, trop empirique et qu’elle ne répond pas aux intérêts mercantilistes de notre société (elle permettrait pourtant de réduire le trou de la sécu !). De nombreux docteurs la conseillent,  parfois la préconisent mais toujours avec beaucoup de prudence car, parler de diète à un patient surprend quand celui-ci attend surtout un médicament miracle. Certains docteurs ont même créé des cliniques, la Châbrerie avec le docteur Ducroc en Dordogne, le Belvédère avec le docteur Vivini à Longwy en Meurthe et Moselle puis dans les environs de Toulouse… C’était dans les années 80 et on aurait pu espérer que leurs efforts soient couronnés de succès mais les obstacles auxquels ils ont dû se confronter auraient cassé les plus solides et c’est ce qui est arrivé. Il existe encore des cliniques de ce type en Suisse, en Allemagne et des associations ont parfois pris le relais, « Jeûne et randonnée » par exemple mais espérons surtout que le temps permettra de découvrir officiellement les résultats positifs de ces pionniers.

Vous l’avez maintenant deviné, je souhaitais vous dire toute ma conviction sur les bienfaits du jeûne dans notre équilibre de vie. Dans notre vie stressée, avec notre consommation déséquilibrée et souvent trop riche, trop abondante, le jeûne peut être un véritable havre de soulagement pour retrouver la paix dans son corps et même dans sa tête. Si l’on est un peu lourd aussi, il peut bien sûr nous soulager de quelques kilos inutiles et si l’on est malade, il peut aider à recouvrer la santé sans le soutien de médicaments. Le jeûne peut être court, par exemple sauter un repas ou choisir une diète dit hydrique* de un ou deux jours mais il peut aussi être beaucoup plus long, 8 ou 15 et même 21 jours ou plus. Une expérience et une prudence sont alors nécessaires car, pour que le résultat soit positif, il y a des conditions et des précautions indispensables, notamment en ce qui concerne la réalimentation qui doit être très progressive.

Pour illustrer ce que je viens d’écrire, permettez-moi de préciser que je vis moi-même en ce moment mon douzième jour de jeûne complet : je n’ai absolument pas faim, je parcours à pied 2 à 4 kilomètres par jour pendant environ une heure, je me sens parfaitement calme et serein… Certains jours sont plus difficiles que d’autres, au début notamment mais quand on sait les réactions possibles de son corps, on ne s’étonne pas. Il est vrai que j’ai eu, quand j’étais jeune, un problème de santé lourd qui m’a conduit à jeûner deux fois une vingtaine de jours dans une clinique citée plus haut. Mais depuis ce moment-là j’ai appris à pratiquer seul en limitant en général la durée de la cure à une semaine. Vous vous demandez certainement pourquoi cette pratique ? Ce n’est absolument pas pour répondre à des impératifs religieux. Mais si j’avais quelques kilos à perdre, je n’hésiterais pas à m’intéresser à cette méthode car on perd en moyenne un tiers à un demi-kilo par jour ! Comme ce n’est pas mon cas, je souhaite simplement donner à mes organes un moment de repos en ce qui concerne le processus d’assimilation. Pour que les cellules de mon corps puissent agir en mode éliminatoire et chasser le plus de poisons et toxines qui entravent leur fonctionnement normal. Et, croyez-moi, le plaisir de se voir rajeuni, revitalisé, de retrouver un odorat subtil, une peau fraiche, un appétit mesuré avec un goût décuplé et un esprit libre vaut bien l’effort de s’imposer quelques jours différents pour se sentir ensuite un peu mieux dans sa peau.

Le 18 Février 2008                               Pascal  JACQUOT    

* jeûne avec boissons, eau et tisane

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EQUILIBRE

 

Nous savons tous qu’une balance, je parle d’une balance traditionnelle à plateaux bien sûr, n’obtient  son équilibre qu’après avoir obtenu son contrepoids exact et que cet équilibre reste cependant très fragile… Mais le groupe Oxfam Agir Ici 54 sur le Marché du monde n’a-t-il pas aussi exploité une balance pour interpeller les visiteurs en plaçant d’un côté un petit téléphone portable et de l’autre les quantités imposantes de marchandises nécessaires pour un Africain qui souhaitait ce téléphone ?

 

Nous avons tous remarqué que l’équilibre est toujours difficile à obtenir. Tandis que l’un le recherche à travers un régime drastique, un emploi du temps fort maitrisé, un autre ne semble pouvoir y goûter un peu qu’avec du flegme et des relations qui peuvent sembler capricieuses… Chacun assume son équilibre comme il peut avec plus ou moins de difficulté et c’est bien sûr la responsabilité individuelle de conduire sa vie pour obtenir un équilibre le plus solide possible.

Mais notre équilibre n’est en effet jamais totalement stable parce que nous évoluons, parce que les conditions de vie se modifient et nous ne sommes jamais à l’abri d’interpellations imprévues. Problèmes de santé, difficultés sentimentales, soucis professionnels, interpellations familiales, inquiétudes sociales ou politiques nous interpellent constamment, nous assaillent souvent et parfois même hélas nous écrasent…

 

Comment faire face, comment assumer le quotidien, comment garder l’équilibre dans les méandres de la vie, dans les épreuves imprévisibles ? Il n’y a évidemment pas de réponses simples et faciles. Mais j’ai toujours admiré la petite pierre qui avait un rôle unique dans un mur, la plus mauvaise tuile qui était indispensable dans une toiture, le moindre petit grain de sable qui fait partie de cet énorme tas permettant les constructions gigantesques. Alors, mon copain, mon voisin, noir ou blanc, sans papier ou à col blanc … comment pourrais-je les reconnaître moins que cette pierre, cette tuile ou ce grain de sable puisqu’ils font partie intégrante de ce monde précaire, de cette humanité désorientée, de ce peuple en marche ? Et moi aussi bien sûr qui fais partie de ce convoi non choisi, comment pourrais-je me déprécier et ne pas accepter un rôle  au moins aussi noble que cette pierre, cette tuile ou ce grain de sable ! Car en plus nous avons un intelligence, un cœur… Mais n’est-il pas indispensable que, pour nous en servir un peu mieux, nous continuions toujours à apprendre à écouter, partager spontanément, doucement, librement mais régulièrement.                                       

 

Pascal JACQUOT

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ECHANGER  POUR  SE  SENTIR  MOINS  SEUL

 

Je peux bien sûr avoir mes avis, mes idées ; je peux faire les choix qui me semblent les meilleurs ; je peux croire que je n’avais pas d’autres solutions sur ma vie personnelle, sur mes enfants, sur ma relation amoureuse, sur ma situation professionnelle …

N’empêche que parfois, cela me semble un peu lourd, un peu difficile et je me sens bien seul pour assumer mes décisions…

Si je pouvais au moins parler à quelqu’un, un autre moi-même, à quelqu’un qui sache vraiment m’écouter sans porter aucun jugement, qui sache écouter mes problèmes, mes positions sans me critiquer …

Alors cela m’aiderait énormément parce que cela m’obligerait à faire moi-même le point de temps en temps, cela m’imposerait de clarifier mon point de vue pour être mieux compris, et le seul fait de communiquer ce que j’ai sur le cœur, que je ne peux partager à quiconque me redonnerait confiance…

Si, en plus, celui qui m’écoute, tout en respectant mes choix et sans vouloir arbitrer, me disait ce qu’il ferait lui-même s’il se trouvait dans une situation identique, me donnait son point de vue avec beaucoup de modestie parce qu’il souhaite aussi confier aussi lui-même ses préoccupations propres, alors l’échange serait un espace loyal de sincérité, un moment de partage vrai, une halte de sympathie qui regonfle…

 

Mais comment trouver ce quelqu’un qui aspire comme moi à partager sans être jugé, cet autre moi-même que je ne connais pas mais qui me côtoie peut-être sans me dire ses aspirations ? Comment rencontrer ceux ou celles qui aimeraient communiquer, échanger en respectant autant la diversité que l’altérité ?

Il y en a certainement dans mon entourage, dans mon voisinage, parmi mes amis, ma famille ou mes compagnons de travail mais je suis très réservé et la prudence m’invite à garder de la distance pour ne pas être déçu. Ma méfiance instinctive est certainement un gage d’expérience car certaines règles essentielles sont en effet indispensables pour éviter les déceptions.

Car il est vrai que la spontanéité ne suffit pas et que quelques précautions sont nécessaires. Ecoute et partage offre son expérience et son cadre qui permettent à tous ceux qui le souhaitent un échange sincère et respectueux. Alors, alors, que faire ?

Et bien déjà lire l’article qui suit : « Pourquoi pas moi ? »

 

Pascal Jacquot

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POURQUOI  PAS  MOI  ? ...

 

Qui peut se vanter de n’avoir aucun problème, aucun souci, aucune épreuve ?

Qui peut trouver tout seul réponse à toutes ses demandes, à ses hantises, à ses souffrances ?

Qui peut confier ses inquiétudes ou ses projets personnels - qu’ils soient d’ordre familial, professionnel, relationnel, affectif, sexuel…- sans crainte d’être jugé, d’être critiqué mais avec l’espoir seulement d’être entendu et écouté avec attention ?

 

Si vous pouvez répondre « moi » à toutes ces questions, vous devez arrêter ici la lecture de cette page qui ne vous concerne pas. Mais si vous ne pouvez répondre, sachez alors que d’autres, beaucoup d’autres, sont comme vous et espèrent des lieux et des moments d’échanges vrais, sincères mais simples, discrets et respectueux.

 

Ce lieu d’écoute que vous attendez, ce moment de partage que vous désirez est à votre portée et ne dépend que de votre disponibilité. Et d’un petit effort car il y a toujours une marge entre un espoir et une réalité, un désir et une réalisation. En effet Ecoute et Partage existe. Et Ecoute et Partage peut vous accueillir avec beaucoup d’attention si vous le désirez. Car Ecoute et Partage vous attend avec vos difficultés, vos limites, vos espoirs, bref tel que vous êtes, ni ange, ni bête, mais simplement et merveilleusement femme ou homme.

 

Si vous préférez être accompagné d’un ami pour engager cette démarche, si vous souhaitez établir d’autres relations, vous agissez à votre rythme et selon vos possibilités. A Ecoute et Partage, chacun garde toute sa liberté, toutes ses convictions, toute son autonomie. Une seule condition cependant indispensable, écouter, apprendre à écouter. Et accepter parfois un peu de silence pour pouvoir s’écouter. Et quand deux ou trois se retrouvent… et apprennent à écouter, à s’écouter  pour  partager ce qui leur tient à cœur en toute confiance et en toute simplicité…, un nouveau groupe Ecoute et Partage nait…

 

A nos amis, à nos voisins, à nos collègues, à nos grands enfants qui vivent chacun dans leur orbite, avec leurs préoccupations, avec leurs questions, proposons avec confiance cet espace de dialogue*. Leur réponse, leur choix ne nous appartient pas mais il nous appartient d’offrir ce qui nous semble important, ce que nous aimerions découvrir si nous étions à leur place, une véritable écoute, un vrai partage…

 

Alors, surtout n’hésitez pas trop longtemps … car les années passent vite !

 

  Pascal Jacquot

* Voir la Présentation d’Ecoute et Partage   

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 UN  ECHEC ?  NON,  UNE  EXPERIENCE

 

Pour bien réussir sa vie et se donner une existence harmonieuse qui révèle toutes nos possibilités, il faudrait déjà se connaître. Or il n’est pas possible de se connaître avant d’avoir vécu ! Sommes-nous alors voués à ne pas réussir notre vie sinon par hasard ou chance exceptionnelle?

L’homme est en effet plus ou moins un aveugle poussé et entrainé par beaucoup d’autres aveugles dans une existence où, presque toujours trop tard, lui seul peut s’instruire de ce qu’elle est, de ce qu’elle pourrait être.

Que nous soyons timorés ou téméraires, dociles, courageux ou froussards, peu importe, nous rencontrons tous de toute façon des échecs. Des échecs ? Non pas. Mais des expériences parfois douloureuses. Et c’est tout à fait normal dans le cursus de chaque vie car elles prennent racine et force au plus profond de nous et sont fécondité irremplaçable pour ceux qui arrivent à en recueillir, dans la paix, les poignantes informations. Ces expériences peuvent être en nous l’écharde qui nous forcera à nous chercher au lieu de nous imaginer, à être ce que nous sommes vraiment, tout ce que nous sommes et rien que ce que nous sommes.

L’éducation que nous avons reçue ou celle que nous avons donnée –la moins imparfaite possible- est de toute façon impuissante à montrer autre chose que les gros plans des comportements humains. C’est à chacun de se construire, de cheminer … et, si possible, d’utiliser ses expériences (ses "échecs ?") pour bâtir solide.

L’amour par exemple, qui est la première étape manifeste de la marche de l’être vers sa destinée personnelle, demande à être cultivé au lieu d’être seulement cueilli. Chacun doit chercher sans cesse l’autre. Comment ne pas réduire l’amour naissant à l’attrait des sexes ? Comment ne pas faire inconsciemment de l’amour un remède assuré contre la solitude qui vient, ou contre l’insécurité de demain parce que son échec alors probable y conduira inévitablement ? Comment aimer l’enfant sans le posséder, comment l’aider à grandir ?

Qui nous donnera la délicatesse du cœur, sa chaleur rayonnante, sa stabilité, qui facilitera sa modestie, sa discrétion, sa patience, son ardeur, sa confiance, sa limpidité si nous ne la possédons pas déjà à un degré suffisant pour pouvoir la développer ? Oui, qui si ce ne sont les épreuves de la vie, les expériences, les "échecs" ?

Qui nous aidera à dépasser ce que notre paternité, maternité a de possessif, de limité auprès de nos enfants pour les inviter à prendre leur indépendance et à entrer dans la vie ? Qui favorisera notre ouverture sur des horizons élargis quand nos enfants s’éloignent dans leur destin et nous conduira même à communiquer avec des êtres disparus depuis longtemps, nous faisant franchir toutes distances de temps et de lieu ? Qui ? si ce ne sont pas les solitudes, les méditations, au pire les deuils, les maladies, le chômage, les expériences, les "échecs" ?

Notre société, si avide de confort superficiel, si généreuse de consommations inutiles, si conciliante devant les exigences immatures des jeunes, si émerveillée devant les formes avantageuses des corps, nous écrase souvent dans le conformisme majoritaire au lieu de valoriser nos richesses individuelles. Si nous ne pouvons pas compter sur elle, apprenons à compter sur nous pour apprécier nos expériences (et nos échecs !) non pas à nos dépens mais pour notre plus grande richesse afin de nous aider à gagner au fil des années un peu plus de modération, davantage d’équilibre et peut-être beaucoup de sagesse.

 

Pascal  JACQUOT 

"Il y a quelque chose de pire dans la vie que de n’avoir pas réussi, c’est de ne pas avoir essayé."

Franklin D. Roosevelt

                                                                                             

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CLIVAGES  ARTIFICIELS

 

On a souvent l’habitude de cataloguer les personnes, de cloisonner les groupes et parfois même de les opposer. Il me semble que les différences apparentes sont artificielles et que les oppositions sont beaucoup plus subtiles que ce que l’on veut laisser croire. En ce qui concerne les convictions spirituelles, cela est manifeste.

 

Entre un croyant et un athée, entre un chrétien et un agnostique, entre un catholique et un matérialiste, il y a parfois beaucoup plus de proximité et de croyances communes qu’entre deux croyants, deux chrétiens, deux catholiques qui se croient proches par l’étiquette mais conçoivent en réalité un Dieu complètement différent. En effet il y a des catholiques qui ne croient guère aux "miracles" de Jésus, des chrétiens qui ne croient guère en la résurrection de Jésus. Et beaucoup de militants, même athées, des droits de l’homme se sentent très proches de Jésus. Sa vie, son témoignage touchent et éclairent en effet de nombreux hommes, croyants ou incroyants, bien au-delà des sphères religieuses. Ainsi le philosophe André Comte-Sponville[1] qui se déclare athée, écrit :

 « Le nouveau-né qu’on couche dans une étable, l’enfant pourchassé, l’adolescent dialoguant avec les érudits, le même plus tard, face aux marchands du temple, la primauté de l’amour, à quoi se ramènent "toute la Loi et les prophètes", le sabbat qui est fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat, l’acceptation ou l’anticipation de la laïcité ("Rendez à César ce qui est à César… "), le sens de l’universel humain ("Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait" ), l’ouverture au présent ("Prenez soin d’aujourd’hui, demain prendra soin de lui-même"), la liberté de l’esprit ("la vérité fera de vous des hommes libres"), la parabole du Bon Samaritain, celle du Jeune homme riche, celle de l’enfant prodigue, l’épisode de la femme adultère, l’accueil des bannis et des prostituées, le sermon sur la montagne ("heureux les doux, heureux les affamés de justice, heureux les artisans de paix… "), la solitude (par exemple au Mont des Oliviers), le courage, l’humiliation, la crucifixion… On serait touché à moins. Disons que je me suis forgé une espèce de Christ intérieur, "doux et humble de cœur", en effet, mais purement humain, qui m’accompagne ou me guide ».

 

Le clivage croyant / agnostique ou chrétien / incroyant est souvent artificiel. Si les religions ont souvent intérêt à l’exploiter pour conserver leur troupe (et leurs ressources !), les "fidèles" le dépassent très facilement et presque spontanément quand ils se libèrent des autorités religieuses pour s’engager dans des actions. Si les religions restent souvent sectaires en étant attachées à des principes soit disant divins plus qu’à des valeurs spirituelles, à des dogmes plus qu’à la "fraternité", beaucoup de "croyants" savent repérer l’essentiel de "l’amour" par delà le secondaire des "commandements" enseignés soit disant par le prophète. J’ai participé dernièrement à un colloque où se côtoyaient des femmes et des hommes de tous bords religieux et politiques, près de 500 personnes en tout. Il y avait des catholiques bien sûr mais aussi des protestants, des musulmans, des francs-maçons, des  incroyants… Il y avait des militants engagés à gauche et à droite… Il y avait des anciens et des jeunes, des élus et des représentants dits de la "société civile" de toutes les régions de France. Tous savaient s’écouter, tous se respectaient, tous cherchaient à se comprendre, tous étaient extrêmement proches, tous pouvaient partager sincèrement leurs préoccupations profondes. Ils avaient cependant en commun une chose, essentielle. Non pas un prophète, non pas un Dieu. Mais le souci de l’homme, l’amour de l’Homme et c’est ce qui les rassemblait spirituellement: ils pouvaient ainsi tous envisager la « Politique au risque de la spiritualité[2] » sans aucune difficulté. 

 

Pascal  Jacquot
 


[1] André Comte-Sponville (A-t-on besoin d’une religion, Paris : les Editions ouvrières) écrit aussi :

Au fond, à la lecture des évangiles, ce qui fait la valeur d’une vie humaine, est-ce le fait que la personne en question croit ou pas en Dieu,  qu’elle croit ou pas en une vie après la mort ?

S’agissant de ces deux questions, la seule vérité, pour vous comme pour moi, c’est que nous n’en savons rien ! Croyants et incroyants, nous ne sommes séparés que par ce que nous ignorons.

Il serait paradoxal d’attacher plus d’importance à ce que nous ignorons, qui peut sembler nous séparer, qu’à ce que nous connaissons très bien, d’expérience et qui nous rapproche : ce qui fait la valeur d’une vie humaine, ce n’est pas la foi, ce n’est pas l’espérance, c’est la quantité d’amour et de courage dont on est capable

 

[2] Thème du colloque

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Croire aux espoirs que l’Evangile nourrit

Janvier 2007

 

 

Les textes bibliques sèment une Parole plus qu’ils ne relèvent des faits historiques (qui sont d’ailleurs souvent faux : la mer Rouge s’ouvrant pour laisser un passage, Marie et Jean au Gogotha, Jésus sortant du tombeau par ex.). Alors est-ce Dieu qui a parlé à travers les hommes ou sont-ce les hommes qui ont écrit les livres saints avec la sagesse, la spiritualité, -la divinité – dont ils sont capables ? Et les images utilisées, le merveilleux présenté (miracles, les cieux, le Père…) qui suscitent l’intérêt, éveillent l’attention, essaient de répondre à nos interrogations sont-ils divins ou humains ? Ne sont-ils pas d’abord des œuvres de prophètes pédagogues pour être entendus et un peu compris par leurs contemporains à travers des simplifications évocatrices même si elles peuvent paraître parfois outrancières aujourd’hui ?

 

Ainsi les auteurs de l’Antiquité présentent-ils dans la Bible un Dieu Yaweh tout puissant, créateur, parfois violent qui s’impose comme unique à la place des dieux omnipotents Osiris, Zeus, Eros… Quelle évolution pour les croyances de l’époque!

Ainsi les évangélistes des premiers siècles de notre ère substituent au Dieu vengeur un Dieu bienveillant qui se soucie de toutes ses brebis, même de la plus fragile ou de l’égarée, qui respecte la prostituée et fait confiance à la conscience de son bourreau … C’est le Dieu de Jésus, un Berger, un  Père d’Amour. Quelle évolution encore!

Ainsi les dieux seraient morts en Yaweh ; puis Yaweh serait mort en Jésus. Et pourquoi Jésus, que l’on prend pour "Fils de Dieu" mais qui se déclare lui-même "Fils de l’homme" ne serait-il pas mort tout simplement en Homme ?

 

En effet, est-ce que Dieu, pour nous aujourd’hui, ne serait pas d’abord Eveil, Spiritualité, Divinité en chacun de nous et non pas extérieur à nous ? Pourquoi l’évolution des croyances se figerait-elle alors que de nouvelles découvertes nous invitent à mieux appréhender l’univers ? Car, dans le message de Jésus, - je ne parle pas des textes qui lui sont attribués ou des dogmes que ceux qui se prétendent investis par lui ont érigé en monuments infaillibles, je parle uniquement des mots dont on peut être à peu près sûr que Jésus a prononcés lui-même -, dans ce message de Jésus, l’homme doit s’accomplir, se réaliser, se construire et construire ici-bas "le nouveau monde". Avec cette interprétation, tout homme de bonne volonté, ouvert, respectueux de l’autre, croyant ou non, chrétien ou athée, catholique ou agnostique, peut écouter et partager spirituellement. C’est en effet ainsi qu’on essaie de le vivre à Ecoute et Partage en croyant aux « espoirs que l’Evangile nourrit » comme le précise la phrase de la 1ère page de notre lien!

 

Pascal  JACQUOT

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LE  PRESENT  EST A LA FOIS INSTANT ET ETERNITE

 

L’homme a besoin de justifier ce qu’il vit, d’expliquer ce qu’il croit comprendre. En utilisant le mot "dieu" ou "Dieu", il exprime la puissance du créateur ou de l’inexplicable, il s’effraie ou s’émerveille de son rôle, il devine sa Force, son Amour, ses Foudres, ses Grâces…

 

Comment l’homme peut-il penser ou expliquer autrement qu’avec ses facultés d’homme ? Et comme il conçoit difficilement une horloge sans horloger, un monde aussi riche que le nôtre sans Trésor, un présent aussi cruel sans Eternité douce, il crée un « Dieu à son image », avec ses perceptions mais sans ses imperfections : il est le plus grand, infini, immortel, omniscient, omnipotent…

 

Mais Dieu, s’il "existe", s’il est, ne pense pas, ne domine pas, ne rêve pas puisqu’il ne mange pas, ne dort pas, ne naît pas, ne meurt pas… Il est Autre. Il est l’inconcevable, l’inimaginable… que nous ne pouvons même pas nommer avec nos mots. Et toute image, toute représentation, toute illustration, toute explication de "Dieu" ne peut être que fausse ou au moins incomplète. Seuls des symboles, des approches artistiques, des poèmes peuvent peut-être un peu l’évoquer. Et c’est l’acte de foi, le pari de Dieu, tout à fait respectable, auquel chacun est peut-être invité… car on ne pourra jamais démontrer son existence ou sa présence sinon ce serait une vérité scientifique !

 

Et "Dieu", s’il est, s’il est tout autre que ce que l’on peut concevoir et ne peut pas se dire, est peut-être un peu mon esprit et ce que je crois parfois sentir sans jamais pouvoir le dire. Il est à la fois avec moi et sans moi; il est peut-être aussi Présence que Silence ; le présent qui se prolonge indéfiniment et qui se renouvelle sans cesse, à la fois instant et éternité ; le silence où l’on croit entendre parler l’absence. Parfois, quand je me sens bien en moi, bien dans mon environnement, que je médite en appréciant le moment qui passe pour ne jamais revenir mais aussi ne jamais mourir, je me dis que dans mon silence confiant où rien ne compte plus, le "dieu" qui m’habite "est" certainement mon enthousiasme, mon émerveillement, mon cheminement. Bien autre que tout ce que j’ai pu apprendre, bien différent de ce que je peux imaginer. Surtout s’il est simplement ce qui reste de moi quand je ne suis plus et qui ne finit pas.

 

Ainsi, loin des religions enseignées, mon esprit se nourrit-il spirituellement d’un dieu "Autre". Et pourtant je ne saurais me dire athée parce que la définition actuelle de Dieu, qui ne correspond pas à ce que je crois sentir, me semble tout à fait passagère et ne saurait être immuable !

                                                                      

 Pascal JACQUOT

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UNE  PAROLE,  UN  MESSAGE

 

J'ai lu un livre*. Les lignes qui suivent ne prétendent pas en faire une présentation objective ou un résumé mais elles essaient simplement d'exprimer ce que j'ai ressenti, découvert et ce que je crois.  Car il y a un monde entre le Jésus de Nazareth avec ses convictions, ses perturbations, ses énormités, ses transgressions tel qu'il apparaît dans certains textes des évangiles et toutes les interprétations, toutes les orientations théologiques avec leur pointillisme que les religions ont engendrées…

 

1. Un langage simple, un message toujours neuf

Voici un langage imagé, provocateur :

"Ne vend-on pas cinq moineaux pour dix francs ? "Chaque cheveu de votre tête est compté"  (Luc 12, 6-8)

"Quel père donnerait à son fils une pierre quand il attend du pain ?" (Mt 7, 10)

"Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil et alors tu verras clair pou ôter la paille de l'œil de ton frère" (Mt7, 5)

"Il est plus difficile à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu qu'à une corde de passer par le chas d'une aiguille" (Lc 18, 25; Mc 10, 25; Mt 19, 24)

 "Le royaume de Dieu est à l'intérieur de vous, il est nulle part ailleurs (Lc 17, 21).

 

Et voici aussi  des apostrophes cinglantes envers l'esprit méticuleux, celui qui tient compte du détail mais perd de vue l'essentiel, la réforme intérieure :

"Vous filtrez le moustique, mais vous avalez le chameau" (Mt 25, 24)

'"Vous nettoyez l'extérieur du verre et de l'assiette mais l'intérieur est tout plein de butin volé et de vice" (Mt 23, 25)

"Je suis venu jeter le feu sur la terre" (Lc 12, 49).

 

Jésus a un langage concret. Il exprime la vie, l'expérience quotidienne, il vit intensément, il aime parcourir les chemins de campagne. Et si l'on consent à regarder le monde d'un œil neuf, avec une conscience limpide, on devine le paradis potentiel de ce monde ! Comme si la nature, pour célébrer l'année nouvelle au printemps, se revêtait de pourpre (Mt 6, 28). Et même les monotones déserts, les régions glacées des pôles, les cristaux invisibles noyés dans les roches, l'évident bonheur des alouettes dans la lumière des midis d'été… Le leitmotiv de Jésus, c'est la vie, vie intégrale, puissante, dévorante, féconde, prolifique.

 

Jésus exagère parfois. C'est un signe de vitalité, c'est l'exubérance de l'esprit et du cœur. L'évangile n'a rien d'une "sagesse"; c'est un appel à une autre façon d'être, un appel pressant, exigeant, parfois cruel. Jésus dit :

"Vends tous tes biens, donne l'argent aux pauvres" (Mc 10, 17; Mt 19, 14; Lc 18, 18) et le jeune homme se retire, triste.

"J'arrive tout de suite. Mais laisse-moi d'abord enterrer mon père" (Mc 8, 10; Lc 9, 58) répond un invité. La réplique est terrifiante: "Laisse les morts enterrer les morts".

"Aimez vos ennemis" (Mt 5, 44 Lc 6, 27 et 6, 32)

"Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre" (Mt 5, 39; Lc 6, 29)

 

2. Un style spontané, un message qui touche

Ainsi, si nous écoutons avec attention parler Jésus, nous rencontrons un tempérament vif, primesautier, assez imprévisible, un être modeste, vraiment bon et travaillé par une passion intérieure. La parole de Jésus est concrète, spontanée, toujours jeune. C'est un langage qui parle encore aujourd'hui. Et nous entendons un message qui interpelle parce qu'il nous touche maintenant comme aux premiers temps. C'est parce que Jésus n'institue pas une religion, avec ses dogmes et ses rituels, que ce message reste vivant et n'a pris aucune ride. Il ne propose pas un culte, il appelle à une conversion. Il ne propose pas un ordre nouveau, il invite à une autre façon d'être, une nouvelle disposition orientée vers d'autres plaisirs inconcevables : celui de donner, d'aider, de pardonner… Pour Jésus, "quand tu as vu ton frère, tu as vu ton Dieu": Dieu n'est plus au "ciel", il est autour de nous, dans tous les frères humains que nous rencontrons ! "L'arrivée du royaume de Dieu n'est pas observable du dehors, on ne dira pas : il est ici, ou : il est là, car, voyez-vous, le royaume de Dieu est à l'intérieur de vous (Lc 17, 20). Le royaume de Dieu* ne vient pas s'imposer, il ne "tombe pas du ciel"; il ne fait qu'éclore en nous peu à peu et sa venue dépend de notre capacité d'accueil : ce n'est pas une chose extérieure, c'est une disposition intime. Le trésor est là, en nous, dès aujourd'hui: il suffit d'y être attentif; l'être nouveau attend en moi d'être reconnu et mis au monde (n'est-ce pas d'ailleurs ce que la théologie a matérialisé sous le nom de résurrection!).

Si Jésus interpelle les intellectuels, les docteurs, les pharisiens, c'est parce qu'ils figent la réflexion en construisant des dogmatismes, en forgeant des catéchismes. Le "pauvre en esprit" a l'ingénuité des enfants, la spontanéité de l'artiste et il conserve l'intelligence du cœur. D'ailleurs, ce qui nourrit en nous la fraternité, la bonté, la solidarité -en un mot l'humain- ne provient ni des connaissances, ni de la réussite sociale. L'essentiel se cache dans la spontanéité affective, celle de l'enfant qui est en nous : "Je te félicite, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché ces choses aux savants, aux avisés et de les avoir révélées aux enfants" (Mt 11, 25; Lc 10, 21).

 Ainsi, à travers les propos de Jésus, nous découvrons un certain style* et nous entendons presque sa voix dont le timbre est unique. Nous le reconnaissons assez facilement dans les trois évangiles synoptiques de Luc, Marc et Matthieu qui ont mis par écrit les paroles même de Jésus qui s'étaient gravées dans les mémoires : réparties vives et inattendues, paradoxes et paraboles....  

 

3. Une parole interprétée, un message orienté

La parole de Jésus  a souvent été tamisée dans les écrits et elle s'est embuée avec les années du poids des coutumes et des pratiques. Pour mieux sentir qui est vraiment Jésus, il faut essayer de distinguer les mots spontanés qu'il a réellement prononcés et les observations personnelles des rédacteurs de textes: même Matthieu, avec son érudition biblique, accumule des références à la Thora et Luc qui fut un ami de St Paul a un don de poésie et est un écrivain. Quant à l'évangile de Jean (nom collectif qui désigne un groupe de juifs chrétiens), plus tardif, déjà inspiré par une théologie en formation, les paroles même de Jésus ne sont pas présentées en direct et l'homme de Galilée n'apparaît pas avec le même style*: là, Jésus parle de lui-même, se met en avant, insiste sur ses relations avec son Père, se présente comme Messie envoyé par Dieu, se déclare "lumière du monde"(8,58), "pain de vie" (6,35), "voie, vérité et vie", (10,6) "résurrection et vie" (11.25), affirme "Personne n'accède au Père si ce n'est par moi"…

De plus les derniers mots de Jésus sur la croix sont en réalité tirés des psaumes. Le Magnificat est un bouquet de citations bibliques. Et personne n'était évidemment là pour entendre la conversation de Jésus dans le désert ou son dialogue avec le diable ! Dans ces textes on ne reconnaît plus le Jésus des trois évangiles synoptiques, humble, discret, qui ne se prétend pas Dieu ou fils de Dieu et qui répond quand on l'appelle "bon maître" : "Pourquoi m'appeler bon maître ? Seul Dieu est bon " (Mc 10, 18 et 18, 18; Mt 19, 16).

Nous le reconnaissons encore moins facilement parfois dans les propos de Paul… et je ne dirai rien des exégètes, bulles, encycliques, lettres pastorales… qui, même lorsqu'elles veulent clarifier, élucider, voilent souvent la spontanéité originale des propos de Jésus.

 

4. Jésus "christianisé", un homme déifié

La tendance à "christianiser" le langage de Jésus apparaît déjà chez Marc quand Jésus annonce sa mort et sa résurrection (8, 3; 9, 31; 10, 3). Un tel langage à connotation théologique prendra une place croissante jusqu'à envahir, plus tard, l'évangile de Jean.

Or le Christ proprement dit et sa mission relèvent de la foi, tandis que le vêcu de Jésus de Nazareth dépend de la mémoire des témoins. La foi avec les interprétations sur des phrases faussement attribuées à Jésus et surtout les textes des épîtres de Paul, rechignant à admettre l'humanité de Jésus, va perdre de vue l'homme de Galilée pour revêtir le Christ en majesté, juge des dernier temps.  Et pourtant dans Marc (15, 2), à la question sarcastique de Pilate: "Tu es le roi des juifs ?", Jésus donne une non-réponse "C'est toi qui le dis"!

Mais, ce qui a conquis le monde, ce n'est pas une religion de plus, une théologie, une doctrine; c'est la voix impérissable et proche de nos cœurs d'un être qui a mieux exprimé que quiconque ce qu'il y a en nous de plus spécifiquement humain. Un être si profondément humain que, malgré les siècles et la diversité des cultures, nous le reconnaissons encore. Or, de l'homme Jésus, on a construit le Christ pour être le médiateur entre Dieu et les hommes. Le premier, Jésus, a un tempérament complexe de routier, de poète, de meneur d'hommes, de révolutionnaire; le second, le Christ, est un être mythique. L'emprise de la théologie nous a éloignés de Jésus en le confondant pour prétendre le glorifier. En divinisant Jésus, le trahit-elle car il n'a rien affirmé sur lui-même et est resté parfaitement discret sur sa vraie nature ?

 

5. Parole et foi 

Une lecture attentive des différents textes évangéliques nous invite à bien distinguer ce qui est le compte-rendu des réactions exactes de Jésus (ou la mémoire de ses paroles) des interprétations et orientations prises ensuite par ses fans. Il ne s'agit pas ici de critiquer, encore moins de juger ces dernières car elles reposent sur ce qu'on appelle la foi.

M'est-il cependant permis de préciser ici qu'à une foi définie, codifiée qui répond aux principes théologiques d'une Eglise et qui peut peser comme un carcan sur l'esprit,  je préfère la "confiance*" qui donne un sens à notre vie: "Ce que vous demandez dans cos prières vous l'obtiendrez si vous avez confiance" (Mt 21, 22; Mc 11, 24; Jn 13, 24; 15, 7; 15, 16;  16, 23).; "Cherchez et vous trouverez, demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira" (Mt 2; Mc 7, 2; Lc 11,9). Car la confiance émane du cœur, émerge de l'amour, procure la paix de l'âme par un certain détachement à l'égard des biens temporels éphémères. La confiance est vivante et croît avec le temps. Dans la confiance, ce n'est pas seulement la "tête", c'est la personne entière qui participe et s'engage.

Les convictions de l'homme Jésus et son message me touchent profondément. Par contre, la déification de Jésus, sa christianisation -qui est une interprétation- m'interpellent mais je n'arrive pas à suivre. Parce que j'admire Jésus, homme accompli et parce que son "Dieu", tellement intérieur, tellement proche, tellement humaniste, me semble très attachant, je suis invité à être le disciple du prophète Jésus. Par contre comment pourrai-je accepter d'être un fidèle docile et souple d'une religion qui ligote. Je ne me sens pas concerné par tout le fatras, le pointillisme des religions qui déifient le message de Jésus en l'interprétant (le confisquant ?). Alors faut-il jeter le bébé Jésus avec l'eau du bain de la religion ? C'est souvent ce qui se passe mais pour ma part, je ne peux pas. Mais je ne peux pas non plus m'appuyer sur une religion pour découvrir le Jésus seulement homme que j'admire et qui m'invite à le suivre… Alors ? Je partage tout à fait la réflexion d'Albert Jacquard : "Est-ce parce qu'il est Dieu, ou "fils de Dieu consubstantiel au Père", ou simplement un homme qu'il faudrait prendre au sérieux ou au contraire négliger ce que dit Jésus ? Je préfère L'écouter, réfléchir à ce qu'il propose et éventuellement y adhérer. Mais pourquoi me poser des questions sur Sa nature divine, auxquelles je ne pourrai jamais avoir de réponses rigoureuses ?"

 

                                                                                  Pascal  JACQUOT

 

* Si vous souhaitez découvrir davantage le style de Jésus, mieux comprendre le royaume du Dieu de Jésus, avoir confiance et mieux appréhender une conversion, une renaissance comme Jésus nous y invite, lisez "Jésus en direct" de Jean Onimus, Edition Desclée de Brouwer

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DEVENIR SOI SANS S'ISOLER    (Ecoute et Partage - Mai 2005)

 

Je ne sais pas si vous avez le don de l'ubiquité mais moi, je dois faire face chaque jour à des tâches si nombreuses que j'en ai parfois le tournis: préparer, téléphoner, nettoyer, acheter, conduire, répondre, prévoir, lire… et j'en passe. Comme vous, j'assume mes obligations quotidiennes, je suis assidu à mon travail, je m'occupe de… mon corps, mon cœur, mon conjoint, mes enfants, mes parents, mes collègues, mes amis… Et peut-être que je néglige encore l'essentiel. Alors ? Alors faut-il récapituler l'abécédaire de la sagesse de notre groupe ?

 

A - Se poser

Dans le tourbillon de mes activités habituelles, je me pose parfois pour faire le point, pour y voir plus clair, pour bien repérer l'indispensable du secondaire, pour accepter le silence qui permet de mieux entendre. Le silence qui parfois fait peur parce qu'il me parle au coeur. Loin du remue-ménage, des activités qui bouillonnent. "Se poser" n'est pas spontané et cela m'invite à une discipline. Pour m'aider à me poser seul, je m'impose de me poser aussi en groupe.

 

B - S'accueillir

Je ne suis pas un extra-terrestre mais tout simplement un être humain. Qui a besoin de manger, de se sentir utile, de faire l'amour, de progresser. Et d'apprendre à m'accepter tel que je suis, non pas tel que je voudrais être, tel que je souhaiterais être mais accueillir le moi nu, sans fard, sans chirurgie esthétique. Or s'accueillir n'est pas facile et demande le cheminement de toute une vie.

 

C - S'exprimer

Je n'ai pas la parole aisée. Je parle de moi avec maladresse mais verbaliser ce que je sais ou sens, traduire avec mes mots ce que je crois vrai, positif  me fait du bien. M'exprimer n'est pas spontané et invite à la modestie et à la simplicité.

 

D - Écouter

J'ai tellement à faire que je n'ai guère le temps d'écouter. Déjà de m'écouter. Alors écouter les autres !!! Pourtant écouter l'autre, un ami qui ose s'exprimer, qui "plonge", sans grand discours, sans éloquence, maladroitement peut-être mais qui se dit vraiment; écouter cet ami comme si c'était moi, avec la même attention, le même respect, le même silence; n'est-ce pas écouter la parole de la vie, les hésitations et le questionnement d'un autre moi ? Sa parole m'interpelle et j'apprends à l'accueillir avant de la discuter pour mieux la ressentir. Comme j'apprends aussi à accueillir la parole des prophètes, celle de Jésus, celle des sages. Pour mieux l'appréhender et m'en nourrir.

 

E - Devenir nous

S'écouter, écouter la parole de l'autre, écouter les messages de la vie, écouter les luttes des hommes qui combattent pour que leur vie soit respectée, écouter la Parole des grands initiés qui parlent au cœur de tout homme, c'est "devenir un peu plus nous" ensemble. En nous écoutant mutuellement, en nous comprenant un peu mieux, en partageant un peu plus nos espoirs et nos échecs, le "je" devient "soi", l'ermite se mêle au groupe, l'individualiste communie au destin collectif…

Tout cela est difficile à dire. Et encore plus difficile à vivre. Car les épreuves, les échecs fissurent l'enthousiasme. Ces échardes nous forcent à approfondir au lieu de fuir dans l'imagination, nous appellent à dépasser notre pauvreté pour accepter la réalité…  André Comte-Sponville nous invite néanmoins à la prudence en écrivant : "Tout le malheur des hommes vient de leur propension à décoller du réel, à s'installer en imagination ailleurs que là où ils sont".

 

Ecoute et Partage n'est pas épargné par les divergences de vue mais il apprend à les écouter. Il les entend et les respecte. S'il accepte chacun avec sa diversité et sa richesse propre, il sait aussi qu'il ne peut éxister qu'en étant en lien avec d'autres groupes qui cheminent et recherchent la même ouverture. Tout en étant fort attaché à son originalité, le groupe choisit donc de "ne pas s'isoler". Il fait actuellement partie du réseau d'Espérance 54 mais en gardant sa liberté, il ne s'inscrit nullement dans une démarche visant à faire évoluer l'Eglise.                                                                                Pascal  JACQUOT

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Le "Tout Autre" ou "Dieu est nous" !

 

Janvier 2005

 

De qui ou de quoi parle-t-on quand le nom de Dieu est prononcé ou invoqué ? Quand on oppose croyants et incroyants, chrétiens et agnostiques, quand on dresse catholiques et musulmans ou protestants ?

 

Il me semble être croyant mais parfois plus proche d'incroyants que de certains croyants, plus à l'aise avec des agnostiques humanistes que des chrétiens dogmatiques, plus frère de musulmans ouverts que de catholiques intégristes… Et pourquoi ?

 

Le Dieu que l'on invoque pour obtenir la pluie pendant la sécheresse, que l'on prie pour guérir, réussir un examen, à qui l'on allume un cierge pour réussir son couple me semble le jumeau du dieu Jupiter ou de la déesse Vénus; le Dieu Tout puissant qui créa le ciel et la terre, qui envoie les mauvais à la damnation éternelle, noie ou foudroie de son sceptre miraculeux ceux qui désobéissent, le Dieu que l'on représente sur des images tantôt autoritaire, tantôt bienveillant et qui semble né de textes bibliques, ce Dieu de beaucoup de catholiques, orthodoxes ou juifs m'apparaît comme un dieu tout à fait imaginaire, tout à fait simpliste et caricatural. Le Dieu auquel je crois est tout autre et il est si étranger au Dieu de la plupart des croyants que je me demande parfois si je suis vraiment croyant et si Dieu existe réellement !

 

Le Dieu auquel je crois est absolument impuissant car Dieu est nous … Il n'existe pas comme je peux l'imaginer, car il n'est ni Père, ni Mère, car il ne peut s'imaginer. L'homme que je suis, même sans se sous estimer, avec son esprit, son corps, son cœur, son intuition, sa sagesse ne peut se Le représenter puisqu'Il est "Le Tout autre", et que "nul ne l'a jamais vu" Jn 1 18 et 6.46. Il est aussi totalement impuissant parce qu'Il est à la fois une peu de chacun de nous (la parcelle aimante et positive de chaque homme qui aspire au respect, à  la solidarité, à la fraternité, à l'épanouissement), qu'Il est en nous avec une totale confiance et constitue le lien, le réseau, l'évolution de tout ce qui est, vit ou comme l'écrit Marcel Légaut (Devenir Soi P 153) :

 "…ce qui est de nous, ne pourrait être sans nous, mais qui est plus que de nous…".

 

Ce père qui se réjouit du retour de son fils prodigue (Lc 15.11-32), qui ne veut pas qu'un seul de ses petits se perde (Mt 18.12-14), nourrit les oiseaux et les fleurs (Mt 6.25-30), se soucie des passereaux (Mt 10.29-31), s'occupe des méchants comme des bons (Mt 5 43-45), ce père illustre celui qui nous appelle à être un peu plus nous-mêmes, c'est ce qui en nous veut s'épanouir pour mieux correspondre à ce que sommes appelés à être vraiment… C'est Dieu en nous, c'est nous en Dieu. Et nous, les hommes d'aujourd'hui comme ceux d'hier, les hommes pris individuellement comme les hommes dans leur mouvance en peuple, nous sommes en devenir…

Quand un homme (une femme) participe à la vie de la cité ou donne sa vie pour tenter d'en sauver une autre ;  quand il (elle) prend sa place, toute sa place …

 

Pascal JACQUOT

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NOUVEAU  DEPART ...

 

N

ous avons chacun nos occupations, nos responsabilités, nos soucis… et nous essayons de les porter au jour le jour, avec courage et sans trop d’appréhension mais cela nous semble lourd parfois. Il y a la vie professionnelle à assurer, les enfants à suivre, la maison à entretenir sans parler du conjoint, de la vie affective, des interpellations socio-politiques ou spirituelles… et de la santé, la sienne bien sûr mais aussi celle de ses proches. Coordonner tout cela en sachant écouter, voir, sentir ce qui se passe autour de soi, près de soi et en soi n’est pas simple. Alors, nous reste-t-il encore un peu d’espace pour goûter la vie, notre vie ? Et pour apprécier ce qui est vraiment essentiel pour nous ?

Quel que soit notre âge, l’étape que nous traversons actuellement semble s’emballer, devenir un peu folle. Le rythme des échéances s’accélère, les déplacements dévorent le temps. Nous avions prévu ceci ou cela et nous n’avons pu le réaliser. Nous aurions aimé rencontrer tel ami, visiter tel parent, réaliser tel aménagement pendant les vacances et c’est loupé, c’est remis aux calendes de l’espoir. Maintenant, c’est la rentrée et avec la cascade de nouvelles contraintes, il va falloir jouer serré et s’organiser pour ne pas se laisser dépassé ! Alors cette rentrée sera-t-elle celle d’un nouveau départ, celle où nous saurons mieux choisir entre l’essentiel et le secondaire, l’indispensable et le superflu, l’urgent et le non pressant ?

Oui, avant de commencer à compléter un planning, il est nécessaire de faire le point. Pour respecter nos besoins fondamentaux, pour réaliser le travail qui nous fait vivre, nous devons aussi savoir nous arrêter, pratiquer un sport, rire, méditer… Pour assumer nos responsabilités, nous devons équilibrer nos exigences… Comment pourrons-nous être efficaces si nous ne sommes pas vraiment nous-mêmes, si nous ne sommes pas à l’aise dans notre peau ? Il y a donc des orientations à se donner, des priorités et des limites à s’imposer, des choix concrets à décider et des engagements à respecter. Sans remettre à plus tard, sans attendre un demain plus souriant en caressant un espoir qui cache la réalité du présent. Car rien ne sert de se promettre ou de promettre à d’autres si l’on ne peut assumer. Et notre participation à un groupe, à une association, à une action militante est-elle bien fondée ? Correspond-elle bien à un besoin, à une attente essentiels pour moi ?

Prendre un temps d’arrêt, m’imposer un moment d’écoute, partager mes doutes autant que mes convictions, apprendre à entendre les appels sourds de mon corps ou de mon cœur autant que ceux de mon voisin, comprendre les réponses d’initiés qui donnent un sens à la vie autant que celles de mes amis qui pataugent dans les méandres de leur fleuve non tranquille ; me laisser interpeller par ma conscience intérieure et par mes compagnons qui sont eux-mêmes interpellés ; aimer, chercher à m’aimer d’abord moi-même comme je suis et pas seulement comme je voudrais être, accepter d’être aimé sans masque avec mes valeurs et mes fragilités ; me sentir membre à part entière d’un réseau solidaire tout en restant totalement libre de mes convictions ; être partie prenante dans un groupe où j’ai ma place, où je suis reconnu, un groupe qui se cherche sans se replier, sans s’isoler, un groupe qui est en lien avec la vie, le monde, ses interpellations, ses avancées, ses aberrations … Voilà ce que je peux découvrir et vivre avec le groupe Ecoute et Partage. Et en cette rentrée, c’est à moi, à moi seul, de choisir pour dire si c’est important, essentiel… ou secondaire dans ma vie.

 Pascal JACQUOT 

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OSER ETRE

Pour beaucoup de nos contemporains, vivre, c’est déjà subsister, c'est-à-dire avoir de quoi manger et s’habiller, tenir le coup ou parfois en un mot, ne pas crever. La plupart de nos anciens considéraient comme superflu ce qui ne servait pas concrètement à nourrir ou tout ce qui ne semblait pas indispensable à la vie. Aujourd’hui, même en France pourtant 3ème pays le plus riche du monde, le droit essentiel à la vie n’est pas accordé à six millions de pauvres. Sans parler de toutes les pauvretés affectives, sentimentales, spirituelles. Mais même si nous avons la chance de ne pas avoir comme première préoccupation le gîte ou le couvert, la vie nous interpelle cependant car chacun rencontre au cours de sa vie son lot de surprises et de difficultés.

 

Nous n’avons choisi ni notre lieu de naissance, ni notre famille, ni notre milieu. Même notre métier, notre orientation, notre parcours ne sont souvent que partiellement notre choix. Mais, que nous l’acceptions ou non, c’est avec ce que nous avons reçu, avec le contexte qui est le nôtre, que nous sommes appelés à être en 2004. A être vraiment nous-mêmes. Or, même comblés par la sécurité financière, par le confort, beaucoup ne peuvent être satisfaits. Même si nous avons ce qui peut paraître indispensable pour vivre. Si nous avons en effet, nous ne sommes pas. Pour être vraiment, nous devons cheminer, progresser pour nous réaliser. Et malgré notre bonne volonté, nous ne serons toujours que partiellement car nous nous construisons petit à petit.

 

Nous avons (bénéficié ? d’) une éducation, une formation, des expériences diverses mais nous sommes invités à être vraiment nous-mêmes. Nous sommes appelés à oser utiliser notre indépendance, notre liberté, pour être, être un peu plus, être un peu mieux. Pour révéler et développer notre être comme le révélateur développe une photo en laissant apparaître le profil réel d’un personnage ! Chacun de nous est l’artisan de son propre développement. Notre époque offre des exemples d’ouverture, parfois de témérité, particulièrement riches qui appellent à l’optimisme et à la confiance. En nous libérant d’un conditionnement insidieux, de contraintes bourgeoises ou de tabous religieux, nous sommes conviés à d’abord nous respecter pour être un peu plus, un peu mieux nous-mêmes.

 

 Et nous sommes particulièrement heureux quand tombent les masques ou l’hypocrisie qui cachent la souffrance ou dissimulent la vérité. Nous sommes très touchés quand certains osent dire –parfois publiquement à la télé par exemple- leur parcours difficile. La mère célibataire qui arbore son ventre en chantant « j’ai fait un bébé toute seule » alors que les parents de bonne famille cachaient autrefois leur fille-mère dans un couvent. L’homo qui manifeste ouvertement délicatesse et amour profond et sincère pour un alter ego alors qu’il se sentait totalement exclu de la société. Le marié qui constate s’être trompé et s’engage loyalement dans une nouvelle relation. Le religieux qui ne se refuse plus un amour équilibrant pour respecter un célibat qui devait lui donner une disponibilité supplémentaire. L’adulte né sous x qui recherche ses origines. L’orphelin isolé qui rencontre ses frères et sœurs dispersés. Le déprimé qui refuse de s’isoler et cherche à partager ses projets. L’alcoolique qui fréquente un groupe d’alcooliques anonymes…

 

Si  certains prétendent aujourd’hui réhabiliter les vraies valeurs avec les méthodes intégristes qui poursuivent « l’axe du mal », il y a 2000 ans, un prophète n’hésita pas à affronter le politique, le social et surtout le religieux en invitant sans violence ses amis à s’affranchir de toutes les entraves pour trouver leur épanouissement :

« Va, je t’aime, désormais aime-toi aussi car personne ne te condamne »» dit-il à une femme soupçonnée d’adultère Jean 8. 3-11

Il est vrai que sa générosité, sa témérité humaine lui ont valu une condamnation réservée aux voyous. Il invitait pourtant tout simplement à « être ». Et il nous invite aujourd’hui encore à être. Tout simplement être pour que nous soyons ses témoins. A chacun de nous d’apprendre à oser être et c’est ce que, petit à petit, les membres d’Ecoute et Partage essaient concrètement.

 

Pascal JACQUOT

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OSER ETRE LIBRE POUR ETRE PRESENT AU PRESENT

Qui pense vraiment que « la vie est un long fleuve tranquille » ? Et qui en réalité  ne vit ses choix, ses épreuves, ses orientations sans interpellations, sans souffrance ? Pourtant, même si nous nous trompons parfois, même si nous prenons de mauvais chemins, l’essentiel n’est-il pas qu’à travers nos choix, nos épreuves, nos orientations nous soyons toujours habités par une recherche d’équilibre, un désir de sagesse et même une soif d’absolu ?

Le philosophe Graf Durckheim disait : « Nous devons arrêter de chercher Dieu. Ce qu’il faut, c’est nous laisser trouver par Lui ». En effet dans notre vie, n’est-ce pas Lui qui nous cherche sans relâche ? N’est-ce pas Lui qui, à travers une dépression, a transformé notre paysage intérieur ? N’est-ce pas Lui qui, au milieu de notre vie professionnelle ou sentimentale, nous incite à trouver une vie un peu moins artificielle ? Lui qui, de jour en jour davantage, se révèle à nous ? C’est au cœur qu’Il nous parle, pour peu que nous consentions à faire en nous un peu de silence pour l’entendre.

Il ne sert à rien de vouloir transformer le monde si je ne me transforme pas moi-même. Ou plutôt si je ne me laisse pas transformer. Et cela, c’est le travail de toute ma vie. Comme beaucoup, je voudrais trouver le contact avec mon être essentiel. Mais il ne faut pas chercher. Il faut seulement se laisser trouver. Toute la vie spirituelle est là. Car l’Etre ne fait rien d’autre que nous chercher. Se laisser trouver, cela veut dire : laisser le Divin s’exprimer en nous, à travers nous, s’ouvrir pour qu’Il vienne. Ou pour ceux qui ne croient pas au Divin, « prendre le temps d’écouter la dimension de moi qui est reliée au divin qui est en moi » comme dit Jacques Salomé.

Ce Divin, celui que nous appelons par commodité Dieu, nous pourrions refuser de le nommer, sans doute parce que le nommer, c’est déjà le réduire, lui donner des limites. Mais essayer d’être un peu plus serein, devenir un lutteur pour renverser les idoles, chasser les marchands du temple, démasquer les sottises ou les hypocrisies, c’est Lui donner sa place, reconnaître simplement qu’Il compte pour nous, que nous Lui donnions d’ailleurs le nom de Yaweh, de Jésus, d’Allah ou du Boudha…Même si nous ne partageons pas ses attributs d’éternité, de créateur, de toute puissance, de divinité mais simplement que nous essayons de construire concrètement la communauté humaine qu’Il désire… Car Il habite en nous. Si nous le voulons, nous pouvons avoir un lien direct avec Lui à chaque instant de notre vie. Sans même avoir besoin du moindre intermédiaire. « Il est vrai –dit Oria, une femme de lumière comme l’appelle l’écrivain Jean Pierre Cartier,- que, dans notre inconscient, Il nous a trouvés de toute éternité. L’important pour transfigurer ce monde et nous-mêmes, c’est d’être conscient de ce lien d’amour, et de le vivre dans toutes les circonstances de la vie ».

Alors pourquoi sommes-nous sur cette terre ? Pour prendre le métro, aller travailler et rentrer le soir ? Pour avoir une belle maison, une belle voiture, un bon conjoint … et nous créer de nouveaux besoins superflus que nous cherchons à satisfaire ?… Ou pour apprendre à être libres, libres de trouver pourquoi nous avons été placés sur cette terre, libres de savoir ce que nous avons à faire parce que ce que nous avons à faire chacun est unique ? Oui libres. Alors n’hésitons pas, osons. Osons briser les fausses morales qu’on nous a inculquées, les fausses priorités que nous nous sommes créées. Et vivons. Sans attendre. Totalement présents au présent. Car « ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement. Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent et votre Père Céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » Mt 6 25-34

Pascal JACQUOT

 

Pourquoi jeûner pour sa santé ?

 

Dans deux livrets d'une trentaine de pages chacun, je précise comment j'ai découvert la thérapeutique du jeûne, pourquoi je l'ai expérimentée et quelles bienfaits, quelles réserves je peux exprimer sur cette méthode qui, bien qu'ancestrale, prend actuellement enfin un essor bien justifié.

Pour en savoir plus, lisez les documents ci-dessous.

 

Pascal JACQUOT

 

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